De : marie-josée plouffe <marieplouffinette@hotmail.com>
Ă€ : Liste de discussion en francais sur le theatre <queatre@uqam.ca>
Envoyé le : Lundi, 20 Juillet 2009, 17h44mn 16s
Objet : Reflexion estivale après avoir visité mascarille
Merci Émile Zeizig,
Pour cette invitation heureuse et généreuse. J'ai visité la galerie
du site mascarille : Festival d'Avignon (officiel et off, exposition
des marionnettes de Craig). Enfermée dans mon bureau, à écrire, ça me
branche un peu sur l'extérieur, sur ce qui se vit ailleurs. Merci pour
ce geste bienveillant.
Je me suis arrêtée plus longuement sur les photos de La Menzogna de
Pippo Delbono... ça m'a replongée dans cet univers qui me fascine...
(comme je m'intéresse à la pratique théâtrale des personnes
«handicapées», j'ai assisté à une représentation de «Questo buio
feroce» de Pippo Delbono, au Festival des Amériques). Pour moi Pippo
Delbono est un poète qui met en scène ce qui le touche, la beauté
subjective des êtres. Je ne perçois pas qu'il représente le handicap,
mais la beauté vulnérable des êtres.
Réflexion sur un phénomène social récent :
Je vis à une époque où la pratique théâtrale est soutenue par une
certaine idéologie politique qui la veut de plus en plus accessible,
décentralisée, démocratique. Les clubs de l'âge d'or, les jeunes de la
rue, les regroupements de personnes handicapées ont leur représentation
annuelle... un peu en parallèle (il me semble) avec ce qui se fait dans
le réseau culturel institutionnalisé. Pourtant, je ne sais pas si ces
personnes qui s'approprient un espace «pour se dire», fréquentent plus
les Festivals ou les musées. Je ne porte pas de jugement... ma
question est ouverte et il n'y a pas de mauvaises réponses.
Assistons-nous à une réelle démocratisation de l'art ou à de multiples
cloisonnement, c'est Ă dire Ă une multiplication de pratiques
cloisonnées ?
Le poète est pour moi celui qui, avec la candeur et la ferveur de
l'enfant, glisse sa main dans sa poche et en ressort un caillou, en
disant : «Regarde comme elle est belle ma roche!». Pippo Delbono est,
pour moi, comme cet enfant... peu importe ce que le «spectateur»
perçoit, l'enfant continue de trouver belle sa roche.
Comment pouvons-nous reconnaître le poète ? Dans cette multiplication
de pratiques, de petites sociétés autarciques qui se forment, et
parfois se débattent pour survivre...
Marie-Josée Plouffe
Département des arts
Université du Québec à Trois-Rivières
Marie-Josee.Plouffe@uqtr.ca
> To:
queatre@uqam.ca.
> Subject: Festival d'Avignon 2009
> Date: Thu, 16 Jul 2009 04:26:17 -0400
> From: zeizig@neuf.fr
>
> Bonjour,
>
>
>
> il y a quelques semaines lorsqu'André Bourassa nous a demandé si la
> liste était toujours d'un intérêt pour nous, la majorité a répondu
> qu'elle nous était indispensable.
>
> Pour autant, elle est retombée dans une certaine torpeur, espérons-le,
> purement estivale.
>
> Il est vrai qu'ici, en Avignon, nous frisons les 35° au soleil...
>
>
>
> Je m'étais engagé à vous faire part de mes réflexions sur les pièces
> présentées lors de ce 63ème festival.
>
> J'ai la chance, comme photographe,
d'assister à la majorité d'entre
>
elles.
>
> N'ayant, pour l'instant, pas le temps matériel de rédiger (Des
> productions de 11h ne laissent pas beaucoup de temps libre !), je vous
> propose, pour patienter, de retrouver les photos d'une vingtaine de
> spectacles sur mon site www.mascarille.com>
>
>
> Les québécois très nombreux cette année, pour soutenir - ou parfois
> critiquer ! - l'artiste invité, Wajdi Mouawad, pourraient peut-être
> nous faire part de leurs impressions sur les productions auxquelles ils
> ont assisté...
>
>
>
> Cordialement
>
> Emile Zeizig
>
>
>
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>