référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2002-07/msg00012.html
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LA THÉÂTRALITÉ DANS L'INNOMMABLE DE SAMUEL BECKETT - Conférence Fransoise Simon



"LA THÉÂTRALITÉ DANS L'INNOMMABLE DE SAMUEL BECKETT"
 
Conférence
par Fransoise Simon, comédienne 
 
au Conservatoire des Ocres (Roussillon)
 
le dimanche 11 août 2002 à 19h30
 
 
« Fascinée depuis longtemps par l’univers de Samuel Beckett, j’ai mis longtemps avant de découvrir ce qui m’attirait dans cette écriture. Peu à peu, cette parole, aux confins du théâtre et du roman, s’est mise à résonner dans mon imaginaire de comédienne, comme autant de mots, d’images, de sonorités, de silence..., parcours d’infimes variations sonores qui se répètent et se transforment inlassablement. Ces mots, sons, couleurs, lumières, qui ne cessent de vibrer en alternance ou parallèlement à la voix et au corps, relient l’être humain morcelé à lui-même, comme dans une œuvre polyphonique. »
                                                                                                                                                                                Fransoise Simon 

 

Dans notre exposé, nous parlerons de la théâtralité dans L’innommable de Beckett.  Nous nous concentrerons sur les signes les porteurs de potentiel dramatique dans un texte qui ne l’est pas (ou du moins, pas nommé comme tel par son auteur), et à propos duquel beaucoup s’entendent pour dire que les signes de la représentation sont absents.  Nous avons considéré le roman comme un tout, porteur d’une dynamique générant à la fois un rythme, un espace, une forme en mouvement dans lesquels le texte prend corps et voix.  C’est cette dynamique que nous avons étudiée et qui servira de base à une mise « en corps et en bouche ». Nous avons dégagé, au fur et à mesure de l’analyse du texte, une série d’indices qui rendent compte d’une théâtralité dans le roman, et orientent notre vision.  Nous retracerons le chemin qui nous a mené nous intéresser au langage et à sa structure.  Nous mettrons ensuite l’accent sur les signes graphiques, phoniques et corporels, comme traces du corps et des lieux de l’inconscient où s’accroche le langage.  De là surgit le potentiel dramatique directement utilisable dans une lecture spatiale, corporelle et polyphonique. Nous tenterons de démontrer que ce texte renferme une épaisseur de signes qu’il serait vain de chercher à saisir par l’analyse sémantique, mais dont l’essence se trouve dans l’expérience de la parole qui façonnerait à la manière d’un peintre ou d’un sculpteur la présence, la voix et le corps de l’acteur.

 
entrée libre
http://www.luberon-news.com/samuel-beckett/