référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/1999-11/msg00045.html
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Re: Pétition Claude Champagne



Title: Re: Pétition
le 11/11/1999 11:11 AM, Michel Vaïs à mvais@Mlink.NET vous écriviez :

Chers collègues,

J'ai l'honneur de vous adresser, de la part de l'Association québécoise des critiques de théâtre, cette pétition que vous voudrez bien ensuite poster à son président, Hervé Guay, à l'adresse qui figure ci-dessous.

Merci de la signer et de la faire circuler.

L'envoi comme document joint et à l'intérieur de ce message est identique.




PÉTITION

CULTURE ET CRITIQUE: MÊME COMBAT


Nous, soussignés, manifestons notre désaccord avec la tendance actuelle à réduire de plus en plus la place que l'on accorde à la critique professionnelle, à la fois dans les médias électroniques et dans la presse écrite. Il nous semble aberrant qu'une radio publique, par exemple, s'en remette systématiquement à de simples spectateurs pour juger d'une ¦uvre théâtrale, ou pis, que certains réseaux aient complètement abandonné la critique dans certains domaines; comme il nous semble tout aussi déplorable que certains grands quotidiens n'aient plus de critiques attitrés à temps plein. Nous pensons que le public mérite un éclairage avisé sur les productions culturelles.


  Je ne peux que m'esclaffer devant votre proposition de pétition!  Si au moins vous aviez le courage de «nommer» la dite émission radiophonique.  Mais non...   J'en connais au moins une (celle de Winston Mcquade sur la chaîne culturelle de Radio-Canada), peut-être y en a-t-il plusieurs autres, et je vous dirais : tant mieux!   D'ailleurs, connaissez-vous un enfant qui rêve un jour de devenir critique «professionnel» de théâtre?  N'essayez pas, vous n'en trouverez pas.  C'est une profession qu'on exerce par dépit, voilà tout.  Votre cher président de l'association des critiques, m'a-t-on rappporté (est-ce vrai?) a déjà été refusé à l'École Nationale de Théâtre du Canada - section écriture, sous la direction artistique alors de Michèle Rossignol.  Sûrement que lui aussi, maintenant, trouve que cette institution forme rien de moins que rien du tout, comme l'a si bien dit votre confrère Robert Lévesque (qui est d'ailleurs tout près de subir un procès pour diffamation, ça se discute...)  Pour avoir été une des «victimes» de la vendetta critique cet automne envers les «créations» québécoises à Montréal, avec en tête de liste ce cher Robert Lévesque (le pauvre, tout le milieu théâtral le croit malade, il fait pitié à force de vouloir tirer sur tout ce qui bouge, incluant une cons¦ur critique qu'il ne respecte pas du tout, rémunérée par le même employeur; n'est-ce pas le même critique «professionnel» qui a été mis à la porte de son journal pour avoir rajouter des «pipi-caca» dans les textes de ses confrères et qui n'a plus le droit d'entrer dans une salle de presse (est-ce vrai?...); je ne sais pas qu'est-ce qu'il cherche à prouver, qu'il est le meilleur, comme vous et d'autres; que le public ne mérite pas d'avoir les goûts et opinions qu'ils ont?  On appelle cela du fachisme, monsieur.)  Pour ma part, ma pièce a eu de très bonnes «critiques» radios et télés, des moins bonnes du côté de la presse écrite et des franchement mauvaises aussi.  La seule chose que je sais : chaque soir de représentation ou presque, dans des salles pleines, le public était debout à applaudir.  Même que nous avons dû, chaque soir après la première semaine des représentations, instaurer une discussion avec le public tellement les gens voulaient, avaient besoin de parler du propos de la pièce.  Il y avait là des gens pour qui c'était leur première fois au théâtre, qui ont aimé et qui comptent aller voir d'autres pièces (sûrement pas grâce à vous, même combat... pfff.)  J'ai reçu par courrier électronique plusieurs témoignages de gens disant que  ma pièce les avait touchés, fait réfléchir, etc.  Mais ça...  Ça vous est complètement égal.  Le public ne connaît rien, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font...  Ce sont des abrutis que vous critiques, bons bergers de l'ignorance devez guider.  Savez-vous que le milieu théâtral n'invite les critiques que pour une seule raison : parce qu'on n'a pas assez d'argent pour faire de la publicité!  «Culture et critique : même combat.»  Faites-moi rire...  Lors de la création de la pièce de Michel-Marc Bouchard, «Les muses orphelines», les critiques d'alors avaient détesté.  Des années plus tard, à sa reprise, tout à coup, c'est un chef d'¦uvre!  Allez comprendre...  Je ne peux que déceler dans votre démarche un seul but : protéger des emplois.  Des emplois qui servent à en détruire d'autres...  Si au moins vous cherchiez à aimer plutôt qu'à détester.  Si au moins vous disiez que vos «critiques» sont totalement subjectives et qu'elles n'engagent que vous.  Mais non, vous prétendez écrire au nom du public.  Vous avez le droit de ne pas aimer et de le dire.  Des gens n'ont pas aimé ma pièce.  La majorité a aimé.  Parmi eux, des gens du mileu et des gens «ordinaires» qui avaient lu les critiques négatives et qui après le spectacle ne comprenait pas le pourquoi des mauvaises critiques.  Tiens, je vais leur envoyer votre pétition...  Et si le public ne vous appuyait pas?  

  Bien sûr, vous n'aimerez pas le contenu de mon message.  Qui aime la critique?...

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Claude Champagne
E-Mail : champagne.c@videotron.ca
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