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Travail présenté à M. Jacques Samson Dans le cadre du cours «Bande dessinée» Décembre 1997 |
Isabelle Martin |
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Table des matières |
Si la mise en abyme se retrouve implicitement tout au long de lhistoire littéraire, ce nest quen 1893 quAndré Gide en fait mention pour la première fois. Depuis, et surtout avec larrivée du Nouveau Roman, cette notion sera utilisée abondamment. Le but de cet essai sera de découvrir comment la bande dessinée renouvelle le concept de mise en abyme déjà présent dans la littérature. Pour ce faire, nous établirons la place quoccupe la bande dessinée dans la littérature et la spécificité de son langage. Ensuite, à laide dexemples tirés de la bande dessinée de Marc-Antoine Mathieu, LOrigine, nous parlerons de la mise en abyme et de ses trois niveaux (celui de la fiction, de la narration et celui du code), tout en faisant ressortir les fonctions dun tel procédé. Enfin, à la lumière de ces constatations, nous ferons une synthèse qui nous aidera à répondre à la question qui nous préoccupe.
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Il est difficile de comparer la bande dessinée à la littérature tant ces deux formes dart ont chacune un langage qui lui est propre. Malgré ce que peuvent en penser plusieurs, la bande dessinée nest pas une sous-forme de la littérature: La bande dessinée nest pas un genre littéraire ou paralittéraire, mais un mode dexpression à part entière, dont le discours passe dabord par limage (Groensteen: 44). Son caractère iconique et son langage, quelle emprunte parfois au cinéma, comportent des caractéristiques bien spécifiques qui ne peuvent souffrir daucune comparaison, ni avec la littérature, ni avec le cinéma. Entre autres, la multiplicité de ses images interférant sans cesse entre elles donne à la bande dessinée toute sa richesse. Ainsi donc, la bande dessinée crée un espace qui se joue sur trois niveaux:
Dans la case, que Peeters qualifie dunité minimale de la bande dessinée et la base de son langage (Peeters: 110), déjà le lecteur est confronté à une multitude dinformations. La case entremêle en général deux sortes de signes: les signes iconiques et les signes linguistiques:
Le figuratif penche vers labstraction tandis que les mots (les onomatopées surtout) prétendent à la réification; les ballons, dautre part, sintégrant au dessin, font image et sont saisis dans le mouvement même du déchiffrement de la vignette. [...] De lanalyse à la synthèse, de limage aux mots, le trajet nest plus toujours celui quon croit dès lors quon se trouve confronté à la bande dessinée. Posons même, par hypothèse, que ce va-et-vient contribue à changer la nature des signes.
(Fresnault-Deruelle: 18-19)
Si, habituellement, les mots sont au service de limage (et vice versa), il peut arriver quils sopposent, faisant de la case un lieu encore plus riche de signification.
En plus de cette opposition entre nature iconique et nature linguistique, un autre fil conducteur se tisse dans la bande dessinée: cest le rapport que la case entretient avec celles qui lentourent. Ce qui fait la spécificité de la bande dessinée, ce sont alors, non seulement les images associées au texte, mais les rapports quelles maintiennent entre elles. Cependant, ce qui frappe encore plus dans la double planche de la bande dessinée, cest que son lecteur voit simultanément plusieurs vignettes à la fois, lui permettant dun seul coup doeil dapercevoir déjà plusieurs éléments de la diégèse, alors quil serait bien difficile de transposer cette simultanéité à la double page du roman.
Le troisième et dernier espace, cest le livre même. Lobjet tridimensionnel que lon tient entre nos mains. Nous verrons plus loin que lauteur de bande dessinée astucieux peut jouer sur cet espace encore de nos jours inexploré.
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Depuis les années 60, les jeunes dessinateurs modifient considérablement le paysage de la bande dessinée classique:
[Ils] ruinent avec une joie féroce les conventions par trop oubliées des comics quils mettent au jour pour mieux en rire. Le scénario nest bientôt plus quun prétexte au délire inventif de ces nouveaux talents qui ne croient plus aux leurres de la narration figurative. Le champ graphique ainsi libéré, des conteurs dune dimension quon avait oubliée surgissent tout naturellement [...], [ils] proposent aux lecteurs des séries où limage et limaginaire cessent de sopposer. Comme dans le rêve, les vignettes mettent en scène un désir qui ignore de plus en plus le temps et lespace (ubiquité et intemporalité) et se moque de la logique.
