référence : http://listes.cru.fr/arc/mascarene/2011-10/msg00029.html
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Re: Lapsus, petites rectifications et complément benskyr



Chers Theatrophones : 

Pour me restreindre a ce que je crois savoir et a ce que j'ai pratique de si longue date, je pense que la chose la plus passionnante qui soit -- du moins dans le contexte de l'enseignement universitaire -- c'est de donner acces a une prise de conscience novatrice pour beaucoup d'etudiants, qui serait la suivante : comment la PAROLE proferee sur la scene sucite l'introjection de la VISION chez l'acteur, et comment, dans le meilleur des cas, cette introjection de la vision, au sens quasi-hallucinatoire du terme, intensifie la visualisation de ce qu'on ne voit pas devant soi chez le spectateur.

Chaque fois que je commence un French Theater Workshop a Georgetown, je me trouve porte a rappeler a mes ouailles que pendant de fort nombreux milliers d'annees, l'Homo Sapiens n'avait que fort peu de soutiens visuels pour nourrir son imagination et que tout ce que eux connaissent -- cinema, television, ordinateur, I-Pod, etc -- et qui propose des orgies d'images pre-fabriquees, n'existe que depuis un petit siecle et des poussieres. En d'autres termes, pendant sa tres longue histoire, la creature humaine a du pratiquer une quasi-symbiose entre ECOUTER et VOIR pour structurer sa vie imaginative, ce qui explique comment, avec l'ajout capital du geste et de la spatialisation d'actes fictifs charges d'exemplarite des formes innombrables de ce que nous appelons " theatre " ont pu essaimer dans tant de societes sur les cinq continents de notre planete.

Ainsi, si toutes ces recherches dites scientifiques d'investigations face a la contemplation de morceaux de spectacles dont on parle ici tiennent compte de ce que je viens d'exposer, tant mieux et cela nous concerne surement en tant que theatrologues. Sinon, il y a, bien sur, de la place a cote pour des directives autres ...

Pensees Vives

Roger-Daniel Bensky

                                            " Every wall is a door. "

                                              RALPH WALDO EMERSON  
    

" Every morning, you have to break through the dead rubble afresh to reach the living warm seed ".

                                              LUDWIG WITTGENSTEIN

                


---- Original message ----
>Date: Thu, 20 Oct 2011 11:50:33 +0200
>From: owner-mascarene@uqam.ca (on behalf of anne Vernet <jipeva@no-log.org>)
>Subject: Lapsus, petites rectifications et complément  
>To: Liste de discussion en francais sur le theatre <mascarene@uqam.ca>
>
>   Bonjour,
>
>   Je m'aperc,ois que j'ai un peu trop vite enterre
>   Eugenio Barba dans mon precedent message... Tombeau
>   metaphorique, certainement theatral: apres tout, on
>   y meurt et on se releve - enfin, la plupart du
>   temps.
>   Bonne sante et longue vie `a lui.
>
>   Merci aussi `a Serge Ouaknine pour le rappel de la
>   reconnaissance de Stanislavski pour Meyerhold -
>   quoiqu'il me semble que celle-ci ait ete posterieure
>   `a son assassinat (il est d'ailleurs probable que
>   Stanislavski aurait pu payer de sa vie le fait de se
>   ranger aux cote de son ex-eleve au plus fort des
>   purges staliniennes). La date exacte de ce noble
>   geste serait eclairante - sur l'homme.
>
>   A propos de Stanislavski, je voudrais revenir aussi
>   sur la qualification de "jesuite" que je lui ai
>   portee, dans un raccourci un peu intempestif lors
>   d'un de mes messages precedents: jesuite, il ne
>   l'etait bien sur pas lui-meme. Mais il etait
>   seulement, comme tout fils de bonne famille russe,
>   nanti d'un precepteur franc,ais - donc au minimum
>   forme par l'Ordre et aux techniques du Theatre de
>   College (dont j'ai donne un aperc,u de la filiation
>   avec la "Methode" appuye sur les travaux de Bruna
>   Filippi) puisque la Prusse et la Russie fut leurs
>   terres d'asile durant toute la Revolution et
>   l'Empire et leur resterent reconnaissantes jusqu'en
>   1905.
>
>   Enfin, pour en revenir `a l'experimentation de Y.
>   Bressant, il faut serieusement convenir qu'il n'y a
>   rien de neuf dans le fait d'observer des signes de
>   reactivite cerebrale `a un stimulus exterieur, quel
>   qu'il soit. Cela a ete depuis longtemps experimente
>   - au moins depuis l'apres-guerre du siecle dernier,
>   au moyen de ses appareils archaiques qu'etait l'ECG
>   et l'EEG, accessoirement baptises detecteur de
>   mensonges.
>
>   Lorsqu'on sait que le spectacle pris comme materiau
>   pour l'experience de Y. Bressant (Onysos le furieux
>   de L. Gaude) est l'une de ces oeuvres "artaudiennes"
>   magnifiques, incandescentes tout `a la fois de
>   violence, d'archaisme et d'actualite - pour
>   reprendre les mots de Roger Daniel Bensky - qu'on
>   peut qualifier de psychedeliques au sens premier du
>   terme de "revelateur", on ne s'etonnera evidemment
>   pas que le cobaye isole manifeste des reactions
>   comparables `a celle du cobaye isole suivant devant
>   les memes "morceaux choisis". Et certainement
>   soigneusement "choisis" (lesquels? Mystere). Kubrick
>   a largement traite des applications coercitives, et
>   des implications ethiques, de la chose avec Orange
>   Mecanique - autre oeuvre "psychedelique".
>
>   Qualifier "d'adhesion" la reactivite metabolique
>   seconde `a l'emotion repondant  `a un stimulus aussi
>   complexe est un abus absolu de langage, un "saut"
>   injustifiable du point de vue scientifique - pour
>   moi: une imposture.
>   Car ici, dans cet ordre de denomination
>   ("adhesion"), de quoi est-il question? Pas de mettre
>   en jeu l'une des quatre forces cosmiques, non, meme
>   pas: nous voil`a dans le registre des
>   representations affectives... Etonnement: on
>   voudrait liquider le psychique mais lorsque c,a
>   arrange, on recourt `a son lexique? Allons.
>
>   Dans cet ordre, et la situation dont il est question
>   dans "l'experience", cette emotion meme peut etre,
>   tout au contraire, rejet de l'adhesion.
>   C'est-`a-dire: repulsion - ou tout au moins
>   distanciation, autoprotection...
>   Il ne s'agit pas d'une recherche, mais de la
>   manipulation (ratee) d'un mauvais illusionniste qui
>   ne veut prouver que ce qui l'interesse `a priori:
>   qu'on adhere `a lui.
>   Ce que l'IRMf "prouve", et qui le fut depuis
>   longtemps, c'est qu'il y a impregnation transitoire
>   du metabolique.
>   Un metabolique neurosensoriel par definition ouvert
>   `a son environnement (le propre du sensoriel).
>   Le cerveau "n'adhere" pas et ne reste pas scotche `a
>   ce qui nourrit sa fonction.
>   Si c'etait le cas, il cesserait aussitot de pouvoir
>   fonctionner...
>
>   Il ne suffit pas de repeindre la vieille roue qu'on
>   reinvente...
>   Mais comment se fait-il qu'une affirmation pareille
>   soit rec,ue sans etre soumise `a critique?
>
>   Amities,
>
>   Anne Vernet

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