référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2010-09/msg00001.html
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Appels/Rappels Behar



ChĂšres amies, chers amis,

Les bruits de la rue me signalent que la rentrĂ©e scolaire, sinon universitaire, est sonnĂ©e pour beaucoup d’entre vous. C’est sans doute l’occasion de vous rappeler trois activitĂ©s de notre centre, auxquelles vous avez certainement bien des raisons d’apporter votre concours :

I. Appel Ă  communication : SĂ©minaire Paris III, 2010-2011

Centre de recherches sur le surréalisme,

UniversitĂ© Paris III EA 4400/CNRS (Directeur : Henri BEHAR)

APPEL A COMMUNICATIONS pour le séminaire 2010-2012

ThĂšme : Le surrĂ©alisme : un baroque du vingtiĂšme siĂšcle ?

NĂ© de la Contre-rĂ©forme, captant « l’absence d’harmonie du monde Â», le baroque se prĂ©sente comme « quelque chose Â» – objet historique, catĂ©gorie esthĂ©tique, « trait Â», « fonction opĂ©ratoire Â», essence – qui doit « faire retour Â» et qu’il nous faudrait penser « en rapport avec quelque chose d’autre Â», Ă  quoi il s’opposerait mais dont il « emprunterait partie au moins de son sens Â» (Hubert Damisch). PensĂ©e et pratiques baroques, faisant retour au XXe siĂšcle, entrent-elles en rĂ©sonance avec le surrĂ©alisme ? Sur quels plans, selon quelles procĂ©dures et suivant quels traits ?

Dans son histoire, le baroque a oscillĂ© entre « deux pulsions crĂ©atrices, marquĂ©es par Eros et Thanatos Â», observe Christine Buci-Glucksman. D’un cĂŽtĂ©, « un baroque du vide et de l’entropie Â», animĂ© par un principe destructif, privilĂ©gie « l’énergie de dislocation et de fragmentation figurale Â» (« le vide et le rien Â», le « dĂ©centrement entropique, trou noir, vide ou spirale Â»). De l’autre, mĂȘme si l’opposition est moins tranchĂ©e qu’il paraĂźt, « un baroque du plein plus leibnizien, celui de l’horror vacui Â», du « pli Ă  l’infini Â», fait du sombre « une matrice et une potentialitĂ© dynamique, donnant naissance au clair-obscur des reprĂ©sentations et au passage des “replis de la matiĂšre” aux “plis de l’ñme” Â». 

Art figural s’il en fĂ»t, le baroque aime les lignes Ă  l’infini. La ligne baroque est « l’aventure et le champ expĂ©rimental de cette esthĂ©tique Â». « Errante Â», « Ă  l’état libre Â», elle est « ligne de sorciĂšre Â» de cette pensĂ©e (Buci-Glucksman). La spirale, le tourbillon, la courbure, la turbulence, soulignent l’élasticitĂ© des corps, l’hybriditĂ© des genres, la fluiditĂ© de la matiĂšre. La forme baroque est « impermanence Â», elle renvoie Ă  « l’écoulement des choses Â» et Ă  « un art des passages Â». Une telle forme se constitue dans une « tension vers Â», mais cette tension, « faite d’échos, de reflets miroiriques, de plis et de tressages, de mĂ©tamorphoses et d’anamorphoses Â», n’est jamais « linĂ©aire et nette Â». « Improportion Â» et « dissonance Â» la dĂ©finissent. L’Ɠil baroque dĂšs lors « ne re-prĂ©sente pas Â», il « exprime Â». La lumiĂšre y est « instable Â», « pur flux ourlĂ© d’ombres toujours sujet Ă  des dĂ©formations prismatiques Â» (Buci-Glucksman). Clair et obscur y sont insĂ©parables ; les contours s’effacent, la matiĂšre dĂ©borde l’espace et « se concilie avec le fluide Â» (Deleuze).

