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Re: Mes v¦ux les meilleurs et...à Loic sur la question des styles Tibor Egervari



Title: Re: Mes vœux les meilleurs et ...à Loic sur la question des styles

Bonjour Loïc,
Dans votre dernier message il y a la phrase clé : le point de vue de spectateur.  Car il ne faut pas oublier que le jeu est destiné au spectateur. Or, ce qu’on sait du spectateur est qu’il n’est pas le même d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre,
d’une ville à l’autre et, parfois, d’un quartier à l’autre. Au demeurant, il suffit de voir quelques films anciens, écouter des enregistrements de grands interprètes du début du 20e siècle, comme Sarah Bernhardt hurlant les vers de Racine. (Sentiment de surprise qu’on peut mettre en regard avec les pages sublimes que Proust consacre à cette merveilleuse tragédienne.) Plus près de nous on peut écouter Gérard Philippe disant « faux » les stances du Cid ou voir des spectacles dont on ne comprend pas la langue pour se rendre compte qu’il n’y pas de règles universelles de jeu. Il y a le contact avec des sensibilités d’ici et maintenant et les référents culturels sur lesquels on peu faire des variations. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de grands écarts, que certains appellent expérimentations. Celles-ci aussi se basent sur la rencontre avec un public réceptif, si petit soit-il. Exemple la pièce de Picasso « Le désir attrapé par la queue » lue et accueillie par son cercle d’amis intimes.
 
BUÉK! (équivalent hongrois de Bonne Année)
Tibor Egervari


Le 09-12-22 05:36, « Loïc » <poclouicou@worldonline.fr> a écrit :

Bonjour Serge, et merci de votre réponse fulgurante.
 
J’adhère tout à fait de façon personnelle aux propos que vous tenez sur le personnage. En pratique, effectivement, dans la ligne stanislavskienne sans vouloir faire mon pédant de service, le personnage est là avec ses états, et l’acteur réagit (ou découvre comme le dirait Ariane Mnouchkine, par exemple) à ses signes intérieurs et extérieurs, à la situation et autre. Oui. Mais justement, et c’est là que vous mettez le doigt sur le problème qui m’occupe, lorsque l’on passe de la création à la réception, au point de vue du spectateur, donc, et que justement, dans notre observation du travail des autres qui sont sur le plateau, nous devons argumenter sur ce qui nous a ou non touché, sur la faculté d’untel ou d’unetelle à avoir précisément trouvé le jeu le plus juste, il nous faut des mots.
C’est sur cette seconde phase, et donc effectivement, pour reprendre votre métaphore, sur le fruit et non sur la racine, que mon problème se situe. Car, comme vous, je ne vois pas le style comme un point de départ, sauf dans des cas très particuliers, comme le travail du masque par exemple.