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À partir d'une définition originale de la coopérative, l'auteur propose que : 1) la mesure de la performance coopérative exige plusieurs indicateurs, 2) les mesures de la production marchande et de la production non-marchande doivent porter sur les résultats d'une même réalité et que 3) les indicateurs de la performance non-marchande ne seront pas nécessairement les mêmes d'une coopérative à l'autre et d'un secteur coopératif à l'autre. |
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Le coopératisme constitue un système économique qui s'est développé assez tardivement au Québec. Ce mouvement est en effet né au début des années 1860 afin de lutter contre le capitalisme sauvage de l'époque. Le but de l'idéal coopératif est à l'époque de mettre sur pied une alternative sociale permettant de contrer cette grande tendance de la deuxième moitié du 19e siècle, qui consiste à recourir à un modèle hégémonique basé essentiellement sur l'individualisme et la libre concurrence. Le modèle coopératif sera ici étudié entre 1850, date médiane du 19e siècle et année d'adoption de «L'acte pour incorporer certaines associations charitables, philanthropiques et de prévoyance», et 1914, année qui marque le début de la première guerre mondiale et qui permet d'analyser les grandes lois coopératives du début du 20e siècle au Québec. Enfin, le coopératisme n'est pas vu dans cet essai dans une perspective historique, le but fondamental de cet ouvrage étant de mieux comprendre le côté législatif lié à l'émergence de l'idéal coopératif au Québec. Ce fascicule propose donc d'étudier différentes lois mises sur pied par l'appareil gouvernemental et d'établir les rapports que ces lois ont eus avec l'émergence du coopératisme au Québec. Cet ouvrage permettra ainsi de constater que le succès de la coopération implique un recours à l'État, qui agit comme dispensateur essentiel de normes |
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Pour un simple néophyte dans le domaine des affaires, le terme croissance semble à prime abord ne poser aucune ambiguïté, néanmoins, la réalité qui recouvre ce terme est complexe et demeure inconnue par plusieurs. Ce document, à la portée de tous, traite donc d'un point de vue général de la croissance de l'entreprise en y abordant les grands principes. Cet texte a pour but de répondre à trois principales questions : qu'est-ce que la croissance, à quoi sert-elle et quelles en sont ses formes ? La réponse à ces questions indique que la problématique liée à la croissance n'est pas seulement le fait de l'entreprise strictement capitaliste. Il faut aussi parler de croissance lorsque les organisations ont un objectif qui est à la fois économique et social (coopératisme) ; des paramètres complémentaires pour mesurer la croissance sont alors nécessaires. Le but ultime de ce fascicule est dans ces circonstances de montrer que la problématique de la croissance existe également dans les coopératives d'épargne de crédit, mais en utilisant des critères définitoires légèrement différents pour la décrire et la calculer. |
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Dans la société actuelle, la croissance semble être un instrument important dans la progression d'une entreprise coopérative. La croissance assure ainsi la protection des intérêts des membres et l'augmentation de leur mieux-être. Dans cette perspective, la question fondamentale examinée est de déterminer si la croissance crée des problèmes caractéristiques aux coopératives d'épargne et de crédit. D'un point de vue plus spécifique, ce document traitera donc des effets de la croissance sur les membres, les dirigeants et dirigeantes, les unités coopératives et leur regroupement, le personnel, la communication et le capital. En étudiant ces variables, il sera possible de déterminer si oui ou non, la vocation coopérative des caisses populaires est menacée par la croissance de la caisse même. |
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Tous savent que des ajustements s'imposent dans toute société en changement et la société québécoise n'échappe pas à cette règle. Dans plusieurs sphères de la société et dans le marché financier en particulier, on a donc dû s'ajuster afin de demeurer efficace face à l'évolution de la société québécoise. Ainsi, dans ce texte on discute du décloisonnement financier et des facteurs qui ont amené les intervenants financiers à privilégier cette solution. Ce document présente un certain nombre de facteurs prépondérants à l'avènement du décloisonnement dans le marché financier. Les facteurs retenus ici sont le contexte général de la société, le cadre législatif du marché financier, ses innovations et l'évolution du ou des consommateurs. Dans un dernier temps, un chapitre entier est aussi consacré au Mouvement Desjardins, il est expliqué comment le Mouvement a progressé dans notre société et comment il s'est ajusté aux divers changements survenus au cours des ans. |
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À l'heure actuelle les organisations coopératives françaises peuvent émettre deux titres en direction des investisseurs non coopérateurs : le titre participatif et le certificat coopératif d'investissement. Bien que les expériences soient encore rares, il est utile de réfléchir aux implications organisationnelles de cette évolution en apparence technique. Pour bien comprendre les implications organisationnelles éventuelles de cette évolution, il faut se pencher sur l'évolution de l'environnement immédiat des coopératives : les marchés, les structures de production et les mentalités. |
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La transposition du modèle d'analyse stratégique de Porter au réseau des institutions Desjardins nous indique que sa structure organisationnelle originale peut constituer un avantage compétitif. En effet, I'autonomie décisionnelle des caisses populaires associée à leur présence sur l'ensemble du territoire québécois, n'a pas d'équivalent au niveau de la concurrence. Dans le contexte du décloisonnement des marchés financiers, n'y a t il pas lieu de croire que ces deux atouts présentent un potentiel insoupçonné pour définir et offrir des services adaptés aux diverses attentes régionales et locales? À quelles conditions? |
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L'objectif de cet article est d'identifier la position des Caisses Populaires Desjardins au sein du secteur des institutions de dépôts au Québec. La première étape compare les principales institutions au chapitre de la répartition des points de service à la clientèle à travers la province. La suite examine l'évolution des parts de marché des institutions quant aux dépôts et aux différents produits de crédit. Les auteurs concluent en montrant la progression notable des Caisses au plan des dépôts et du crédit commercial au détriment des banques au cours de cette période. |
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Le Mouvement des Caisses Populaires Desjardins du Québec a connu un essor fulgurant au cours des 30 dernières années passant d'un mil liard de dollars d'actif à 35 milliards. L'arrivée des technologies de l'information a permis de soutenir cette croissance en grande partie. Notre recherche visait à cerner l'orientation future à prendre pour poursuivre le développement des services électroniques, dans ce contexte. Une analyse concurrentielle, fondée sur une transposition originale du modèle de Porter, examine séparément les niveaux national et local. Cette analyse indique qu'il serait approprié de concentrer les énergies au niveau local pour rendre accessibles à chaque caisse les moyens propres à faire ses choix stratégiques, dans le cadre d'une stratégie globale d'entreprise. |
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De nos jours, l'individualisme semble revalorisé au Québec et l'inclination vers le capitalisme semble évidente. Dans cette perspective, plusieurs soutiennent que la coopération n'existe plus vraiment, voire que les caisses ne sont plus des coopératives ou que le Mouvement Desjardins cache une réalité capitaliste. Il est expliqué ici comment les coopératives sont nées au Québec et quelles sont les règles générales qui sous-tendent le coopératisme. On fait également ressortir que la spécificité du Mouvement coopératif existe non seulement sur le plan juridique, mais aussi dans la réalité ; le Mouvement Desjardins fait d'ailleurs tout en son pouvoir pour vivre quotidiennement cette spécificité. Ce texte met en évidence le fait que les interrogations existant sur la coopération sont souvent dues à une certaine méconnaissance du sujet. En ce sens, il faut que les valeurs du coopératisme soient enseignées et constamment rappelées, car la coopération est un projet de société. Les universités ont un grand rôle à jouer dans ce débat, car elles peuvent, de concert avec les gens du mouvement coopératif, contribuer à la connaissance par tous de ce système économique. |
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Dans ce document, on traite de la question de la capitalisation des caisses populaires. On y discute particulièrement un vieux problème qui tracasse depuis longtemps les membres du Mouvement Desjardins, soit celui de l'insuffisance des moyens de capitalisation des caisses populaires. L'exposé est divisé en trois parties. On y explique d'abord le fonctionnement des caisses de façon à expliquer d'où provient réellement le problème de capitalisation des caisses. On montre ensuite quelques solutions qui ont été proposées (4) dans le passé afin de pallier ce problème. L'auteur décrit finalement la nouvelle loi sur les caisses d'épargne et de crédit et explique les avantages de celle-ci tout en montrant que cette dernière présente tout de même plusieurs zones grises. |
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Cette recherche de type exploratoire a pour but de relever les principales activités du Mouvement Desjardins en habitation et en immobilier. Conformément à la mission initiale de base du Mouvement, elle met en valeur le caractère coopératif et l'implication sociale et économique de Desjardins dans ce domaine. |
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Le système capitaliste est fondé sur le principe de la main invisible. Le profit est donc le moteur de ce système alors que la concurrence et la réglementation gouvernementale jouent le rôle du chien de garde et font en sorte que les ressources soient le mieux allouées que possible en fonction des intérêts convergents de la communauté et des signaux émis par le marché. Dans un tel système, le prix est le mécanisme auto régulateur et ce, aussi bien au niveau des entreprises publiques (via la taxation) que privées. Dès lors, une question se pose: pourquoi y a t il eu émergence d'un secteur non traditionnel (les coopératives) dans un tel système? En d'autres mots, quels rôles peuvent jouer les coopératives dans un tel système et quels buts poursuivent elles? |
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Notre recherche a pour but d'étudier les interrelations entre le développement des technologies de l'information et l'évolution de l'idéologie coopérative à l'intérieur du Mouvement Desjardins.L'évolution du mode de fonctionnement du Mouvement et des services qu'il offre à ses membres nous semble résulter de l'interaction de trois grands ordres de facteurs: 1) les valeurs véhiculées au sein du Mouvement par les membres, les dirigeants, les cadres et les employés; 2) le développement technologique et les tendances qu'il introduit dans le système; 3) les stratégies des différents groupes d'acteurs dans l'organisation. En tant qu'organisation coopérative, le Mouvement Desjardins se donne en quelque sorte une mission d'information, d'éducation et d'implication de ses membres. Les nouvelles technologies, quant à elles, tout en ayant permis de surmonter plusieurs contraintes de temps et d'espace et d'améliorer la qualité des services offerts aux membres, ont également rendu difficiles ou désuets certains modes d'implication des membres dans la gestion du Mouvement, ce qui pourrait éventuellement remettre en cause les valeurs clés de Desjardins. Quels seront les impacts du déplacement du sentiment d'appartenance du "local" (la caisse) vers le "réseau" (I"ensemble du Mouvement) ? Comment les membres réagiront-ils face à la dépersonnalisation de plus en plus grande des services de convenance ? Percevront-ils dorénavant Desjardins comme une banque comme les autres ? L'importante question est donc de savoir comment, face aux tendances introduites par les nouvelles technologies, Desjardins peut répondre aux exigences de sa mission fondamentale. Il nous semble que les caisses et le Mouvement Desjardins dans son ensemble devront développer de nouveaux canaux, de nouvelles formes permettant l'information, I'éducation et l'implication de leurs membres. Quelles stratégies les décideurs des divers paliers envisagent-ils d'employer pour s'attaquer à ces problèmes ? Les nouvelles technologies de communication peuvent-elles faire partie de ces stratégies, et si oui, comment seront-elles exploitées ? Telles sont les importantes questions auxquelles cette recherche veut apporter réponse. Selon nous, tout dépendra des stratégies qui seront déployées par les différents groupes d'acteurs dans le Mouvement. L'essentiel de nos efforts portera donc sur l'analyse de ces stratégies. Nous nous proposons de procéder à une série d'entrevues auprès d'un certain nombre d'acteurs, dont le poids nous semble déterminant dans l'avenir du Mouvement Desjardins, cela afin de connaître leur perception de la situation et des différents problèmes auxquels ils ont à faire face, leurs objectifs et les projets qu'ils veulent promouvoir. Ces entrevues individuelles, de type semi dirigé, seront effectuées auprès des élus (membres du Conseil d'administration, de la Commission du crédit, du Conseil de surveillance, etc.) comme du personnel cadre de la Caisse. Nous nous proposons également de rencontrer les principaux dirigeants et les cadres qui s'occupent spécifiquement d'information, d'éducation et de participation dans les Fédérations et au sein de la Confédération. Finalement, nous rencontrerons quelques acteurs clés des unités responsables du développement informatique. Cette première étape d'enquête nous permettra de définir les stratégies des principaux groupes d'acteurs du Mouvement Desjardins. Elle devrait également, dans un deuxième temps, nous permettre d'identifier un certain nombre d'idées pouvant faire l'objet d'expériences pilotes lors d'une phase ultérieure de la recherche. |
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Les caisses populaires, par nature coopérative, et les banques à charte, par nature capitaliste, offrent quantité de services aux consommateurs. Ce document étudie les différences et les similitudes qui existent entre ces deux institutions afin de déterminer si elles sont réellement différentes. Différents points de vue sont abordés dans cet ouvrage afin de comparer les banques à charte et les caisses populaires. Les points de comparaison sont la forme de propriété, la capitalisation, l'idéologie (exprimée sous forme de culture d'entreprise), les produits et services financiers offerts ainsi que les objectifs relatifs aux deux institutions. Par ailleurs, certains aspects légaux sont abordés, mais c'est davantage la perception de la majorité des usagers au moment de la production ou de la consommation du produit ou service financier qui est à la base de la réflexion. En définitive, il est possible de voir que plusieurs similitudes existent entre les caisses populaires et les banques à charte, ce qui fait que l'usager saisit mal la distinction entre les deux organismes. Dans ces circonstances, les caisses populaires devront réussir à se distinguer le plus rapidement possible de leurs vis-à-vis bancaires. Ainsi, dans un contexte où la concurrence demeure de plus en plus vive, on suggère que les prochaines années seront déterminantes quant à la capacité du Mouvement Desjardins à "gérer" sa différence (le coopératisme) au sein des caisses populaires. |
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Le présent document traite de la question entourant la marge bénéficiaire par le biais d'un modèle économétrique de la marge bénéficiaire des caisses populaires. Après un survol de la littérature sont discutées la théorie du bilan bancaire (définition d'une banque, objectif d'une banque, modèles classiques et contemporains du bilan bancaire) et la problématique de la marge bénéficiaire des banques. Les écrits sur le sujet étant plutôt rares et la réalité étant parfois différente de ce que l'on en dit, ce document explique ce qui se passe dans les faits. On présente alors, d'un point de vue théorique, un nouveau modèle économétrique de calcul de la marge bénéficiaire. Ce modèle, en incluant plusieurs variables, permet de calculer de façon plus juste la marge bénéficiaire. |
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Ce document discute d'un point de vue plutôt théorique d'une nouvelle méthode permettant d'analyser les liens entre les activités financières et l'activité économique réelle tout en tenant compte des différences entre les diverses régions. Les auteurs présentent donc ici les résultats d'une étude statistique qui utilise des données mensuelles au niveau des régions administratives de la province de Québec, le but ultime de cet exercice étant d'atteindre les objectifs suivants : documenter l'évolution comparative des caisses populaires québécoises et des banques à charte à l'aide de données et de sources secondaire et tenter de développer, à l'aide des modèles statistiques présentés, un cadre d'analyse pour tester l'importance de l'interaction entre les caisses populaires, les banques à charte et l'activité économique régionale. |
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Le mouvement coopératif Desjardins (MCD) a beaucoup évolué au cours des 90 dernières années. Dans cet opuscule, deux phases caractérisent cette évolution : une phase de développement (1900-1960) et une phase de croissance accélérée (1970-1989). Les auteurs considèrent que ces deux phases constituent deux paradigmes différents et expliquent en quoi le MCD a évolué au cours de ces deux périodes. Ce document tente ensuite d'identifier le point tournant de ce changement de paradigme, voire de cette modification de la culture interne de cette institution. Les auteurs discutent alors de facteurs socio-économiques et de l'avènement de l'informatisation, deux variables incontestablement liées à l'évolution du MCD. Il ne reste qu'à lire attentivement le présent fascicule pour mieux comprendre le rôle de chacune de ces variables par rapport à l'évolution du Mouvement Desjardins. |
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De nombreux auteurs (dont Morgan, 1989; Mintzberg, 1986; Thévenet, 1986; Bacharach et Lawler, 1980; Crozier et Friedberg, 1977) ont traité de l'influence des acteurs clefs dans les organisations complexes, notamment en ce qui a trait à la mise en relief de certaines valeurs. Quelques chercheurs ont, par ailleurs, étudié de manière plus spécifique divers aspects de l'influence de différents acteurs clefs dans certaines organisations coopératives (par exemple, Beauchamp, M., 1989(a) et 1979; Desroche, 1976 et 1975). Dans ce document, nous présentons des fragments d'un récit de pratique portant sur l'itinéraire de M. René Croteau, un gestionnaire qui a occupé, pendant une quarantaine d'années, des postes importants à divers paliers du Mouvement des Caisses Desjardins: conseiller spécial du président du Mouvement Desjardins; adjoint aux relations institutionnelles auprès du président du Mouvement Desjardins; directeur général de la Confédération Desjardins; directeur général de l'Union régionale de Québec; membre de plusieurs conseils d'administration de composantes du Mouvement Desjardins; etc.. |
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On a souvent prétendu que les Québécois manifestaient une préférence systématique pour les catégories de dépôts offertes par les caisses populaires Desjardins du Québec. On a même avancé que les membres des caisses étaient peu sensibles aux signaux des taux d'intérêt. Le présent article fait le point sur ce sujet. Pour arriver à ses fins, il se base sur un modèle de portefeuille développé par Gramlich et Jaffee. Son objectif est surtout de vérifier si les fluctuations grandissantes de taux d'intérêt observées depuis la fin des années 70 de même que les nombreuses innovations lancées par les banques au cours de cette période dont le compte progressif, ont mis à mal les privilèges dont jouissent traditionnellement les caisses. Notre étude révèle que les membres des caisses magasinent de plus en plus. Ils réagissent davantage aux écarts de taux d'intérêt entre les dépôts des caisses et ceux de leurs concurrents. L'épargne stable au passif des caisses est même en voie de régression. Cette source de financement autrefois "bon marché" s'estompe, au profit du compte progressif des banques et des dépôts hautement rémunérés: les dépôts à terme fixe. Finalement, le taux d'intérêt des dépôts à terme fixe des caisses épouse de plus en plus les mouvements des taux d'intérêt du marché monétaire canadien. Les lois du marché resserrent leur étreinte sur les caisses populaires Desjardins du Québec. |
