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Lettre d'information des EDITIONS THEATRALES lettreinfo



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23-04-2010

Chaque larme qui tombe est une dent de serpent...

L'auteur australien Daniel Keene est à l'honneur en ce printemps 2010. Les éditions Théâtrales publient Les Dents du serpent, un diptyque composé des textes Citoyens & Soldats, dans une traduction de S&eacut! e;verine Magois : il s'agit de son neuvième livre au catalogue de Théâtrales (pour une quarantaine de pièces, dont une trentaine de pièces courtes). Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma viennent de proposer à Amiens une nouvelle mise en scène de ciseaux, papier, caillou, à l'affiche de La Colline - Théâtre national du 5 mai au 5 juin à Paris. Enfin, il sera l'invité d'honneur du Salon du théâtre et de l'édition théâtrale les 21, 22 et 23 mai prochain à Paris. Une belle actualité française en adéquation parfaite avec son ˛uvre théâtrale majeure.

Que ces Citoyens soient contraints par un mur honteux de marcher durant des kilomètres pour échanger un olivier contre un oranger, accoucher dans un lieu sûr ou faire soigner sa bête blessée ; que ces familles de Soldats attendent les yeux rougis sur le tarmac d‚un aéroport le retour de la dépouille d‚un fils, d‚un fr&e! grave;re ou d‚un mari parti défendre un prétendu axe du bien ; la guerre et ses corollaires détruisent toujours la vie quotidienne des êtres ordinaires.

Dans ce diptyque, Daniel Keene livre des pièces fortes et pudiques liées comme deux hémisphères : partageant la même thématique, mais pouvant être créées indépendamment. Grâce à sa langue épurée et à sa force de compassion, le dramaturge australien choisit de montrer les petites histoires de gens simples, victimes d‚une marche de l‚histoire qu‚ils subissent et qui les dépasse. Perdus ou déterminés, il leur reste à tous la dignité car « chaque larme qui tombe est une dent de serpent »∑



Les mots que l'on ne veut pas entendre

Après Et les poissons partirent combattre les hommes (dans la collection "Traits d'Union), les éditions Théâtrales publient avec le soutien de la Maison Antoine-Vitez, un texte politique et poétique fort de l'artiste espagnole Angélica Liddell, Belgrade (Chante, ma langue, le mystère du corps glorieux), dans une traduction de Christilla Vasserot.
Liddell sera cet été au festival d'Avignon où elle présentera deux autres créations da! ns sa propre mise en scène (El año de Ricardo et La casa de la fuerza).


La Serbie à l‚heure des funérailles de Slobodan Milosevic : une mosaïque de voix pour dire la douleur, la colère, la violence, la misère, la haine, les frustrations et les contradictions.

Dans ce texte puissant d‚Angélica Liddell, la souffrance collective est aussi douleur intime. Les personnages, victimes ou complices croisés à la faveur d‚une enquête menée par un jeune Occidental pour son père, sont à l‚image de ce pays : meurtris jusque dans leur chair.

Les filiations, plus qu‚un repère, sont un tourment. Et les rencontres, plus qu‚un échange, sont un affrontement ou un règlement de comptes. La décomposition d‚un pays devient déconstruction du texte : les voix s‚enchaînent sans jamais vraiment parvenir à se r&eacu! te;pondre ; le langage cru et dérangeant contraste avec le lyrisme des textes liturgiques placés en début de scènes.

Artiste radicale, Angélica Liddell déflore notre bonne conscience et assène les mots que l‚on ne veut pas entendre.


Les deux premières pièces de Xavier Durringer enfin à nouveau disponibles

Publiées en 1994, les deux premières pièces de Xavier Durringer (qui entrait alors au catalogue de Théâtrales) Bal-trap (actuellement visible au Guichet-Montparnasse de Paris, dans une mise en scène de Eve Weiss) et Une envie de tuer sur le bout de la langue lançaient sur la scène théâtrale un auteur âpre et subversif, dont les textes sont aujourd'hui beaucoup montées en France et dans le monde. Ces deux pièces sont à nouveau disponibles dans des nouvelles versions revues et corrigées.

Xavier Durringer aime propulser sur scène et dans pages les paumés, les prolos, les dédaignés. Et avec eux, leur cortège de mots crus, de syntaxe tordue, mais aussi de fulgurances poétiques.

Bal-trap, c‚est la fin d‚un bal et celle d‚un couple. L‚amour comme au tir au pigeon ? Loin de là, car un autre couple se forme sur les traces du premier. Les petits bonheurs à venir chassent les grands malheurs. Et inversement.

Encore un dancing, mais cette fois-ci, c‚est soirée sur le parking : on ne rentre pas. Alors quoi, il y aurait les nantis qui accéderaient aux paradis artificiels et les laissés-pour-compte ? Et si ces petits loulous étaient les vrais vivants : désespérés, mais insatiables ; eux qui ont une envie de tuer sur le bout de la langue.

Dès ces deux premières pièces Durringer aime mêler pulsions de vie et mort, grande tendresse et sexualité tellurique. Haletant.





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