référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2009-10/msg00007.html
     Chronologie       
     Conversation       

Colloque sur le maniérisme Andre G. Bourassa



Didier SOUILLER

Professeur de littérature comparée

Directeur du Centre de Recherches « Textes et Cultures »   -   EA 4178

Université de Bourgogne

Faculté des Lettres

2 bvd. Gabriel  - F  21 000 DIJON

tél. : 00 33 (0)3 80 39 55 27

didier.souiller@wanadoo.fr

 

 

 

Madame, Monsieur, chers collègues,

 

 

 

 Le Centre de recherches CPTC organisera

les 23 et 24 septembre 2010

                           un colloque international et interdisciplinaire sur le thème

maniérisme et littérature

 Le colloque se déroulera, le premier jour, au château d’Ancy le Franc (89), haut lieu du maniérisme français et le second jour à Dijon.

 

 Il ne s’agira pas de reprendre les critères définitionnels du maniérisme dans le domaine des beaux-arts, suffisamment de travaux l’ont fait excellemment, mais de définir les rapports entre le maniérisme dans les beaux-arts et la littérature. `

 Bref, on tentera de sortir d’un double cercle vicieux :

-       définir une période en s’appuyant sur les propriétés et caractéristiques esthétiques ou définir les propriétés en s’appuyant sur une période délimitée chronologiquement

-       partir du maniérisme dans les beaux-arts pour aller vers les manifestations littéraires contemporaines ou inversement.

 Dans la mesure où l’antériorité semble bien appartenir aux beaux-arts, la question fondamentale pourrait bien être : quelle valeur accorder au concept de maniérisme, si l’on veut s’en tenir aux seules catégories issues des études littéraires ?

Position du problème et discussion :

 La notion de maniérisme venant de la peinture, comment peut-on utiliser des critères venus des beaux-arts et ces critères subissent-ils une évolution / transformation en passant à la littérature ? Pourrait-on contourner la difficulté en cherchant les causes d’une mutation dans l’horizon épistémologique et esthétique, ainsi que dans l’évolution historique ? Quelle période de la littérature européenne, si l’on se refuse à se laisser enfermer dans l’étroitesse d’une seule littérature, serait ainsi concernée ? S’il existe bien une littérature maniériste, y aurait-il un décalage chronologique par rapport à l’évolution des beaux-arts ? Si, au contraire, on ne veut considérer que les limites d’une littérature nationale, dans quelle mesure les caractéristiques de cette dernière constitueraient-elles une réponse particulière à une problématique culturelle proprement européenne et significative du maniérisme ? Dans ce dernier cas, la littérature ne serait qu’un domaine de cette nouvelle épistémè - à l’égal des beaux-arts. Et, pour s’en tenir à l’approche historique, peut-on séparer le maniérisme littéraire de l’adoption, à l’échelle de l’Europe, de la Renaissance italienne et, en particulier de ses formes littéraires (nouvelles, poésie néo-pétrarquisante et extension du sonnet ) ? Ce qui, alors, engendrerait un phénomène d’imitation de la « manière » italienne. Du coup, la question se réduit à : qu’est-ce qui fait passer en Italie la littérature du « classicisme » Renaissance de l’Arioste au maniérisme de  l’Arétin, par exemple ? Faut-il, également, faire dépendre l’esthétique maniériste de la généralisation, par et dans les cours princières européennes, du goût italien ?

 Il resterait à déterminer en aval les facteurs qui font passer d’une esthétique maniériste à la « sensibilité baroque », sachant que ces catégories de l’histoire de l’art sont beaucoup plus clairement distinctes à nos yeux que dans la continuité des temps historiques et de l’espace européen…

 

 Conformément à la vocation comparatiste et interdisciplinaire de notre Centre, une approche européenne est souhaitée, incluant l’histoire des mentalités, l’histoire culturelle, de même que les beaux-arts ou la musique.

 

   Madame, Monsieur, en raison de votre spécialité et de la nature de vos travaux universitaires, nous serions heureux de pouvoir vous accueillir et d’écouter vos réponses à ces différentes questions. Il va de soi que les Actes de ce colloque seront publiés par nos soins et que vos frais de séjour et de déplacement longue distance seront à notre charge.

 

 En espérant que cette proposition retiendra votre attention et dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, veuillez agréer, cher (e) collègue, l’assurance de mes sentiments les plus cordiaux.

D.