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Le réseau des caisses populaires Desjardins, de par son système informatique central et du nombre de points de services, est considéré dans le milieu des institutions financières comme le plus important réseau au Québec. Simultanément, le rapide développement des technologies de l'information, actuelles et à venir, sont vitales pour le Mouvement Desjardins et, de ce fait, sont au coeur des préoccupations des dirigeants. Parmi les transferts internes de technologies de l'information actuellement en cours dans les caisses populaires, I'attention de cette recherche porte sur le système micro informatique des caisses (le SIMIC), c'est à dire, I'utilisation de la micro informatique comme moyen de faire du traitement local et comme outil de communication avec la centrale informatique. Le rapport est composé d'une recherche théorique et des outils nécessaires à une recherche empirique. La recherche théorique développe un modèle de recherche qui intègre différentes dimensions tirées de la littérature sur la diffusion d'une innovation technologique, la gestion des systèmes d'information, la théorie des organisations et la gestion de projet. Le but spécifique est d'appliquer le corpus théorique au milieu des coopératives d'épargne et de crédit. Le modèle de recherche comprend les dimensions suivantes: I'environnement, la gestion du processus d'innovation, les mécanismes d'assistance technique, les caractéristiques de la firme, le style du management, les attributs de l'innovation, les attitudes et perceptions des utilisateurs et les logiciels d'application. Chacune de ces dimensions est définie par plusieurs variables. Ces dimensions constituent la grille d'analyse qui nous a permis de construire notre questionnaire d'enquête. La recherche empirique, quant à elle, vise cinq (5) buts spécifiques: - décrire la situation puis l'évolution du SIMIC dans les caisses populaires Desjardins en utilisant les logiciels d'application comme indicateurs; - trouver et décrire les différences organisationnelles entre les caisses qui sont des utilisateurs intensifs de logiciel d'application du SIMIC et celles qui en utilisent peu; - trouver et décrire les différences organisationnelles entre celles qui ont l'intention d'implanter plusieurs logiciels d'application du SIMIC (adoptants intensifs) et celles qui ont l'intention d'en implanter peu ou pas (adoptants non intensifs); - proposer un profil des utilisateurs et des adoptants intensifs de logiciels d'application du SIMIC; - apporter aux gestionnaires du Mouvement Desjardins et aux dirigeants des caisses populaires un feed back utile pour la poursuite de leur action. Les données seront recueillies dans le cadre d'entrevues structurées, à l'aide du questionnaire, auprès d'informateurs privilégiés provenant d'un échantillon représentatif de caisses populaires. Ces données seront complétées par des observations non participantes effectuées auprès des caisses sélectionnées de même que par l'analyse de certains faits, tels qu'ils nous apparaîtront à la lecture des documents produits par le Mouvement Desjardins ou lors d'entrevues avec des gestionnaires de la Confédération ou des fédérations. Il est proposé par la Confédération de modifier l'ampleur du projet initial et de considérer non pas la diffusion et le transfert d'une seule technologie (le SIMIC) mais, plutôt, la diffusion et le transfert des technologies de l'information. L'approche proposée permettrait de situer ces technologies sur un continuum allant des technologies les plus vitales pour la caisse, puisqu'elles sont au coeur de son processus de production, à celles qui lui sont davantage périphériques. |
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Le coopératisme et le syndicalisme partagent un ensemble de valeurs qui, théoriquement, devraient créer des conditions propices à la concertation et à la collaboration dans les relations patronales syndicales au sein des organisation coopératives. Dans la province de Québec, plus de 22 000 personnes font partie des syndicats et à ce nombre s'ajoutent des milliers de gens travaillant pour d'autres institutions, fédérations et confédération du Mouvement Desjardins. Ce dernier est l'entreprise privée la plus importante de la province. Les années 1970 et particulièrement 1'année 1985, furent marquées par des conflits de travail importants et déchirants entre ces alliés naturels. Ce document a pour but de présenter les résultats d'une recherche menée auprès de responsables patronaux et syndicaux et auprès d'employés es dans 77 caisses populaires de la région métropolitaine. Les points importants soulevés dans le questionnaire sont les suivants: la procédure de règlement de plaintes ou de griefs; les relations de travail entre la direction, les employés et leur syndicat lorsque ce dernier est présent; les besoins d'amélioration de la gestion des ressources humaines; les politiques ou actions effectivement réalisées localement; les modes de communication utilisés, l'évaluation comparative des conditions de travail. Nos résultats démontrent la transformation du climat dans les caisses qui semble être d'abord le produit d'une politique patronale planifiée et implantée d'une façon systématique. Les conditions actuelles sont perçues comme beaucoup plus favorables à la coopération entre les parties qu'au conflit et incitent de part et d'autre à redéfinir les objectifs et les pratiques dans le contexte nouveau qui se développe dans les caisses locales. |
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L'examen des nouvelles dispositions de la « Loi sur la caisses d'épargne et de crédit » par rapport à l'ancien texte de loi amène l'auteur à affirmer que la nouvelle loi exerce un effet centralisateur sur le lien d'autorité entre les caisses du Mouvement Desjardins et leurs fédérations et Confédération. Cet effet résulte de l'élévation au niveau de loi de règlements et de pratiques préexistant chez Desjardins et de la volonté gouvernementale d'augmenter son contrôle sur les caisses d'épargne et de crédit. L'auteur fait état des principales raisons évoquées pour la refonte de la Loi, présente ses dispositions centralisatrices et expose certains des risques que cette centralisation fait courir au Mouvement Desjardins. |
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Depuis la première décennie du siècle, les responsables des Caisses Desjardins parrainent une activité de communication visant des milliers de jeunes Québécois: les caisses dans les établissements scolaires. Le présent rapport, qui comprend deux sections, porte sur ces caisses. En premier lieu, trois principales étapes du développement des caisses en milieu scolaire sont dégagées: de la mise sur pied des premières caisses jusqu'à la fin des années quarante; de 1950 jusqu'au milieu des années soixante dix; de 1976 jusqu'au début des années quatre vingt-dix. Pour chacune de ces trois périodes, nous tentons d'abord de relever certaines données de base pour ensuite mettre en relief certains objectifs poursuivis par les décideurs des Caisses Desjardins sur un plan davantage stratégique. En deuxième lieu, nous nous attardons à l'étude d'un phénomène en émergence depuis le début de la décennie quatre vingts: les caisses étudiantes autonomes du secondaire. Nous nous intéressons à deux expériences pilotes: celle de la Caisse de la Polyvalente Antoine de Saint-Exupéry (Saint Léonard) et celle d'un groupe de caisses étudiantes de la région de Lanaudière dont la Caisse Bermon (Saint Gabriel de Brandon). Dans la conclusion du rapport, nous rappelons brièvement l'importance des caisses en milieu scolaires comme activité de propagation coopérative et proposons certaines pistes de recherche portant sur les caisses étudiantes au secondaire. Une liste des sources utilisées et quelques annexes complètent ce rapport. Sur la plan méthodologique, mentionnons que nous avons privilégié une démarche de type qualitatif. La consultation de multiples documents de même que des entrevues en profondeur avec quelques informateurs clés ont été les principales techniques utilisées au cours de l'été 1990. |
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Notre recherche est centrée sur l'étude de certains aspects des interrelations entre le développement des technologies et l'évolution de l'idéologie coopérative à l'intérieur du Mouvement Desjardins. Une approche seulement teintée de déterminisme technologique semble difficilement soutenable. Selon notre perspective, l'évolution du mode de fonctionnement du Mouvement Desjardins et des services qu'il offre à ses membres résulte de l'interaction de trois grands ordres de facteurs: 1) les valeurs véhiculées au sein du Mouvement par les membres, les dirigeants, les cadres et les employés; 2) le développement technologique et les tendances qu'il introduit dans le système; 3) les stratégies des différents groupes d'acteurs dans l'organisation. C'est sur ce troisième groupe de facteurs que nous avons fait porter certains de nos efforts dans le cadre de cette recherche. Tout en ayant accordé une attention à la discussion sur les valeurs de base à l'intérieur du Mouvement, tout en ayant pris en compte les changements dans les politiques de communication concernant les canaux traditionnels et tout en ayant continué à suivre de près l'évolution des nouveaux services, nous avons procédé à une série d'entrevues au total, cinquante huit entrevues en profondeur, d'une durée moyenne de quatre vingt minutes, furent menées auprès de groupes d'acteurs pour connaître leur perception de la situation, leurs objectifs et les projets qu'ils voulaient alors promouvoir. L'analyse des résultats nous a permis de dégager un certain nombre de constats: 1) La dimension "entreprise" entraîne, pour l'ensemble des acteurs interrogés, un très fort consensus: pratiquement toutes ces personnes souscrivent au "projet financier" de Desjardins orienté vers l'excellence et l'expansion des produits et des services financiers. Le fait que les mêmes personnes ne s'entendent pas toujours sur la façon de faire connaître ces produits et services, sur le "message financier" comme tel, ne remet pas en cause un tel consensus; 2) La dimension "association" ne suscite pas une telle unanimité. Non pas que l'on remette foncièrement en cause la spécificité coopérative du Mouvement Desjardins, mais le fait qu'une lecture davantage économique que sociale des principes coopératifs s'impose graduellement n'est pas sans susciter quelques déchirements, quelques interrogations, voire quelques remises en cause. I1 s'agit peut être d'une transition dans l'évolution de Desjardins qui cherche actuellement à s'ajuster, à s'adapter, semble t il, à la réalité d'un monde où prédominent pour l'instant les considérations économiques; 3) La technologie provoque, chez les personnes rencontrées, un sentiment ambigu. D'une part, on est relativement satisfait du fait que la technologie ait pu permettre la multiplication des produits et des services, qu'elle ait aussi freiner la croissance du personnel, et, surtout, qu'elle ait permis aucune perte d'emploi. D'autre part, principalement au niveau des caisses, certains estiment que cette technologie finit par coûter très cher et peut ainsi nuire è la rentabilité des caisses. Autre point à souligner: un certain nombre d'informateurs ont de la difficulté à bien comprendre -serait-ce à cause de la fréquence des changements technologiques, de leur complexité ou du lien pas toujours évident entre les changements technologiques et les changements administratifs?- les grandes politiques de Desjardins en matière technologique. Ils ont l'impression, qu'ils estiment aussi valable pour les sociétaires, de ne pas "être dans le coup"; 4) Il y a peu à dire du lien entre la technologie et le coopératisme. Il s'agit, semble-t-il, d'un aspect inédit, qui n'a pas encore été exploré; aux dires de nos informateurs, la technologie sert avant tout, compte tenu de la concurrence et des besoins actuels des membres, la dimension "entreprise"; 5) Au niveau des facteurs de transformation et de l'environnement, remarquons que l'impact de la concurrence, la modification des comportements des Québécois en matière financière ainsi qu'un climat largement propice à l'économie ont incité Desjardins, au cours des dernières années, à revoir et à reformuler ses stratégies financière et technologique. |
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Dans ce texte, nous évaluons deux méthodologies statistiques (classique et bayesienne) en ce qui a trait à la prévision à court terme de l'évolution de l'actif des caisses populaires des différentes régions administratives québécoises. Pour un horizon de prévision d'un mois, la méthodologie classique se révèle supérieure, tandis que pour des horizons de prévision allant de trois mois à douze mois, la méthodologie bayesienne l'emporte. Le fait de tenir compte de relations de long terme entre les séries chronologiques utilisées par le biais de termes de correction des erreurs ne semble pas améliorer le pouvoir prévisionnel des modèles bayesiens. |
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Sous l'angle des théories traditionnelles de la firme, la réussite de la forme organisationnelle originale que représentent les Caisses populaires est intrigante pour au moins deux raisons. Premièrement, cette forme organisationnelle ne parait pas très propice à l'épanouissement de deux des fonctions jugées essentielles à la survie de la firme: la fonction d'entrepreneurship et de prise en compte du risque résiduel. Deuxièmement, cette réussite s'est matérialisée dans un secteur relativement compétitif, le secteur bancaire, et face à la forme organisationnelle capitaliste par excellence: la compagnie par actions publiques. Le présent document propose une interprétation du phénomène à partir du cadre d'analyse de la théorie des relations d'agence. Plusieurs aspects sont mis en évidence. D'une part, on pourrait avoir sous-estimer la valeur de survie des principes coopératifs comme mécanismes de résolution des problèmes d'agence. Par exemple, on peut faire l'hypothèse que les notions de propriétaire usager et de vote démocratique atténuent le problème d'asymétrie informationnelle entre gestionnaire et propriétaire client, facilitent l'identification des besoins des clients et le développement de produits adaptés au créneaux du marché et aussi contribuent à réduire les problèmes de prélèvement et de différences de préférences pour le risque. D'autre part, les caractéristiques particulières du secteur bancaire pourraient avoir contribuer à limiter l'impact des inconvénients des droits de propriété coopératifs: une partie importante du risque résiduel de l'activité est sous contractée par l'État et la proportion d'actifs spécifiques nécessaires à l'activité était, jusqu'à récemment du moins, relativement faible. Finalement, le fonctionnement des marchés financiers et de la main-d'oeuvre et leur rôle dans la solution des problèmes d'agence sont d'autres aspects expliquant pourquoi les fonctions d'entrepreneurship et de prise en compte du risque ne sont, ni aussi uniques, ni aussi déterminantes, que ne le laissent penser les théories traditionnelles. Ainsi, en utilisant les signaux des marchés financiers externes, les caisses contournent les difficultés opérationnelles que posent le développement d'une règle de répartition au pro rata de l'usage non arbitraire. De plus, dans les caisses comme dans les banques, une série de mécanismes tant internes qu'externes, est susceptible de maintenir l'efficacité de la structure organisationnelle. Et il n'existe pas de raison à priori pour que les processus de contrôle de la performance des gestionnaires des niveaux hiérarchiques supérieurs aux niveaux inférieurs (ou vice versa) soient moins efficace dans les caisses que dans les banques. |
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Le but de cet article est de proposer un modèle économétrique qui permette d'expliquer la détermination des marges bénéficiaires (revenus nets d'intérêts par 100$ d'actif) des caisses populaires Desjardins du Québec et des banques à charte canadiennes. Il existe très peu d'articles dans les revues académiques qui abordent ce sujet. Nos recherches ont permis de dégager que ce sont surtout des facteurs institutionnels qui rendent compte de l'évolution des marges bénéficiaires des institutions de dépôt au Canada Du côté des caisses populaires Desjardins du Québec, les facteurs qui expliquent la forte érosion de leur marge bénéficiaire depuis 1983 sont le gonflement des taux d'intérêt au cours de la période d'analyse et la proportion grandissante des dépôts à terme fixe dans l'ensemble de leurs dépôts. Du côté des banques, l'assainissement du portefeuille international et la croissance marquée des prêts personnes et hypothécaires ont contribué à l'amélioration de leur marge bénéficiaire. |
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À la suite de changements radicaux survenus dans les années 1980, le mouvement coopératif a souvent été remis en question. Les pressions envers ce mouvement ont été nombreuses et il est loin d'être utopique de croire que celles-ci se manifesteront plus fortement dans les années à venir. Les coopérateurs devront donc agir dans les années futures s'ils veulent que le mouvement subsiste. L'auteur discute d'abord des forces externes, qui ont tendance à assimiler les coopératives aux autres organisations capitalistes. Il traite ensuite des forces internes, qui sont dans le champ de couverture des coopérateurs en termes de gestion et qui de ce fait ne doivent pas causer la disparition éventuelle des coopératives. La question fondamentale est donc la suivante : la formule coopérative subsistera-t-elle en l'an 2 000 ? L'auteur souligne que plusieurs défis s'imposent à l'aube de ce troisième millénaire, défis qui sont une condition à la continuité du mouvement coopératif. Il explique d'ailleurs trois défis essentiels, qu'il faudra relever le plus tôt possible : renouveler le discours coopératif ; affirmer la souveraineté organisationnelle des coopératives ; et mettre en valeur les forces stratégiques intrinsèques. |
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Axée principalement sur une revue de la littérature, l'étude présente s'intéresse à relever et à analyser les conséquences pour les caisses populaires de l'évolution du Mouvement Desjardins. Plus précisément, I'objet de cette recherche vise à approfondir davantage toute cette question de l'évolution de la marge de manoeuvre (du maintien du degré d'indépendance) d'une caisse populaire à l'intérieur du Mouvement Desjardins lui même. Pour fins d'analyse, quatre éléments constituants d'une caisse Desjardins ont été retenus comme significatifs de cette marge de manoeuvre ou véhicules possibles de son autonomie; ce sont: 1) la structure organisationnelle des caisses en regard de 1'évolution de leur législation, 2) leur offre respective de services en tenant compte de l'influence technologique, 3) I'identification de l'objectif ou des objectifs d'une caisse Desjardins ainsi que 4) I'importance de l'environnement Desjardins en termes de valeur et de culture d'entreprise. |
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Dans le cadre des théories du développement endogène, les auteures font ressortir le potentiel des caisses populaires dans le développement régional de l'emploi. Ce potentiel est plus à même de se concrétiser depuis l'entrée des caisses populaires dans le financement d'activités commerciales. Même si les critères formels de décision retenus dans la gestion des portefeuilles de prêts commerciaux ne différent pas de ceux des autres institutions financières et n'incorporent pas le critère de la création d'emplois, le maintien de l'ancrage local des caisses et d'un certain pouvoir de la base, malgré la croissance du Mouvement Desjardins, font des caisses un agent particulier dans le secteur financier. Les limites de marché des caisses populaires, la nature décentralisée du Mouvement Desjardins rendent plus attrayant le financement de petites entreprises qui contribuent au développement local et régional de l'emploi. L'incapacité d'intégrer de façon formelle le critère de la création d'emplois dans le processus d'étude des demandes de prêts commerciaux ne constitue pas un désengagement des caisses face à la création d'emplois locaux tel que le démontre la mise sur pied de programmes pour jeunes entrepreneurs. Par ceux ci, les caisses créent des portefeuilles limités de prêts servant à financer des projets qui n'auraient passés la barre des services réguliers de crédits commerciaux. Le succès des entreprises financées dans ce cadre démontre de l'existence d'un potentiel de création d'entreprises viables qui ne peuvent voir le jour avec les critères usuels de financement de projets. La concrétisation de ce potentiel, en raison de contraintes de rentabilité des institutions financières, ne passent pas par un élargissement de ces programmes pour jeunes entrepreneurs, mais par l'établissement de partenariat qui permet un meilleur partage du risque associé au démarrage d'activités. |
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Le caractère distinctif de la société québécoise est donné non seulement par la culture mais aussi par l'économie. De ce point de vue, l'économie contrôlée par les québécois francophones repose sur trois piliers qui se sont mis en place ou qui se sont consolidés à partir des années 1960. Ces trois piliers sont les entreprises capitalistes autochtones, les sociétés d'État et les coopératives. Ils constituent les fondement d'un modèle de développement unique en Amérique du Nord mais ouvert sur celle-ci. Après avoir défini ce qu'il entendait par "nouvelles" et "anciennes" et en avoir évalué l'importance économique respective, l'auteur tente de montrer que ces deux grandes catégories de coopératives portent des projets de société relativement différents. L'émergence et l'essor de la coopération au Québec résulte dans une première phase (1900 1959) d'un compromis social qui répondait aux besoins des classes relativement dominées que sont les agriculteurs, les pécheurs et les familles à faible revenus, mais également aux visées de l'élite clérico-nationaliste dont l'avenir supposait la conservation ou le maintien de ces classes, la base de la nation canadienne-française. Au début des années 1960, un néo-nationalisme et un vent de déconfessionalisation et de modernisation faisant appel à l'État comme levier de développement succèdent au nationalisme traditionnel et à son idéologie de conservation. Par leur adhésion à ce projet, les coopératives se donnent une nouvelle mission. Désormais, il s'agira moins de renforcer les institutions traditionnelles que sont la ferme familiale, la paroisse et la communauté villageoise que de contribuer au renforcement du contrôle québécois de l'économie. Ce changement dans la mission et les alliances est illustré à partir du cas du Mouvement Desjardins. De leur côté, les nouvelles coopératives portent également un projet très large mais différent du projet de nationalisme économique, il s'agit d'un projet alternatif de société. Si ce projet demeure pluriel, les points communs semblent être ceux des nouveaux mouvements sociaux, soit des objectifs de vivre et de travailler autrement qui remettent en cause dans certains cas la société productiviste, des objectif aussi d'autonomie et d'autogestion qui s'opposent aux interventions bureaucratiques de l'État et de la Grande Entreprise. Le cas des nouvelles coopératives est illustré par celui des cliniques populaires (coopératives médicales) qui ont précédé la mise sur pied des CLSC. Si au cours de la dernière décennie ces deux projets de société, celui du néo nationalisme et celui des nouveaux mouvements sociaux, ont pu être opposés, la conjoncture de l'après Meach semble favoriser leur rencontre dans le cadre d'une société distincte à construire. Les différences ne devraient pas disparaître pour autant: elles pourraient cependant apparaître complémentaires et constituer ainsi les éléments d'un projet coopératif pluriel. |
