référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2006-11/msg00002.html
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=?Windows-1252?Q?Re:_fin_de_pi=E8ce?= Bernard.Faivre



Bonjour,
Je serais plus nuancé s'agissant des mystères. On a fréquemment une fin où les personnages (les acteurs?) se tournent vers les spectateurs en les invitant à chanter collectivement un Te Deum (c'est le cas par exemple dans la Passion du Palatinus).
Cordialement
Bernard Faivre
----- Original Message -----
From: William Weiss
To: Liste de discussion en francais sur le theatre
Sent: Thursday, November 02, 2006 5:01 PM
Subject: Re: fin de pièce

Merci, chers amis, de toutes vos réponses et voilà ce que nous avons:

1. Il semble que, pendant l’antiquité, lorsque les acteurs s’adressaient
directement au public s’était au nom de l’auteur.


2. Pendant le moyen âge il n’y avait pas de salut des acteurs dans les mystères mais il était présent dans les farces avec une adresse directe au public .


3. Lorsque les acteurs s’adressent directement au public au 16e et 17e  [surtout dans le théâtre élisabéthain et espagnol]  pour demander indulgence et applaudissements, ce serait une adaptation du « captatio benevolentia » qui d’ailleurs était employée normalement en début de discours. « Épilogue »  se réfère normalement à la fin de la fable plutôt qu’aux acteurs. Chez Molière la fin de fable pouvait avoir un double sens qui s’adressait aux assistants.

 

4. Lorsque le procédé est repris au 19e c’est une référence au théâtre espagnol [intertextualité?] et au 20e on peut lui attribuer une connotation brechtienne. Cependant, si le texte est écrit par l’auteur, même si les acteurs parlent à leur propre nom ils jouent un rôle néanmoins.

 

5. Tout ceci nous mène aux choses importantes de la vie, ou plutôt à la sortie de l’illusion de notre monde. La fin du spectacle implique la reconnaissance d’une fiction où nous sommes à la fois auteurs, acteurs et spectateurs. Il n’existe pas un terme pour le procédé (une possibilité serait « post-exode »).

 

Avec ceci je ne peux qu’applaudir vos nombreuses et gentilles interventions et en ce qui concerne la mienne je me permettrai d’utiliser l’expression québécoise: "Excusez-la!".


Amicalement,



William Weiss