référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2000-08/msg00005.html
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L'impact des festivals Louise H. Forsyth



Merci, Tibor. Cette analyse est tellement juste!

Ici en Saskatchewan nous avons de beaux festivals, comme le Jazz Festival, 
et aussi, bien sûr, le passage régulier des grandes vedettes. Et en même 
temps, comme vous le dites, la culture locale  doit faire de son mieux pour 
s'affirmer et survivre. Elle reste tenace mais fragile. Il n'y a, par 
exemple à Saskatoon, pas un seul lieu adéquat et permanent pour Shakespeare 
on the Saskatchewan, 25th St. Theatre, Persephone Theatre et La Troupe du 
Jour. Toutes ces troupes sont obligées de jouer dans des salles 
paroissiales ou communautaires ou sur des terrains dont la disponibilité 
reste douteuse.

Le Fringe commence ici cette semaine. C'est toujours un moment où la 
passion du théâtre communautaire se met évidence, joyeusement, sur la place 
publique et où les liens entre les gens de ce théâtre d'ici et d'ailleurs 
se tissent. Que ça continue!

Louise Forsyth

At 03:40 PM 01/08/00 -0400, you wrote:


>Merci tout d'abord à Emile Zeizig de nous tenir au courant des événements en
>Avignon. C'est un grand service qu'il rend ainsi à toute la communauté. 
>Merci aussi
>à la personne d'Avignon, dont le nom ne semble pas apparaître pas dans le 
>message,
>d'attirer notre attention au phénomène de déménagement parisien ".Le festival
>d'Avignon donne une si fausse image de la ville qu'il laisse un goût amer aux
>habitants de cette ville. Les spectacles sont "importés", la création 
>locale est un
>infime pourcentage parmi le off, nul parmi le in bien sûr.". Cette 
>remarque mise en
>regard de celle d'Emile Zeizig rappelant que le Festival est une sorte de 
>bourse
>aux spectacles (comme jadis il y avait la bourse aux vins) m'a fait faire 
>quelques
>rapprochements que je me permets de partager avec vous.
>Avignon est au théâtre ce que le Tour de France est au cyclisme: un outil pour
>établir les classements et les prix pour la saison - de critériums pour les
>cyclistes, de programmation de salles pour les troupes. Ce n'est pas 
>honteux en soi
>mais on peut affirmer sans se tromper de beaucoup que ce n'était pas le 
>but initial
>des fondateurs,  et de Vilar en particulier. Le déménagement du tout Paris 
>théâtral
>suit d'ailleurs une tradition bien établie dans des sociétés fortement 
>centralisées
>où l'élite prenait régulièrement ses quartiers d'été. Ces villégiatures
>prolongeaient  la vie dans la capitale (dans le cas d'événements 
>internationaux les
>capitales) avec couleur locale et air frais en plus. Faire croire que la 
>population
>locale peut avoir une participation significative à ce genre d'événement c'est
>croire à la signification du tapis rouge de Cannes. Cela dit, il est vrai 
>que ces
>festivals relancent l'économie locale, d'autant plus qu'une partie très 
>importante
>des participants dépensent l'argent d'autrui, souvent celui du contribuable.
>Mais ce phénomène n'est ni spécifiquement français, ni spécifiquement 
>festivalier.
>D'une part, pour ne donner qu'un exemple, les musiciens locaux ont 
>présenté cette
>année les mêmes doléances aux organisateurs du Festival de jazz de Montréal.
>D'autre part, le terme "décentralisation" rime de plus en plus avec 
>"importation".
>La programmation en dehors des grands centres se fait essentiellement avec des
>spectacles importés, ce qui est une des façons d'amortir, ne serait-ce que
>partiellement, la hausse vertigineuse des coûts en micros, en multimédia, 
>en fumée
>etc,  éléments indispensables de l'art théâtral. Et puisque l'appétit vient en
>mangeant,  le gouvernement du Québec vient encore d'ajouter quelques 
>dizaines de
>millions de dollars à l'empire de M. Rozon (Festival juste pour rire) afin 
>quil
>puisse phagocyter toutes les activités festivalières. Le tout  basé sur des
>statistiques qui confondent allègrement "entrées" avec "personnes". (Les
>festivaliers vont évidemment à plus d'un spectacle).
>Pendant ce temps la fréquentation des théâtres en saison d'hiver est en baisse
>constante. A-t-on pensé en haut lieu que celles et ceux qui dépensent leur 
>propre
>argent ont un budget limité? A-t-on pensé que le tapage publicitaire 
>autour des
>événements majeurs, payé par nos impôts, rendent la plupart des 
>initiatives locales
>pratiquement impuissantes? Surtout, a-t-on pensé à l'influence qu'une 
>véritable vie
>théâtrale intégrée à une communauté peut avoir sur celle-ci?
>Et pour finir, je ne puis m'empêcher de penser que tout ce beau monde qui 
>débarque
>ici et là, le temps d'une "mission" culturelle voire artistique, signerait 
>avec
>enthousiasme des pétitions  contre les McDonald's, la mondialisation et 
>pour le
>roquefort.
>
>Tibor Egervari
>Département de théâtre
>Université d'Ottawa
>

Louise H. Forsyth, PhD
Department of Women's & Gender Studies
9 Campus Drive
University of Saskatchewan
Saskatoon, SK	S7N 5A5

Telephone:		306-966-5496
Facsimile:			306-966-4559
e-mail:			louise.forsyth@usask.ca

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