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Ce cahier présente les résultats d'une recherche évaluative des Coopératives Jeunesses de Services (CJS) qui étaient en opération à l'été 1990. Une CJS, c'est une petite entreprise de type coopératif gérée par environ une douzaine de jeunes de 14 à 18 ans dont les objectifs sont de fournir à ses membres un emploi pour la période estivale et une initiation au fonctionnement d'une entreprise coopérative. A cette fin les jeunes coopérants reçoivent l'aide de deux animateurs ou animatrices. Le Regroupement des coopératrices et coopérateurs du Québec qui a fait jusqu'ici la promotion des CJS au Québec a obtenu la collaboration des milieux coopératifs et communautaires pour diffuser cette initiative et pour la soutenir au niveau local (comité local et parrains). La recherche comme telle visait 1) à vérifier si la CJS favorisait l'autonomisation des jeunes et leur initiation à la coopération, 2) à évaluer l'importance et la nature des activités économiques et entre autres la capacité éventuelle d'autofinancement des CJS, 3) à donner un aperçu du niveau de satisfaction des diverses intervenants: jeunes coopérants, animateurs, parrains, comités locaux, partenaires nationaux et enfin 4) à faire un certain nombre de recommandations dans la perspective d'une certaine généralisation de la formule. Nous avons utilisé une méthodologie à la fois quantitative (questionnaires) et qualitative (entrevues et analyse de documents). Nous ne présentons dans ce cahier que la synthèse des principaux résultats qui sont dans l'ensemble passablement descriptifs. A l'été 1990, quarante trois jeunes de 14 à 18 ans et douze animateurs et animatrices ont participé à cette expérience dans le cadre de six CJS. Dans tous les cas, un comité local et des parrains provenant des milieux coopératifs, sociaux ou communautaires ont soutenu ces expériences pour en faire un succès. Une seule des CJS n'a pas bien fonctionné. Les activités économiques étaient constituées de services de proximité ou de services à des institutions. Les états financiers consolidés pour les divers niveaux d'intervention et les diverses CJS révèlent que les revenus et dépenses qui se situaient autour de 100,000.00 $, s'équilibrent. De ce point de vue, l'autofinancement serait possible. Dans l'ensemble, le niveau de satisfaction est très élevé. La formule est vue comme socialement très pertinente et intéressante. Elle suscite même un enthousiasme quasi sans réserve de la part de tous ceux et celles qui étaient impliqué e s dans ce projet. Les objectifs visés au départ sont pour la plupart atteints. L'analyse permet cependant de dégager un certain nombre d'éléments où des améliorations seraient nécessaires. |
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Notre recherche avait pour objectifs d'inventorier les techniques utilisées par les grandes caisses populaires urbaines de la région de Montréal pour favoriser la participation à l'assemblée générale annuelle et d'obtenir l'avis des membres concernant leur participation à l'assemblée. Une étude sur le terrain a été réalisée en deux parties, la première auprès de responsables et la se conde auprès de membres de caisses populaires. Les données ont été recueillies par entrevues indivi duelles, en personne auprès des responsables et par téléphone auprès des membres. Deux questionnaires structurés et distincts ont été développés à cette fin. Même si les résultats obtenus ne peuvent être généralisés, étant donné que la recherche porte sur une étude de cas des grandes caisses populaires urbaines, la validité et la consistance internes en assurent la qualité à un niveau satisfaisant. Nous avons constaté que les caisses échantillonnées utilisaient des moyens conventionnels afin d'annoncer la tenue de l'assemblée générale annuelle et que les activités offertes à l'assemblée étaient elles aussi de nature conventionnelle. Et si les membres sont peu nombreux à assister à l'assemblée, 86,4 % des membres recensés, qu'ils aient ou pas assisté à au moins une assemblée, ont confirmé la nécessité de la te nue d'une assemblée générale. Les gens ayant déjà assisté à au moins une assemblée ont souligné le carac tère démocratique de la démarche de même qu'ils étaient d'avis que la présence à l'assemblée était une bonne façon de participer à l'administration de la caisse. À partir des résultats, nous avons élaboré des voies de recherche concernant des aspects complémentaires à notre enquête. Les principales contributions de notre recherche sont, en premier lieu, d'avoir obtenu un aperçu des propositions et opinions de plus de 20 responsables et de plus de 400 membres de caisses populaires et, en second lieu, d'avoir développé deux questionnaires distincts qui ont servi à autant de types d'entrevues . |
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Chaque caisse populaire du Mouvement Coopératif Desjardins constitue une entité administrative qui effectue des choix stratégiques A la suite d'entrevues faites auprès des gestionnaires responsables, nous avons identifié l'ensemble de ces choix, particuliers à la caisse. A partir d'un modèle original, nous avons par la suite tenté de voir comment un outil pourrait éventuellement assister ces gestionnaires dans l'exercice de planification stratégique de leur caisse. Nous proposons un modèle de système d'information stratégique. |
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L'émission de parts permanentes par des institutions coopératives que sont les Caisses Populaires Desjardins du Québec a suscité un débat sur le risque (et le rendement) de ces titres. Ce débat portait en particulier sur la valeur des garanties réseaux découlant de la structure fédérative et confédérative du Mouvement Desjardins et sur leur pertinence pour évaluer le risque des émissions concernées. Ainsi, plusieurs analystes financiers questionnaient les mérites de ces émissions sur la base d'analyses de ratios évaluant le risque total d'une caisse plutôt que le risque du "portefeuille fédération" auquel elle est affiliée. La présente communication analyse l'effet réseau de diversification du risque au niveau des onze fédérations et de la Confédération. Une analyse comparative de la dispersion des rendements des institutions financières canadiennes est d'abord effectuée; puis trois mesures de risque inspirées du modèle de base de Hamada (1969), Rubinstein (1973) et Mohr (1980) sont ensuite estimées pour chacune des onze fédérations. Les résultats obtenus montrent que l'effet de diversification du risque est réel et pourrait même être important. La dispersion des rendements de la Confédération est inférieure à celle de chacune des fédérations pour la période étudiée. De plus, l'analyse des régressions utilisées pour estimer les trois Bêta comptables montre que la variance du terme d'erreur décroît en fonction du nombre de caisses dans chaque fédération. Finalement, une seule des six plus importantes banques canadiennes possédait un risque inférieur à celui de la Confédération pour la période étudiée. |
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Les acteurs clés d'une organisation peuvent jouer un rôle déterminant dans la promotion de certaines valeurs auprès des publics internes et externes. Cette recherche permet d'avoir un aperçu des thèmes abordés par M. René Croteau, un propagandiste et gestionnaire qui a oeuvré à divers paliers du Mouvement Desjardins, entre 1946 et 1990. L'étude des propos de M. Croteau révèle que les thèmes qu'il a abordés peuvent être surtout associés à la "grille" des valeurs dites "permanentes" de Desjardins. L'étude donne aussi un aperçu des principaux éléments de la "grille Croteau": la solidarité, la démocratie, I'éducation, I'individu, le service, I'engagement. |
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La présente étude est une suite logique à la recherche théorique La caisse Desjardins: de l'autonomie individuelle à l'autonomie collective. Dans l'ensemble des caisses du Mouvement Desjardins, une enquête a été menée au cours de l'été 1990. Le questionnaire d'enquête comportait cinq subdivisions: autonomie (définition), structure organisationnelle, offre de produits et services financiers, influence technologique et objectifs. Cette enquête cherchait à préciser davantage la perception et la position des divers intervenants c'est à dire les membres des conseils d'administration, les gestionnaires et les employé(e)s des diverses caisses quant aux retombées possibles pour ces entreprises locales de l'évolution structurelle chez Desjardins. Parallèlement, cette recherche "sur le terrain" a tenté de vérifier la pertinence et l'actualité du discours officiel du Mouvement Desjardins tel qu'il peut être perçu à travers la littérature Desjardins. En résumé, ce document vise à présenter une première analyse et synthèse des informations recensées. Également, il vise à accroître nos connaissances quant aux divers points de vue des intervenants des caisses locales et quant aux manifestations possibles et actuelles d'une autonomie pour les caisses Desjardins. |
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Notre mémoire sur l'appariement a pour objet les 321 caisses populaires affiliées à la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest du Québec (FMO). Dans ce mémoire, nous nous proposons d'étudier l'évolution du désappariement, depuis 1984, des caisses affiliées à la FMO. Après avoir effectué une revue de la littérature portant sur la gestion du risque de taux d'intérêt, nous formulons premièrement un modèle économétrique qui puisse expliquer leurs écarts d'appariement. Puis nous passons à la modélisation de la marge bénéficiaire de l'ensemble des caisses. Nous poursuivons notre étude en traitant de l'optimalité de l'appariement pour les caisses de la FMO. Nous y déterminons les niveaux de désappariement (risque) associés aux rendements maximaux espérés par celles ci. Nous avons observé dans ce mémoire que la marge bénéficiaire des caisses populaires affiliées à la FMO réagit beaucoup aux fluctuations des taux d'intérêt. Le modèle de la marge bénéficiaire, inclut, au plan empirique, deux indicateurs du désappariement dont l'un est basé sur l'écart de durée du bilan d'une caisse. Lors de nos simulations, l'échantillon étudié n'a pu permettre de déceler lequel de ces indicateurs aurait la plus grande capacité prévisionnelle. Les résultats provenant de l'utilisation de l'un ou de l'autre de ces indicateurs sont pratiquement identiques. Par contre, théoriquement, l'indicateur basé sur la durée devrait être plus performant. Nous avons pu observer qu'il existe un délai dans l'ajustement de la marge bénéficiaire à la suite d'une variation des taux d'intérêt. Dans une deuxième partie, nous traçons la frontière efficiente des caisses de la FMO pour laquelle la mesure du risque est le désappariement. Cela nous a permis de déterminer les proportions requises des diverses catégories de désappariement. On observe notamment dans cette partie que l'excédent des fonds non reliés, qui mesure le pouvoir financier d'une caisse, se doit d'être mis à contribution dès que l'on vise une marge bénéficiaire entre 3 % et 4 %, intervalle normal pour les caisses. Il n'est pas possible de déceler ce phénomène en se référant au modèle économétrique de la marge mais selon celui de la frontière efficiente, ce pouvoir financier permet, sans équivoque, d'atteindre un rendement espéré supérieur. |
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Ce document constitue la première étape d'une recherche sur la satisfaction des membres dans les coopératives de travail du Québec. Cette étude, très statistique, a été faite à partir de plusieurs enquêtes et ses résultats sont souvent comparés à ceux d'autres enquêtes similaires, permettant ainsi de mieux comprendre plusieurs phénomènes. Afin de bien cerner le contexte actuel des entreprises coopératives, ce fascicule donne d'abord un aperçu de la constitution des travailleurs et travailleuses ainsi que des principales transformations survenues dans les coopératives de travail au fil des ans. Ces considérations étant faites, l'auteur discute des principales sources de satisfaction et d'insatisfaction des membres à l'intérieur des coopératives de travail au Québec. Il effectue alors plusieurs liens entre ces sources et certaines variables. Il propose ensuite quelques recommandations pratiques qui pourraient certes être très utiles et qui possiblement augmenteraient le taux de satisfaction des membres de coopératives de travail québécoises. |
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La théorie des relations d'agence propose de représenter la firme comme un réseau de relations contractuelles entre les diverses parties qui la constituent. En ce sens, les auteurs utilisent la théorie de l'agence développée initialement par JENSEN et MECKLING (1976) pour examiner certains principes coopératifs tels le vote démocratique, la notion de propriétaire-usager et le principe de répartition au prorata de l'usage, l'intérêt sur le capital et la dévolution désintéressée de l'actif net ainsi que l'éducation coopérative. Les auteurs montrent alors dans ce document que les éléments spécifiques au coopératisme modifient la nature des relations d'agence entre les divers groupes dont la collaboration est nécessaire à la survie de la coopérative. Ce compte-rendu attire finalement l'attention du lecteur sur la nécessité d'approfondir la compréhension des défis que pose la gestion coopérative, car une analyse minutieuse des principes coopératifs dans une perspective d'agence pourrait contribuer grandement au développement financier des coopératives. |
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Au cours de la première moitié du 20ième siècle, les activités des caisses populaires au Québec demeurent principalement associées au monde rural. En effet, même si les caisses populaires urbaines sont généralement plus puissantes que les autres, plus de trois caisses sur quatre sont situées à la campagne. Cette tendance commence à changer toutefois à partir de 1940, date à laquelle la pénétration en milieu urbain va s'intensifier à la faveur d'une croissance sans précédent des caisses populaires. Cet essor en milieu urbain correspond à une période de transformation de la société québécoise et de l'espace urbain à Montréal. En raison des investissements de fonds élevés que nécessite la construction de logements au lendemain de la guerre, les caisses populaires vont jouer un rôle primordial dans la suburbanisation et la mise en place d'un nouveau tissu urbain à Montréal, un rôle dont on connaît peu l'ampleur et la nature. Certes, plusieurs études ont fait ressortir l'implication significative des caisses populaires dans le crédit hypothécaire depuis 1940, mais aucune ne présente une étude systématique du crédit urbain au cours des premières années de cette période. Une telle étude permet pourtant de mieux comprendre le rôle des caisses populaires dans le développement urbain, particulièrement en matière de financement hypothécaire. De plus, à l'heure où les caisses urbaines deviennent de plus en plus nombreuses dans le Mouvement Desjardins, il est intéressant de bien discerner leurs particularités et, par le fait même, leur impact sur l'évolution de l'ensemble du mouvement. Cette étude vise donc deux objectifs précis: présenter un portrait d'une caisse urbaine pour en faire ressortir l'originalité et analyser la nature et l'ampleur de son intervention au cours des années 1940, par une étude systématique du crédit. Nous présenterons d'abord brièvement le discours de Desjardins et quelques questions historiographiques sur la place du crédit dans les caisses populaires, ensuite nous définirons les principales caractéristiques d'une caisse populaire en milieu urbain: Saint Alphonse d'Youville (quartier, dirigeants, politiques et finances) et nous analyserons de manière approfondie les prêts accordés sous trois aspects précis: I'emprunteur, l'objet de sa demande et son lieu de résidence. On découvre ainsi, grâce à cette analyse, une institution financière très dynamique, dont les dirigeants sont davantage préoccupés par la croissance financière de la Caisse que par la réalisation d'une mission éducative. La décennie quarante représente, à cet égard, une période charnière dans le développement de la Caisse, au cours de laquelle elle profite d'une croissance continue. À la faveur du retour à l'économie de paix, à partir de 1945, elle s'implique, de façon décisive, dans le secteur de l'habitation et, par conséquent, dans la transformation de l'espace urbain. Parallèlement à cette nouvelle orientation de la Caisse au lendemain de la guerre, on constate, à la faveur de la prospérité économique, une certaine démocratisation du crédit, mais surtout une expansion territoriale sans précédent des activités de crédit de la Caisse qui s'étendent maintenant à la majeure partie du territoire de l'île de Montréal et au sud de l'île Jésus. |
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Les coopératives de travailleurs actionnaires constituent une formule originale en vertu de laquelle des travailleurs achètent des actions dans l'entreprise qui les emploie et bénéficient, pour ce faire, d'avantages fiscaux. À l'analyse, les coopératives de travailleurs actionnaires se sont révélées beaucoup plus complexes que nous l'imaginions au départ. Si, au plan économique, nous n'avons plus qu'une entreprise, celle que contrôle majoritairement un entrepreneur capitaliste, au plan juridique, on a bien deux entreprises: la coopérative et l'entreprise à capital actions dans laquelle la coopérative possède un bloc minoritaire d'actions. Le texte que nous présentons est divisé en trois parties. Dans une première partie, nous décrivons les coopératives de travailleurs actionnaires telles qu'elles existent au Québec (1). Dans une seconde, nous tentons de montrer la complexité de cette formule et nous nous interrogeons à la fois sur le contrôle que les travailleurs y exercent et sur les incidences possibles sur l'organisation du travail (2). Enfin, dans une dernière partie, nous comparerons les coopératives de travailleurs actionnaires avec les ESOPs (Employee Stock Ownership Plans), une formule américaine qui présente des similarités avec les coopératives de travailleurs actionnaires (3). Même si la formule américaine est plus ancienne et a connu plus de succès que la formule québécoise, cette dernière apparaît nettement supérieure. |
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Cette recherche s'inscrit dans le cadre d'une démarche plus vaste entreprise par le GRICIS (Groupe de recherche sur les industries culturelles et l'informatisation sociale) qui s'intéresse aux transformations du secteur de la production audio visuelle. Le développement d'une véritable industrie de la production indépendante est relativement récent et demeure, jusqu'ici, peu documenté. Nos objectifs de recherche sont de tracer le portrait de l'Association coopérative de production audio visuelle (ACPAV), d'expliquer l'évolution de ses stratégies organisationnelles et économiques dans un environnement culturel en mutation et de préciser dans quelle mesure les transformations du secteur modifient les règles du jeu et les logiques auxquelles se conforment les différents acteurs dans l'industrie de l'audio visuel. Au cours des deux dernières décennies, la production audio visuelle a subi de grands bouleversements. Au Canada, depuis la création d'organismes de soutien gouvernemental à la production cinématographique et télévisuelle, deux mouvements de rationalisation s'opèrent simultanément et répondent à des logiques complémentaires. Le double processus d'industrialisation et d'institutionnalisation de la production s'accélère au cours des années 1980 et a de nombreuses conséquences sur les intervenants et les entreprises du milieu. Pour leur part, les télédiffuseurs sont confrontés à une vive concurrence entre eux, à des surcapacités de production importantes, à une fragmentation des audiences et à une crise de rentabilité qui affecte leur capacité d'acquérir des productions indépendantes et de soutenir adéquatement le financement d'émissions canadiennes. Par leur réglementation et leur injection massive de capitaux, les interventions gouvernementales cherchent à structurer le développement industriel d'une production audio visuelle nationale en misant de plus en plus sur les entreprises indépendantes et un système de financement diversifié. Pourtant, la difficulté de rassembler et de recouvrir des investissements privés sur le marché intérieur constitue une contrainte de taille pour les producteurs qui doivent maintenant envisager des partenaires en coproduction pour répondre aux exigences de budgets toujours plus élevés. L'ACPAV est l'une des maisons de production indépendante les plus anciennes au Québec. Financée au départ par un organisme fédéral, la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne (SDICC), qui souhaite rassembler ce groupe de créateurs dispersés, la coopérative est fondée peu après la crise d'octobre 1970 par de jeunes cinéastes dont plusieurs constituent aujourd'hui des valeurs sûres de la cinématographie québécoise. L'ACPAV devient rapidement le lieu de rassemblement d'une génération d'auteurs plus ou moins passionnés d'égalitarisme mais tous déterminés à refléter la culture québécoise francophone par le véhicule de l'expression cinématographique. |
