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Entree libre de Jeu Cahiers de théâtre jeu



Title: Entree libre de Jeu

CAHIERS DE THÉÂTRE JEU

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Une Entrée libre de Jeu


EST-CE QU’ON RIT TROP AU THÉÂTRE ?



Montréal, le 1er février 2004


La revue Jeu vous invite au Rideau Vert pour une discussion publique avec le comédien Benoît Brière, et les metteurs en scène Paul Buissonneau, Martin Faucher et Denise Filiatrault. L’animation de la rencontre sera assurée par Michel Vaïs, rédacteur en chef des Cahiers de théâtre Jeu. Le débat débutera le lundi 16 février 2004, à 17 h précises, au Théâtre du Rideau Vert, 4664, rue Saint-Denis, à Montréal.

Une bonne part du théâtre paraît contaminée par le rire, même quand a priori il n’y a rien de drôle sur la scène. Par un jeu qui flirte avec le cabotinage, par des clins d’¦il à l’actualité, par un effet de mise en scène, est-ce que les artistes cherchent à faire rire à tout prix, comme si le comique était devenu un ingrédient essentiel au théâtre, même dans une tragédie de Shakespeare ? Ou est-ce plutôt le public qui se laisse entraîner vers ce type de réaction comme un réflexe conditionné, histoire d’en avoir pour son argent ? Notre but n’est pas de dénoncer des coupables, mais de réfléchir à ce phénomène. Se peut-il que la force de l’industrie de l’humour explique, d’une part, la faiblesse d’une tradition de théâtre comique (les auteurs comiques gagnent leur vie ailleurs qu’à la scène, ou alors l’été) et, d’autre part, l’omniprésence du comique qui resurgit partout ?

Combien de fois une partie du public s’est-elle sentie importunée par celle, bruyante, des partisans du rire à tout prix ? De ce rire qui fait le vide, ce rire vacuum qui a l’air d’un gaz ou d’un soupir, mais qui nuit à l’intelligence de la représentation. Et comment endiguer ce bruit parasitaire qui peut détruire une ambiance dramatique ou tragique en quelques secondes ? Quant aux auteurs, craignent-ils d’ennuyer le public sans le recours à cet ingrédient devenu essentiel ? Si l’on approuve la fonction thérapeutique d’un rire qui montre nos travers par la                      comédie, est-ce que la dérision devenue systématique ne devient pas inopérante, ou pis, comme un masque qui nous cache la réalité ? Et si l’on peut comprendre qu’un gloussement de la salle accueille un effet de scène ridicule dans une pièce tragique, comment expliquer qu’ensuite le public applaudisse à tout rompre au moment des saluts ?

Entre le rire nerveux, jaune, bête, grinçant, gras, obligatoire, silencieux, intérieur ou gêné…, se peut-il qu’il existe des artistes qui poussent le bouchon trop loin et des publics qui manquent de talent ?

Source : Michèle Vincelette, Cahiers de théâtre Jeu

Information :     (514) 875-2549


Lundi 16 février 2003, à 17 h précises
Au Théâtre du Rideau Vert,
4664, rue Saint-Denis, Montréal

Invités : Benoît Brière, Paul Buissonneau, Martin Faucher et Denise Filiatrault

AUCUNS FRAIS D'ENTRÉE