référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2007-07/msg00004.html
     Chronologie         
     Conversation         

Colloque: Representation de la violence faite au corps, 16e-17e s. BOURASSA ANDRE G



Bonjour,

voici le texte de l'appel à  communication de notre colloque, merci de
bien vouloir le faire parvenir aux membres de votre groupe de discussion.

Bien cordialement,
Kjerstin Aukrust

Département de littérature, de civilisation et des langues européennes,
Université d'Oslo
Équipe de recherche «Représentation» (EA 3458), Université Paris X
à Nanterre
Ã^Équipe de recherche «Formes et idées de la Renaissance aux Lumières»
(EA 174), Université Paris III à Sorbonne Nouvelle

Appel à communications

Colloque international
Oslo
12-14 juin 2008
----------------------------


           ³Je n¹ay plus que les os, un Schelette je semble,
          Decharné, denervé, demusclé, depoulpé²
                         Ronsard, Derniers Vers

           Corps sanglants, souffrants et macabres

           Représentations de la violence faite aux corps
           dans les lettres et les arts visuels en Europe
          XVIème-XVIIème siècles


L¹ostentation des corps sanglants, souffrants et macabres constitue l¹une
des caractéristiques de la littérature et des arts européens du XVIe
siècle et du XVIIe siècle, et ce au point de devenir, notamment sous la
plume de Jean Rousset, un élément constitutif du « baroque ». Durant cette
période, la violence à l¹encontre des corps se trouve représentée tant
dans les arts visuels que dans l¹ensemble des genres littéraires : en
matière de corps violenté, le « Schelette [ ] Decharné » des poèmes de
Ronsard et de Chassignet, les histoires tragiques autour des « c¦urs
mangés » ou encore les corps sanglants exposés sur la scène du « théâtre
de la cruauté » ne le cèdent en effet en rien aux gisants convulsés
étudiés par Erwin Panofsky ou aux corps éventrés des gravures du Théâtre
des cruautés des hérétiques de ce temps de Verstegan. L¹ouverture des
corps et des tombeaux, dont parle notamment Gisèle Mathieu-Castellani,
semble ainsi répondre à « une curiosité de voir, de voir ce qui ne doit
pas être vu » (Emblèmes de la mort).

	La violence exercée sur les corps, telle que nous l¹entendons ici,
est celle de l¹homme envers son semblable : combats, tortures, viols,
châtiments corporels, exécutions, cannibalisme, sévices post mortem...
Mais elle est également la violence de la maladie et du temps qui
s¹imprime sur le corps humain pour en faire un corps souffrant, perclus,
puis un cadavre exposé à la pourriture et à la décomposition, figuration «
directe » et donc « macabre » de la mort, pour reprendre la terminologie
de Claude Blum.

Afin de susciter une réflexion autour des modes de représentation de ces
corps sanglants, nous souhaitons rassembler des chercheurs dont les
travaux appartiennent à la fois aux champs de la littérature et des arts
visuels mais également de l¹histoire, du droit et de la médecine.
	Pour comprendre ces représentations littéraires et artistiques de
la violence faite aux corps, il nous paraît en effet intéressant de suivre
la démarche de Quentin Skinner afin de connaître la société dans laquelle
elles ont été écrites et d¹étudier le contexte externe des conventions en
vigueur mais également le contexte interne, c¹est-à-dire le « monde mental
» de l¹écrivain ou de l¹artiste qui leur a donné forme.
	Ainsi, en s¹inspirant de travaux historiques comme celui de Denis
Crouzet sur « la violence au temps des troubles de religion », nous
tenterons de comprendre pourquoi et comment une telle ostentation de la
violence corporelle se fait jour aux XVIe et XVIIe siècles. Pour établir
ce contexte, les recherches pourront porter sur toutes les « disciplines »
qui exercent une violence sur les corps : religion, droit, politique,
médecine, anatomie  Comme le souligne Michel Foucault, « le corps est
aussi directement plongé dans un champ politique ; les rapports de pouvoir
[ ] l¹investissent, le marquent, le dressent, le supplicient,
l¹astreignent à des travaux, l¹obligent à des cérémonies, exigent de lui
des signes »  (Surveiller et punir) et en cela il sera pertinent
d¹envisager les modifications des représentations du corps sanglant,
souffrant ou macabre à travers les évolutions des conceptions politiques,
religieuses ou encore médicales du corps humain.

