référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2011-10/msg00007.html
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RE: Théâtre et cancérologie -- L¹art théâtral au service de la médecine. Alexandre Buysse



Chers amis,
Les propos échangés autour du théâtre et de la médecine me passionnent et me
laissent aussi un peu sur ma faim.
En effet, il me semble que nous échangeons beaucoup d’un point de vue
uniquement théâtral, alors que le caractère interdisciplinaire de toute
éventuelle approche thérapeutique ressort clairement. Ceci impliquerait pour
toute recherche d’oser s’ouvrir aux formes dérivées du théâtre.
Si nous parlons par exemple de théâtre et thérapie psychologique, nous ne
pouvons pas ne pas prendre en compte des recherches dans la direction du
psychodrame qui n’est pas purement du théâtre. Mais on ne peut pas ne pas
prendre en compte les résultats et descriptions avancés par Schattner et
Courtney, Weber et Haen, ou Ancelin Schützenberger. Plus loin nous devons
également nous demander quels sont les aspects théâtralisés de la thérapie
de groupe.
Quand Serge, tu fais, un  « travail de conscientisation active, des actes et
paroles du médecin », tu fais, je suis désolé, une partie de travail de
thérapie. Je sais très bien comment nous nous sentons, gens de théâtre,
n’étant pas nécessairement thérapeutes, face à cela : nous ne voulons pas
entrer dans une relation thérapeutique, mais du point de vue de la
psychologie elle est quand même présente. En effet, pour que cela reste
purement théâtral, sans effet psychologique, il faudrait qu’il y ait une
séparation assumée entre le sujet et le rôle. Or, justement dans le travail
que tu proposes cette membrane très fine entre vécu-réel et revivre-joué ne
peut que se déchirer. Reste que je comprends ta position et tout ce que ton
expérience peut amener pour que cela ne dérive pas trop dans cette
direction. Mais au cas où tu parviendrais à faire travailler tes médecins
sur la conscientisation sans que d’eux-mêmes ils touchent à leur inconscient
(peut-être en dehors de tes ateliers) et sans les amener dans une voie
thérapeutique, tu serais alors tout à fait dans la voie documentée par la
formation professionnelle. Nous retrouvons des ateliers, qui ressemblent
parfois au jeu de rôle, parfois au jeu dramatique, dans la formation
professionnelle, et qui visent typiquement la mise en action de gestes
professionnels ou de situations d’interaction. A nouveau, si on se permet
d’ouvrir le regard interdisciplinaire on trouve de la documentation à cet
égard notamment dans les sciences de l’éducation, dans la formation des
adultes. On peut même se demander si les instructions au sosie, les
explicitations croisées, etc. employés couramment n’ont pas une part de
théâtralité.
D’un point de vue cognitif, donc, si on peut l’écrire ainsi, de la thérapie
non pas de l’inconscient mais du conscient de la connaissance et de sa
construction, de nombreuses études, mais à nouveau pas nécessairement
purement théâtrale, documentent de manière plus ou moins directe des effets
du théâtre, et bien évidemment surtout du jeu dramatique : Noice et Noice,
Beyda, Courtney, Johnson, Townsend… Sans parler des recherches de Beauchamp
ou Page. Il est quand même très difficile après cela de ne pas imaginer
qu’il y ait des effets au théâtre. 
A mon avis, il est bien établi qu’il y a des effets mesurables de la
pratique du théâtre, ou de dérivés du théâtre, sur l’individu. Il ne s’agit
pas nécessairement du théâtre dans sa forme socioculturellement établie mais
bien de ses dérivés qui comprennent tous une essence de cette théâtralité
justement.
Si nous prenons le regard de la thérapie médicale, je ne comprends pas très
bien la levée de bouclier que je ressens dans les différentes prises de
position. Toute médecine contemporaine se doit de tenir compte de la
psychologie. Je vous renvoie simplement aux études sur les effets placébo :
un médicament soigne (un peu) si le patient croit au médicament. Bien
évidemment il s’agit, d’un point de vue médical, d’effets marginaux, mais
qui parmi nous croit encore que la médecine est une science exacte et qui
croit encore aux sciences immuablement exactes ? Nous devons donc nous
tourner vers la large documentation en ethnologie et anthropologie, et parmi
celle-ci nous retrouverons certainement Lévi-Strauss qui nous rappellera que
« la mise en mots de la maladie » pour pouvoir l’affronter fait partie dans
beaucoup de cultures du début d’une thérapie… et bien souvent d’une
guérison. Le patient entre, on pourrait dire grâce à la mise en scène du
shaman, en lutte ouverte contre un adversaire qui est celui qui a causé la
maladie. Il s’agit bien d’une certaine théâtralité. Alors d’un point de vue
rationnel, elle ne peut directement guérir, mais elle contribue certainement
à ce processus de guérison. Elle soulage comme l’écrit José Bau Diyabanza.
Il me semble que ce processus du dire, et au-delà de l’ouverture d’un
conflit théâtralisé, est déjà utilisé dans le cadre justement de
l’accompagnement des patients souffrant de cancer.
Réduire la médecine, la thérapie à une extrême rationalité, et du même coup
restreindre les perceptions de la théâtralité, serait regrettable et surtout
loin d’une objectivité scientifique. En effet, nous avons trop souvent
tendance à penser en tant qu’occidental du 21e siècle, et nous oublions que
nous ne sommes issus que d’une très petite part de l’expérience humaine. Le
théâtre, nous le savons tous, est vécu et joué très différemment dans les
autres cultures. La psychologie occidentale n’a que peu de prise ailleurs et
même la notion de l’intelligence ne se réduit aux mots et à la raison que
dans notre culture. Je n’élaborerai pas sur la médecine, où la médecine
occidentale n’est qu’une voie parmi d’autres, même si a fait ses preuves.
Les recherches en psychologie interculturelle (Segall, Berry ou Dasen) ont
beaucoup à nous apprendre sur nos relatives connaissances.
Oser affirmer que le théâtre, ou plutôt des dérivés du théâtre, peuvent
aider à guérir d’une maladie, à tout le moins soulager, ne me semble pas du
tout hors de toute raison scientifique, bien au contraire ! Je ne peux que
conseiller d’avoir recours aux autres disciplines pour éclairer ce champ de
recherche.
Cordialement
Alexandre Buysse