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Le but de ce mémoire est de proposer un modèle économétrique qui permet d'expliquer la marge bénéficiaire des principales institutions de dépôt au Canada et au Québec. Les résultats ont démontré que c'est l'une des «imperfections» du marché la volatilité des taux d'intérêt qui explique le mieux, bon an mal an, les fluctuations de la marge bénéficiaire des différentes catégories d'institutions de dépôt. Les facteurs institutionnels ont aussi un impact considérable sur la marge bénéficiaire. À l'intérieur de cette catégorie, les variables de structure du bilan telles que la proportion grandissante des prêts hypothécaires et personnels dans les actifs totaux, ont permis de rendre compte, en partie, des marges des fiducies et des caisses populaires Desjardins du Québec. Toujours dans les variables de structure du bilan, c'est le ratio des prêts personnels aux actifs totaux qui exerce le plus d'impact sur les marges des banques. Finalement, les écarts d'appariement, autres facteurs institutionnels, influencent grandement les marges des institutions de dépôt canadiennes et québécoises. |
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Ce texte évoque, dans un premier temps, la genèse de la création de la Chaire de coopération et spécifie les mandats qui lui ont été confiés. Dans un deuxième temps, sont mis en lumière, le contexte particulier des études et de la recherche sur les coopératives qui existaient à 1'UQAM lors de la création de la Chaire de coopération et la stratégie suivie pour affermir et développer des préoccupations plus permanentes pour la recherche et les études coopératives. Finalement, le chemin parcouru à ce jour et les perspectives d'avenir sont précisés. |
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Si l'on accepte l'idée généralement répandue que l'entreprise doit servir prioritairement les intérêts de ses propriétaires, ou si l'on considère que ceux-ci, par les droits qui leur sont conférés, sont les plus en mesure, parmi les partenaires de l'entreprise, d'imposer leurs objectifs à cette dernière, il faut admettre que la forme de propriété exercera une contrainte sur les pratiques de gestion puisque celles-ci sont fonction des objectifs de l'entreprise. Dans cette perspective, l'auteur analyse l'impact de la propriété coopérative, c'est-à-dire aux mains des "usagers", sur la gestion par rapport à celui de la propriété capitaliste, c'est-à-dire aux mains des "actionnaires". Il analyse aussi les différences dans la gestion des coopératives qui sont introduites par les différentes formules de propriété coopérative : propriétaires-clients, propriétaires-fournisseurs et propriétaires-travailleurs. |
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Au cours de ses quarante premières années d'existence, le mouvement des caisses populaires Desjardins progresse et malgré certaines embûches, il est relativement bien organisé à l'aube de la Deuxième Guerre mondiale. Jusqu'à ce jour, le mouvement Desjardins tient essentiellement sa force du milieu rural, mais cette tendance change rapidement pendant la guerre et l'après-guerre. Afin de montrer la spectaculaire croissance du mouvement des caisses populaires Desjardins à partir de la Deuxième Guerre mondiale, cet opuscule propose de mesurer l'expansion des caisses montréalaises et d'en dégager les rythmes de 1940 à 1960. Ce fascicule propose une dynamique spatio-temporelle afin d'analyser la fulgurante progression des caisses populaires montréalaises. Cette méthodologie permettra finalement de dégager les principales tendances à la base de la forte expansion des caisses populaires pendant les décennies 1940 et 1950. |
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L'émergence des coopératives constitue une des réponses aux problèmes sociaux soulevés par le matérialisme et l'individualisme du capitalisme du XIXe siècle. Le coopératisme, à la différence du capitalisme, propose d'accorder aussi de l'importance aux besoins non matériels tels que la satisfaction morale, la justice, l'honnêteté, la fraternité, la spiritualité, la liberté, etc.. Il prône également, comme moyen d'assurer le bien-être collectif, non pas la conduite de l'entreprise pour la satisfaction des intérêts individualistes des propriétaires, doublée de l'intervention d'une "main invisible", mais la poursuite à la fois du bien-être des propriétaires-usagers et de la communauté. La différence ou l'opposition entre le capitalisme et le coopératisme, et qui peut être décrite en référant à la nature, sociale et/ou économique, de leurs objectifs respectifs, réside donc en réalité dans leurs positions respectives quant à deux dimensions de ces objectifs : celle de la nature des besoins (matériels ou non matériels) que les unités de production privées doivent satisfaire et celle de l'identité des individus (propriétaires ou membres de la société) dont les besoins doivent être directement satisfaits par ces unités. C'est ce que ce texte cherche à démontrer. |
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Cette recherche traite de l'impact des caisses étudiantes sur les plans de l'intégration des valeurs coopératives, du développement personnel et de l'acquisition de connaissances. Notre démarche est basée sur une analyse comparative entre des élèves ayant participé à l'activité "caisse étudiante" (groupe expérimental) et des élèves impliqués dans d'autres activités parascolaires (groupe contrôle). 167 questionnaires ont été complétés par les élèves des caisses étudiantes et 83 I'ont été par ceux du groupe contrôle. L'analyse des résultats nous a permis de faire certains constats dont les principaux sont les suivants: en ce qui a trait à l'intégration des valeurs coopératives, il ressort que la valeur "service" est celle qui est privilégiée par les jeunes répondants. Aussi, on remarque certaines différences en ce qui a trait à trois valeurs partagées par les filles et les garçons; les filles sont plus sensibles aux valeurs "service", "engagement" et "éducation". Il ressort également que les cadres adhèrent plus que les dirigeants et les employés aux valeurs "engagement", "solidarité" et "démocratie"; à propos du développement personnel, on observe que les caisses étudiantes ont un effet comparable à celui des autres activités parascolaires. On relève aussi que le temps d'implication, le type de responsabilité et la satisfaction générale constituent les principaux facteurs contribuant au sentiment de pouvoir se réaliser comme personne. À cet égard, on remarque que ce sont d'abord les cadres qui disent pouvoir développer la confiance en soi et le sens des responsabilités à travers leur implication au sein de la caisse étudiante; par rapport à l'acquisition des connaissances, il apparaît que les responsables des caisses étudiantes (groupe expérimental) de secondaire 5 acquièrent davantage de connaissances financières et relatives aux associations que leurs homologues qui participent à d'autres activités parascolaires (groupe contrôle). Il ressort aussi que pour les jeunes des autres niveaux, il n'y a pas de différence significative entre le groupe expérimental et le groupe contrôle. Il se dégage encore qu'au sein des caisses étudiantes, ce sont les cadres qui acquièrent le plus de connaissances. Enfin, on observe qu'une implantation réussie de certaines caisses étudiantes (I'adhésion de plus de 25 % de la population étudiante d'une école donnée) a un effet paradoxal pour l'apprentissage: les responsables de ces caisses étudiantes acquièrent moins .de connaissances financières comparativement aux responsables des caisses étudiantes en développement. Comme activité de communication et d'éducation coopérative, les caisses étudiantes apparaissent comme des caisses populaires "laboratoires" permettant à des jeunes de vivre une simulation et de jouer différents rôles. Au terme de notre recherche, il ressort qu'on devrait apporter quelques modifications à la formule actuelle pour des fins d'animation et d'apprentissage. |
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Dans ce rapport de recherche, nous traitons de la notion d'éducation coopérative, de son développement au Québec, des pratiques d'éducation dans le mouvement coopératif et des défis qui se posent au développement de l'éducation dans les coopératives. Les informations relatives à l'éducation coopérative proviennent de trois sources: entrevues structurées ayant permis la confection d'un répertoire sur l'éducation coopérative au Québec; entretiens informels avec des responsables de l'éducation coopérative; et leurs réponses à six questions ouvertes. Dans un sens restreint, la notion d'éducation coopérative fait appel à une pédagogie marquée par la créativité, la prise en charge par les élèves du processus éducatif et la solidarité du groupe. Dans les coopératives, elle concerne plutôt l'acquisition d'un ensemble de connaissances assurant la compétence technique, l'adhésion aux valeurs et principes coopératifs, la promotion d'un type d'organisation et d'un projet de société, et l'action solidaire. Notre recherche s'intéresse plus particulièrement aux pratiques structurées d'éducation coopérative, c'est à dire celles qui comportent des objectifs, des contenus et des méthodes pédagogiques explicites. L'éducation coopérative a connu trois phases de développement. Une première période (1900 à 1950) est caractérisée par 1'autodidactie des pionniers. Puis, de 1950 à 1970, on assiste à la structuration de l'éducation coopérative, grâce à une série d'initiatives du mouvement coopératif. Enfin, la période actuelle débute en 1970 et elle se distingue par l'expansion qu'a connue l'éducation coopérative, même si certains secteurs ont diminué leurs activités de formation. Dans le mouvement coopératif, on remarque que les pratiques de courte durée (sessions et activités) sont privilégiées. Il ressort également que certaines populations cibles sont moins bien rejointes que d'autres; c'est le cas du public en général, des employés et des cadres. Le secteur des finances, de l'épargne et du crédit priorise l'éducation coopérative des dirigeants, sans doute à cause de la complexité de leur tâche. Les secteurs de l'agriculture, de l'habitation, et celui du travail, des services aux entreprises et du développement local, offrent un plus grand nombre d'activités pour les membres parce que, croyons nous, le rapport des sociétaires à leur coopérative se fait sur une base quotidienne et concerne directement le cadre de vie. À partir d'une analyse des propos des répondants au questionnaire, nous identifions et présentons six défis de l'éducation coopérative: accentuer l'éducation dans le mouvement coopératif; rejoindre tous les acteurs; développer le sentiment d'appartenance et la participation; accroître l'intercoopération en matière d'éducation coopérative; sensibiliser le public à la coopération; et faire de la recherche évaluative. |
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Le présent texte s'articule autour des quatre notions suivantes: la publicité institutionnelle, l'événement média, l'image d'entreprise et la cohérence. I1 a pour principal objet d'apprécier la cohérence dont témoignent, entre les années 1970 et 1992, les deux principales activités de communication institutionnelle du Mouvement Desjardins, à savoir la Semaine Desjardins et la campagne de publicité institutionnelle. |
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La présente étude s'inscrit dans les préoccupations de coopération internationale de la Chaire de Coopération Guy Bernier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM); coopération internationale à l'actif de laquelle se trouvent, entre autres actions, les conseils et assistance en gestion coopérative que la Chaire initie avec la jeune coopérative d'épargne et de crédit tontiniers, «CONVERGENCE 2000» de la République du Bénin. Les premières discussions remontent à l'automne 1992, lors d'un séjour d'enseignement du directeur de la Chaire à Université Internationale de langue française au service du développement africain à Alexandrie d'Égypte (Université Senghor). Le but de l'étude, au moment où la mise en place d'un programme d'implantation de caisses populaires en Afrique devient un discours québécois de la francophonie, est de mettre en relief l'impact que les pratiques financières informelles pourraient avoir sur la réussite du projet. Elle se veut une contribution à l'élaboration d'une approche adaptative d'implantation et de développement en Afrique francophone En prélude à cette phase, de Juin à Septembre 1993, Clément Wonou a effectué au Québec, sous la direction de la Chaire de coopération, un stage de recherche action au sein du Mouvement des caisses populaires Desjardins afin d'étudier certains éléments permettant de mieux documenter la présente. |
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Le présent rapport cherche à répondre à l'interrogation suivante.: compte tenu du désir d'autonomie et de contrôle décisionnel des directions des caisses populaires, et compte tenu du caractère décentralisé de la négociation collective au niveau de chaque caisse, comment les employeurs réussissent ils à concilier les besoins d'autonomie locale avec les exigences d'efficacité stratégique en négociation? Il s'agit de circonscrire les conditions d'exercice de la solidarité patronale. Le sens de cette solidarité diffère selon les répondants; pour les uns, cette solidarité puise aux sources mêmes de l'idéologie coopérative, pour d'autres, elle n'exprime qu'une nécessité fonctionnelle pour atteindre un niveau d'efficacité en négociation collective avec des syndicats locaux qui partagent des objectifs et qui participent à une stratégie axée sur la recherche de concertation. En effet, dans un contexte de décentralisation, les organisations syndicales tentent le plus souvent de leur côté de coordonner l'action des syndicats locaux en formulant des objectifs communs et des stratégies de concertation inter syndicale permettant de réaliser des percées à certaines tables de négociation, pour ensuite étendre les gains obtenus quelque part à d'autres groupes en négociation par la constitution d'un modèle, d'un "pattern". Du côté patronal, le recours à une stratégie efficace s'impose d'autant plus dans un contexte où un réseau de succursales bancaires très faiblement syndiqué exerce une forte pression concurrentielle sur les caisses populaires plus fortement syndiquées. Nous posons comme hypothèse que la FMO tente de jouer ce rôle d'encadrement à l'exercice de cette solidarité patronale, et que l'intervention de la fédération repose sur la volonté et l'assentiment des directions locales; ces relations entre les caisses et leur fédération régionale traduisent la problématique plus profonde et caractéristique des organisations, à savoir celle reliée au débat sur la centralisation et la décentralisation du pouvoir et du contrôle décisionnel ainsi que des matières en faisant l'objet. Puisque le processus décisionnel des caisses repose ultimement sur l'assemblée générale des membres et que chaque caisse demeure formellement autonome, le degré d'influence de la fédération relève plus de la persuasion que de la coercition. Dans ces conditions les perceptions des dirigeants des caisses nous semblent majeures pour apprécier les formes de coordination des négociations collectives dans un régime décentralisée. La solidarité patronale repose effectivement sur le volontarisme et la FMO représente le principal canal d'expression et d'exercice de la solidarité patronale. La connaissance des perceptions des dirigeants des caisses populaires constitue une source importante d'information dans l'évaluation des actions de coordination et des services professionnels de la l;MO dans les négociations locales. La recherche vise donc à identifier, recueillir et mesurer les perceptions des dirigeants des caisses populaires à l'égard des modes de fonctionnement, de coordination, de concertation, d'encadrement et de transmission des informations à chacune des phases des négociations collectives. L'enquête cible les caisses syndiquées du territoire couvert par la FMO, soit une population originale de cent treize (113) caisses. L'échantillon retenue couvre cinquante deux (52) caisses populaires pour lesquelles nous tentions toujours d'obtenir deux entrevues distinctes par caisse, soit une avec le directeur ou son représentant, et une autre avec un membre bénévole du conseil d'administration; il nous apparaît intéressant et pertinent de vérifier si les perceptions sur les modes concrets d'exercice de l'autonomie et de la solidarité diffèrent entre d'une part, un gestionnaire cadre non élu mais assumant à plein temps des responsabilités de direction administrative, et d'autre part, un membre élu par les membres pour les représenter au conseil d'administration de la caisse. L'échantillon final comprend cinquante deux (52) gestionnaires de caisses et quarante trois (43) membres de conseil d'administration. I1 s'agit dans tous les cas d'entrevues conduites confidentiellement et individuellement avec chaque répondant. La grille d'entrevue porte sur les dimensions suivantes du processus de négociation: la préparation et le début des négociations (v.g. composition du comité de négociation, le fonctionnement du comité de négociation, la définition des mandats et de la stratégie, rôle des membres du comité et du conseiller de FMO, etc.); intensification et phase finale des négociations (v.g. déroulement de la stratégie de communication, etc.); poursuite du conflit de travail (v.g. plan de mesures d'urgence, support de la FMO, etc.); fin des négociations et retour au travail (v.g. intervention de la FMO, réorganisation des activités de la caisse, etc.); signature de la convention et application de la convention (v.g. importance de l'approbation de la convention par la FMO, support de celle ci pendant la durée de la convention, etc.). Nos observations indiquent que la FMO apparaît nettement selon nos répondants comme le lieu privilégié de coordination des actions des caisses en négociation collective. Cette coordination s'opère dans le cadre d'une recherche d'équilibre entre l'autonomie des caisses et les exigences de l'efficacité ou de l'exercice de la solidarité patronale. Compte tenu de l'importance et de la satisfaction des répondants à l'égard non seulement de la qualité des services reçus de la FMO sur chacune des dimensions liées à la négociation collective, mais aussi avec l'intervention de la fédération dans des domaines où la direction de la caisse pourrait faire cavalier seul, nous devons conclure à l'existence d'un sentiment de solidarité, ou du moins de la conscience d'une nécessité de concertation inter caisses. Les interventions de la FMO, la présence et le rôle de son représentant dans la détermination du mandat et des stratégies de négociation posent des limites consenties par les caisses à leur autonomie. Ces concessions représentent peut être le prix à payer pour contrer les stratégies syndicales, tout en préservant le principe de l'autonomie de la caisse. Nous croyions au début de la recherche que, comparativement aux gestionnaires, les membres élus exprimeraient plus de réserves à l'égard des interventions de la FMO, et auraient souligné plus fermement les contraintes provenant du cadre proposé par la fédération; nos observations indiquent plutôt une convergence dans l'ensemble des perceptions, et elles ne présentent que rarement des différences significatives entre nos deux catégories de répondants. Le souci de préserver l'autonomie locale demeure important, et les personnes rencontrées demeurent préoccupées et vigilantes sur cette question. Le souci de rechercher un équilibre entre l'efficacité stratégique et le contrôle ultime sur le processus décisionnel nous amène à constater que les directions des caisses sont satisfaites du mode actuel de coordination des négociations dans le cadre d'un régime de négociation par établissement; cette situation constitue donc une source d'opposition à un régime de négociation multi patronale qui pourrait, du point de vue des caisses, conduire à une uniformisation encore plus grande des conditions de travail, et à une efficacité plus grande des moyens de pression syndicaux. |
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De nos jours, les coopératives d'épargne et de crédit vietnamiennes sont dans une situation précaire et leur avenir n'est nullement assuré. Ainsi, ce document vise d'une part à vérifier si les stratégies de développement des compétences des cadres dans les coopératives d'épargne et de crédit du Québec peuvent être utilisées avec succès au Viêt-nam ; il vise d'autre part à améliorer la compréhension des éléments pouvant influencer l'efficacité des interventions de formation et de développement à l'étranger. Afin de vérifier si les compétences des coopératives québécoises sont transférables, l'auteur analyse le contexte actuel et les besoins de développement au Viêt-nam. Il discute également de l'attitude à posséder, car elle est partie intégrante de toute compétence. Dans le contexte actuel, il semble que seules les interventions touchant les connaissances et certaines habiletés techniques peuvent susciter un transfert au Viêt-nam. Dans ces circonstances, l'auteur propose un modèle de développement des compétences pouvant être transférable. Il y va finalement de quelques recommandations, qui semblent fort utiles et qui pourraient à tout le moins diminuer le danger qui guette les coopératives d'épargne et de crédit vietnamiennes à l'aube du troisième millénaire. |
