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Re: L'amour lesbien au théâtre Laura Naudeix



Title: Re: L'amour lesbien au théâtre
Bonjour,
Il y a aussi une relation lesbienne dans Huis Clos de Sartre, et la dernière mise en scène parisienne exploitait délibérément cet aspect du texte, cf. critique du Monde:

THÉÂTRE
Redécouvrir Sartre, humoriste
Article paru dans l'édition du 21.10.07
« Nekrassov », au contexte daté, et « Huis clos », désacralisée, sont à l'affiche à Paris
    
Deux pièces de Jean-Paul Sartre à l'affiche en même temps à Paris - Huis clos, au Théâtre de la Ville-Abbesses, et Nekrassov, au Théâtre 14 -, cela ne s'était pas produit depuis belle lurette. Et si Huis clos, depuis sa première représentation en mai 1944, est souvent joué (y compris en théâtre nô au Japon, en 2006), Nekrassov fait figure de curiosité, sans doute encore victime de son bide en 1955.

Est-ce à dire que le théâtre de Sartre est d'actualité ? Non. Mais en perdant toute connotation avec le temps présent, ces deux pièces ouvrent aux comédiens et aux metteurs en scène des perspectives impossibles il y a cinquante ou soixante ans.

Quand Sartre écrit Nekrassov, il est toujours compagnon de route du Parti communiste français (avec lequel il rompra à l'automne 1956 après l'insurrection de Budapest), et l'électorat communiste représente le quart des votants. La guerre froide bat son plein, les communistes et les gaullistes français viennent de rejeter (en 1954) la Communauté européenne de défense (CED) et le réarmement allemand, Staline est mort (le 5 mars 1953) et a été remplacé par Khrouchtchev.

Ce contexte politique archiprésent dans la pièce n'a aujourd'hui plus aucune portée. La pièce, comme Sartre le déclarait au Monde à la veille de la première, est une « satire » à la manière d'Aristophane, autour d'une « actualité risible » - celle de l'affaire Kravtchenko, ce haut fonctionnaire soviétique qui avait publié en 1946 J'ai choisi la liberté, et qui avait intenté un procès en diffamation contre l'hebdomadaire communiste dirigé par Aragon Les Lettres françaises, qui l'accusait d'être un agent américain.

Il s'agissait alors pour Sartre de ridiculiser l'anticommunisme bourgeois et la presse de droite. Il lâche donc une sorte d'Arsène Lupin, nommé Georges de Valera, escroc cynique, sans scrupules et séduisant, dans les milieux réactionnaires de l'époque.

Poursuivi par toutes les polices, Valera se fait passer auprès de la rédaction d'un journal viscéralement anticommuniste, Soir à Paris, pour un ministre soviétique, Nekrassov, qui aurait « choisi la liberté », prêt à tout raconter et chargé d'une valise « radioactive... » Les personnages sont épatants, tels le flic fataliste Goblet (Jean-Paul Tribout n'a sans doute pas oublié l'inspecteur Pujol, qu'il incarnait dans le feuilleton télévisé « Les Brigades du Tigre ») ou le journaliste Sébillot.

Les comédiens dégustent leurs répliques, prennent des mines et des attitudes de vaudeville ; les décors s'escamotent avec une habileté digne de Valera, le fond sonore fait résonner Trenet et Mouloudji, et la mise en scène réunit tout cela dans un vif et délicieux va-et-vient. Exit l'actualité, place à la farce !

ON RIT, SOUVENT

Huis clos, c'est bien autre chose, une pièce dont la raison d'être est la situation dans laquelle sont plongés les personnages, ce huis clos sans issue et cette réplique, devenue presque proverbe, « l'enfer, c'est les autres ». On n'est plus en 1944, ni même en 1991, quand Michel Raskine a monté pour la première fois la pièce avec deux des comédiens qui la jouent encore aujourd'hui : Marief Guittier (Inès) et Christian Drillaud (Garcin). Le succès avait été considérable, y revenir aujourd'hui est tout aussi passionnant.