Alexandre Buysse
Professeur spécialisé auprès de la
Haute Ecole Pédagogique Frbourg
Responsable de l’unité de recherche 
Intériorisation de la culture professionnelle
Rue de Morat 36
CH-1700 Fribourg

buyssea@edufr.ch

Chercheur associé auprès de l’équipe de recherche
Théorie, Action, Langage et Savoirs (S.Vanhulle, dir.)
Université de Genève


-----Message d'origine-----
De : owner-mascarene@uqam.ca [mailto:owner-mascarene@uqam.ca] De la part de
José Bau Diyabanza
Envoyé : lundi, 3. octobre 2011 16:32
À : Liste de discussion en francais sur le theatre
Objet : Re: Théâtre et cancérologie -- L¹art théâtral au service de la
médecine.

Chers amis

Cette échange m'interesse beaucoup.
De Kinshasa où j'évolue, le théâtre est considéré comme une piste qui peut
encore soulager, mais ne guérit pas.
Je souhaote suivre l'évolution du débat et vous encourage tous.

Avec mes amitiés

Le 02/10/11, anne Vernet<jipeva@no-log.org> a écrit :
> Cher Serge Ouaknine,
>
> (et dans l¹emploi du terme, ³cher² n¹est pas formule de politesse, 
> tant votre message m¹est une joie ­ pour autant qu¹on puisse oser en 
> éprouver sur le sujet qui nous occupe ­ disons ³joie morale², ou ³joie
intellectuelle²...
> bref, une joie qui soulage, simplement...)
>
> Je suis bien évidemment à votre disposition pour tout échange 
> personnel sur ce sujet, mais je pense que ma réponse pourra intéresser 
> tout le monde (et c¹est aussi un sujet qui nous intéresse tous ­ ce 
> qui n¹exclut rien, et n¹oblige en rien, bien entendu).
>
> Votre témoignage du travail que vous menez avec des médecins est on ne 
> peut plus précieuse: oui, je souscris tout à fait, ici, au ³service² 
> que le théâtre peut rendre à ceux qui ont la parole en matière de 
> maladie, c¹est-à-dire : les médecins et les malades.
> Le théâtre n¹a pas à ³mettre en jeu² une relation du malade à sa maladie :
> c¹est quelque chose qu¹on m¹a souvent proposé de faire, et que j¹ai 
> toujours refusé, du moins jusqu¹ici.
> Le théâtre n¹a pas la parole en matière de maladie...
> Par expérience de l¹analyse, je sais à quoi ³l¹artiste², dans 
> l¹hubris, pardonnez-moi, imbécile, de sa vocation, peut s¹exposer.
> Et, toujours par expérience, je sais qu¹il n¹a pas les moyens (l¹art 
> n¹est pas là pour les lui fournir? C¹est une autre question, et c¹est 
> celle de
> l¹art) de réagir à un contre-transfert autrement que par la ³rupture², 
> de quelque manière qu¹elle se dise et se fasse...
>
> Nous visons dans une société effroyablement traversée de violence et 
> de convoitise. Toute ³vérité² à ce propos (et à fortiori toute 
> prétention à ³guérir² une telle société), proférée par nous à l¹alibi 
> du théâtre mais hors de nos scènes devient une ob/scénité au sens strict.
>
> Toutefois, je voudrais partager ici avec vous, et avec tous ceux et 
> celles à qui elle peut être utile, une réflexion seulement théâtrale:
>
> Brecht, qui fut d¹abord médecin (comme Büchner et Tchekhov) écrivit 
> que ³le théâtre ne pouvait être et ne serait jamais un vecteur direct 
> de l¹émancipation des hommes²...
>
> Je vais même plus loin: non seulement l¹art ne ³guérit rien², mais la 
> médecine non plus...
> La vie est une maladie mortelle...
> La médecine, au meilleur d¹elle-même, ³sauve des vies²... Mais ça 
> s¹arrête là, et c¹est déjà pas mal...
> L¹idée de ³guérison² (autrement dit revenir à ³l¹état de santé d¹avant 
> la
> maladie²) ressort de la pensée magique (miracles et autres merveilles)
>
> Mais là où la médecine et l¹art nous apprennent la même chose, c¹est à 