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Le secteur financier connaît actuellement des modifications majeures. La survie des institutions financières est maintenant étroitement liée à leur capacité de mettre en présence les intervenants en surplus et en déficit de liquidités au meilleur coût possible. Les caisses populaires Desjardins, de par leur autonomie et leur structure décentralisée, représentent un cas intéressant. Les caisses ont vu leur marge bénéficiaire fondre significativement au cours des dernières années alors que leur frais d'exploitation demeuraient sensiblement au mjême niveau. Nous avons ainsi évalué la présence d'économies d'échelle et d'envergure pour quatre groupes de caisses populaires : les caisses performantes versus les non performantes et les caisses avec et sans points de services. Les estimations que nous avons effectuées confirment la présence d'économies d'échelle pour l'ensemble des groupes de caisses analysés. Les caisses populaires sans point de services et identifiées comme performantes réalisent des économies d'échelle supérieures aux autres groupes de caisses. Les économies d'échelle des caisses avec points de services sont inférieures à celles des caisses sans point de services. L'analyse de la fonction de coût des caisses nous a permis d'identifier qu'un écart de 23% est observé entre les caisses performantes et non performantes sant point de services comparativement à un écart de 32% du côté des caisses avec points de services. La presque totalité de l'écart chez les caisses sans point de services est attribuable à de l'inefficience alors que seulement 50% de l'écart est attribuable à de l'inefficience du côté des caisses avec points de services. Nous avons conclu cette recherche en simulant l'impact d'une croissance de 10% du volume de prêts sur les frais d'exploitation au cours des cinq prochaines années. Les résultats démontrent que les caisses pourraient réduire leur ratio de frais d'exploitation d'environ 0,1 9$ par 100% d'actif au cours de cette période. La baisse serait légèrement plus marquée du côté des caisses sans point de services. Une réduction de 2% de l'inefficience des caisses non performantes permettrait une diminution additionnelle de 0,09 $ par 100 $ d'actif. Les gains associés à une réduction de l'inefficience ne sont pas négligeables. |
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Ce texte porte sur l'utilisation, dans un contexte coopératif, du bilan social comme instrument de communication, notamment à l'interne. Après avoir brièvement décrit certaines notions repères, I'auteur procède à l'examen du bilan social qu'a produit, entre 1987 et 1992, le Mouvement des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec, une vaste organisation coopérative oeuvrant dans le secteur financier. |
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Cette étude a pour objet l'appariement de 1'ensemble des caisses populaires et d'économie Desjardins ainsi que les six grandes banques à charte canadiennes, soit la Banque de Montréal, la Banque Nationale du Canada, la Banque de Nouvelle Écosse, la Banque Canadienne Impériale de Commerce, la Banque Royale du Canada et finalement la Banque Toronto Dominion. Dans ce document, nous nous proposons d'étudier les deux composantes du risque de taux d'intérêt, soit le risque revenu et le risque prix. Une fois la revue de littérature présentée, nous élaborons un modèle économétrique qui mesure les ajustements des revenus et des dépenses d'intérêt par 100 $ d'actifs aux fluctuations des taux d'intérêt à court et à long terme. Après avoir estimé les équations de revenus et de dépenses d'intérêt par 100 $ d'actifs, nous analysons le désappariement des institutions étudiées et isolons par la suite les variables qui permettent le mieux de prévoir l'évolution desdits revenus et dépenses. Nous effectuons par la suite des simulations de taux d'intérêt afin de déterminer leur impact sur la marge bénéficiaire des institutions ci-haut. L'estimation de notre modèle s'est soldée par des résultats fort intéressants. Certes, les variables les plus importantes pour juger de l'évolution des revenus et des dépenses d'intérêt par 100 $ d'actif sont inéluctablement les variables de taux d'intérêt à court et à long terme en raison du fait qu'elles représentent la base de notre analyse de l'appariement des institutions de dépôt étudiées. Outre ces deux variables, les variables qui ont la plus grande incidence sur la marge bénéficiaire de ces institutions sont le pouvoir financier, la variable auxiliaire, qui mesure l'impact de la récession 1990 92 sur les revenus et les dépenses d'intérêt, et la proportion des dépôts à terme dans les dépôts totaux. Par ailleurs, les caisses populaires Desjardins sont beaucoup plus désappariées que les banques à charte canadiennes. Les institutions les plus appariées, aussi bien à court terme qu'à long terme, sont la Banque Royale du Canada et la Banque Toronto-Dominion. Les caisses populaires Desjardins sont les plus désappariées à court terme alors que la Banque Nationale du Canada s'avère être l'institution de dépôt la plus désappariée à long terme. |
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Cet cahier présente une recherche portant sur les facteurs favorables à la participation des personnes dans diverses organisations: une coopérative de consommation (club alimentaire), une coopérative de travail, un organisme à but non lucratif (regroupement de sans emploi). une organisation non gouvernementale (ONG) vouée à la solidarité internationale et un syndicat de travailleuses dans un magasin à rayons. Cette enquête s'appuie sur les récits de vie associative de 27 personnes et elle s'inspire d'une sociologie critique de la vie quotidienne. Celle ci complète les théories ponant sur la participation aux associations, c'est à dire les théories de la privation, de la société de masse et de la mobilisation des ressources. Six concepts regroupent les processus névralgiques de la participation aux associations communautaires: la démocratie, la sociabilité, la cohésion idéologique, le sens collectif à la solidarité, I'information et la vie quotidienne. |
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Jusqu'à tout récemment, il était relativement simple de faire la comparaison entre les coopératives de travail et les entreprises capitalistes, du point de vue de la participation des travailleurs. En s'en tenant aux droits de propriété, les coopératives de travail étaient supérieures. En effet, dans les entreprises capitalistes, les actionnaires majoritaires prennent les décisions et les travailleurs sont exclus; dans les coopératives de travail, ce sont les représentants choisis par les travailleurs sur la base d'un membre un vote qui siègent au conseil d'administration et dirigent l'entreprise. Cette approche est de moins en moins valable, dans la mesure où de plus en plus d'entreprises capitalistes adoptent différentes formes de participation des travailleurs et ce, pour plusieurs raisons. La crise du travail, dont les premières manifestations se sont produites dans les années 1960, a fait connaître 1'aspiration des travailleurs pour 1'autonomie et 1'inclusion. En outre, la demande des consommateurs pour des produits variés et de qualité, I'ouverture des marchés nationaux et les exigences des nouvelles technologies ont révélé pour plusieurs entreprises les limites de l'organisation tayloriste du travail. Le texte est constitué de trois parties. En premier lieu, nous présentons un état des recherches comparant la participation entre les entreprises capitalistes et les coopératives de travail. En deuxième lieu, nous définissons quelques principes méthodologiques de l'approche comparative et nous présentons les principales caractéristiques des coopératives de travail constituant l'échantillon. En troisième lieu, nous identifions deux dimensions permettant de comparer les deux types d'entreprises: la dimension institutionnelle et la dimension organisationnelle. La dimension institutionnelle réfère aux règles du jeu qui précisent la partie patronale et les travailleurs, entre les actionnaires et la direction, entre les entreprises. À cet égard, les coopératives de travail ont une longueur d'avance, car la loi sur les coopératives reconnaître aux travailleurs le droit de diriger leur entreprise, qui peuvent ainsi faire des choix stratégiques (investissement, technologie, mise en marché). Ce droit est fondé sur la notion de propriété collective et sur une règle non capitaliste, c'est à dire un membre un vote. La dimension organisationnelle renvoie à la division du travail et sa coordination, le mode de gestion, la mobilisation des ressources nécessaires à la production, la mise en oeuvre de la production, etc. Les résultats actuels de nos recherches indiquent que les coopératives de travail n'ont pas été plus innovatrices que les entreprises capitalistes, notamment en ce qui concerne l'organisation du travail. Cette situation peut être attribuée à au moins deux facteurs. Premièrement les coopératives de travail ont sans doute moins souffert de la crise du travail que les entreprises capitalistes, ce qui aurait limité le besoin d'intervenir dans la sphère de l'organisation du travail. Deuxièmement, le marché des coopératives de travail se limite pratiquement à leur région immédiate et au territoire du Québec, dans des secteurs où la concurrence internationale est faible. La réponse aux questions que nous soulevons nous incite à poursuivre nos travaux, étant convaincu de la pertinence et de l'utilité de la recherche comparative. |
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La crise économique du début des années 1990 a été néfaste pour bon nombre d'entreprises, tant de nature capitaliste que coopérative. En ce sens, ce fascicule décrit le fonctionnement de cinq coopératives de travail qui ont été actives au début des années 1990. L'auteur désire ainsi montrer les difficultés qu'ont eues ces coopératives pendant la crise économique et déterminer les moyens utilisés pour contrer les effets de celle-ci. Trois problèmes majeurs rencontrés par les coopératives face à la crise du début des années 1990 sont soulignés : la rentabilité, la qualité du produit ou du service et le fonctionnement coopératif. Les solutions privilégiées par les coopératives de travail sont nombreuses pour pallier leurs problèmes. D'un point de vue général cependant, il semble que deux types de stratégie ressortent pour contrer la crise économique du début des années 1990 : une innovatrice, qui correspond plus à l'esprit coopératif et une d'inspiration fordiste, qui tend plus vers le capitalisme. |
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Au 20e siècle, la plupart des gens ont été élevés dans un monde où, grosso modo, deux grands systèmes économiques s'affrontaient : le capitalisme et le communisme. Avec la disparition de ce dernier système cependant, plusieurs s'interrogent sur les conséquences d'un monde où existe presque uniquement un système économique. Ce document traite en ce sens des valeurs du coopératisme, car ce système trop mal connu peut certes répondre aux nouvelles réalités économiques. Les convictions de l'auteur sont claires à cet égard : "le système coopératif combine les vertus du capitalisme et dans une certaine mesure du socialisme sans en avoir les défauts et en palliant leurs faiblesses". L'auteur explique que la formule coopérative est utile et applicable à peu près partout. Le grand défi cependant est de "vendre" les bienfaits du coopératisme, car le manque de notoriété de la formule est son handicap majeur. Pour ce faire, l'auteur souligne qu'il faut à tout prix éduquer la population sur le système coopératif, car des lacunes au niveau de ses connaissances entraînent souvent des préjugés. La péroraison exprime d'ailleurs bien l'idée du texte: "Lorsqu'un plus grand nombre de personnes y [coopératisme] croiront un peu plus, de telles entreprises à succès se feront plus nombreuses et notre économie nous appartiendra davantage. Nous serons moins locataires et plus propriétaires". |
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Le Mouvement des caisses Desjardins constitue une réussite coopérative exemplaire. Au cours des récentes années, cette grande institution financière comme d'ailleurs le secteur auquel elle appartient, a connu des changements majeurs qu'il convenait de présenter dans un texte synthèse. Les aspects suivants sont successivement abordés: nouvelle législation financière, nouvelle loi sur les caisses, nouveau discours coopératif, nouvelle structure, nouvelles formes de capitalisation, nouvelle mission, développement de nouveaux produits et services, et nouveau Desjardins international. De leur analyse, les auteurs tirent quatre grandes conclusions qui portent respectivement sur : 1) l'équilibre entre le volet coopératif et le volet corporatif; 2) l'équilibre entre l'avoir des membres et l'apport des investisseurs institutionnels; 3) l'équilibre entre les acteurs de «l'association» et ceux de «l'entreprise»; et enfin, 4) l'équilibre entre le développement national de Desjardins et son développement international. Cette recherche a été réalisée à partir de données documentaires et d'entretiens avec des personnes clés. |
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Auxi-plus est une coopérative de travail ayant dispensé des services à domicile sur le territoire de l'île de Montréal de 1986 à 1990. Ce projet initié par l'Association des auxiliaires familiales et sociales du Québec (AAFSQ) et soutenu par divers partenaires, en particulier la Coopérative de développement régionale (CDR) de Montréal, suscitait beaucoup d'espoir chez les auxiliaires familiales (AF). Jusqu'à la création de la coopérative, celles ci n'avaient comme seule ouverture soit le travail dans les agences privées qui n'offrent que le salaire minimum et qui font peu de place au perfectionnement professionnel, soit un poste d'auxiliaire familiale mieux rémunérée dans les CLSC. Ceux ci ont appuyé le projet d'une coopérative de travail dans le secteur des services à domicile, mais plusieurs ont progressivement retiré leur soutien en cessant de donner des contrats à la coopérative. Notre cadre d'analyse s'inspire de la théorie de la régulation et d'un état des recherches sur le développement optimal des coopératives de travail. Selon la théorie de la régulation, I'État providence se décharge de ses responsabilités, notamment en matière de services à domicile, parce que le modèle de développement fordiste est remis en cause au début des années 1970 à maints égards, et surtout à la fin des années 1970 pour l'État providence. Comme c'était le cas il y a dix ans, l'État prend actuellement des mesures de redressement budgétaire qui ont parfois pour conséquence la privatisation ou la communautarisation de certains services. En ce qui concerne les services à domicile, I'attribution de contrats de services à des agences privées a été avantageuse, parce que ces dernières paient le salaire minimum à leurs travailleuses Auxi-plus devait permettre d'améliorer les conditions de travail des AF et offrir un service de meilleure qualité que les agences privées, parce qu'Auxi-plus accorderait une plus grande attention à la formation et responsabiliserait les travailleuses propriétaires. Or, plusieurs phénomènes n'ont pas permis à Auxi-plus de constituer une alternative durable aux agences privées. En fait, Auxi-plus est pratiquement devenue une agence vouée à la distribution de tâches. La présence d'un groupe fondateur trop restreint n'ayant pas pu réaliser une véritable association de productrices, la croissance incontrôlée, I'organisation du travail atomisante, la dégénérescence des objectifs et la mauvaise gestion expliquent pourquoi les derniers bilans financiers étaient négatifs. Les auteurs croient que les coopératives de travail peuvent avoir du succès dans les services à domicile. Il faudrait qu'au niveau national, régional et local, le point soit fait sur la prestation des services à domicile par les associations, les coopératives, les CLSC et les agences privées, et sur les conditions à réunir pour lancer des projets durables |
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Ce cahier vise à donner un aperçu d'ensemble de la réalité coopérative au sein de l'économie québécoise tout en identifiant les principales sources de références permettant d'approfondir un domaine ou l'autre de la connaissance. Après une présentation des particularités organisationnelles et légales propres à cette formule, on en expose l'importance économique globale. La troisième section est consacrée à la trame historique de la coopération, de ses origines européennes à son rayonnement au Québec avec une insistance sur une période encore méconnue : les années 1980-1995. Quelques notions sont également développées dans cette section sur les différents courants de pensée portant l'idée de la coopération et le rôle des institutions. La section suivante fait le point sur la situation actuelle des coopératives dans une dizaine de secteurs d'activités en y soulignant les aspects institutionnel, organisationnel et économique. Ce cahier se termine par la formulation de quelques enjeux capitaux dans le développement de la formule. |
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L'Imprimerie coopérative Harpell, située à Ste-Anne-de-Bellevue, compte environ 150 membres. Elle offre depuis plusieurs années tous les services d'impression de revues et de livres, de reliure, et plus récemment d'impression commerciale. En 1995, elle célèbre son cinquantième anniversaire de constitution en coopérative. L'histoire de cette entreprise n'est pas banale. Elle est probablement un fait unique en Amérique du Nord. L'entreprise est créée au cours des années 1910 par James-John Harpell et Alexander Longwell. Elle est alors une compagnie, la Industrial and Educational Publishing Co., qui oeuvre dans des activités d'édition et d'impression. Dès sa constitution, la compagnie se donne, au delà de ses objectifs de rentabilité, des objectifs sociaux de formation, d'éducation et d'amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs. En 1918, l'entreprise s'installe à Ste-Anne-de-Bellevue. Elle y construit une imprimerie, la Garden City Press, et aménage Gardenvale, une petite communauté ouvrière organisée selon le modèle des cités-jardins. |
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Cette étude exploratoire vise à déterminer les causes de l'insuffisance du capital chez les caisses populaires affiliées à la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest-du-Québec Depuis l'entrée en vigueur des normes de Bâle en matière de capitalisation, un grand nombre de caisses populaires font montre d'une insuffisance de capital. Il est montré dans cette étude que plusieurs facteurs sont reliés à l'insuffisance du capital, dont les plus importants sont les revenus nets d'intérêt par 100 $ d'actifs et les dépenses en personnel par 100 $ d'actifs. Le lancement de nouveaux véhicules de capitalisation pourrait aider à résoudre le problème de sous-capitalisation des caisses mais il reste que ces instruments doivent être utilisés avec circonspection. Il semble en effet que ce soit les caisses qui font montre de la plus grande insuffisance de capital qui aient le plus recouru aux nouveaux véhicules de capitalisation à leur disposition. |
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Ce rapport de recherche donne un aperçu des coopératives de santé dans différents contextes sociosanitaires nationaux. Débutant par une réflexion sur la crise des États-providence, les auteurs y décrivent les écueils des systèmes publics de santé et l'émergence de solutions palliatives dont la formule coopérative. Puis, ils brossent un tableau de l'importance internationale des coopératives de santé, des dynamiques de développement qui leur sont propres et des approches en matière de santé qui y sont favorisées. Par la suite, le document s'attarde au système national de santé, à la place et aux particularités des coopératives de santé dans 11 pays. Cette description occupe la plus grande partie du rapport et couvre le Canada, les États-Unis, le Costa Rica, le Panama, le Brésil, la Suède, l'Espagne, l'Inde, le Sri Lanka, la Malaisie et le Japon. En conclusion, les auteurs dégagent un certain nombre d'enjeux interpellant le développement des coopératives de santé. |
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Ce rapport de recherche donne une appréciation d'un échantillon de pratiques formelles d'éducation coopérative. Il s'agit d'activités formelles car elles sont structurées, programmées et parce qu'elles poursuivent de manière délibérée des objectifs d'acquisition de connaissances, d'aptitudes ou d'attitudes favorables au fonctionnement et au développement des coopératives. Nos critères d'appréciation sont fondés sur les notions fondamentales des approches humaniste et cognitive en andragogie. La cueillette des données a été réalisée lors de l'observation de 15 activités d'éducation dans le mouvement coopératif, s'adressant soit à des dirigeants, des employés, des membres ou au public. En outre, un questionnaire a été complété par 302 personnes. Enfin, nous avons réalisé l'étude de huit cas documentés. Nous regroupons les pratiques d'éducation coopérative dans trois types: l'éducation du public, l'éducation à la mise sur pied d'une coopérative et l'éducation pour la consolidation. Chacun de ces types fait l'objet d'un chapitre du rapport, dans lequel sont discutées les dimensions fondamentales de l'éducation des adultes: les acteurs (organisation, formateur et participants), les buts, le contenu et les méthodes de formation. Notre conclusion résume dans un schéma les trois types et attire l'attention du lecteur sur un certain nombre de mesures destinées à parfaire les pratiques formelles d'éducation coopérative. Nous insistons sur la nécessité de la mise en commun des ressources pour l'éducation du public, la mise à jour de l'étude des besoins, la prise en compte de la scolarité des participants et du nombre d'activités d'éducation coopérative auxquelles ils ont participé, la combinaison de la réflexion et de l'action dans la formulation des objectifs, et le ressourcement pédagogique des formateurs. |
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Les activités poursuivies par DID depuis sa fondation en 1972 sont abordées à la lumière de cinq paramètres sur un espace temporel de 25 années découpé en trois périodes spécifiques de son évolution. L'analyse est effectuée en rapport avec les éléments suivants : - la manière dont a été formulée la mission de DID et la façon dont elle entendait la réaliser; - la stratégie commerciale c'est-à-dire le choix effectif des secteurs et des zones géographiques d'intervention ainsi que les moyens privilégiés pour pénétrer les marchés; - la stratégie coopérative : types de coopératives et niveaux d'intervention privilégiés, objectifs assignés à l'intervention dans ce domaine particulier et les moyens déployés pour leur mise en oeuvre; - la stratégie organisationnelle en référence aux structures et processus de fonctionnement internes de DID mis en oeuvre pour supporter les stratégies de marché et coopérative adoptées; - la stratégie sociopolitique c'est-à-dire la manière dont DID a géré ses relations avec les gouvernements nationaux (Québec, Canada), les gouvernements étrangers hôtes ainsi que les autres parties prenantes importantes du milieu local et international, notamment les institutions coopératives. |