(Fresnault-Deruelle: 31)
Marc-Antoine Mathieu, en exploitant au maximum les codes particuliers à la bande dessinée, est le digne héritier de ces auteurs modernes qui privilégièrent limagination, parfois aux dépens dun scénario narratif. On peut ici faire un lien entre la bande dessinée moderne et le Nouveau Roman qui a justement développé la notion de mise en abyme.
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Mais avant daller plus loin, définissons ce procédé tel que le voyait Lucien Dällenbach: Est mise en abyme toute enclave entretenant une relation de similitude avec loeuvre qui la contient (Dällenbach: 18). La bande dessinée de Marc-Antoine Mathieu est lexemple parfait de cette notion parce quelle contient, dans sa diégèse, lhistoire dune bande dessinée. Avec LOrigine, nous verrons que la mise en abyme peut se jouer sur 3 niveaux:
Lorsque le récit reproduit lhistoire racontée (un extrait ou en entier), soit telle quelle, soit en la transformant (métaphoriquement par exemple), il donne lieu à une mise en abyme de lénoncé, aussi appelée mise en abyme fictionnelle. Ce miroir, souvent déformant, fait naître au sein même du récit des répétitions qui louvrent sur linfini.
De nombreux exemples de mises en abyme fictionnelles parsèment LOrigine. Le plus évident est sans doute lhistoire même de ce récit: le personnage, Julius Corentin Acquefacques, trouve des pages dune bande dessinée racontant ce quil est en train de vivre. Ces planches trouvées sont le reflet identique de la bande dessinée que nous lisons. Lauteur na même pas cherché à les rendre différentes au niveau du graphisme, comme par exemple la page du dictionnaire où il a reproduit les caractères dimprimerie (figure 1). Ce procédé ne fait que renforcer les dires dun des personnages, Igor Ouffe: Nous avions bien deviné que notre monde devait ressembler à une bande dessinée (planche 34/C1). Dans un roman, on pourrait aussi employer cette méthode, mais la répétition identique ne risquerait-elle pas dêtre ennuyante pour le lecteur? Alors quavec la bande dessinée, un simple coup doeil permet au lecteur paresseux de sauter très vite par-dessus une image comme celle de la planche 29, case A1, tout en saisissant fort bien sa signification.
Un autre point commun entre cette bande dessinée et sa diégèse, cest lhumour. Nous avons entre les mains une bande dessinée quon peut qualifier dhumoristique, dont le personnage central travaille au Ministère de lHumour, de même quun autre personnage, Edmond Dalenvert, donne justement, à la planche 16, un cours sur lhumour.
La figure du rêve est un autre élément important de la mise en abyme de lénoncé. En effet, le rêve des planches 1 à 3 reproduit à sa façon le début du chapitre 5 (figure 3). Tout comme la théorie de Freud sur le travail du rêve, le cauchemar de Julius a opéré un déplacement. Mathieu a gardé, en gros, la même mise en page des planches et certains éléments comme la position du personnage, certaines bulles et le plancher quadrillé. Ce rêve, placé au début du récit, semble vouloir montrer que la suite, elle, est bien réelle malgré le titre de la série. Mais peut-être Julius rêve-t-il quil rêve? Cet autre personnage dans le songe serait probablement lauteur. Et dans ce cas, cette figure de lécrivain montrerait, quant à elle, que Julius serait plutôt prisonnier des rêves (ou plutôt rêveries) de son auteur. Et même dans ce sens, il y aurait encore mise en abyme puisque le personnage (lauteur) rêverait un personnage (Julius) qui rêve. Peut-être est-ce là aussi un clin doeil au personnage de Winsor McCay, Nemo, qui se réveillait brutalement à la fin de chacune de ses aventures extraordinaires (figure 4).