> vivre avec la maladie physique comme à comprendre le mal social, nos 
> ³maux² et nos mots...
> Changer le monde, y assurer la plus belle et longue vie à chacun, 
> n¹est affaire ni de jeu (pour le théâtre) ni de profit (pour la
médecine)...
>
> Quoi qu¹il en soit, la raison d¹être première de tout ³spectacle², 
> c¹est la mort ­ chose que Debord n¹a pas vu dans sa critique, pour moi 
> assez démagogique, de ³la société du spectacle: c¹est peut-être cela 
> d¹ailleurs que celle-ci tâche, inconsciemment, de dire, à chacun, par 
> son excès même...).
>
> Car la mort ne s¹approche jamais par les vivants que comme spectacle: 
> celui de la mort de l¹autre. Sinon c¹est que le mort, c¹est toi.
>
> Oui, il y a là, dans le fondement ontologique du théâtre ce qui nous 
> dit que nous sommes vivants parce que nous voyons la mort.
> Les vieux Grecs savaient ce qu¹ils faisaient en nommant cet art-là 
> ³Théâtre²
> - le vu voyant, traduction aléatoirement poétique que je propose.
>
> A partir de cela, oui, le théâtre a sans doute à faire et à dire ­ 
> pour peu qu¹il s¹assume comme tel, mais c¹est là une toute autre
question...
>
> ³Voir² la mort est précisément ce qui nous signe comme vivants...
>
> D¹où mon impossibilité d¹aborder la pratique de ³théâtre thérapie² 
> avec des malades...
>
> On me propose, en revanche, des ateliers d¹écriture... que jusqu¹ici 
> j¹ai toujours éludés, mais en approfondissant la réflexion, là, 
> peut-être, y a-t-il une vraie ³valeur² à soutenir et nourri une parole 
> à donner ³à ceux qui viendront après²...
>
> Très sincèrement à vous,
> Anne Vernet
>
>
> Le 02/10/11 09:02, « Serge Ouaknine » <serge_ouaknine@yahoo.fr> a écrit :
>
>>
>> Bonjour Anne Vernet
>> Je souscris totalement à votre critique. Je crois en l'art et non en 
>> la thérapie ( dans le sens où vous l'énoncez) .
>> Depuis cinq ans je travaille avec des cancérologues et, en aucune 
>> façon, avec des malades. L'idée est que la personne qu'il faut aider 
>> est le médecin ( et par ricochet le malade), si on veut espérer une 
>> relation plus "humaine" de la la relation médecin/malade dans ce 
>> qu'il est convenu d'appeler "l'annonce"
>> en
>> milieu médical.  Il y a là, dans "l'annonce" une connotation quasi 
>> religieuse en Occident. Mais ici l'Annonce n'est pas, celle 
>> bienheureuse de la naissance de l'enfant mais la tragédie du cancer 
>> ou de sa récidive. Parce que le monde médical est traversé par de 
>> plus en plus de détresse et même de réaction de violence, j'ai été 
>> approché  par un homme exceptionnel le Professeur Marc Ychou, médecin 
>> oncologue et professeur de cancérologie à la Faculté de Médecine de 
>> Montpellier. Voilà six ans. Ensemble nous avons conçu un projet pour 
>> les médecins cancérologues débutants ( nous avons aussi  donné des 
>> Ateliers à des étudiant de 4e et 5 e années)  et aussi des médecins 
>> hautement spécialisés, ayant de 10 à 20 ans d'expériences. Je ne fais 
>> pas de thérapie mais un travail de conscientisation active, des actes 
>> et paroles du médecin, mettant en action une expérience de bientôt 
>> une quarantaine années dans le théâtre expérimental et la formation 
>> de l'acteur. Je ne rencontre pas les malades ou leur famille, sinon 
>> par la narration des médecins que je mets en situation et à qui je 
>> m'adresse "comme s'ils étaient des acteurs". Les témoignages sont 
>> bouleversants.
>> Voici ci-dessous un maigre résumé de notre travail. Un livre est en 