On pourrait sous-titrer cette « re-création » comme une fable, « Le Loup, la Renarde et la Petite Caille dodue ». Car c'est autour du personnage d'Estelle (Cécile Bournay), la jeune infanticide, décédée d'une pneumonie, que se dressent des morts de chair et de sang, pétris de désir et de volonté de pouvoir : Garcin, le journaliste déserteur et macho, mort fusillé, et Inès, la postière lesbienne, suicidée par son amie. Ce qu'ils veulent, Inès et Garcin, ces deux adultes amers, cyniques, violents (qu'ont-ils d'ailleurs à craindre de cette violence ? ils sont morts donc éternels), c'est la fille, sa jeunesse et ses rondeurs. Et elle se joue d'eux.

Le plateau leur sert de ring ou de cage. Chacun dispose d'un canapé à roulettes assorti à ses vêtements, des vêtements qui vont voler comme le reste, tandis que des éclairs aveuglants traversent la scène, qu'on entend un chant d'oiseau ou un roulement de tonnerre, lancés avec une précision diabolique. Et pourtant, on rit, beaucoup, souvent. C'est peut-être la vraie découverte, une fois l'oeuvre désacralisée : l'humour de Jean-Paul Sartre.
Martine Silber

Le 10/04/08 18:48, « Louise . Forsyth » <louise.forsyth@shaw.ca> a écrit :

Chères et chers collègues,



Je vous suggère en guise de réponse plutôt rapide les titres suivants où il y a des lesbiennes et où l’action dramatique ressort des relations entre elles:



La nef des sorcières (les deux monologues de Marcelle, l’un de Marie-Claire Blais, l’autre de Pol Pelletier)

La terre est trop courte, Violette Leduc, Alice et Gertrude, Nathalie et Renée et ce cher Ernest de Jovette Marchessault

Caryopse, ou le monde entier de Laurence Tardi



Il y a d’autres pièces où les relations homosexuelles sont moins explicites ou ne sont mëme pas explorées, mais où les relations affectives entre femmes (relations mère-fille, relations d’amitié ou de sororité, relations de complicité militante) sont fortes ou où les stéréotypes reçus portant sur le genre ou la sexualité sont mis en question:



À ma mère, à ma mère, à ma mère, à ma voisine, création collectif au Théâtre expérimental de Montréal

Les fées ont soif de Denise Boucher

Joie de Pol Pelletier

Un reel ben beau ben triste de Jeanne-Mance Delisle

Geste et Une lettre rouge, orange et ocre d’Anne-Marie-Alonzo

Les vaches de nuit et Anaïs dans la queue de la comète de Jovette Marchessault

Aurélie, ma soeur de Marie Laberge

Billy Strauss de Lise Vaillancourt



Louise Forsyth






From: owner-queatre@uqam.ca [mailto:owner-queatre@uqam.ca] On Behalf Of Christian Biet
Sent: April 6, 2008 07:47
To: Liste de discussion en francais sur le theatre
Subject: Re: appel à communication

 

Chers amis,
  
 recemment contacté pour "tenter" une adaptation théâtrale d'un roman japonais racontant une relation homosexuelle entre deux femmes, j'aimerai vous demander si, à votre connaissance il existerait des textes (pièces) préexistants (-tes) abordants ce même sujet. Personnellement je n'en ai aucun souvenir. Lacune de ma part certainement pardonnable.
  
amicalement,
  
Dov Dorozkhine
  
(Leipzig, Allemagne)
  


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Une boite mail plus intelligente.  <http://us.rd.yahoo.com/mailuk/taglines/isp/control/*http://us.rd.yahoo.com/evt=52423/*http://fr.docs.yahoo.com/mail/overview/index.html> <http://us.rd.yahoo.com/mailuk/taglines/isp/control/*http:/us.rd.yahoo.com/evt=52423/*http:/fr.docs.yahoo.com/mail/overview/index.html>


Voyez, au XVIIe siècle, Iphis et Iante, de Benserade, comédie fort intéressante, même si pas vraiment contemporaine...
Le texte est publié aux éditions Lampsaque par Anne Verdier, avec préface et dossier d’Anne Verdier, Lise Leibacher-Ouvrard et Christian Biet.
Cordialement