référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2007-10/msg00006.html
     Chronologie       
     Conversation       

Re: Pour une meilleure compréhension des phénomènes neuroscientifiques wweiss



Bonjour,
Il y a un programme maîtrise implicant plusieurs universités sur le sujet
du théâtre et les neurosciences.
S'adresser à
   "Dr John Schranz" <josch@orbit.net.mt>
Amitiés,
William Weiss


>   Bonjour, ce message remplace le précédent où je viens de constater une
> erreur et la corrige par ce nouveau message.
> Merci
>
> Bonjour à vous,
>
> Je vous avais promis de me pencher sur le sujet du fonctionnement du
> corps humain, et comme me l'avait proposé Bernard da Sousa, j'emprunte
> actuellement un champ, celui des neurosciences, pour investiguer cette
> partie de la théâtrologie. Mon but est toujours de mieux comprendre le
> créateur, l'acteur et le spectateur lorsqu'ils utilisent leurs
> perceptions, comment ils vivent et suscitent des émotions chez soi et
> les autres, qu'est-ce que l'action et comment on la produit, comment on
> lui donne du sens et comment on utilise nos mémoires pour créer et
> donner du sens. J'essaie de me restreindre à cela.
>
> J'observe d'abord que les sciences qui observent le cerveau et l'action
> des neurones (les nerfs) depuis une vingtaine d'années ont clarifié
> passablement de concepts et de phénomènes, et que les discours sur les
> émotions de James, du conditionnement de Pavlov, du travail de Taylor et
> de l'inconscient de Freud se sont passablement développés depuis... un
> siècle maintenant.
>
> La question n'est plus "doit-on dire : « Je vois un ours, j'ai peur,
> donc je tremble » ou « Je vois un ours, je tremble donc j'ai peur » ?"
> comme l'avait rappelée Laure Donzé, puisque le fonctionnement des yeux,
> de l'amygdale et du système nerveux nous amène à reformuler cette phrase
> par :
> "Je vois quelque chose de gros en mouvement vers moi, je suis prêt à
> fuir et je tremble, j'ai peur, je reconnais un ours et je ne fuis pas."
> Le tout en quelques centièmes de secondes!
>
> Une première question s'impose : pourquoi la pratique théâtrale ne
> s'inspire plus du discours scientifique actuel, comme le faisaient les
> contemporains de Stanislavski, Craig et Meyerhold ? Est-ce dû simplement
> à l'opacité du discours scientifique pour le néophyte ? Au cloisonnement
> des milieux : les scientifiques n'ont plus de formation et donc peu
> d'intérêt pour le monde des « humanités », et vice versa ?
>
> L'Université McGill à créer récemment un site sur le cerveau et son
> fonctionnement, où de nombreux concepts sont clairement explicités. Mais
> les liens avec le monde de la création restent à faire.
>
> Je vous propose aujourd'hui une piste de réflexion sur le phénomène de
> l'Action, plus précisément comment un être doté d'un système nerveux
> comme le nôtre apprend un geste à partir de quelqu'un qui l'effectue
> (par exemple un metteur en scène à un acteur), également comment on peut
> donner du sens, une signification, à une action que l'on voit (par
> exemple, le spectateur qui voit l'action de l'acteur jouant un
> personnage). Je recopie ici un encadré issu d'une des pages du site de
> l'Université McGill pour initier la discussion.
>
>
> « Encadré sur les cellules miroirs.
> Dans l'aire F5 du cortex prémoteur ventral du singe, on a découvert,
> vers le milieu des années 1990, que certains neurones émettaient des
> potentiels d'action non seulement lorsque le singe faisait un mouvement
> de la main ou de la bouche, mais aussi lorsqu'il regardait simplement un
> autre animal ou un humain faire le même geste. On appela ces neurones
> des « neurones miroirs » parce que l'action observée semble reflétée,
> comme dans un miroir, dans la représentation motrice de la même action
> chez l'observateur.
>
> Outre les neurones miroirs qui s'activent lorsque nous voyons se
> réaliser la même action que celle pour laquelle ils sont impliqués quand
> nous la faisons, un autre type de neurones dits «canoniques» s'activent
> quant à eux à la simple vue d'un objet saisissable par le mouvement de
> préhension de la main codé par ce neurone. Comme si cerveau anticipait
> une interaction possible avec cet objet et se préparait en conséquence.
>
> Ces deux types de neurone ont cependant en commun de générer tous les
> deux une représentation interne d'une action, qu'elle soit effectuée,
> vue ou anticipée. Parce que nous pouvons prévoir les conséquences de nos
> propres actions, certains ont avancé que les neurones miroirs pourraient
> être le substrat neuronal de notre capacité à comprendre également la
> signification d'une action faite par autrui.
>
> Or cette compréhension des actions de l'autre est à la base des
> relations sociales et particulièrement de la communication
> interindividuelle. Cette découverte revêt donc un caractère extrêmement
> intéressant pour expliquer comment on peut se représenter l'état
> d'esprit et les intentions des autres. Enfin, le fait que l'aire F5 chez
> le singe est considérée comme l'homologue de l'aire de Broca chez
> l'humain suggère aussi une implication des neurones miroirs dans la
> communication humaine. »
>
> C'est à mon point de vue une piste intéressante pour clarifier comment
> nous apprenons et comprenons, sans en prendre "vraiment" conscience !
>
> Yannick Legault, dramaturgiste de la représentation
> Et maintenant doctorant à l'Université Laval au programme de
> littérature, art de la scène et de l'écran.
>
>

---------------------------------------------------------------queatre-+
_______________________________________________________________________________


Nous recommandons de ne pas diffuser de  courriels traînant toute
une série de messages antérieurs. Pour connaître les interventions
précédentes, voir: <http://www.er.uqam.ca/listes/arc/queatre/>.

>>> Pour être retiré de cette liste d'envois,

écrire à:   listproc@uqam.ca

    avec comme seule ligne de message:

unsubscribe QUEATRE


Note: la commande doit apparaître dans le corps du message, 
      NON PAS dans le Sujet.
---------------------------------------------------------------queatre--