référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2011-09/msg00027.html
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Colloque international et interdisciplinaire Benoît Gauthier



Cher Benoît Gauthier,
Serait-il possible de diffuser l'annonce de colloque suivante sur la liste ?
Cordialement,
Stella Spriet


Fascination des Images /
                Image fascination
 
Colloque international et interdisciplinaire
organisé les 20 et 21 Janvier 2012,
à l’Université de Saskatchewan, Saskatoon (Canada)
 
Responsables : Gilles Declercq, Marie-Dominique Popelard,
Stella Spriet, et Anthony Wall
 
Les propositions de communications sont à envoyer par e-mail (250 mots maximum) avant le 10 Octobre 2011
Contact : Stella Spriet (stella.spriet@usask.ca).
 
L’omniprésence de l’image dans nos sociétés contemporaines, massivement déterminée par l’emprise croissante au XXe siècle, des media imageants (cinéma, télévision, internet) a bouleversé les formes et les enjeux de notre culture longtemps fondée sur le primat de la communication écrite. Cette révolution, si caractéristique de notre modernité renoue cependant de manière paradoxale avec les assises les plus anciennes de nos cultures, où l’image, prise en charge par la peinture, le théâtre,  les arts oratoires, était autant porteuse de savoir que d’émotion esthétique.
 
Ce pouvoir de création et de communication de l’image antique et classique, a fait l’objet dès la naissance de la philosophie, d’un examen aussi rigoureux que critique, soucieux d’en dénoncer les dangers et les excès. Force et forme d’attraction paroxystique, la fascination désigne assez bien ce péril et ces pièges. Platon déjà instruisait le procès de la fascination à travers le pouvoir trompeur de l’image ; Aristote à son tour s’est soucié d’articuler la puissance imageante du théâtre au logos, c'est-à-dire à la logique et à l’éthique.
 
A l’âge classique, notamment en France, l’image est prise en charge par le pouvoir politique, le roi construisant son rayonnement « solaire » en multipliant son image au travers des arts : la peinture, l’architecture ou la littérature. Jean-Marie Apostolidès a rendu compte de cette machinerie fascinatrice du grand Roi. L’œuvre de Louis Marin est pour une part majeure consacrée à l’étude sémiologique et critique du rapport du  pouvoir à la fascination dans l’imaginaire classique. Jean-Luc Nancy a pour sa part mené une réflexion parallèle sur l’art et la littérature moderne.
 
De son côté la littérature contemporaine médite sur le pouvoir fascinant de l’image, à l’instar de l’œuvre de Pascal Quignard qui explore les limites de la représentation de l’effroi et de l’éros, revisitant les grands paradigmes mythiques de la fascination : Narcisse, Méduse etc.
 
Ce colloque a pour objectif d’examiner les formes et les modalités de l’image fascinante, d’en identifier la force esthétique et rhétorique : d’une part, sous sa forme rayonnante à proximité de l’exaltation sublime ; d’autre part sous sa forme inquiétante d’une rhétorique de la prédation et de l’aliénation. Transhistorique par une démarche traversant l’ensemble des arts de  représentation, ce colloque se veut également pluridisciplinaire en faisant dialoguer des spécialistes des arts et sciences humaines : philosophes, littéraires, rhétoriciens, linguistes, esthéticiens et historiens. Il sera également l’occasion d’un dialogue interculturel et bilingue entre des universitaires nord-américains et européens sur un enjeu majeur de notre culture interrogeant la puissance de l’imaginaire créateur à la lumière d’un esprit soucieux de préserver sa liberté critique.