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Développement international Desjardins intervient en Afrique depuis vingt-cinq déjà, son action, guidée à l'origine plus par des préoccupations d'ordre philanthropique que par le souci de pérenniser les moyens mis en place, n'a pas toujours été couronnée de succès. Depuis quelques années DID a inscrit ses interventions dans l'optique du développement durable. Ce qui est visé, c'est la mise en place d'instruments permettant aux collectivités locales de parvenir à l'autonomie pour leur propre développement. La COOPEC est vue comme l'instrument permettant de faire le lien entre les structures traditionnelles d'épargne et de crédit et diverses institutions financières modernes, de rééquilibrer les rapports entre la ville et la campagne, de sortir de l'isolement de nombreux acteurs économiques notamment les femmes et de promouvoir un marché intercoopératif au plan régional, national et international. |
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Le principe d'engagement envers la communauté récemment adopté par le Congrès de l'ACI est formulé dans des termes relativement larges et généraux. Il revient en fait à chaque coopérative ou regroupement coopératif de traduire ce principe d'action en gestes concrets. L'approche par intéressés, bien que proposée d'abord en référence à l'entreprise capitaliste, offre un cadre conceptuel et pragmatique pour les coopératives qui s'engagent dans cette démarche, plus complexe qu'il n'y peut paraître. Cette approche permet surtout de préciser les concepts équivoques de « communauté » et d'« engagement envers la communauté ». Elle amène aussi à reconsidérer les moyens courants d'engagement communautaire que sont la philanthropie et les projets spéciaux, apporte un nouvel éclairage au débat sur la participation des travailleurs aux décisions, capital et surplus des coopératives, et porte un regard à la fois critique et conciliant sur la position centrale accordée aux intérêts des membres par la Déclaration sur l'identité coopérative. |
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Au début des années 90, la Direction de l'analyse économique de la Confédération des caisses populaires Desjardins a développé un indice composite avancé de l'économie québécoise. L'Indice Précurseur Desjardins (IPD) se veut un outil d'analyse et de prévision permettant de mieux suivre l'évolution conjoncturelle de l'économie du Québec. Il est le seul outil du genre pour le Québec. La présente étude vise à évaluer l'IPD comme outil de prévision. Nous mesurons et analysons la capacité de l'IPD et de ses composantes à prédire les points de retournement du cycle économique québécois. Pour ce faire, nous recourons à l'approche probabiliste de Neftci. Préalablement, nous proposons une nouvelle mesure de l'activité économique globale du Québec ainsi qu'une chronologie du cycle d'affaires québécois. Nos résultats permettent d'identifier les éléments les plus problématiques du système d'indicateurs avancés de Desjardins. Ils sont susceptibles de guider une révision de l'IPD pour en améliorer l'efficacité comme outil de prévision économique. |
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Ce rapport présente les résultats d'un sondage réalisé à l'été 1996 auprès des municipalités du Québec dans le but de connaître l'état de la disponibilité des services de santé dans les villes ayant de 1 000 à 10 000 habitants. On y engage aussi une réflexion sur la contribution d'entreprises collectives comme élément facilitant un véritable virage dans le domaine de la santé axé sur la disponibilité, l'accessibilité et la responsabilisation des acteurs. S'inscrivant dans les activités préparatoires du groupe de travail sur l'économie sociale pour le sommet socio-économique du gouvernement du Québec se tenant à l'automne 1996, ce sondage nous apprend qu'en date de la fin de l'été de 1996, il y avait environ 125 municipalités ayant entre 1 000 et 10 000 habitants dépourvues de services de santé dans un rayon de 8 kilomètres et que dans un horizon de deux à trois ans, 30 autres municipalités actuellement desservies par des services de santé s'attendaient «fort probablement» à se retrouver dans une situation de pénurie. Près de 115 municipalités additionnelles évaluaient «possible» l'hypothèse d'être aussi privées de services dans la même période. Selon les réponses obtenues, ce serait les régions de la Mauricie/Bois-Francs, de la Montérégie et de l'Abitibi-Témiscamingue qui seraient les plus touchées par cette absence de services de santé dans les municipalités du groupe cible. Dans le contexte où l'État diminue le nombre de points de services dans le domaine de la santé et où l'entreprise à but lucratif ne voit pas d'intérêt à structurer une offre dans des marchés perçus plus ou moins rentables, il y a place à l'innovation pour assurer la présence de services de santé. C'est ce que nous semble proposer des entreprises collectives du type de la coopérative de services de santé de St-Étienne-des-Grès en Mauricie. Une formule d'organisation régie par des règles démocratiques, qui concilie la participation et l'implication des citoyens, des professionnels de la santé et des organismes du milieu partageant des préoccupations sur la qualité de vie, et, élément non négligeable, un modèle d'entreprise n'occasionnant aucun déboursé supplémentaire à l'État. |
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Le champ de la recherche sur l'éducation coopérative et l'éducation à l'économie sociale est un terrain relativement en friche, mais il existe tout de même plusieurs travaux réalisés au Québec. Cette étude propose une revue des principales contributions empiriques à la connaissance de l'éducation dans ce domaine et un examen critique de quelques méthodes de recherche expérimentées par l'auteur. Dans un premier temps, les recherches empiriques sont étudiées à l'aide d'une grille d'analyse inspirée des dimensions suivantes: le type de théorie inspirant la recherche, le niveau de connaissance scientifique atteint (description, classification et explication), la méthode utilisée pour atteindre l'explication, les aspects opérationnels et les résultats. Dans un deuxième temps, quelques méthodes de recherche sont évaluées:l'inventaire, la comparaison avec un groupe témoin, la typologie, les échelles d'opinions et d'attitudes, et l'analyse socio-historique. Il ressort de cette étude que certains travaux négligent le recours à une théorie, qu'il manque de recherches induisant des théories utiles aux praticiens de l'éducation, que les richesses combinées des méthodes qualitative et quantitative auraient avantage à être exploitées, et que les apprentissages non intentionnels mériteraient une plus grande attention des chercheurs. |
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Dans l'optique de favoriser la mise en pratique du « nouveau » principe coopératif d'engagement envers la communauté, cette étude veut contribuer à expliquer les différences d'engagement communautaire qui peuvent être constatées entre les diverses caisses populaires du Mouvement Desjardins. À cette fin, elle identifie six variables qui peuvent être considérées comme des facteurs de cet engagement : 1) l'identité des décideurs de la caisse, 2) les besoins de la communauté, 3) la densité des liens communautaires, 4) la concurrence, 5) la dépendance de la caisse, et 6) l'intensité communautaire du projet de départ. L'étude énonce neuf hypothèses concernant les liens existant entre ces facteurs et l'engagement envers la communauté. Elle discute également brièvement du besoin de nouvelles recherches. |
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Ce cahier regroupe quatre des cinq allocutions prononcées lors de la séance d'ouverture du Colloque du C.I.R.I.E.C.-Canada " Limites et potentialités du modèle coopératif : Faut-il changer de modèle ? ", dans le cadre du 62e Congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences, à l'Université du Québec à Montréal, le 16 mai 1994. Les allocutions sont présentées dans l'ordre où elles ont été prononcées : Limites et potentialités du modèle coopératif : Faut-il changer de modèle?, Marcel Roy, président du Colloque et chercheur associé à la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'UQAM, Les défis contemporains de la coopération, Claude Béland, président du Conseil de la coopération du Québec et président du Mouvement des caisses populaires et d'économie Desjardins (Québec), Révision des principes coopératifs. Adaptation ou déviation?, Hans-H. Münkner, directeur de l'Institut pour la coopération dans les pays en voie de développement à l'Université de Marburg (Allemagne) et La réforme de la législation coopérative française (loi du 13 juillet 1992), Bernard Piot, directeur central de la Caisse centrale de crédit coopératif (France). On trouvera également dans ce document le programme des travaux du Colloque qui se sont étendus sur deux jours et demi. |
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Auteurs : Jean-Marc Fontan, Marie Bouchard, ARUC, UQAM Notre rapport de recherche présente une évaluation du modèle d'intervention des Coopératives jeunesse de services (CJS). L'évaluation permet de mesurer l'impact formatif de l'expérience CJS sur les adolescents coopérants qui y participent. Au moyen d'entrevues réalisées auprès de jeunes coopérants, d'animateurs et d'adultes impliqués dans l'encadrement communautaire de projets CJS, nous avons exploré les facteurs pouvant avoir une incidence sur la formation scolaire et professionnelle des coopérants. Bien qu'exploratoire cette recherche met en lumière la nature multidimensionnelle de l'apprentissage CJS. De plus, elle fait clairement apparaître l'impact éducatif et la complémentarité de l'apprentissage CJS à l'environnement scolaire. Vu sous cet angle, la CJS n'apparaît pas seulement comme un lieu où l'adolescent peut gagner un revenu d'appoint pendant l'été ou pendant la période scolaire. Elle apparaît aussi sous l'angle d'un lieu de formation et d'intégration à développer pour répondre aux besoins des adolescents d'une communauté à vivre une expérience gratifiante dans leur milieu d'appartenance. REMERCIEMENTS L'enquête à la base de cette publication a été réalisée en 1996-1997, suite à une demande du Regroupement des coopérateurs et coopératrices de travail (RQCCT). Les entrevues ont été réalisées par Madame Olga Navarro, sous la direction des professeurs Jean-Marc Fontan (du département de Sociologie de l'UQAM) et Marie Bouchard (du département des Sciences administratives de l'UQAM). L'étude a été réalisée en partenariat entre les chercheurs et le RQCCT dans le cadre des services aux collectivités de l'UQAM. Un comité d'encadrement de la recherche a suivi le déroulement de l'étude et formulé des commentaires et suggestions à ses différentes étapes. Il comprenait, outre Jean-Marc Fontan, Marie Bouchard et Olga Navarro, M. Louis Grenier du RQCCT et Vincent van Schendel du Service aux collectivités de l'UQAM. Les idées et opinions exprimées dans ce texte n'engagent cependant que les auteurs. Les auteurs tiennent à remercier l'ensemble des personnes qui ont participé à cette enquête: les personnes rencontrées en entrevue, les membres du comité d'encadrement et les membres du RQCCT qui ont participé à diverses discussions pour tester les conclusions préliminaires du rapport. Les auteurs remercient enfin la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'UQAM qui, par sa contribution financière, a rendu possible cette étude. PRESENTATION L'histoire du mouvement coopératif fait état d'innovations socio-économiques importantes. Les Coopératives jeunesse de services (CJS) représentent assurément une de ces innovations. Pour le Regroupement québécois des coopérateurs et coopératrices du travail (RQCCT) et la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), il est important de mettre en évidence le caractère novateur de la formule CJS, tant pour les adolescents coopérants qui participent à l'implantation et au fonctionnement de telles coopératives que pour la communauté où s'implante une CJS. L'innovation socio-économique proposée par une CJS nous apparaît multiforme. Premièrement, les CJS participent à la diversification du mouvement coopératif. Elles représentent un lieu de sensibilisation et de formation à l'économie sociale et s'adressent à une nouvelle catégorie de personnes, les adolescents. Deuxièmement, les CJS contribuent au renforcement des synergies locales. Leur création et leur fonctionnement repose essentiellement sur une mise en réseaux d'acteurs locaux d'une communauté. À ce titre, elles constituent un autre lieu de mise en relation d'acteurs d'un territoire. Elles favorisent le développement de la concertation et l'élaboration de partenariats. Enfin, les CJS sont un moment d'initiation et d'exercice de l'entrepreneuriat collectif où le coopérant apprend les règles de production du " capital " dans un esprit de coopération essentiel au succès de l'entreprise. Les CJS sont-elles source d'autres innovations ? De l'avis du RQCCT, elles ont une incidence positive sur la scolarisation des adolescents coopérants . Ce rapport de recherche tente de documenter cette hypothèse dans les limites des délais et des ressources à la disposition de l'équipe de recherche. Nous tâcherons ainsi de voir en quoi l'apprentissage CJS complète et renforce l'apprentissage réalisé en milieu scolaire. Ce faisant, nous vérifierons si l'expérience CJS facilite ou non la rétention de l'adolescent en milieu scolaire, ce qui nous permettra d'évaluer de quelle façon l'expérience d'un adolescent au sein d'une CJS représente une mesure préventive au décrochage scolaire. La réalisation de cette recherche s'inscrit dans une collaboration entre le RQCCT et le Service aux collectivités (SAC) de l'UQAM. Ce type de collaboration permet la réalisation de recherches-participatives entre des chercheurs de l'UQAM et des associations sans but lucratif québécoises. Rappelons en quelques mots que les recherches conduites au SAC se font en partenariat réel. La formule se distingue radicalement de la recherche traditionnelle ou des recherches menées par des firmes privées de consultation. Le SAC coordonne des recherches qui impliquent à part entière les groupes dans l'orientation et la réalisation des travaux. Il ne s'agit pas de commandes, mais d'un construit qui bénéficie à la fois de préoccupations théoriques et méthodologiques d'ordre universitaire et de besoins portés par des organismes du milieu. 1. LE PROJET DE RECHERCHE Le présent projet de recherche est né d'un besoin bien précis, celui de continuer le travail d'évaluation du modèle CJS en se penchant sur une nouvelle dimension, celle de l'impact formatif de l'expérience CJS sur un adolescent coopérant qui y participe. L'évaluation de l'impact formatif, le RQCCT la perçoit intuitivement de la façon suivante. Participer à une CJS aurait une incidence positive sur l'adolescent en lui permettant de découvrir ou de valoriser, par l'intermédiaire du travail en milieu coopératif, le rôle et l'importance de l'école. Le RQCCT avance aussi l'idée que l'expérience CJS aide à prévenir le décrochage scolaire. De l'avis des intervenants CJS du RQCCT, le fait de vivre une expérience dans ce type de coopérative de travail contribuerait à l'intégration socio-économique d'un adolescent. Afin de vérifier l'impact de la formule CJS sur l'apprentissage et la rétention en milieu scolaire des coopérants, un projet de recherche exploratoire a été conçu par le RQCCT en collaboration avec le SAC de l'UQAM. La recherche bénéficie d'une participation financière de la Chaire de coopération Guy-Bernier . La recherche a été réalisée à partir d'entrevues de groupe et individuelles effectuées entre le mois d'août et le mois de septembre 1996. 1.1 Objectifs de la recherche La recherche vise principalement à explorer les facteurs pouvant avoir une incidence sur la formation scolaire et professionnelle des coopérants. La recherche se penche aussi sur l'impact éducatif de l'expérience CJS. L'analyse présentée permet de voir comment cet impact se définit en complémentarité à l'apprentissage réalisé en milieu scolaire. 1.2 Méthodologie de recherche 1.2.1 Une recherche en partenariat La réalisation de cette recherche s'inscrit dans le cadre des Services aux collectivités (SAC) de l'UQAM. Ce type de collaboration permet la réalisation de recherches-participatives entre des chercheurs de l'UQAM et des associations sans but lucratif québécoises ayant des visées de promotion collective. Les recherches effectuées dans ce contexte se font en partenariat réel. Le SAC coordonne des recherches qui impliquent à part entière les groupes dans l'orientation et la réalisation des travaux. Il ne s'agit pas de commandes, mais d'un construit qui bénéficie à la fois de préoccupations théoriques et méthodologiques d'ordre universitaire et de besoins portés par des organismes du milieu. 1.2.2 Une recherche exploratoire, réalisée à partir d'entrevues En raison des ressources financières limitées à notre disposition et des délais initiaux de réalisation - quatre mois -, la recherche est de nature exploratoire. Elle permet, à partir d'un échantillon restreint de CJS et de répondants, de survoler une hypothèse de travail et de dégager les points à prendre en considération pour la réalisation éventuelle d'une recherche exhaustive sur la question. En fonction de l'objectif de recherche énoncé précédemment, nous avons effectué des entrevues auprès de vingt-sept personnes dont quatorze adolescents coopérants et treize non-coopérants dits jeunes adultes et adultes : animateurs et membres de comités locaux de quatre CJS montréalaises . Nous avons retenu, au sein de la population des CJS montréalaises, les organisations ayant quatre années ou plus d'existence . Après avoir ciblé ces CJS, pris contact avec les comités locaux les encadrant pour vérifier leur intérêt à participer à cette enquête, nous avons établi une liste de personnes à interviewer. Dans un premier temps, nous avons limité les catégories de personnes à rencontrer aux groupes suivants : - les coopérants ayant deux années ou plus d'expérience au sein d'une CJS ; - les animateurs ; - les membres des comités locaux. Dans un deuxième temps, nous avons construit des grilles d'entrevues semi-directives constituées de questions ouvertes adaptées aux différentes catégories de personnes rencontrées . Les répondants ont participé à de courtes rencontres individuelles ou collectives. Les échanges étaient structurés autour de deux thèmes pré-établis : - la relation entre les apprentissages et le travail réalisés à l'école et ceux effectués à la CJS ; - la relation entre les adolescents et les animateurs, les parrains et les comités locaux. Les entrevues ont été réalisées par Olga Navarro auprès des vingt-sept répondants. Les résultats des entrevues sont présentés de façon à faire ressortir les éléments significatifs. La référence quantitative ne saurait donc être interprétée comme pouvant donner lier à des inférences sur une population plus large. 2. LE MODELE COOPERATIVE JEUNESSE DE SERVICES 2.1 L'origine du modèle CJS En 1983, dans les petites communautés de Hearst dans le nord de l'Ontario et d'Urbainville, dans l'Île-du-Prince-Édouard, une dizaine d'adolescents sans emploi se réunissent autour d'organisations de jeunes afin d'offrir des services dans leur communauté . La volonté de travailler, exprimée par les adolescents, jumelée aux objectifs de prise en charge collective promus par les animateurs communautaires qui les ont encadrés, a produit un modèle d'intervention connu sous le nom de Coopérative jeunesse de services. L'expérience coopérative de Hearst fut connue rapidement par le milieu communautaire francophone puis anglophone de l'Ontario. En 1986, le ministère de la Formation professionnelle de l'Ontario et la Direction Jeunesse décident de travailler ensemble à la promotion et au soutien de ce modèle à l'échelle ontarienne. 2.2 Le RQCCT et les CJS Le RQCCT oeuvre depuis 1981 à la promotion de la coopération du travail comme alternative efficace et accessible de création d'emplois et de prise en charge par les individus et par les collectivités de leur devenir économique. De 1981 à 1987, les activités du RQCCT concernent uniquement les Coopératives de travail, les services du RQCCT s'adressent aux adultes en leur fournissant la formation et l'encadrement nécessaires à la mise sur pied de coopératives de travail. C'est à l'automne 1987 que le RQCCT manifeste son intérêt pour la formation d'adolescents au monde de la coopération. Le modèle CJS ontarien constitue une opportunité d'intervention en ce sens. Un rapprochement est fait avec les organisations ontariennes chargées de l'encadrement de la formule CJS et une expérience pilote est réalisée à Hull pendant l'été 1988 . Ce projet pilote permet de vérifier, avec grand succès, la viabilité du modèle dans un contexte québécois. À l'automne 1988, le RQCCT décide d'adapter le modèle CJS à la réalité québécoise. Depuis lors, le RQCCT assume le soutien à l'implantation de CJS à travers le Québec. Il le fait selon une formule basée sur la concertation et l'appropriation locales. 