Tout au long de ce sĂ©minaire, mettant surrĂ©alisme et baroque en rĂ©sonance, nous examinerons les rapports, les tensions, les refus, les oppositions qu’il serait lĂ©gitime d’établir entre l’un et l’autre. HybriditĂ© des formes, couplage des « matiĂšres Â» et des « maniĂšres Â», espaces labyrinthiques, passages, exploration nouvelle de l’horizontalitĂ© ; plĂ©nitude et destruction, asymĂ©trie et fluiditĂ©, fragmentation et totalitĂ© ; jeux de lumiĂšre entre noirceur et clartĂ©, entre rĂȘve et rĂ©alitĂ© ; dĂ©centrement et « formation d’un univers infini qui n’a plus de centre Â» (Deleuze) ; dĂ©pliement des plis de la vie humaine (Michaux), traversĂ©e des plis de conscience, quĂȘte du « point suprĂȘme Â» (Breton) et « conceptueuse dissemblance Â» (GraciĂĄn) : le champ des recherches (Ă©criture, peinture, photographie, urbanisme, architecture, sculpture, cinĂ©ma) est ample et variĂ©.

Vos suggestions et propositions de communications seront les bienvenues. Si vous ĂȘtes intĂ©ressĂ© par ce thĂšme, veuillez adresser votre proposition pour la fin septembre 2010, par mail ou par courrier postal, Ă  Olivier Penot-Lacassagne ou Ă  Françoise Py ou Ă  Maryse VasseviĂšre.

Olivier PENOT-LACASSAGNE o.penot.lacassagne@gmail.com              

Françoise PY francoise.py@univ-paris8.fr

Maryse VASSEVIÈRE maryse.vasseviere@wanadoo.fr

UniversitĂ© Paris III- Sorbonne Nouvelle, Institut de littĂ©rature française

13 rue Santeuil F- 75231-PARIS Cedex 05

 

II. Appel Ă  communication : Colloque Le « silence d’or Â» des poĂštes surrĂ©alistes

Paris, Sorbonne, 9 et 10 juin 2011

 

Centre de recherches sur le surréalisme

EA 4400 : « Ă©critures de la modernitĂ© Â»

UniversitĂ© Paris Sorbonne-Paris 4

Centre de recherches en littérature comparée

 

Avec le soutien de la SACEM           

Colloque : Le « silence d’or Â» des poĂštes surrĂ©alistes

Paris, Sorbonne, 9 et 10 juin 2011

 

La musique n’aurait pas, dit-on, la facultĂ© d’exprimer un message en dehors d’elle-mĂȘme. Ce qui justifierait la provocatrice exclusion posĂ©e en 1925 par AndrĂ© Breton : « que la nuit tombe sur l’orchestre Â». S’appuyant sur les thĂ©ories esthĂ©tiques hĂ©gĂ©liennes, celui-ci considĂšre la musique comme un art confusionnel, en ce qu’elle est dĂ©savantagĂ©e par rapport Ă  la poĂ©sie en ce qui concerne la communication d’un contenu concret. NĂ©anmoins, ce que la musique perd en matiĂšre de dĂ©notation, elle le gagne en expressivitĂ©. La musique a Ă  voir avec des expĂ©riences si fondamentales qu’un poĂšte ne peut s’en dĂ©tourner sans que cela tire Ă  consĂ©quence.

Ce colloque se veut une interrogation sur les raisons de la possible dĂ©faveur de la musique auprĂšs des poĂštes, sur les raisons de tenir Ă  distance un art au plus prĂšs des perceptions immĂ©diates et sur les pas qu’il reste Ă  parcourir aux musiciens autant qu’aux poĂštes afin de partager « un peu de terre sonore et vierge Â». On s’interrogera d’une part sur l’expĂ©rience de la musique dans le surrĂ©alisme. Est-ce que la musique a la mĂȘme place que la poĂ©sie dans l’apprĂ©hension du monde ? Quid de la musique dans l’apprĂ©hension de la poĂ©sie ? Est-ce que la musique peut avoir la mĂȘme fonction que la poĂ©sie ? Afin d’éclaircir la place de la musique dans le surrĂ©alisme, il s’agira de dĂ©finir en quoi celle-ci a Ă©tĂ© exclue ou incluse dans le surrĂ©alisme, et d’analyser les dĂ©bats que cette inclusion ou cette exclusion a provoquĂ©s.