La mise en abyme, dans la littérature, est aussi appelée récit spéculaire, à cause de la figure du miroir réfléchissant sa propre diégèse. Le miroir est en effet présent dès la page titre où les lunette de Julius réfléchissent le plancher quadrillé du rêve, symbole métaphorique des cases de la bande dessinée. Le miroir amène aussi le thème du double dont les jumeaux Dalenvert sont la parfaite représentation. Ils sont même doublés par un miroir dans la case A3 de la planche 18. Dailleurs leur nom (Edmond et Sigismond Dalenvert) est un jeu de mots sur le monde à lenvers, tel quon le voit, par exemple, dans un miroir. Le nom de Julius Corentin Acquefacques comporte aussi un effet double, la répétition de acque. De même que le savant se présente de cette façon: Ouffe. Igor Ouffe (planche 33/B1). Le nom de la librairie Boutoux, que lon retrouve inversé dans la fenêtre (planche 27/A1), serait-il un signe discret pour désigner la porte dentrée sur le monde bizarre du savant Ouffe? Transposé dans la littérature, ce détail serait-il aussi efficace?
Dans cette bande dessinée, les livres sont omniprésents. Il y en a dans le bureau de Julius (planches 10-12), quelques-uns sur le bureau dEdmond ainsi que dans son logement. Mais cest dans la bouquinerie que les livres prennent une dimension encore plus significative. On a limpression quils se dressent, tel des murs, et que les personnage y habitent. Et cest en effet ce que Julius apprendra, quil habite, en quelque sorte, une bande dessinée. En plus de le faire dire par ses personnages avec des mots, Mathieu le montre doublement dans des cases comme celle de la planche 31. Tout cela dans le but de renforcer cette impression que le monde de Julius est un monde de papier.
Ce genre de mise en abyme peut parfois créer des apories sur trois niveaux:
Au niveau de la causalité, puisquun récit auto-enchâssant exploite la récurrence et se donne pour le produit de son produit; au niveau de la temporalité, puisquil se projette dans lavenir [...], alors quil est un récit accompli ou en train de voir le jour; au niveau de la spatialité, puisquil se représente comme sa propre partie et se laisse enfermer par ce quil contient.
(Dällenbach: 147)
Mathieu se sert de ces apories pour donner à sa bande dessinée son caractère particulier. En effet, en faisait découvrir à son héros des pages de son passé (planches 11/B1 et 19/A1) et de son avenir (planches 23/B2 et 42/A2), lauteur trouble légèrement la temporalité du récit sans jamais perturber la compréhension du lecteur. Pour ce faire, il montre des pages arrachées de la bande dessinée, mais avec du recul, de sorte que même si le trait est pareil, on peut facilement discerner la page arrachée dune page réelle de lalbum. Il est facile pour la bande dessinée de démarquer dune telle façon récit premier et récit enchâssé. Dun coup doeil, on voit tout de suite la différence. Dans un roman, sauf peut-être en employant un caractère dimprimerie différent et en annonçant lenchâssement, il serait impossible de le faire aussi efficacement.
Lucien Dällenbach précise encore mieux ici laporie qui se joue au niveau de la temporalité:
[La mise en abyme est] empêchée de par ses dimensions de marcher au même rythme que le récit, la seule possibilité quelle ait de léquivaloir est den contracter la durée [...]. Or de telles contractions ne vont pas [...] sans mettre en cause lordre chronologique lui-même: incapable de dire la même chose en même temps quelle, lanalogon de la fiction, en le disant ailleurs, le dit à contretemps et sabote par là même lavancée successive du récit.
(Dällenbach: 82)
Dans LOrigine, Marc-Antoine Mathieu réussit à déjouer cette aporie avec astuce à la planche 29 (figure 2) grâce au caractère de simultanéité de la bande dessinée abordé précédemment. En effet, son personnage, Julius, est rendu à la même page que nous dans le récit. Après avoir exploré les mises en abyme prospectives et rétrospectives, lauteur en arrive ici au degré zéro de la mise en abyme.
La mise en abyme de lénonciation réfléchit outre la fiction qui la contient, la manière dont le récit conçoit ses rapports à son auteur et à son lecteur (Dällenbach: 99). Cest ce quon appelle en littérature, la figure de lécrivain. Dans LOrigine, la mise en abyme va plus loin. Cest non seulement la représentation de lauteur quon y retrouve, mais encore plus souvent celle du lecteur. Lauteur nest présent, tout compte fait, quà la planche 42 (figure 7), quoiquon peut supposer aussi quil fasse partie du rêve du chapitre I, comme sil se trouvait de lautre côté du miroir.