2.2.1Portrait d'une CJS Une Coopérative jeunesse de services est mise en place dans une communauté à partir d'un comité local formé de représentants d'organisations de différents secteurs de cette dernière. Le comité local est aidé dans l'implantation de la CJS par le RQCCT. Au sein du comité local, deux organisations assurent un suivi particulier et constituent les organismes parrains de la CJS. Deux animateurs sont engagés par le comité local pour aider les jeunes dans la création et la mise en opération de la coopérative. Enfin, entre 10 et 15 adolescents se regroupent afin de créer et de rendre opérationnelle leur CJS. Ces derniers sont âgés entre 13 et 18 ans. Ils proviennent de milieux sociaux et culturels variés. Tous les adolescents d'une communauté sont admissibles au projet CJS, quelque soit leur rendement scolaire. Le modèle CJS comporte quatre dimensions. Il permet la création d'une entreprise. Une CJS produit une activité économique qui génère des revenus et des salaires sur une base saisonnière. L'entreprise créée est coopérative. La CJS est une entreprise collective gérée par des adolescents. Elle suppose que les coopérants décident des orientations, qu'ils trouvent les solutions aux problèmes rencontrés et qu'ils se donnent des méthodes démocratiques de fonctionnement. En ce sens, la CJS est un lieu d'apprentissage. Elle offre, à partir d'une pédagogie coopérative, une formation pratique et intensive en leadership et en entrepreneuriat tout en permettant le développement d'habiletés techniques de travail. Enfin, la CJS implique un parrainage communautaire. Elle bénéficie d'un encadrement organisationnel fruit du parrainage et du support d'organismes de la communauté locale. Les activités économiques des CJS sont du type multiservices : - activités dites résidentielles (tonte de pelouse, petits travaux domestiques) ; activités commerciales (publicité, caissier) ; - activités de construction légère (bâtiment, aménagement paysager). Jusqu'à tout récemment, les demandes d'implantation de CJS proviennent principalement de milieux urbains (grande métropole et moyennes et petites municipalités). Une percée est observable présentement à l'extérieur des grandes zones urbaines et dans de petites municipalités québécoises. Les CJS s'adaptent autant en milieu culturel homogène de souche qu'en milieu multiculturel. En milieu montréalais, le caractère multiculturel des CJS est bien évident. 2.2.2 Les CJS en 1996 Répondant à une volonté réelle de mobilisation locale et d'exploration de nouvelles stratégies de développement, le modèle a été adapté par un nombre grandissant de communautés. Vingt-huit (28) communautés réparties dans huit régions du Québec ont vécu l'expérience CJS en 1996. Cela implique, pour 1996 seulement, la participation de plus de 200 organismes, institutions et entreprises à l'échelle locale, l'embauche de quelque 50 animateurs et un nombre approximatif de 400 coopérants, garçons et filles. Au plan des réalisations, toujours pour 1996, les adolescents ont effectué, au sein de l'ensemble des CJS, 22 500 heures de travail auprès de 500 résidences, 150 commerces et 70 institutions. Les CJS ont généré 210 000 dollars de revenus représentant une moyenne de gains de 400 à 450 dollars par adolescent par été. 2.3 Une éducation coopérative pour les adolescents Le modèle d'intervention CJS n'est pas le seul ayant pour objet d'offrir de la formation coopérative à des adolescents. Une étude du groupe Orion, réalisée en 1994, présente les différents modèles d'expériences coopératives s'adressant à une clientèle d'adolescents. Ces modèles sont au nombre de quatre. Il s'agit : - des Coopératives en milieu scolaire ; - des Caisses étudiantes ; - des Coopératives jeunesse de services ; - des Jeunes Coops. Tous ces modèles d'intervention présentent un " projet éducatif " autour " d'une initiation aux dimensions économique et sociale d'une entreprise coopérative ". Ils favorisent principalement l'apprentissage des jeunes par l'expérimentation de l'un ou l'autre des différents types de coopératives. Ils visent le développement d'habiletés dans le fonctionnement quotidien d'une entreprise, dans la gestion d'une coopérative, dans le fonctionnement démocratique d'une organisation (travail en équipe, participation au conseil d'administration, aux différents comités...) (Orion, p. 9, premier rapport - novembre 1994). Il est intéressant de noter la diversité des espaces d'éducation coopérative qui s'adressent à des adolescents. Ces expériences relèvent de l'économie sociale et constituent des lieux privilégiés de transfert d'autres façons de penser et de faire l'économie. Fait important à noter, tous ces modèles d'intervention sauf les Coopératives jeunesse de services ont un lien direct avec l'école. Dernier point à relever, tous ces projets contribuent au développement local des communautés impliquées. Si la contribution au développement local est évidente, la façon dont les projets coopératifs y participent varie énormément. Le modèle CJS est certainement le mode d'intervention le plus structurant à cet effet puisqu'il repose sur un effort de concertation d'organisations locales pour supporter la mise en place et le fonctionnement des CJS. 2.4 La CJS comme lieu d'apprentissage Avant de présenter les données de l'enquête, nous définissons le lieu d'apprentissage que représente une CJS. Pour ce faire, nous relevons la place occupée par la formation dans le modèle CJS. Nous relevons les grandes caractéristiques de l'apprentissage CJS et nous dégageons quelques pistes sur l'incidence de la formule sur les coopérants. 2.4.1 Un nombre d'heures important consacré à la formation En 1996, une CJS représente en moyenne 46 heures de formation réalisées dans un cadre formel, 79 heures de réunion et 57 heures de gestion volontaires. Si l'on considère que les heures de réunion et de gestion contribuent à la formation du coopérant, puisqu'elles représentent une mise en application des modalités de fonctionnement apprises et qu'elles sont encadrées par un animateur, nous avançons qu'une CJS offre en moyenne 182 heures de formation et de mise en application des éléments appris. En considérant qu'une semaine de travail est constituée de 35 heures, la formation/mise en application représente 5 semaines sur les 10 à 12 semaines d'opération d'une CJS. Le temps de formation et de mise en application des connaissances acquises occupe environ la moitié du temps d'implication d'un coopérant dans la CJS. 2.4.2 Des formes variées de formation formelles et informelles Tel qu'indiqué plus haut, l'apprentissage au sein d'une CJS est partagé entre les heures de formation et les heures de réunion et de gestion des activités de la coopérative. Les activités de réunion et de gestion sont des moments d'apprentissage informels où l'adolescent effectue une tâche avec des pairs - ce qui permet un transfert d'information et de connaissance entre coopérants - tout en bénéficiant de l'encadrement d'un des deux animateurs de la CJS (formation sur mesure, au besoin). La formation CJS est conçue en fonction des besoins rencontrés par le groupe. Cette formation inclut des éléments de théorie. Ils sont présentés par centres d'activités. Par exemple, l'apprentissage de la notion d'association se fait à partir d'un centre d'activités dit de formation aux réunions du Conseil d'administration de la CJS. Cet apprentissage inclut des connaissances - fonction du Conseil d'administration, rôle du président, etc. - et des décisions : le choix d'une personne à la présidence et le choix du mode de sélection à prendre pour nommer cette personne. Par l'intermédiaire de ce centre d'activités, composé d'éléments de contenu et de modalités de procédures, les coopérants assimilent des connaissances liées à l'animation de groupe et à l'administration d'une réunion : préparation d'un ordre du jour, production d'un procès-verbal, gestion des tours de parole, technique du remue-méninges, de la priorisation des idées, etc. Ils prennent aussi des décisions relativement à la façon dont l'opération va être réalisée : choix des modalités pédagogiques, conception du contenu de la formation. Autre exemple, l'apprentissage des procédures et règles à suivre entourant le mode de fonctionnement du marché économique se fait par l'intermédiaire des champ d'activités lié aux comités des finances et de promotion. Les notions de budget et de promotion sont alors assimilées en fonction de besoins réels : le budget de la CJS et la promotion à faire pour vendre les services que les coopérants ont choisi d'offrir. Ces notions sont intégrées en partant de la connaissance spontanée que les jeunes ont du marché et de la promotion. L'apprentissage permet ainsi de comprendre et de concevoir un budget, un plan de promotion et une stratégie de communication. Les réunions de gestion sont des moments importants puisqu'elles représentent la mise en pratique des décisions prises en comités. Les animateurs suivent les coopérants afin de les aider à accomplir la tâche à réaliser. L'apprentissage coopératif, réalisé de façon formelle ou informelle, porte sur l'exercice démocratique du pouvoir. Il permet au jeune coopérant de vivre les valeurs de l'entraide, de la solidarité et de la confiance mutuelle. Il favorise chez lui l'acquisition d'une culture du travail, mais aussi d'habilités particulières liées à la gestion de l'organisation : prise de décision, résolution de problèmes, promotion, contrôle du travail, etc. Le jeune coopérant assimile aussi un savoir-faire et un savoir-être relativement à la production de services : apprendre à réaliser une activité de travail en fonction de normes sociales (niveau de communication, apparence, civisme) et de normes de productivité et d'efficacité (rendement, qualité du travail). Dernier point à indiquer sur l'apprentissage, le modèle CJS favorise l'implication de l'adolescent dans la conception du plan de formation. Les coopérants se donnent des objectifs à atteindre et prennent des décisions relativement à la façon dont ils veulent que la connaissance soit transmise. Si la formule CJS plaît aux adolescents, c'est qu'elle répond à deux besoins présents chez eux. Un premier est d'ordre monétaire. L'adolescent veut avoir accès à des revenus sur une base indépendante de celle de ses parents. Un deuxième besoin tient au désir qu'a l'adolescent d'exercer une influence sur son environnement, d'être en mesure de décider et d'exercer un contrôle. La formule CJS lui fournit un lieu d'apprivoisement du pouvoir démocratique puisque tout le projet repose sur une prise en charge de la CJS par le collectif des coopérants. En répondant à ces deux besoins, le modèle CJS suscite l'engagement de l'adolescent face au projet tout en l'entraînant dans une expérience très exigeante. En effet, le coopérant est confronté à une série de situations qui lui demandent de travailler sur sa personne : telle la peur de prendre la parole ou d'affirmer ses idées, tel le fait d'accepter l'idée d'un autre. Il est aussi confronté à une nouvelle forme d'organisation du travail. En expérimentant une logique de travail en groupe, il lui faut accepter de redistribuer collectivement les responsabilités et les gains de l'entreprise. L'expérience lui permet aussi de réaliser que sans son implication le groupe ne peut devenir un collectif efficace de travail. L'apprentissage CJS 1. L'apprentissage CJS vise des résultats concrets. L'apprentissage CJS n'est pas un but en soi, mais un moyen pour répondre à des besoins. 2. L'apprentissage CJS permet l'acquisition d'un revenu en réalisant un travail reconnu. L'apprentissage CJS est utile. Il facilite le fonctionnement de la coopérative et donne aux coopérants des acquis qui augmentent leur bagage personnel. 3. L'apprentissage CJS est source de satisfaction, il permet aux adolescents de vivre des réussites. 4. L'apprentissage CJS permet d'expérimenter le pouvoir démocratique. 5. L'apprentissage CJS, sous sa forme volontaire, individuelle et collective, est source de motivation. 6. L'apprentissage CJS est relié aux champs d'intérêt des participants. Si la formule plaît aux communautés qui l'adoptent, c'est qu'elle permet de créer un espace d'intégration socio-économique de l'adolescent dans sa communauté. En implantant une CJS, le comité local crée un milieu de vie où l'adolescent réalise qu'il est possible de travailler dans sa communauté d'appartenance et que cette dernière se préoccupe de son avenir. 2.4.3 L'importance du milieu et de l'environnement de travail dans l'apprentissage L'environnement de travail - via le comité local, les deux parrains d'une CJS et les deux animateurs - permet une apprentissage varié et contribue grandement à faire de cette expérience une réussite pour le coopérant. Au plan social, les CJS constituent un groupe secondaire fort où l'adolescent est en situation de mixité réelle d'âge. En cela, les CJS complètent l'école qui regroupe en un même milieu des adolescents en fonction de groupes homogènes construits sur une logique de strates d'âge. La CJS permet à des adolescents d'âge différent d'établir des rapports de confiance entre eux, mais aussi avec de jeunes adultes - les animateurs - ou des adultes, tels les représentants de la communauté ou les personnes qui achètent les services CJS. La CJS constitue donc un lieu de filiation sociale, de réseautage différent de celui représenté par le milieu scolaire. De façon concrète, la CJS offre au coopérant " un trip de gang " positif où la formation occupe une place très importante, mais pas selon les critères déterminés par un milieu scolaire institutionnalisé par les adultes, mais selon les critères que les coopérants se donnent collectivement. Au plan professionnel, les CJS permettent à l'adolescent de comprendre ce que travailler veut dire. La découverte des petits boulots, via le travail en CJS, c'est aussi la découverte des exigences associées à tout travail : rigueur, fatigue, réalité des relations de travail, éthique, ponctualité, propreté, professionnalisme, politesse, esthétique, satisfaction du travail bien fait, etc. Cette découverte est renforcée du fait que la CJS est leur entreprise et non une jobine. 2.4.4 Se prendre en main L'incidence des CJS sur l'adolescent relève du domaine de la prévention. Elle permet à l'adolescent de réaliser des constats du type : " j'ai la capacité de m'intégrer et cette intégration dans la vie adulte ne va pas de soi, elle demande que je sois prêt à le faire et elle demande aussi que je sois pro-actif ". Le coopérant complète l'expérience CJS en ayant la conscience que certaines choses ne vont pas de soi, qu'il faut investir en temps, en capital, en confiance pour que les objectifs visés se réalisent en tout ou en partie. Par l'intermédiaire du démarchage de contrats, le coopérant réalise à quel point il est difficile de "faire de l'argent ", d'être entrepreneur, que les contrats ne " tombent pas du ciel ". Il réalise aussi l'importance des réseaux et la richesse de sa communauté. Il découvre en quoi les réseaux lui donnent accès aux ressources nécessaires pour mener à bien les opérations souhaitées telles : la location d'un local pour la CJS, l'ouverture d'un compte à la caisse populaire locale, la production de publicité, l'achat ou la location d'équipement, les contacts pour le démarchage, etc. 3. L'ENQUETE : PRESENTATION ET ANALYSE DES DONNEES La présentation des données est à la fois empirique et analytique. Dans un premier temps, nous nous penchons sur le contexte d'apprentissage tel que perçu par des animateurs ou des membres des comités locaux. Ce regard de jeunes adultes ou d'adultes permet de dégager la perception qu'ils ont de la formule pédagogique CJS. Dans un deuxième temps, nous présentons rapidement des informations sur les caractéristiques générales des adolescents interviewés. Dans un troisième temps, nous relevons les réponses des jeunes relativement à la perception de leur apprentissage durant l'expérience CJS. 3.1 Premier point de vue : la perception des non-coopérants 3.1.1 Ce que les non coopérants perçoivent de l'apprentissage réalisé dans les CJS Dans la présente section, nous regroupons les perceptions des non-coopérants qui encadrent le groupe CJS, c'est-à-dire, des animateurs et des membres du comité local. La petitesse de notre échantillon - 13 personnes en tout - nous a obligé à regrouper les réponses relatives à des catégories de répondants hétérogènes. Signalons que les animateurs ont un contact régulier avec les adolescents, les parrains les voient moins souvent et les personnes des comités locaux les rencontrent à peine. Il est intéressant de remarquer que les réponses de ces personnes se font à la fois en fonction d'une situation désirée ou attendue - les coopérants apprennent ce qui leur est montré -, et en fonction de l'observation réelle de ce qui a été appris. Selon l'expérience des animateurs, des parrains et des membres de comités locaux interviewés, les coopérants ont l'occasion de développer et d'apprendre une variété de connaissances, d'aptitudes et d'habilités. Nous regroupons les éléments d'apprentissage identifiés par les personnes interviewées en trois blocs. Un premier a trait aux apprentissages identifiés par la majorité des répondants. Un deuxième a trait aux apprentissages identifiés par la moitié des répondants. Un dernier bloc regroupe des apprentissages identifiés par une minorité de répondants. Dans le premier bloc, de 11 à 13 répondants retiennent les apprentissages suivants. - La gestion de la coopérative. - Penser à l'avenir. - Apprendre à travailler. - Prise de conscience de l'importance de l'éducation. - L'estime de soi. Nous pouvons qualifier ces éléments d'apprentissage, sauf celui lié à la gestion de la coopérative, comme étant des éléments structurants. Ils portent sur une projection que le coopérant se donne de lui dans l'avenir, sur le métier du travail, sur la place et le rôle de l'institution centrale qui va l'aider dans la réalisation de son avenir et du type de métier qui l'attend. Il est aussi question de l'école. Enfin, les éléments d'apprentissage indiqués renforcent l'image qu'a de lui le coopérant, participant ainsi à la maturation de l'identité qu'il se forge et qui le prépare à la vie adulte. Ces éléments sont des éléments de production de la citoyenneté : moi dans la société ; par l'école ; via le travail. L'élément lié à la gestion de la coopérative est d'ordre technique. Il est toutefois très structurant dans le contexte actuel où l'économie sociale est appelée à prendre de plus en plus d'importance dans la gestion de la société. L'économie sociale, rappelons-le, constitue un champ d'intervention privilégié pour prendre le relais de certaines activités du système public et du marché privé. Dans le deuxième bloc de réponses, de 6 à 9 répondants retiennent les apprentissages suivants : - Capacité d'exprimer des opinions et des besoins matériels et émotifs. - Développement de la conscience socio-économique. - Acquisition d'une attitude critique. - Capacité de s'exprimer en public, de parler aux adultes. - La négociation - faire des concessions. - Le sens de l'entrepreneurship. - Le travail en équipe. - La planification et l'organisation. - L'application de connaissances académiques. - L'écoute des autres. - Découverte des aspects humain du travail. - Développement de l'autonomie - capacité de se prendre en charge. Ces éléments sont moins structurants, à l'exception de l'autonomie, de la conscience socio-économique et d'une attitude critique. Nous les qualifions de technique puisqu'ils représentent essentiellement des apprentissages du type savoir-faire : parler en public, négocier, planifier, être à l'écoute, travailler en équipe, appliquer des connaissances académiques, etc. La variété des dimensions couvertes par l'apprentissage CJS est importante. Il s'agit d'apprentissages complexes qui équipent le coopérant non seulement à court terme, pour les besoins de la CJS, mai aussi à moyen et long terme. Les éléments liés à l'autonomie de l'adolescent, au développement d'une conscience socio-économique et d'une attitude critique, auxquels se greffe la complexité des relations de travail, appartiennent à la catégorie des apprentissages structurants de la personnalité. Ils sont identifiés par certains non-coopérants, mais dans une mesure moindre. Nous n'avons pas raffiné nos questions au point d'identifier par exemple les types d'apprentissage acquis en fonction de l'âge du coopérant et du nombre d'années de son implication dans une CJS. L'avoir fait aurait certainement permis de discerner les étapes dans l'apprentissage du coopérant, de dégager possiblement un cycle d'apprentissage. Dans le troisième bloc, de 2 à 5 répondants retiennent les apprentissages suivants. - Investir dans soi-même, avoir le goût d'apprendre. - Le pouvoir d'agir. - Mieux connaître sa communauté et établir des relations avec elle. - Affronter des situations difficiles de la vie réelle (contradictions, injustice, racisme, etc.). - Le développement d'une éthique de travail. - Sens d'appartenance. - Le fonctionnement du marché du travail. - Rapprochement des communautés ethniques. - Avoir des responsabilités. Ces éléments sont à la fois structurants et techniques. Ils complètent ceux identifiés précédemment et renforcent l'idée développée plus haut à savoir que l'apprentissage CJS se réalise sur un cycle possible de 2 à 3 ans. Un coopérant qui participe sur 2 à 3 années aurait un environnement idéal qui lui donnerait la base temporelle et expériencielle suffisante pour avaliser l'ensemble des éléments indiqués. Évidemment, un tel cycle ne banalise par les différences individuelles d'apprentissage qui demeurent en fonction des aptitudes et des intérêts de chaque coopérant. 