référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2001-11/msg00019.html
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Le vert, le lime et la lumière Kate Bligh



Title: Re: Le vert, le rouge et le mauve
Quelques mots sur le vert dans le théâtre et le 'greenroom', d'une anglaise.
 
J'ai travaillé dix ans dans le théâtre en angleterre avant d'immigrer à Québec, et je n'ai jamais entendu parler du malheur du vert dans le théâtre.  Par contre, j'ai beaucoup appris concernant le maudit 'pièce écossais' (Macbeth) et aussi le malédiction de souffler sur la scène.
 
On m'a appris que le greenroom est evolué dans le théâtre juste après l'arrivée des éclairages chimiques, qui ont remplacées les bougies et les chandelières, lesquelles menaient souvent aux feus mortels.  Des telles éclairages étaient durs pour les yeux des comédiens, et on les offrait une chambre tranquille, peinturé en vert, qui était consideré le plus relaxant pour les yeux.  Dès ce temps-là, 'greenroom' est le nom donné au lieu de relaxation des comédiens anglophones... 
 
Il y a aussi le terme 'limelight', comme 'to be in the limelight' qui est encore courant et est associé plus avec le bonheur.  'Lime' étant une version de la lumière vert favorisées par les comédiennes d'un certain age, parce que c'est la plus flattant aux rides...
 
Kate Bligh
----- Original Message -----
From: Andre G. Bourassa
To: Liste de discussion en francais sur le theatre
Sent: Sunday, November 04, 2001 1:18 PM
Subject: Re: Le vert, le rouge et le mauve

Bonjour!
Quelques mots pour souligner l'intervention de Michel Vaïs.  Le terme qui désigne le en anglais  le foyer des artistes, "greenroom", sans trait d'union, est désormais passé au rang des noms communs et il n'est pas certain que ce foyer soit toujours vert, pas plus qu'il ne comporte de cheminée. Il est probable que la conjuration du vert fait partie de l'histoire du mot. Mais il est incontestable que la tradition du salon vert est ancienne en Amérique du Nord. Par exemple, Charles Durang, venu jouer au Québec, fait mention d'un "greenroom"  en parlant de l'acteur américain John Mills. On voit par son texte, que le terme, au moment de la publication à tout le moins, est devenu familier:

" C'est en 1809 que Mills arriva au Canada où nous avons pu le rencontrer dans une compagnie théâtrale de Montréal qui était dirigée par Allport, un peintre scénique qui se doublait d'un grand artiste-peintre. Ce théâtre était parfois ouvert, mais souvent fermé pendant des mois  [...]. Le théâtre, durant cette saison-là, n'ouvrait qu'à l'occasion. Une section de la compagnie de Boston avait l'habitude de s'y rendre durant l'été, pour quelques semaines [...]. Durant la période la plus chaude de l'été, le théâ restait fermé et Mills s'y installait avec sa famille, faisant du foyer des artistes ["greenroom"] son salon, et des loges ses chambres [...]. Les pièces étaient jouées dans un grand entrepôt de pierre dont la partie du haut avait été convertie en salle de théâtre. C'était sur une rue déserte, dans une maison isolée  (Charles Durang, "The Philadelphia Stage, from 1749 to 1821", Sunday Dispatch, Philadelphie, c. XL, 4 février 1855; ma traduction)".

Amitiés, André G. Bourassa.

P.S.: Pour ceux qui seraient intéressés par de ;lus amples informations, j'ajouterai que le "Montreal Theatre" avait été fondé par les acteurs américains Noble Luke Usher et son épouse, Harriet Lestrange, qui en ont offert la direction ensuite à Noble Allport, et qu'il était situé rue Saint-Paul ouest, à l'extérioeur des Fortifications, dans l'actuelle cité des médias. Il avait été ouvert en réaction contre le New Theatre qui avait été installé dans l'ancien entrepôt de fourrures des Bourassa, rue Saint-Sacrement, sur l'emplacement actuel de la Chambre de Commerce.


[...] si la crainte du vert au théâtre a d'abord été française (pour ma part, je n'en sais rien), elle est vite devenue anglaise. D'ailleurs, pour conjurer le mauvais sort, on trouve en Angleterre des Green Rooms pour les comédiens dans les théâtres. C'est un salon attenant aux loges. Il y a aussi à la Place des Arts de Montréal un Salon vert. Et cela ne m'étonnerait pas d'en trouver dans de nombreux autres théâtres d'Amérique du Nord.


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