Les communications pourront s¹interroger sur les fonctions et les
modalités de la représentation de la violence exercée sur le corps humain
dans les ¦uvres d¹un seul auteur ou artiste, mais également dans une
perspective comparatiste trans-genres et trans-nationale.

	À titre indicatif, nous proposons les pistes de recherche
suivantes :
- La « mort en mouvement » (J. Rousset) et « the gourmandise of the worms
» (Terrence Cave) : une esthétique du cadavre convulsé en littérature
(Ronsard, Chassignet, Auvray, La Ceppède) et dans les arts visuels
(gisants, vanités, livres d¹emblème).
- Adoration des plaies et des souffrances : une nouvelle représentation du
corps sacré, liée au Concile de Trente (iconographie religieuse, tragédies
de martyrs, poésie de la Passion)
- L¹homme microcosme à l¹image du macrocosme étatique et cosmique : le
corps sanglant comme image de la remise en cause de l¹ordre du monde
(portraits de la France en mère affligée, propagande protestante et
ligueuse)
- Exécutions publiques, massacres : comment traduire une expérience
quotidienne du corps violenté (martyrologes catholiques et protestants, le
Recueil de Tortorel et Périssin, Les Tragiques de d¹Aubigné, histoires
tragiques, tragédies politiques d¹actualité, « tragédies de l¹échafaud »
(C.Biet))
- L¹expérience anatomique : ouvrir le corps mort pour comprendre le corps
vivant (Vésale, la dissection publique comme spectacle théâtral)
- La rencontre de l¹autre : cannibalisme et violences « barbares » (récits
de voyage et leurs illustrations, tragédies « exotiques »).

Les langues du colloque seront le français et l¹anglais.
Nous souhaitons recueillir des propositions, en français ou en anglais,
avant le 30 novembre 2007. Les résumés, d¹une page environ, sont à
adresser à Kjerstin Aukrust et Charlotte Bouteille-Meister accompagnés de
vos coordonnées (université d¹attache et statut universitaire, notice
bibliographique). Les communications ne devraient pas dépasser 20 minutes.
Le colloque prendra en charge les frais d¹hébergement (sous réserve de
financement) et sera disponible pour trouver des solutions de déplacement
peu coûteuses.
Pour toute information complémentaire, veuillez contacter :
Kjerstin Aukrust (kjerstin.aukrust@ilos.uio.no),
Charlotte Bouteille-Meister (charlotte.bouteille@gmail.com).

Comité scientifique : Christian Biet (Institut Universitaire de France,
Université Paris X ­ Nanterre), Gro Bjørnerud Mo (Université d¹Oslo),
Marie-Madeleine Fragonard (Université Paris III ­ Sorbonne Nouvelle),
Frank Lestringant (Université Paris IV ­ Sorbonne).

Responsables : Kjerstin Aukrust (Université d¹Oslo) et Charlotte
Bouteille-Meister (Université de Paris X ­ Nanterre).


---------------------------------------------------------------queatre-+
_______________________________________________________________________________


Nous recommandons de ne pas diffuser de  courriels traînant toute
une série de messages antérieurs. Pour connaître les interventions
précédentes, voir: <http://www.er.uqam.ca/listes/arc/queatre/>.

>>> Pour être retiré de cette liste d'envois,

écrire à:   listproc@uqam.ca

    avec comme seule ligne de message:

unsubscribe QUEATRE


Note: la commande doit apparaître dans le corps du message, 
      NON PAS dans le Sujet.
---------------------------------------------------------------queatre--