>> préparation pour édition en 2012.
>>
>> L¹art théâtral au service de la médecine.
>>
>> Souvent devant un scanner, une IRM, un rapport reçu par email, lettre 
>> d¹introduction accompagnée d¹un CD, le médecin cancérologue reçoit le 
>> malade et peut se trouver confronté à 3 types de situations :
>> 1- L¹annonce d¹un diagnostic de gravité. 2- L¹annonce d¹une récidive. 
>> 3- Le lien aux proches et à la famille.
>>
>> Le médecin est alors un acteur à plusieurs visages devant confronter 
>> des situations auxquelles il n'a pas été préparé. Il construit  ses 
>> procédures et routines qui rapidement deviennent sa forteresse. Le 
>> moindre mot, le moindre geste ou silence du médecin prend valeur de 
>> signe à déchiffrer, une simple interjection peut prendre une 
>> connotation dramatique, au regard et à l¹écoute de celle ou de celui 
>> qui attend un verdict sur sa vie. Les rapports des malades face au 
>> médecins et à la médecine sont accablants! Le malade attend un 
>> supplément d¹être et une écoute personnalisée alors que le médecin 
>> est trop souvent sous la pression d¹un temps contraint.
>> C¹est à ce temps intime, à l¹être même du malade, que l¹Atelier <<Les 
>> mises en scène du cancérologue>> sensibilise le médecin et l¹invite à 
>> mieux se préparer à la relation médecin-malade.
>>
>> Depuis l¹aube des temps, théâtre et médecine sont nés du désir de 
>> réparer la vie, d¹élucider des conduites à suivre, de repousser la 
>> peur, la douleur ou le spectre de la mort.
>> Le cancer renvoie à la mort, à la sensation physique et mentale que 
>> désormais le temps est compté. Le diagnostic d¹un cancer, ou 
>> l¹annonce de sa récidive, instaure et éveille chez le malade une 
>> relation soudain différente à sa propre vie : déni, mutisme, 
>> fragilité, sentiment de culpabilité ou de colère, parfois curiosité 
>> compulsive sur Internet.
>>
>> Le médecin a été formé aux actes diagnostiques et thérapeutiques dans 
>> une inflation technologique qui le place à distance d¹une relation 
>> sensible au malade et à ses proches.Les mises en scène du 
>> cancérologue se déroulent au fil de deux weekends intensifs, sur la 
>> scène d¹un vrai théâtre. Il n¹y a pas de public, il ne s¹agit pas de 
>> voir ni de faire un spectacle et ce ne sont pas davantage un cours de 
>> recettes ou de procédures de communication. Les Ateliers n¹ont pas 
>> pour objectif de juger des performances ou des attitudes.
>>
>> Les médecins interagissent avec un couple d¹acteurs qui se prêteront 
>> à différents rôles, sous le regard et la conduite d¹un metteur en 
>> scène professionnel. Acteurs, médecins et metteur en scène seront 
>> tous ensemble sur la scène, parfois en duo, ou en petits groupes.
>> Ils vivent un état de convivialité, de découverte mais aussi de 
>> moments de partage d¹expériences, de narration ou de mises à distance 
>> réflexive et de scène jouée et improvisée.
>>
>> L¹Atelier, Les mises en scène du cancérologue, a été conçu par Marc 
>> Ychou, médecin oncologue et professeur de cancérologie à la Faculté 
>> de Médecine de Montpellier, et Serge Ouaknine, metteur en scène et 
>> professeur d¹université. Leur projet est né au carrefour vital de la 
>> médecine et des arts, afin de bonifier la relation du médecin aux malades
et aux proches.
>> Cette action a été accueillie avec enthousiasme par le corps médical, 
>> la Ligue contre le Cancer et la Faculté de Médecine de Montpellier. 
>> Ils sont assistés pour chaque atelier par la présence constante d¹un 
