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Ponctuation et inronation Andre G. Bourassa



Title: Ponctuation et inronation
Bonjour!
Ja'ai reçu plusieurs réponses dont je vous remercie. Il m'a semblé qu'une synthèse en intéresserait plusieurs (au risque que certains la reçoivent en double).

On me dit qu'il y a controverse. À vrai dire, un auteur ne fait que suggérer.  De nos jours, pour des raisons de cohérence du jeu,  il revient au directeur et à l'acteur de juger des tons et respirations pertinents aux choix de mise en scène, surtout que les interprètes ont des formations parfois très différentes les uns des autres. Mais il me paraît s'imposer qu'on connaissen les propositions de l'auteur, surtout s'il est ou a été lui-même metteur en scène.

À propos de la ponctuation de l'époque, Julia Gros de Gasquet écrit: "cette ponctuation peut être un indicateur très précis du souci de l'auteur d'indiquer à ses interprètes les pauses, les ruptures, la maîtrise du souffle. [La] ponctuation [...] ouvre la voie à l'étude d'une technique respiratoire et vocale de l'acteur racinien".

Dans le même sens, Raymond  Joly écrit,:  "Les deux-points du XVIIIe siècle [...] se définissent essentiellement comme une ponctuation intermédiaire entre le point et le point-virgule, lequel est intermédiaire entre les deux-points et la virgule."

Marc-André Bernier me rappelle qu'il s'agit la de la rhétorique baroque dont la phrase tyupique est divisée par ";" ap'rès le premier quart, ":" à la demie, ";" après le troisième quart et "." à la fin.

Vérification faite dans la description du ton a tenir pour le plus simple des récitatifs, on propose de tenir tout au long la note "do" (recto tono), de doubler la longueur de la dernière note au premier quart, de faire la flexion "do, la, do" à la demie, doubler la dernière note du troisième quart et faire la flexion "do, la, si, do" sur l'avant-dernier mot de la phrase  (Paroissien romain, Desclée, 1953, p. 107). La rythmique grégorienne, normalisée par rapport au plain chant médiéval, est donc proche de la rhétorique baroque allant jusqu'à inmposer des tons.

On m'a fourni plusieurs références bibliographiques:
- La préface de Georges Forestier à la nouvelle édition du théâtre de Racine dans l-na Bibliothèque de la Pléiade.
- Deux thèses préparées sous sa direction,
a) Sabine Chaouche, L'art du comédien : déclamation et jeu scénique en France à l'âge classique  (1629-1680) (Champion, 2001);
b)  Julia Gros de Gasquet, déposée hier;
- Eugène Green, La parole baroque (Desclée de Brouwer, 2001 (avec en annexe un traité de la prononciation baroque et un CD);
- Michael Hawcroft, «La ponctuation de Molière: mise au point?»,
Le Nouveau Moliériste 4-5 (1998-1999), p.345-374;
- Joly, Raymond, «De la ponctuation, à propos de Marivaux», Lumen. Travaux choisis de la Société canadienne d'étude du dix-huitième siècle. Selected Proceedings from the Canadian Society for Eighteenth-Century Studies, XX, 2001, p. 123-135.
- un livre de Jacques Popin (Nathan);
- "Ponctuation" dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert;
- le Que sais-je de feue Cattach;
- un livre de Michel Vershaeve;
- numéro de la revue La Licorne, 52 (2000).

Avec tous mes remerciements, André G. Bourassa.