Congrès de l’ASSÉ – 4 décembre 2010 – Cégep de Drummondville (AGECD)
Bilan de la délégation de l’AÉSMP-UQAM
1. État de la situation dans les associations membres de l’ASSÉ
Le bilan de la mobilisation est pour l’instant mitigé. Commençons par les points plus négatifs. La grève du 6 décembre n’est pas passé dans 3 cégeps membres de l’ASSÉ (Maisonneuve, Sherbrooke et Drummondville) ainsi qu’à Bois de Boulogne. La SOGEECOM (Maisonneuve) et l’AECS (Sherbrooke) ayant été historiquement des associations assez mobilisées et importantes dans la construction d’un rapport de force, cet état des choses est assez inquiétant.
Outre les problèmes conjoncturels (transition d’exécutif, désinformation des administrations ou problèmes liés à la fin de session), il semble que le discours de l’ASSÉ ne passe par dans certains secteurs de la population collégiale.
Certains soulèvent le problème d’une dépolitisation des étudiants et étudiantes généralisés. Toutefois, plusieurs ne sont pas d’accord avec cette idée : il s’agirait plutôt d’une déconnexion entre les étudiants et étudiantes et les exécutifs (tant locaux que nationaux). En fait, le principal problème serait du à un manque de responsabilisation des bases militantes, qui se sentent peu impliquées dans le processus décisionnel.
Finalement, notons qu’un manque de perspectives à long terme se fait cruellement sentir, tant dans les associations où la grève est passée que dans celle où elle a échoué.
Notons aussi que plusieurs associations non membres de l’ASSÉ ont réussi à faire passer la grève pour le 6 décembre alors que certaines n’avaient pas été en grève depuis 2005 (facultés de l’Université de Sherbrooke, Ashuntic, modules de l’UdeM, etc.)
2. Perspectives à long terme
Ce manque de vision à long terme est à la fois symptôme du manque de vitalité des démocraties locales et du au fait que l’ASSÉ navigue majoritairement à vue, ce qui fait que les associations locales doivent essayer de mobiliser sur des actions prévues au sommet. Ainsi, il est urgent de se poser un ensemble de questions importantes :
- Comment construire un mouvement étudiant fort ?
- Quelle stratégie mettre de l’avant dans la lutte face à la hausse ?
- Quelles relations entretenir avec les fédérations étudiantes (la FEUQ et la FECQ) ainsi qu’avec la TaCEQ ?
Aucune réponse n’a été amenée, ce qui n’était heureusement pas le but de ce congrès. Il ressort qu’il y a un besoin urgent de se poser ses questions au local pour pouvoir avancer. Voici quelques pistes de solution soulevées durant le congrès :
Court terme : tournées de formation auprès des assos membres, tournée de rencontre des exécutifs non-membres afin d’organiser une rencontre étudiante générale, stratégie d’affiliation dans associations sympathisantes afin de lutter contre la hausse
Moyen terme : revitaliser la démocratie locale, développement d’une autonomie des assos locales, élargissement de la base militante
Long terme : escalade des moyens de pression, grève générale illimité
3. Plan d’action durant l’hiver
Du à un manque de propositions et de perspectives le plan d’action de l’ASSÉ est pour l’instant relativement vide. Propositions discutées : grève de 2 jours ( 1 lors de la rencontre en éducation concernant les cégeps, 1 lors d’une manif après le budget), actions locales de perturbation avant la sortie du budget, 1 semaine de grève (manif après budget, peu d’autres actions prévues).
Il a aussi discuté d’une tournée de formation (portant sur l’économie du savoir, le budget bachand, la mobilisation, etc.) ainsi qu’une rencontre des exécutifs des différentes associations locales du Québec afin de mettre en place une certaine coordination nationale (les détails de cette rencontre sont à déterminer, les associations locales sont invitées à se pencher sur cette question).
4. Que faire ?
Suite à ce congrès, le bilan qu’en tire la délégation de l’AÉMSP est à la fois critique et encourageant.
Il est clair que la démocratie locale à l’AÉMSP est généralement assez fluctuante et en ce moment relativement faible. La mobilisation montre toutefois un certain potentiel, peut-être faut-il plus lui donner la chance de s’exprimer et l’impliquer dans les processus décisionnels (bref, cesser de ramener l’ASSÉ à l’AÉMSP mais aller de l’AÉMSP à l’ASSÉ). Considérant le passé militant de l’AÉMSP et le nombre important de ses membres impliqué-e-s dans diverses organisations politiques, nous sommes certain-e-s qu’une petite impulsion pourrait permettre à l’AÉMSP de prendre une autonomie importante au sein de l’ASSÉ tout en étant un pôle mobilisateur important.
De plus, nous sommes convaincu-e-s qu’une démarche visant à partir de la base contribue à mettre en place une dynamique verteuse : des membres se sentant impliqué-e-s et «empoweré-e-s» sont d’autant plus portés à participer aux activités de mobilisation et convaincu-e-s de leurs discours et de leurs pratiques.
En ce sens, nous proposons :
Dans un premier temps :
- Que ce présent bilan soit envoyé aux membres de l’AÉMSP UQAM avec une mise en contexte
- Que soit lancé un appel aux membres à réfléchir sur les perspectives de lutte contre la hausse de frais de scolarité
- Que les membres intéressé-e-s envoyent leurs textes de réflexion au aemsp@uqam.ca
Dans un deuxième temps :
- Que les textes reçus soient envoyés et publiés sur le site web de l’AÉMSP
- Que soit organisé une AG le 26 janvier 2010 portant spécifiquement sur la hausse des frais de scolarité et les perspectives face à celle-ci
Dans un troisième temps :
- Que les membres de l’AÉMSP mettent en œuvre les propositions adoptées lors de cette AG
- Que les membres de l’AÉMSP apportent le résultat de leurs réflexions lors du Congrès d’hiver de l’ASSÉ