référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2008-04/msg00014.html
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Re: "Rollenbuch" Eglal Henein



Une petit note linguistique:

Littré (XIXe) : RÔLET Terme familier. Petit rôle ; il ne se dit que 
figurément pour signifier la vie, le rôle de chacun.
Littré: RÔLE Ce que doit réciter un acteur dans une pièce de théâtre ; 
ainsi dit parce qu'il est écrit sur un rôle, sur un papier.
Furetière (XVIIe): ROLLE. subst. m. On écrivoit autrefois Roolle. Estat 
ou liste des noms de plusieurs personnes qui sont de même condition, ou 
dans le même engagement.
[...] ROLLE, est aussi une certaine quantité d'écriture de vers, ou de 
prose, qu'on donne à reciter, à declamer, ou à jouër sur un theatre.
Huguet (XVIe): Roulle 1, Roulle 2, Roullee, Roulleresse, Roullet. 
Rouleau. Écrit, registre, livre. A son role. A son tour.


Eglal Henein

Dr. Guy Spielmann wrote:
> Bonjour à tous et toutes,
>
> Tout d'abord je souscris entièrement à la distinction de principe 
> proposée par Marcel Freydefont entre le «cahier de mise en scène», 
> ressource du metteur en scène, et la «conduite», ressource du 
> régisseur. En principe, bien sûr, chacun a sa formule plus ou moins 
> personnalisée...
>
> Reste la question des acteurs; une des pratiques les plus courantes 
> consiste à leur donner un exemplaire du texte publié, désigné 
> généralement sous le nom de «brochure», où chacun note ce qui n'est 
> pas scripté au départ: tons, déplacements, gestes.... Mais, dans ce 
> cas, il ne s'agit évidemment plus d'un document commun.
> Certains (dont je suis), plutôt que d'utiliser une «brochure» 
> disponible dans le commerce, préfèrent donc produire une version du 
> texte qui comporte déjà un grand nombre d'indications de mise en scène 
> et de jeu, afin de réduire les variations; il s'agit donc d'un 
> document hybride, qui tient à la fois de la brochure, du cahier de 
> mise en scène et, partiellement, de la conduite.
> Serait-ce cela, un «rollenbuch»?
> J'ai l'habitude de nommer ce document «texte de scène», c'est-à-dire 
> le texte utilisé dans le travail de la scène, à distinguer du «texte» 
> tout court, l'original produit par l'auteur.
>
> Je précise toutefois que
> 1. Cela n'empêche pas les comédiens de rajouter leurs indications 
> manuscrites sur le «texte de scène»;
> 2. Lorsque je mets en scène un texte que j'ai moi-même écrit, je 
> produis toujours une version «de scène» différente de l'original. 
> «Texte dramatique» et «texte de scène» correspondent donc à deux modes 
> de travail bien distincts, même si c'est une seule et même personne 
> qui s'en charge;
> 3. Lorsque je joue dans la pièce que je mets en scène, je rajoute 
> aussi des indications manuscrites sur mon «texte de scène», bien que 
> j'aie produit moi-même, éventuellement à partir d'un texte que j'ai 
> écrit... car le travail du jeu constitue un troisième mode d'activité, 
> distinct des deux premiers.
> 4. Dans la plupart des cas, je produis également une conduite, 
> document qui n'est normalement pas communiqué aux comédiens, et qui 
> s'adresse au régisseur et aux techniciens.
>
> Tout ceci pour dire qu'il y a autant de documents que de types 
> d'activité mis en oeuvre (s'il s'agit de théâtre lyrique, il y aura en 
> plus un livret, texte spécifiquement destiné aux musiciens, en plus de 
> la partition musicale...).
> Pour moi, lorsque le comédien dit «mon texte», il fait référence au 
> texte de scène augmenté et/ou modifié par les indications manuscrites 
> *qui ne correspondent pas forcément à ce que le metteur en scène fait 
> figurer sur son cahier*; en effet, chaque comédien transcrit, traduit 
> les indications du metteur en scène de manière à ce qu'elles lui 
> «parlent», chacun ayant sa propre méthode de codage (signes, dessins, 
> abbréviations, usage de couleurs, etc.)
>
> Le «rollenbuch» serait-il alors le texte personnalisé par chaque 
> intervenant, au moins les comédiens---celui qu'ils utilisent dans leur 
> travail, de leur point de vue?
>
> Le «zibaldone» est en revanche distinct par son appartenance à une 
> tradition de jeu très particulière, celle de la commedia dell'arte, où 
> chaque acteur développe son propre rôle de manière indépendante, à la 
> fois des autres acteurs mais aussi de la trame narrative de chaque 
> pièce. Il me semble donc prudent de réserver ce mot à la commedia...
>
>
> Quant à l'origine possible de ce terme de «rollenbuch», n'oublions pas 
> que le «rôlet», ou «roulet» est un mot d'ancien français qui désignait 
> d'abord (XIIe siècle) un «parchemin roulé contenant quelque chose 
> d'écrit», puis une «liste; énumération détaillée» (sens qui subsiste 
> dans l'anglais «roll») et, par métonymie, la place que quelque chose 
> occupe dans une liste, d'où l'expression «à tour de rôle». De là, on 
> passe à l'acception théâtrale, à partir du XVe (parfois sous la forme 
> «roule» ou «rolle»), attestée bien sûr dans la _Farce du cuvier_ 
> (aussi dans les Essais de Montaigne et dès la première édition du 
> _Dictionnaire de l'Académie française_ en 1694).
>
> Il doit bien y a voir un rapport...
>
>
> Guy
>

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