référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2001-07/msg00001.html
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Re: voyelles BOURASSA ANDRE G



Bonjour!
Je croirais que ce sont les romantiques qui ont ouvert la prononciacion de
ces proclitiques, du moins si on en juge par les vieux enregistrements du
début du siècle, où on prononce "mes" et "tes" "maè" et "taè", presque
comme "maille' et "taille". Je suis porté à croire que les classiques
prononçaient "mé" et "té". Mais il n'y a pas beaucoup de voies pour
retrouver des accents anciens: la rime, les jeux de mots, la conservation
en régions éloignées.
Pour la rime, il y a peu de chances d'en trouver dans votre cas, les
classiques évitant les enjambements d'un vers à l'autre. À moins de
retrouver un vers se terminant par la forme prominale, comme dans
"trouvez-les", "dites-le". Il faudrait voir dans de vieilles chansons de
folklore datant de la période classique.
Quand je perle de jeux de mots, je pense par exemple à la devise de la
famille d'Alexandre Quesnay de Beaurepaire, qui tenta d'implanter les
Académies de France aux U.S.A. et dut se comntenter, à cause des désastres
de Louis X VI qui le protégeait, d'ouvrir sous le nom d'académies des
écoles de danse, escrime, langues et théâtre. La devise familiale:
"Oncques ne forligne q'est né de Beaurepaire". On sait par le fait-même
comment la famille prononçait le nom. On trouve de ces jeux de mots dans
la tirade du nez de Cyrano de Bergerac, mais je doute que Rostand ait
prétendu restaurer l'accent de ce personnage d'époque classique.
Quant à la survivance des accents anciens en régio éloignée, alors là,
l'héritage de la Nouvelle-France est très clair: "mé" et "té", comme
d'ailleurs "moé" et "toé" pour "moi" et "toi" (comme la langue standard en
a gardé l'héritage dans la graphie de "moelle" et "poêle"). Jean
Duvignaud, répondant à un étudiant qui lui demandait, au Conservatoire de
Montréal, comment on prononçait au temps des classiques, affirma que la
plupart des comédiens de l'époque venaient de Nrmandie et avaient une
prononciation qui risquait fort de ressembler à celle du Québec. Qui sait,
peut_être y a-t-il de ce côté une piste às explorer? Encore faudrait-il
trouver des Acadiens ou des Québécois qui ont gardé un accent ancien qui
soit intact ou presque, ce qui est de moins en moins évident.  
Certains films ont suscité des recherches sur l'accent classique. Je pense
au _Molière_ de d'Ariane Mnouchkine, où on a reconstitué la présentation
d'une pièce à l'Hôtel de Bourgogne. Comment ont-ils traité cette question
swa proclitiques?
Mais vous tenez tellement à jouer avec l'accent d'autrefois? Ne
risquez-vous pas de nager dans l'hypothétique tout au long de la pièce?
Amitiés, André G. Bourassa <bourassa.andre_g@uqam.ca>.

On Fri, 29 Jun 2001, Violaine Nicaud wrote:

> bonjour à tous,
> 
> En pleine préparation d'un travail à la table sur Le misanthrope, nous nous
> posons des questions quant aux couleurs de voyelles à adopter pour les
> proclitiques : mes tes ces les des.
> Faut-il suivre l'usage courant et tout fermer (métécélédé), suivre une
> tradition plus dix-septièmiste et ouvrir au maximum (mètècèlèdè) ? Notre
> choix final relèvera probablement du compromis, cependant je serais très
> intéressée de connaître différents avis à ce sujet.
> 
> merci d'avance
> 
> Violaine Nicaud, assistante mise en scène
> 
> ->  Visitez le site de la Compagnie Théâtrale de la Cité :
> http://www.citethea.org
> 
> 

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