D’autre part, il s’agira de se demander en quoi la musique continue de constituer une source d’inspiration pour les poĂštes. On explorera donc les phĂ©nomĂšnes de rencontres musico-littĂ©raires dans les textes surrĂ©alistes. On interrogera ainsi les diffĂ©rentes modalitĂ©s de prĂ©sence de la musique dans le texte : l’évocation de musique comme thĂšme, la mise en valeur des qualitĂ©s acoustiques des mots, mais aussi les mises en musique. La rĂ©unification de la poĂ©sie et de la musique dĂ©passant leur antagonisme Ă©tait-elle possible et mĂȘme souhaitable ? En quoi, en dĂ©finitive, le rejet surrĂ©aliste de la musique, loin d'ĂȘtre seulement une question factuelle, est la consĂ©quence d'une crise de la poĂ©sie dans ses formes, la poĂ©sie devenant le lieu d'une rĂ©flexion critique, qui trouve son origine bien avant le surrĂ©alisme et se prolonge bien aprĂšs lui ?

Comité scientifique

Henri BĂ©har – Yves Bonnnefoy – Pierre Brunel – SĂ©bastien Arfouilloux

Les propositions de communication seront reçues par les organisateurs jusqu’au 15 octobre 2010. Elles sont Ă  envoyer Ă  : sebastien.arfouilloux@paris.iufm.fr.

III. Appel Ă  contribution pour la revue MĂ©lusine

 

Livre « surrĂ©aliste », livre d’artiste : nouvelles perspectives

 

Dossier thĂ©matique sous la direction d’Andrea Oberhuber (UniversitĂ© de MontrĂ©al) et Henri BĂ©har

 

Espace de rencontre, d’échange et de collaboration entre Ă©crivains et artistes, le livre dit surrĂ©aliste puis, Ă  l’époque contemporaine, le livre d’artiste, constituent une rupture esthĂ©tique et un vĂ©ritable changement de paradigme dans l’histoire du livre illustrĂ© : l’un et l’autre accueillent le texte et l’image, font dialoguer sous forme de collusion ou de collision deux modes de reprĂ©sentation en apparence profondĂ©ment diffĂ©rents, sollicitant par lĂ  un nouveau type de lecteur qui doit se mĂ©tamorphoser en lisant-regardant.

Repenser le livre-objet avant-gardiste en termes de collaboration interartistique, d’hybriditĂ© gĂ©nĂ©rique et d’usage crĂ©atif des arts et des mĂ©dias afin de considĂ©rer non seulement l’hĂ©ritage mais aussi les modalitĂ©s de reconfiguration d’une conception avant-gardiste de l’objet « livre Â», telle est la visĂ©e principale de ce dossier thĂ©matique. Si, depuis les publications d’Henri BĂ©har (1981), de RenĂ©e Riese Hubert (1988 ; 1991), de Jaroslav Andel (1989 ; 2002), de Lothar Lang (1993), de Johanna Drucker (1995) et d’Yves PeyrĂ© (2001), entre autres, l’accent a Ă©tĂ© largement mis sur le « dialogue Â» entre poĂ©sie et peinture, notre intĂ©rĂȘt portera davantage sur les enjeux gĂ©nĂ©riques et mĂ©diatiques entre le rĂ©cit et la photographie, d’une part, et sur les prĂ©misses inhĂ©rentes Ă  la crĂ©ation d’un espaces livresque hĂ©tĂ©rogĂšnes de nouvelles postures de lecture, d’autre part.

Collaborateurs pressentis :

Ø      Jan Baetens (UniversitĂ© de Leuven)

Ø      Henri BĂ©har (Paris 3)

Ø      Ainsley R. Brown (UniversitĂ© de Princeton)

Ø      Raluca Lupu-Onet (UniversitĂ© de MontrĂ©al)

Ø      Emmanuelle Pelard (UniversitĂ© de Bordeaux III – UdeM)

Ø      Michel Pierssens (UniversitĂ© de MontrĂ©al)

Ø      Nadine Schwakopf (UniversitĂ© de Yale)

Les projets de contribution devront ĂȘtre adressĂ©s, pour le 15 octobre 2010, conjointement, Ă 

Andréa Oberhuber, andrea.oberhuber@umontreal.ca

Et Ă  Henri BĂ©har, hbehar@univ-paris3.fr

 

En vous remerciant de votre attention,

Henri BĂ©har

 

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