référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2000-12/msg00010.html
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Invitation pour le 18 décembre au Théâtrede Poche Vincent Magos



Title: Invitation pour le 18 décembre au Théâtre de Poche
Bonjour,

J'ai le plaisir d'inviter ceux qui sont à proximité de Bruxelles à une lecture de ma pièce «Laïos» les autres peuvent accéder au texte à l'adresse: http://www.jaj.be.tf


La lecture se déroulera le 18 décembre 2000 à 20h30 au Théâtre de Poche - Bois de la Cambre - Chemin du Gymnase, 1a - 1000 Bruxelles

La mise en voix a été effectuée par Daniel Simon, les comédiens qui assurent la lecture sont: Laurent Chauvet, Georges Lini, Frédéric Topart et Marie-Lou Vrancken

L'entrée est gratuite mais, pour des raisons d'intendance du Poche, une réservation est indispensable, soit en me répondant par mail soit directement au Théâtre (02/649 17 27)

Par ailleurs, un débat se déroulera le jeudi 21/12 à 20h30 au Théâtre Poème (30 rue d'Ecosse - 1060 Bruxelles)

Ci-dessous un petit article présentant la pièce.


Cordialement,

Vincent Magos





Laïos, père d'Oedipe, figure de la perversion.

On connaît bien le destin d'Oedipe qui tue son père et épouse sa mère avant de se crever les yeux. Étrangement, le roi Laïos est souvent oublié ; pourtant la malédiction de sa lignée serait due au terrifiant viol d¹un enfant. Le recours au mythe n¹est, on l¹aura compris, qu¹une manière de parler de l¹actualité, de l¹exercice du pouvoir dans tous ces abus.

Selon les époques, la visée politique ou sociale (Senèque, Corneille, Voltaire, Anouilh,...) ou encore le projet scientifique (Freud, Levi-Strauss, Lacan,...) la mythologie grecque et le cycle thébain fascine et donne lieu à des interprétations et relectures très diverses, elles-mêmes suscitant multiples commentaires.

Convoquer le mythe est une manière d¹évoquer l¹actualité.

Or, justement, parmi les interprétations de la malédiction dont la lignée des labdacides fait l'objet, on " oublie " souvent, notamment dans le théâtre, Laïos, père d'Oedipe, et le viol qu¹il commit sur un enfant..
Si la pièce de Sophocle est perdue, on y trouve néanmoins une référence dans le manuscrit d'Oedipe Roi :

Ô Labdacide Laïos, tu veux une heureuse race ?
Je te donnerais donc un fils. Mais le sort te condamne
à quitter la lumière du jour par sa main. Le Cronide
Zeus l¹a voulu, écoutant Pélops aux menaces haineuses
dont tu as violé le fils : car telle est sa prière.

Partant de ce fragment du texte de Sophocle, Vincent Magos propose une lecture de la destinée d'Oedipe, liée à la faute de Laïos. La malédiction n¹est bien sûr pas liée à l¹homosexualité (courante et codifiée dans la Grèce antique) mais ­ comme Georges Devereux l¹a montré ­ à la rupture des règles sociales et à l¹usage de la violence.

Ce n¹est certes pas pur hasard qu¹un belge s¹empare de la figure de Laïos. Cependant tout l¹intérêt du texte est de dépasser le thème de la pédophilie pour monter comment la perversion, quand elle se déploie, corrompt aussi bien la sphère intime des relations d¹amour et d¹amitié que la sphère publique et politique. Sans doute est-ce cela qui a poussé le romancier sur scène : le théâtre n¹est-il pas le lieu privilégié pour faire ressentir toute l¹horreur de la perversion de la langue ?

Inévitablement, on s¹interroge aussi comment Vincent Magos, psychanalyste, travaille à l¹ombre du dramaturge. À ce propos, il reste discret : " Freud a fait d¹Oedipe la figure emblématique de la névrose. Peut-être ‘dipe doit-il ce destin, somme toute des plus communs, à la " normalité " de ses parents adoptifs, les souverains de Corinthe. Par contre, l¹éclairage de la perversion est une manière d¹envisager Laïos et le couple qu¹il forme avec Jocaste. Mais ceci a peu d¹intérêt, il s¹agit de théâtre et non d¹une thèse. Je m¹intéresse davantage à ce qui m¹échappe et résonne avec le monde contemporain qu¹à l¹étayage d¹arguments théoriques "

De fait, l¹érudition s¹efface et la pièce, qui se déroule dans un temps incertain entre antiquité et modernité, est traversée, comme l¹actualité, par la violence d¹un langage d¹emprise, des dialogues acérés, avec pour arrière plan, la fureur des médias et le tir des kalachnikovs.


D.S.