référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2010-04/msg00008.html
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Re: Jouer à chaud? Bernard da Sousa



Bonjour à tous,

N'est-ce pas dans l'articulation de ces deux mouvements, interne/externe, que se situe le risque de dérapage identitaire?

On m'a rapporté qu'un comédien devant interpréter Roberrto Zucco a suivi des cours de buto pour ne pas avoir à assumer une mentalité de criminel en série durant des heures, chaque jour. Que pouvait lui apporter le buto? une attention plus particulière aux signes physiques, comme l'aurait permis la tradition de Meyerhold?

J'ai remarqué que les étudiants de théâtre qui avaient fait des arts martiaux avaient une longueur d'avance sur les autres, sauf s'ils en avaient trop fait, car ils avaient alors des problèmes à éviter les stéréotypes, ce que donnerait peut-être aussi un kathakali pur et dur.

. La transe grotowskienne n'est-elle pas aussi une source de stéréotypes, donnant des comédiennes et comédiens qui joueraient toujours le même personnage, quel que soit le rôle? J'avoue, à ce propos, ne pas voir de logique dans la première phrase de la réponse de M. Ouaknine comme, quoi la transe mènerait à la distanciation; l'affirmation est pour le moins paradoxale...

Merci de vos commentaires,
Bernard da Sousa


Stanislavski et plusieurs autres après lui avaient compris que le fait d'imaginer : une émotion, une situation, une intention, permet à l'acteur de trouver des actions physiques vraisemblables pour le personnage, à partir de son propre répertoire moteur. Cette "identification" est utile surtout lors de la recherche des actions physiques du personnage ; le travail de l'acteur consiste ensuite à s'inspirer des actions physiques trouvées par l'imagination et de les insérer dans leur jeu. En spectacle, le fait pour l'acteur de vivre l'émotion du personnage devient alors accessoire, car ce sont seulement les actions physiques qui sont interprétées par les spectateurs.