Plus encore que la figure de lauteur, la figure du lecteur peut être un autre thème de cette bande dessinée. En faisant de son personnage principal le lecteur de la même bande dessinée que nous, il nous fait entrer de plain-pied dans son univers. Si, au début du récit, on est amené à se pencher par dessus lépaule de Julius pour y regarder la raison de son étonnement (planche 11/B1). Plus loin, on a carrément limpression de prendre sa place (planches 19/A1, 23/B2, 29/A1 et 42/A1).
Selon Dällenbach, ce genre de mise en abyme aurait pour fonction, entre autres, de sinventer des origines:
Artifice destiné à le [le récit] mettre en posture de se précéder lui-même, cette découverte dune genèse ou dune antécédence fabuleuses ne trahit pas seulement le mal que loeuvre ressent à renier ses entours et à se penser comme pure oeuvre; elle révèle son besoin de se fonder en raison en justifiant sa présence ici et maintenant.
(Dällenbach: 119)
Cette fonction est intéressante pour nous parce que la quête de Julius est justement celle de son origine (dailleurs renforcée par le titre). En cherchant un livre intitulé LOrigine, il finira par y trouver la sienne. De plus, ce qui fait sourire le lecteur (sil est un tant soit peu philosophe), cest peut-être lidentification quil fait avec sa propre quête. En outre, en narrant LOrigine de son personnage, lauteur samuse-t-il à créer un monde où il serait un dieu, et ses personnages ses sujets, sur qui il aurait le droit de vie ou de mort? Ce qui est sûr, cest que ces jeux, qui renversent les rôles, procurent un réel plaisir au lecteur qui ne cesse de sétonner en lisant cette bande dessinée.
Mais ce récit, traité avec humour, comporte un élément qui pourrait inquiéter; celui du personnage qui devient lecteur de la même bande dessinée que nous. Car comme le faisait remarquer Borges à propos de la mise en abyme de lénonciation, de telles inventions suggèrent que, si les personnages dune fiction peuvent être lecteurs ou spectateurs, nous, leurs lecteurs ou leurs spectateurs, pouvons être des personnages fictifs (Dällenbach: 218). Cest peut-être pousser loin cette fonction de transmutation de la mise en abyme, mais il est quand même intéressant dy songer.
Si les mises en abyme de lénoncé et de lénonciation sont assez courantes, il est moins évident demployer la mise en abyme du code. Dans LOrigine, Marc-Antoine Mathieu lutilise efficacement. Effectivement, lemploi du quadrillé ou des formes carrées est une réflexion des cases de la bande dessinée. Citons ici quelques exemples: le sol de la planète dans le rêve du chapitre 1 (planète qui suggère le monde de la bande dessinée), les carreaux du pyjama de Julius (figure 5), réminiscence du rêve, dans les carreaux des fenêtres (planche 7, entre autres), dans les cordages de lascenseur qui découpent la grande case en plusieurs petites (planche 22/B1), dans les chercheurs attablés (planche 34/B1), dans les grandes fenêtres du Ministère de la Recherche (planche 35/A - voir figure 8) et leur jeu de lumière (planche 41). Un autre exemple de lutilisation du code de la bande dessinée dans la diégèse du récit, cest la petitesse des logements qui rappelle les cases où les personnages semblent toujours un peu trop à létroit.
De plus, Mathieu invente même son propre code en créant le «trou de matière». Lauteur, en évidant une vignette au coeur des planches 37 et 38, balance le lecteur, lespace dune case, dans le futur, puis après avoir tourné la page, dans le passé. Il redouble sa mise en abyme en faisant expliquer le fonctionnement de ce «trou de matière» par un de ses personnages, Igor Ouffe. En faisant cela, outre la curiosité et lamusement quil procure au lecteur, il lui fournit le «mode demploi» de sa bande dessinée. Voilà habituellement la fonction dune telle mise en abyme: donner une clé pour une meilleur compréhension du récit. Quoique ici, elle soit plutôt employée pour le pur plaisir du lecteur.
