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Le vulgaire cabanon...La réponse Gadoury, Lynda



Title: Message
Bonjour,
 
Avez-vous lu la réponse de Monsieur Rock Denis à François Cardinal ce matin?
 
Voici l'article.
 
 
Bonne journée,
 
Lynda
 
 
 
 
 

Lynda Gadoury
Adjointe à la Direction
Direction du Service des bibliothèques
UQÀM
gadoury.lynda@uqam.ca
Téléphone: (514) 987-3000 poste 4311
Télécopieur: (514) 987-3542

 
Title: document

 


La Presse
Forum, lundi 26 septembre 2005, p. A18

Réplique

Un procès injuste
Les projets de l'UQAM à l'
Îlot Voyageur ne visent assurément pas à faire de la Grande Bibliothèque un "vulgaire cabanon"

Je m'étais abstenu jusqu'ici de réagir publiquement aux articles de presse parus depuis cet été au sujet des projets immobiliers de l'UQAM au centre-ville. L'éditorial de François Cardinal intitulé " Un vulgaire cabanon " (La Presse 18-09-2005) m'y amène toutefois. Cet éditorial me paraît très injuste à l'égard des contributions actuelles et passées de l'UQAM au développement urbain de Montréal.

Ce qui me parait injuste aussi dans la charge livrée contre l'UQAM, c'est l'invocation de la couleur du revêtement (le " vert malade ") du bâtiment de la TÉLUQ pour condamner tout d'un bloc. Je suis prêt à laisser à l'appréciation critique du milieu l'évaluation de la qualité esthétique du projet, et loin de moi l'idée de reprocher à monsieur Cardinal ou à d'autres de ne pas aimer la couleur choisie. Ma couleur préférée est le bleu.

Mais sur cette base le verdict tombe: l'UQAM construit " d'horribles champignons " au centre-ville! Or, dans ce procès vite fait bien fait, rien n'est dit de la restauration des anciens ateliers de la première École technique de Montréal, érigés au coeur du quadrilatère Président-Kennedy, Jeanne-Mance, Sherbrooke et Saint-Urbain. Il n'y avait là, il y a deux ans, qu'immeubles en décrépitude et stationnement boueux à ciel ouvert. Rien n'est dit non plus de la rénovation de l'auditorium de style Art Déco construit en 1909 par les architectes Archibald et Perreault et qui était littéralement abandonné depuis plusieurs années.

Rien n'est dit de la serre établie sur le toit du pavillon des sciences biologiques et sur l'aménagement paysager du site qui est en train d'être réalisé pour faire de ce quadrilatère- le Complexe des sciences Pierre Dansereau de l'UQAM- un atout pour Montréal et le Québec.

Il y aura, évidemment lorsque les travaux seront terminés cet automne, un événement d'inauguration officielle, comme cela est l'usage. Nous serons heureux de présenter le résultat de notre ouvrage à la communauté. Mais pourquoi nous condamner si fort dès maintenant et pourquoi appeler la ministre au secours sur l'air de dire: " Arrêtez-les, Madame, ils sont devenus fous! ".

L'UQAM ne mérite pas qu'on dise d'elle qu'elle ne fait ni dans la dentelle, ni dans les règles de l'art lorsqu'il est question d'architecture, laissant ainsi entendre qu'elle est irresponsable socialement à l'égard des enjeux du patrimoine ou de la rénovation urbaine.

Rien n'est moins vrai. Et l'achat récent de la bibliothèque Saint-Sulpice pour éviter le risque de la dilapidation de ce patrimoine et pour en assurer la pérennité, de même que la restauration prochaine de l'ancien édifice de La Patrie devraient témoigner au moins un peu de nos engagements.

L'Îlot voyageur

Mais comme si cela ne suffisait pas, l'éditorialiste ajoute aux preuves accumulées contre l'UQAM, le dossier de l'îlot Voyageur. Et vlan! Avec sa tour à bureaux notamment, le projet de l'UQAM écrasera littéralement de sa taille la Grande Bibliothèque... pour la réduire à l'état de vulgaire cabanon! Et devant un tel méfait appréhendé, le ministère devrait exercer son " droit de refus ", " pour faire oublier sa mollesse par rapport à l'UQAM. "

Rien de moins. Mais est-il utile de rappeler que la décision de l'UQAM de faire ce grand projet sur l'îlot voyageur a été saluée très largement dans la communauté et dans les médias aussi, car il va contribuer à débarrasser la ville de bâtiments vétustes et vraiment laids qui n'ont d'héritage à laisser que la mémoire de ce que fut, en face, l'ancien Palais du Commerce devenu Taj Mahal, exactement là où se trouve la Grande Bibliothèque.

La tour à bureaux, parmi l'ensemble des composantes du projet sur ce site, est l'objet de controverses. Je le sais, depuis la diffusion des premières esquisses du projet au printemps. Et cet aspect est en examen.

L'éditorialiste a bien le droit de nous mettre en garde et d'exprimer une critique. Il nous jette plutôt une condamnation sans appel. J'en tire la leçon qu'il faudra que l'UQAM explique mieux ses projets sur la scène publique et aux médias afin qu'on puisse les juger en toute connaissance de cause. Comptez sur moi!

Un dernier mot: sur l'îlot Voyageur, il s'agit de faire en sorte que l'UQAM s'inscrivant dans l'élan donné par la Grande Bibliothèque, et en complémentarité avec elle, puisse faire une contribution majeure au Quartier latin et à cette partie stratégique du centre-ville.

Roch Denis

L'auteur est recteur de l'UQAM.

Pas n'importe quoi

M. Denis, ce n'est pas parce qu'un élément d'un projet architectural est critiqué, fut-il aussi imposant que votre malheureux mastodonte de verre, qu'il faut rejeter l'ensemble du concept. De même, ce n'est pas parce que l'UQAM va délivrer Montréal de l'horrible station d'autobus de la rue Berri qu'elle gagne soudainement le droit de faire n'importe quoi.

François Cardinal

Catégorie : Éditorial et opinions
Sujet(s) uniforme(s) : Architecture et urbanisme
Taille : Moyen, 568 mots

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Doc. : news·20050926·LA·0037





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