>> acteur et d¹une actrice professionnels, initiés à l¹univers du 
>> médecin. L'Atelier de 2012, est le cinquième. Le groupe des médecins 
>> ne dépasse pas 10 personnes, pour un maximum d¹attention et de 
>> relation qualitative.
>> Toutes les séances sont échafaudées sur une alternance d¹exercices 
>> organiques préparatoires et de mises en situation et en jeu.
>>
>> Pour ne pas appesantir ce sujet sur la liste de Mascarene, démarche 
>> somme toute très spécialisée et intimiste, si vous  le souhaitez, je 
>> vous propose de poursuivre cette communication de manière privée, en 
>> demandant au responsable de la liste de vus transmettre mon email.
>> Bien cordialement,
>>
>> Serge Ouaknine
>>
>>
>>
>>
>>>
>>> De : anne Vernet <jipeva@no-log.org> À : Liste de discussion en 
>>> francais sur le theatre <mascarene@uqam.ca> Envoyé le : Lundi 26 
>>> Septembre 2011 23h16 Objet : Re: théâtre thérapie
>>>
>>> Re: théâtre thérapie  Bonjour,
>>>
>>> Un site propose quelques pistes et quelques références d¹ouvrages 
>>> sur la
>>> question:
>>>
>>> http://art-en-therapie.fr/recherchesscientifiques.aspx
>>>
>>> Pour ma part, je reste extrêmement sceptique sur la valeur en 
>>> général de ³l¹art thérapie², et du ³théâtre thérapie² en particulier.
>>> Ma position est même très critique: certes, ce sont là des 
>>> ³débouchés² pour beaucoup d¹artistes ­ débouchés que nombre 
>>> d¹institutions encouragent sous la forme de ³missions²... (dans 
>>> l¹esprit que ³là, au moins, le théâtre sert à quelque chose², parole 
>>> que j¹ai entendue).
>>> Cette instrumentalisation, souvent ³caritative², et parfois obligée, 
>>> vise souvent à pallier, au moindre coû,t les carences générales des 
>>> encadrements thérapeutiques médicaux et psychologiques appropriés, 
>>> qui font défaut.
>>>
>>> Bien entendu, cette critique ne vise absolument pas les qualités 
>>> humaines, ni la valeur du travail réalisé par les artistes et les 
>>> troupes. Et encore moins la solitude et la détresse de malades qui, 
>>> souvent, ne trouvent qu¹au théâtre la chaleur du lien qui adoucit 
>>> leur souffrance.
>>>
>>> Mais il y a là le risque d¹apporter caution à la faillite même d¹une 
>>> organisation sociale bien moins soucieuse de l¹humanité que de son 
>>> ³coût social² - à partir du moment où les individus ne sont plus 
>>> ³productifs²...
>>>
>>> Et, au-delà, de voir le théâtre servir des ³méthodes² quasi 
>>> sectaires, ou para sectaires, de pseudo ³thérapeutiques² (et j¹en ai
vu).
>>>
>>> Reste une question: il est étrange qu¹aucune troupe n¹ait, à ma 
>>> connaissance, le courage de se saisir, elle, de la critique du 
>>> procédé...
>>>
>>> Je choque ici, peut-être ­ mais parfois faut-il aussi dire les 
>>> choses comme on les pense.
>>>
>>> Amitiés,
>>>
>>> Anne Vernet
>>>
>>>
>>> Le 26/09/11 19:18, « nath laul » <laulnath@gmail.com> a écrit :
>>>
>>>> Bonjour à tous,
>>>>
>>>> Je suis à la recherche de documentation concernant le théâtre 
>>>> thérapie...en particulier utilisé enn cancerologie. Si quelqu'un a 
>>>> de références à me communiquer je lui serais très reconnaissante.
>>>> Bien à vous,
>>>> Nathalie
>>>>
>>>
>>>
>>>
>>
>
>


--
José *Bau Diyabanza*
Commissaire Général de
L'Atelier-Théâtr'Actions *"ATA asbl"*
1 Rue Vundulu Q.Baboma/ Mfumu Ngandu
Tél: 00243 81 813 91 49
Kinshasa - Kimbanseke / R.D.Congo
prince@cooperation.net <http://www.cooperation.net/prince>
www.cooperation.net/prince


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