Ces astuces de mises en abyme du code auraient pour fonction, en premier lieu, le divertissement du lecteur. Ensuite, elles tendent à rappeler que le monde de Julius ressemble vraiment à une bande dessinée. Si, dans ce récit, il est facile de croire que les personnages habitent un monde rempli de formes rappelant les cases dune bande dessinée, on aurait de la difficulté à imaginer un héros de roman habitant un monde de lettres. Cest à ce niveau que la bande dessinée, en comportant des codes bien à elle, innove en matière de mise en abyme. En effet, même si cela pourrait être possible, il serait difficile, par exemple, de découper un carré dans une page de roman pour jouer sur la chronologie du récit.
Marc-Antoine Mathieu sest amusé à entrelacer ces trois niveaux de mise en abyme en faisant de cette notion le thème principal de LOrigine. Si ce procédé semble plus riche dans la bande dessinée que dans le roman, cest sans doute à cause du rapport particulier de limage et des mots. Elle peut jouer, non seulement sur la mise en abyme linguistique, mais aussi sur la mise en abyme iconique. Elle peut même, comme dans létourdissante planche 29 (figure 2), impliquer les deux à la fois. En outre, Dällenbach lui-même semble exprimer cet avantage de limage sur les mots:
Seule linstantanéité de la représentation rend celle-ci captatrice et proprement vertigineuse. Preuve en soit lusage intempérant que les affiches publicitaires font du procédé, alors quen littérature il ne se signale par la force des choses quà létat de projet, de référence emblématique ou de réalisation partielle.
(Dällenbach: 146)
En littérature, le récit peut être plusieurs fois réfléchi: par exemple, un roman qui raconte lhistoire dun écrivain écrivant un roman qui raconte lhistoire dun écrivain, etc. Cette mise en abyme, pour être intéressante, ne peut séchelonner que sur plusieurs pages. Parce que la bande dessinée peut traduire cette notion en un raccourci spectaculaire, sur une seule page, tout en conservant sa profondeur, elle aura toujours une longueur davance sur le roman.
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Pour terminer, rappelons que le langage propre à la bande dessinée rend difficile toute comparaison avec le roman. Mais il semble évident que ce sont les images et les rapports quelles entretiennent entre elles et avec le texte qui renouvellent la notion de mise en abyme déjà présente dans la littérature. Cest aussi le caractère de simultanéité et dinstantanéité dans la planche de bande dessinée qui pousse cette notion encore plus loin dans le vertigineux plaisir quelle procure aux yeux. Si nous avons comparé furtivement bande dessinée moderne et Nouveau Roman, cest au niveau de la recherche et de linnovation quils se rejoignent. De ce fait, la bande dessinée de Marc-Antoine Mathieu explore, de toutes les manières possibles, les espaces propres au monde de la bande dessinée. Enfin, si cet essai a soulevé parfois plus de questions que de réponses, il na fait que perpétuer létonnement et le questionnement de Julius Corentin Acquefacques face à la bande dessinée LOrigine.
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DÄLLENBACH, Lucien, Le Récit spéculaire: essai sur la mise en abyme, Paris, Seuil, 1977, 247 pages.
FRESNAULT-DERUELLE, Pierre, Récits et discours par la bande: essais sur les comics, Paris, Hachette, 1977, 253 pages.
GROENSTEEN, Thierry, La Bande dessinée, Toulouse, Milan, coll. Les Essentiels Milan, 1996, 63 pages.
MASSON, Pierre, Lire la bande dessinée, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1985, 153 pages.
MATHIEU, Marc-Antoine, LOrigine: Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves, Paris, Delcourt, 1991, 46 pages.
MCCAY, Winsor, LIntégrale de Little Nemo in Slumberland: Volume I 1905-1907, Toulouse, Milan, 1989, 95 pages.
MCCAY, Winsor, LIntégrale de Little Nemo in Slumberland: Volume II 1907-1908, Toulouse, Milan, 1989, 95 pages.
PEETERS, Benoît, La Bande dessinée: Un exposé pour comprendre. Un essai pour réfléchir, Paris, Flammarion, coll. Dominos, 1993, 127 pages.