référence : http://listes.cru.fr/arc/webiblio-l/2008-04/msg00003.html
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Pour une identité et une stratégie numérique des bibliothèques Debbah, Karim



avr 03

par : Bibliothèques et cie Add comments

 

Il y a quelques temps, Kotkot remarquait avec raison que les réseaux sociaux ne sont pas intéressants en soi, mais surtout par ce que les bibliothèques peuvent y faire…Autrement dit, je pense qu’il faut plaider pour une identité et une stratégie numérique des bibliothèques.

En effet, la récente enquête du Crédoc pose le constat suivant :

Devant les progrès d’Internet, les bibliothèques ont perdu du terrain dans leur rôle de centre de ressources documentaires. Quand ils ont à chercher des informations pratiques, pour le bricolage, la cuisine, le jardinage, les Français citent d’abord Internet (26 %) plutôt que d’aller en bibliothèque (7 %) : celle-ci vient au quatrième rang des lieux et modes de recherche, après les grandes surfaces et le réseau relationnel. Il en va de même quand ils veulent aider leurs enfants dans leurs études (49 % privilégient Internet, 19% vont en bibliothèque).

Un tel constat, s’il interroge notre rôle, n’invalide pas pour autant l’importance de l’équipement public que représente la bibliothèque. Véritable lieu d’échanges, de rencontre et de sociabilité, la bibliothèque est bien plus qu’un établissement de prêt. En effet, la même enquête souligne que :

De 1989 à 2005, la part de la population allant dans les bibliothèques publiques est passée de 23% à 43 %, alors que dans le même temps, la fréquentation des cinémas et des musées est restée stable (50 % et 33 % respectivement). Au sein des bibliothèques publiques, ce sont les bibliothèques municipales qui occupent le premier plan : 72 % des Français de 15 ans et plus ont déjà eu l’occasion d’en fréquenter une.

Ainsi, la question est moins de savoir si les usages d’Internet vont faire baisser la fréquentation des bibliothèques que celle de positionner les ressources et les services des bibliothèques sur Internet pour que les publics puissent y faire appel.

(L’institut de sondage ComScore indique que les principaux sites de réseaux sociaux auraient attiré plus de 13,2 millions de visiteurs uniques en juillet 2007, ce qui représentant un taux de pénétration de plus de 50% de la population ayant accès à Internet), les Français passent de plus en plus de temps sur Internet et en particulier sur des réseaux sociaux qui fonctionnent notamment grâce au principe de la « recommandation », bouche-à-oreille transposé sur Internet. Or le bouche-à-oreille est un vecteur central de diffusion de la culture. Une bibliothèque est donc susceptible de s’inscrire sur certains de ces sites afin d’y diffuser des contenus (avis, critiques commentaires, parcours de lectures, etc.) par ailleurs produits par les bibliothécaires et présents sur le site de la bibliothèque.

En outre, il est important de comprendre pourquoi, à l’image de nombreux autres de réseaux de bibliothèques, une partie des publics ne profite pas de l’offre mise à disposition. Une des hypothèses reconnue dans cette enquête nationale et souvent vérifiée par la suite tient à l’image de l’institution en tant que telle.

Pour des raisons culturelles, beaucoup de ceux qui ne fréquentent pas les médiathèques ont une idée très vague de ce que « la bibliothèque » peut leur proposer.

La présence des bibliothèques sur des réseaux sociaux, loin d’être une concession à l’air du temps, répond en réalité à un double constat :

Concrètement, cela suppose de définir une identité numérique pour la bibliothèque. Les réseaux sociaux comportent en effet un profil propre à chaque membre se composant a minima d’un nom et d’une image. Celui d’une bibliothèque pourrait se composer du logo et d’un nom à définir, institutionnel ou non. Cette identité numérique peut permettre de diffuser de manière cohérente les contenus sur des sites prédéfinis.

Car le personnel des bibliothèques publiques (via des offices, ou pas) dans son ensemble émet déjà, chacun dans son coin, des “avis de bibliothécaires” sur une bonne partie de la production éditoriale française…Pourquoi ne pas capitaliser ces avis de manière globale ou par bibliothèque et les diffuser, à la fois sur son catalogue, mais aussi sur d’autres sites?

Ainsi, le choix des réseaux de diffusion des contenus produits par les bibliothèques est issu de la définition de la stratégie de médiation numérique de chaque établissement. Il s’agit dès lors de définir des critères de sélection des réseaux sur lesquels la bibliothèque souhaite intervenir. Le débat autour de Facebook peut être situé dans cette problématique, la bibliothèque pouvant choisir d’intervenir sur des réseaux à vocation strictement culturelle, ou pas. Une coordination et une modération des contenus diffusés doit bien sûr être assurée par un bibliothécaire.

Voici une liste de Réseaux sociaux auxquels une bibliothèque pourrait participer (liste indicative et non exhaustive):

 

Karim Debbah
Technologies de l'information
Service des bibliothèques
Université du Québec à Montréal
Tél. (514) 987-3000 poste 6301#
Fax.(514) 987-0285
Courriel: debbah.karim@uqam.ca

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