référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2009-08/msg00005.html
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Nouveauté PUL Andre G. Bourassa



L'Antiquité travestie et la vogue du burlesque en France (1643 à 1661)
Jean Leclerc

374 pages, 2008, Presses de l’université Laval, 39,95$, ISBN : 978-2-7637-8368-0
Commandes : http://www.pulaval.com/catalogue/antiquite-travestie-vogue-burlesque-france-1643-9196.html
Collections de la République des Lettres (http://www.cierl.ulaval.ca)

Résumé :

Peut-on rire des dieux, de leurs pompes et de leurs prophètes ? Après Lucien, après Voltaire, après Anatole France, notre millénaire tout neuf découvre à son tour, amnésique ou mal appris, cette interrogation récurrente, comme si elle surgissait elle aussi toute neuve. L’historien lui doit une réponse. Cet ouvrage contribue à nous l’apporter en exhumant un jalon du long parcours de la dérision envers le sacré dans la littérature occidentale. En arrêtant nos regards sur ce XVIIe ? siècle français que l’on a parfois nommé « le siècle des saints » ; en y détachant un fragment d’histoire identifié par le terme moqueur de « Fronde » ; en isolant dans ce moment à la fois bouffon et tragique (est-il de conflit plus douloureux que la guerre civile ?) un courant d’écriture et de goût qui se qualifia lui-même de « burlesque » ; et en choisissant d’y analyser comment le Panthéon des Anciens fit les frais du travestissement cocasse dont Scarron et ses pairs l’affublèrent — ce livre à la fois savant et piquant se situe dans l’œil d’un cyclone mû par l’énergie du paradoxe. Le sacré et le prosaïque, le savoir et l’amusement, la mythologie descendue à l’office et Virgile travesti en marchand d’oublies, le Mont Olympe arasé par la trivialité et le roi des dieux, épris de Léda, devenu « Jupin qui faisa[i]t l’oie », toutes ces irrévérences d’érudit en goguette sont ici scrutées pour qu’en soient restituées à juste proportion de savoir et de goût l’origine, la manière, la saveur et la portée, tendues à s’en écarteler entre le sublime et le sordide, l’infime et l’infini.

Jean Leclerc est professeur au Département d’études françaises de l’Université Western Ontario (London, Canada). Ses recherches portent sur la littérature française du XVIIe siècle, particulièrement sur les différentes facettes du rire et ses rapports avec une culture savante et libertine.

Table des matières :

Avant-Propos       
Préface                
Introduction         

Première partie : Chronique d’une vogue

Genèse et « Bonne régence »                             
    Définition et diffusion du premier burlesque     
    Aux sources du travestissement                      
    Parutions et réactions                                   

L’apogée et la Fronde                                      
    La course aux Virgile travesty                                   
    Diversification du travestissement

Le déclin et la Fronde
    Les traces d’un « mauvais burlesque »
    Les derniers travestissements de la Fronde

Survivance et destin
    Survivance d’une pratique
    Destin du burlesque

Deuxième partie : La scène de l’invention

Le rapport aux modèles
    Imiter, traduire et travestir les Anciens
    La « paraphrase burlesque »
    Poétique d’une invention parodique

L’apport du public
    Une culture partagée
    Une connivence du rire et de l’artifice

Le rôle du poète
    Mise en scène du narrateur
    Le jeu des masques
    Contours et physionomie d’une posture

Troisième partie : L’atelier de la disconvenance

Portrait d’un style
    Entre la bassesse et la bigarrure
    Enjeux et limites de la transgression
    Formes et procédés d’une écriture surprenante

L’art de la trivialité
    Des mots aux choses : effets de réalisme
    Démasquage de la fable
    Les mécanismes de la dégradation

Les vestiges de l’héroïsme
    La noblesse antique prise en défaut
    La fidélité textuelle et ses écarts
    Confondre l’héroïque avec le comique

Conclusion
Bibliographie