3.1.2 La perception qu'ont les non-coopérants de l'approche pédagogique CJS Cette section regroupe les perceptions que les non-coopérants ont de la formule pédagogique CJS. Selon l'expérience des 13 répondants non-coopérants qui ont participé à l'enquête, les coopérants dans une CJS apprennent dans une approche pédagogique caractérisée par les points suivants. Pour la majorité des répondants (9 à 13), les principales caractéristiques du modèle pédagogique CJS sont les suivantes. - L'encadrement des animateurs et la formation au rythme des coopérants (formation sur mesure). - Le travail en équipe. Les répondants font ressortir les clés de la formule CJS : l'encadrement, le respect du rythme individuel et collectif d'apprentissage et le travail entre pairs. Le fait d'encadrer des individus est crucial dans une démarche pédagogique, mais cette réalité peut perdre tout son sens si les rythmes d'apprentissage ne sont pas respectés. Imposer au groupe ou à l'individu un rythme qui ne lui convient pas risque fort d'être improductif. Le travail entre pairs permet de construire un espace politique, une sorte d'arène, où les coopérants découvrent les tensions (concurrence, jalousies) et les joies de la vie de groupe (coopération, solidarité). Pour la moyenne des répondants (6 à 8), les principales caractéristiques de la formule pédagogique CJS sont les suivantes : - La présence constante et le lien significatif entre les animateurs et les coopérants - Une formation qui part des besoins et des expériences des coopérants - La valorisation des sentiments, des expériences et des opinions des coopérants - Le choix d'une approche holistique et intégrale - Le support technique et moral des animateurs et du comité - La contribution de chacun selon ses habiletés - L'organisation d'ateliers de formation ponctuelle Ces éléments relèvent davantage du domaine technique. Ils permettent de voir en quoi la formule place le coopérant au centre du projet : valorisation des sentiments, des expériences et des opinions ; partir des besoins et des expériences des coopérants ; contribution de chacun selon ses habiletés. Nous interprétons la réponse - approche holistique et intégrale - de la façon suivante. Le projet CJS est un concept bien défini, dont les frontières sont clairement identifiées au départ. Il s'agit de créer une coopérative, de vendre des services, de travailler autant à la gestion du projet qu'à la réalisation des contrats de services. Il s'agit d'appliquer des principes coopératifs et entrepreneuriaux. Il n'y a donc pas à réinventer des choses, mais à s'appuyer sur ce qui existe, à l'assimiler et à lui donner une personnalité qui sera celle de chaque CJS. La marge de manoeuvre repose sur cette personnalisation du projet CJS. C'est au sein de cette marge de manoeuvre que le coopérant est appelé à résoudre individuellement et collectivement les problèmes qui vont se présenter. Les réponses des personnes interviewées sont très significatives sur la pertinence de l'approche pédagogique CJS. Le fait que le coopérant soit constamment encadré par des personnes à l'écoute, respectueuse de son expérience et des connaissances de ce dernier, où la formation répond avant tout à des problèmes concrets devant être résolus pour le bon fonctionnement de la CJS et pour une bonne participation de l'adolescent dans le processus, représente une des clés du succès du modèle CJS. 3.2 Second point de vue: la perception des adolescents (coopérants) Dans cette section, nous regroupons les réponses des coopérants relatives à la perception qu'ils ont de l'apprentissage CJS. 3.2.1 Profil des coopérants interviewés Nous avons regroupé quelques-unes des caractéristiques générales des 14 coopérants interviewés. Notons les points saillants. Le groupe de coopérants interviewés est composé de quatre filles et de dix garçons. La grande majorité des adolescents a pour milieu de vie une famille monoparentale. Les familles biparentales traditionnelles sont minoritaires (une sur quatre). Au plan linguistique, les adolescents sont majoritairement francophones (trois sur quatre), par contre, huit adolescents sont d'origine ethnique autre que québécoise (un peu plus que la moitié). Ils proviennent des Caraïbes (5) et d'Asie (3). 3.2.2 L'apprentissage en milieu CJS, des comportements aux compétences Pour la majorité des coopérants (10 à 12 ados sur 14), les principaux apprentissages CJS sont les suivants : - l'écoute ; - le respect des autres ; - le travail (comment travailler) ; - le fonctionnement et la gestion d'une coopérative ; - la comptabilité et les finances ; - l'importance de l'école ou prendre l'école plus aux sérieux ; - la vie d'équipe et l'esprit d'équipe ; - la confiance en soi ; - l'expression des besoins, de sa pensée, bien communiquer. Les réponses, encore là, rejoignent celles des non-coopérants. Nous y retrouvons à la fois des éléments d'apprentissage techniques et structurants. Les deux niveaux sont d'ailleurs très mélangés : savoir être et savoir-faire revêtent la même importance. Les réponses données par approximativement le tiers des répondants (4 ou 5 ados sur 14) ont porté sur des apprentissages tels que : - avoir confiance dans les pairs ; - la solidarité ; - le leadership / donner l'exemple ; - la responsabilité / devenir sérieux ; - l'esprit critique / conscience sociale ; - la vie réelle ; - la différence entre travailler dans une CJS (ta coop) et ailleurs (ex., McDonald). Ces éléments nous amènent là encore à associer tentativement ce groupe de réponses à l'âge et à l'expérience des répondants. Tous les coopérants n'ont pas déjà travaillé chez McDonald ou une entreprise similaire, d'une part, et , d'autre part, la confiance dans les pairs, la solidarité, l'esprit critique sont des éléments qui demandent plus de temps pour s'incruster. Un petit nombre de coopérants (2 ou 3 adolescents) ont donné d'autres exemples d'apprentissages : - être persévérant ; - se fixer des priorités ; - l'animation de groupe ; - gérer l'argent. Ce groupe de réponses est relativement technique. Il représente souvent des champs d'intérêts associables à des fonctions précises dans une CJS (présidence et trésorerie, par exemple). 3.2.3 Les caractéristiques du modèle pédagogique CJS selon les coopérants: apprendre ensemble Des 14 adolescents interviewés, 8 ont identifié la CJS comme un lieu d'apprentissage. Pour 12 répondants, il s'agit d'un lieu qui offre une atmosphère détendue et flexible, où chacun apprend à son propre rythme. Le concept d'atmosphère détendue a été soulevé par 9 coopérants. Pour caractériser de façon positive cette atmosphère, où ce lieu de travail, ils ont comparé la façon de travailler dans une CJS à celle du travail à la chaîne, typique des restaurants de " fast-food ". Selon les coopérants, travailler dans une CJS leur permet d'apprendre et de se faire de l'argent de poche. En travaillant à McDonald, disent-ils, il n'y a pas d'apprentissage formel et ils ont l'impression de travailler uniquement pour de l'argent. Le travail d'équipe est identifié par les répondants comme un acquis important de l'apprentissage CJS. Il a été identifié comme le principal moyen d'apprentissage. Selon 9 coopérants, le travail d'équipe représente " le modèle d'éducation de la CJS ". Ils rejoignent, en ce sens, les propos des non-coopérants. Le modèle CJS se caractérise d'ailleurs pour eux de la façon suivante: - être ensemble ; - avoir confiance dans les autres ; - travailler ensemble ; - avoir le soutien des pairs pour apprendre. Ces éléments rejoignent tout à fait ceux relevés par les non-coopérants. 3.2.4 L'intégration des apprentissages scolaires Selon les témoignages des coopérants, ceux-ci prennent conscience de l'utilité des apprentissages CJS lorsqu'ils reprennent leurs activités académiques à l'automne. Avec un recul par rapport aux activités de la coopérative, ils se rendent compte des erreurs qu'ils ont faits. Certains chercheront à renforcer leurs connaissances de façon, par exemple, à être mieux outillés, plus efficaces, s'ils participent à nouveau à une CJS. De façon générale, les entrevues nous permettent de dire que l'expérience CJS qui permet aux coopérants de renforcer et d'appliquer d'une façon concrète et intégrale certains des apprentissages acquis à l'école : mathématiques, français, méthodes de travail scolaire (effectuer des tâches précises dans une durée de temps déterminée), éléments de culture générale sur la société moderne, la société québécoise et la communauté locale. 3.2.5 Acquérir un "sens de l'avenir" Relativement à leur avenir, les coopérants indiquent comment l'expérience CJS leur apporte quelque chose de plus. La majorité des coopérants disent avoir acquis un " sens de l'avenir ". Un peu moins de la moitié se disent plus ouverts à l'acquisition de connaissances à l'école ou veulent continuer une formation scolaire. Un même nombre de répondants se dit intéressé à devenir entrepreneur. De plus, le quart des répondants indique que la CJS leur a permis de préciser ou de modifier leur orientation professionnelle. Il est intéressant de constater que l'expérience CJS amène les adolescents à réfléchir sur leur avenir, mais lorsqu'il s'agit de préciser dans quel sens, ils ont de la difficulté à le faire. En reposant cette question quelques années plus tard auprès des mêmes personnes, nous présumons que les répondants auraient des réponses plus précises sur l'impact de l'expérience CJS sur leur choix de carrière. 3.2.6 Un apprentissage à l'entreprenariat Une des incidences intéressante de l'expérience CJS tient à la volonté du tiers des répondants de se lancer en affaires. L'expérience CJS leur montre la faisabilité de la chose. Ainsi, sur 14 coopérants, 9 ne font aucune mention de leur intention de se lancer en affaires plus tard. Par contre, 5 disent vouloir partir une entreprise (35 %). Sur les 5 futurs entrepreneurs potentiels, 3 disent vouloir partir une entreprise privée et 2 une entreprise coopérative (40%). Ces éléments nous permettent de dégager une incidence imprévue de la formule CJS, celle de sensibiliser les jeunes à l'entrepreneuriat coopératif. Il s'agit d'une incidence imprévue puisque les CJS n'ont pas pour objectif de former de futurs entrepreneurs ou de futurs coopérateurs du travail. Le RQCCT a tout avantage à se pencher sur cette incidence de la formule CJS en termes d'apprentissage entrepreneurial. 3.2.7 Des relations positives des adolescents avec leur environnement Selon l'expérience de la moitié des coopérants rencontrés, la relation avec l'animateur est de nature égalitaire et amicale. Les animateurs " sont toujours là " disent la moitié des répondants et ils manifestent clairement leur " intérêt pour ce qu'on fait ". Le rôle des animateurs n'est pas vu comme celui d'un directeur ou d'un patron. Ils sont plutôt là pour " nous aider ", pour " nous écouter et nous encourager ". Environ le tiers des coopérants rencontrés trouvent que les adultes des comités locaux, principalement les marraines, sont de gens qui " t'écoutent ", " te comprennent . Ce sont des adultes qui ont " un intérêt pour toi, pour ce que tu fais " et qui te montrent de la " confiance ". La moitié des jeunes coopérants pensent que ces adultes " sont comme nous ", dans le sens qu'ils font des erreurs et qu'ils ont beaucoup à apprendre des adolescents et des enfants. Par ailleurs, le tiers des coopérants interviewés pensent que la CJS " met un accent sur la communauté " ou sur " la réalité ". Pour ces derniers, ce lien avec la communauté et la réalité de tous les jours les aide à prendre conscience des problèmes existants dans leur quartier : " la pauvreté des gens ", " la violence " et autres problèmes associés. Le travail réalisé par les coopérants dans la communauté leur donne des outils d'intervention. Pour eux, cela se traduit par une certaine prise de conscience de la possibilité d'intervenir pour changer les choses: il est possible de " pouvoir changer les choses ou de réagir " afin de contrer les problèmes dans l'optique " d'améliorer la situation " qui se vit dans leur communauté. Les répondants disent avoir l'occasion d'être en contact avec certains des organismes communautaires de leur milieu. Pour le tiers d'entre eux, ils sont " en contact avec des personnes des différents services communautaires " et " connaissent des adultes qui veulent changer le monde ". Un autre type de contact entre les adolescents et la communauté se fait par l'intermédiaire des contrats de services. Le lien avec les clients des CJS à un impact sur leur perception des adultes : ils " t'écoutent et te respectent si tu prends le temps de t'expliquer ". Pour certains d'entre eux, le contact avec les clients les a aidé à comprendre " les raisons des adultes " et " leur façon de penser ". 3.3 Un premier bilan de l'apprentissage dans les CJS De façon générale, les répondants non-coopérants et coopérants évaluent positivement l'apprentissage réalisé en cours d'expérience CJS. D'une part le succès tient à la formule mise de l'avant par le RQCCT. D'autre part, le succès tient au fait que le modèle répond à deux besoins bien présents chez les adolescents : acquérir une certaine autonomie financière à l'égard de leurs parents et de l'expérience sur le marché du travail ; pouvoir évoluer dans un milieu de vie qui leur permet d'exercer du pouvoir, de contrôler leur environnement, de décider sur des choses les concernant. Il apparaît clairement toutefois que l'expérience CJS fait état d'un cycle d'apprentissage. Ce dernier est partagé en deux périodes. Celle couvrant la première année est principalement celle de l'appropriation et de la compréhension du modèle CJS. Celle couvrant les autres années de participation à un projet CJS se déroule sur 2 ou 3 années. Elle permet d'approfondir les apprentissages structurants et techniques qui se dégagent de l'expérience CJS. Ces éléments sont importants. Personne n'avait évalué l'expérience CJS sous l'angle d'un cycle moyennement long (2 à 3 ans). Il y a là matière à réflexion pour le RQCCT et les comités locaux. Doit-on développer du matériel particulier de formation pour les coopérants de deuxième ou de troisième génération ? Devrait-on mettre sur pied un deuxième type de CJS, pour des coopérants de deuxième ou troisième génération ? Ces coopératives pourraient explorer de nouveaux champs d'activité : la production par exemple ? Devrait-on amener les coopérants à devenir des animateurs et éventuellement membres des comités locaux ? 3.4 Les CJS et la fréquentation scolaire 3.4.1 La responsabilisation, ou l'importance de rester à l'école Pour la plupart des intervenants rencontrés, l'expérience CJS aide les coopérants à rester à l'école. Le modèle leur permet de prendre conscience de la valeur du travail, de la valeur de l'argent, mais aussi des difficultés qu'on peut vivre sur le marché du travail lorsqu'on n'a pas les outils nécessaires pour rencontrer les exigences portées par le marché du travail primaire . Le fait de réaliser certains travaux manuels dans des circonstances difficiles et dans un contexte faiblement rémunéré aide les adolescents à mieux comprendre la dure réalité du marché du travail lorsqu'on l'intègre avec peu de compétences et peu de formation ou de qualification. L'expérience CJS amène les coopérants à prendre conscience des implications futures des choix qu'ils posent. Ils perçoivent toute l'importance qu'il y a " d'avoir un bagage académique " et du rôle de l'école afin d'accéder à un plus meilleur choix de carrière. Selon les propos recueillis auprès des coopérants, l'expérience CJS donne des outils pour " préciser ou changer son choix de carrière ". Pour quelques uns, la CJS permet d'identifier des préférences et les habiletés requises par les choix qu'ils ont faits, qu'ils font ou qu'ils sont appelés à faire. Pour d'autres coopérants, la CJS les aide à considérer des applications différentes dans le domaine qu'ils ont déjà choisi. La conscientisation des adolescents par rapport à l'importance de rester à l'école et à terminer leurs études est liée au processus de responsabilisation qu'ils vivent à la CJS : " tu deviens plus responsable, on dirait même plus sérieux ", indiquait un répondant lorsqu'il tentait de résumer son expérience CJS. En effet, l'expérience d'appropriation de la démarche de création d'une entreprise collective développe chez eux un sens de l'autonomie et la recherche active de nouvelles connaissances, c'est-à-dire, l'appropriation de leurs processus éducatifs: " ce n'est pas l'éducation qui doit venir vers moi, c'est plutôt moi qui doit aller vers l'éducation ". Plus de la moitié des adolescents interviewés ont identifié la formation comme une des caractéristiques particulières de la CJS. Pour eux, les apprentissages dans une CJS font la différence entre une CJS et un emploi typique d'été. Le processus de formation dans une CJS, tel qu'il est vécu par les adolescents, est fondé sur le travail d'équipe et sur une flexibilité qui permet à chacun d'apprendre " à son propre rythme ". Ces témoignages rejoignent les expériences des intervenants lorsqu'ils caractérisent le modèle pédagogique CJS comme un processus de formation " sur mesure ". Ici la valorisation des expériences personnelles, est à la base du renforcement des connaissances acquises et du développement des nouveaux apprentissages. Le RQCCT posait comme hypothèse que la formule CJS contribue à prévenir le décrochage scolaire. L'étude permet de relever des indices qui vont en ce sens. Autant les non-coopérants que les coopérants disent que la CJS a un impact sur la reconnaissance de l'importance du rôle de l'école. Il y a toutefois une différence de taille entre comprendre l'importance qu'a l'école et demeurer en milieu scolaire pour terminer ces études. En ce sens, les CJS pourraient se préoccuper de façon plus particulière de la question du décrochage scolaire. À l'image de certaines CJS qui le font, les animateurs et les membres des comités locaux pourraient développer des mécanismes pour identifier des décrocheurs potentiels du milieu scolaire et profiter du fait que les CJS travaillent sur une base annuelle pour maintenir un contact privilégié avec ces jeunes. Un partenariat pourrait aussi se développer entre le milieu scolaire et les comités locaux afin d'assurer un travail préventif. 3.4.2 Un cadre de travail rémunéré complémentaire au milieu scolaire Comme le révèle une étude du Conseil supérieur de l'éducation (1992), le cumul du temps accordé aux études et au travail rémunéré à temps partiel est un phénomène qui s'accentue et qui concerne un grand nombre d'élèves. En fait, la plupart des adolescents et des jeunes disent ne pas travailler par obligation, mais pour se payer des vêtements, des sorties, des biens de consommation ou pour avoir de l'argent de poche. Très peu de jeunes, nous révèle l'étude du conseil, travaillent pour aider financièrement leurs parents. Par contre, ils disent travailler pour acquérir de l'expérience sur le marché du travail et pour jouir d'une autonomie financière. Le travail rémunéré en période scolaire prend diverses formes dans le temps - travail le soir, en fin de semaine - pour des durées variées : la moyenne se situe entre 11 à15 heures ou 16 à 20 heures en fonction de l'âge de l'adolescent ou du jeune adulte. Les emplois sont précaires et appartiennent au secteur des services. L'étude révèle aussi que ces activités rémunérées ont des avantages éducatifs, en termes : d'insertion socioprofessionnelle du jeune, de valorisation, d'autonomie, de socialisation, de renforcement de l'action scolaire par la responsabilisation, le travail soigné, le transfert d'habiletés (communiquer son opinion, travailler en équipe, etc.). L'étude révèle aussi des inconvénients sous forme : de problèmes de santé physique et mentale, de travailler uniquement pour de l'argent, de moindre investissement dans la démarche scolaire, de réduction des attentes professionnelles, de baisse des exigences scolaires. L'étude conclut à l'importance d'être vigilant à l'égard du travail rémunéré en période scolaire. Cette vigilance nous permet de dégager tout l'intérêt que représente le modèle CJS pour un adolescent qui désire travailler pendant la période scolaire. La formule CJS relève de l'économie sociale. Une forme économique qui fait la promotion d'une combinaison harmonieuse d'objectifs sociaux à des objectifs économiques. Un projet CJS est plus à même d'assurer une vigilance par l'harmonisation naturelle qu'il y a au sein de la formule entre l'atteinte d'objectifs scolaires et des objectifs économiques. Cette harmonisation nous la qualifions de naturelle par opposition à la situation rencontrée lorsqu'un adolescent travaille dans une entreprise privée. Par l'intermédiaire des comités locaux et des animateurs il y a dans les CJS un encadrement social qui échappe à l'environnement d'une entreprise privée. Il est alors possible d'offrir à l'adolescent un cadre de travail très complémentaire au milieu scolaire. 4. LES QUESTIONS SOULEVEES PAR CETTE RECHERCHE La présente recherche, bien qu'exploratoire, permet de soulever un certain nombre de questions. Celles-ci ont d'ailleurs été suggérées par des représentants du RQCCT lors d'une réunion où une première version de ce rapport était discutée. 1- Y a-t-il lieu, pour le RQCCT et les comités locaux, d'orienter l'évaluation que font les coopérants au terme de leur expérience afin de les amener à faire systématiquement le lien entre : - les apprentissages reçus à la CJS et ceux réalisés ou pouvant être réalisés dans le cadre scolaire. ; - la qualité et les forces qu'ils se trouvent pendant le projet CJS et leur orientation professionnelle ? Y a-t-il lieu, pour les comités locaux et les animateurs, de préparer les coopérants à parler de leur expérience à l'extérieur des CJS, comme moyen de conscientiser davantage les apprentissages reçus par le coopérant dans une CJS ? Ceci pourrait notamment s'effectuer en milieu scolaire (dans le cadre d'un cours, par exemple), 2- Y a-t-il lieu, pour le RQCCT et les comités locaux, d'effectuer un suivi particulier auprès des coopérants qui reviennent pour une deuxième ou une troisième année, afin de mettre en place des mécanismes qui permettent de maximiser leur apprentissage et leur apport au projet ? 3- Y a-t-il lieu, pour le RQCCT, de faire des démarches auprès du milieu de l'éducation afin d'obtenir une reconnaissance académique de l'expérience CJS, laquelle reconnaissance pourrait se traduire par l'octroi de crédits d'apprentissage aux coopérants ? Y a-t-il lieu, pour le RQCCT, d'approcher le ministère de l'Éducation afin de solliciter, pour l'expérience CJS, un statut d'école alternative populaire complémentaire au milieu scolaire. Une école alternative qui pourrait servir de base à des stratégies locales d'arrimage entre la communauté et l'école ? 4- Y a-t-il lieu, pour le RQCCT et les comités locaux, de mettre sur pied des CJS regroupant des coopérants partageant un même champ d'intérêt développé à l'école et dont l'activité économique serait développée à partir de ce champ ? Ceci permettrait aux jeunes de développer des habiletés à l'entreprenariat qui donneraient un sens complémentaire à leur apprentissage scolaire et qui leur fournirait des outils additionnels pour faciliter leur intégration professionnelle. (accès aux locaux scolaires professionnels pendant l'été) ? Ces champs d'intérêt pourraient se regrouper: - Par filière régulière : certaines écoles ont des projets scolaires (Arts, Communication, Cinéma, Science), projets qui pourraient donner lieu à une CJS spécialisée en communication ou encore une CJS à vocation tourisme patrimonial en proposant des visites guidées accompagnées d'informations historiques sur leur communauté. - Par filière professionnelle : les écoles professionnelles permettent l'apprentissage d'un métier sans préparer l'élève à l'entrepreneuriat. En créant des CJS à vocation professionnelle (ébénisterie, automobile, plastique), les élèves participant pourraient à la fois mettre en pratique leurs connaissances et développer des habiletés relativement à la création et à la gestion d'une entreprise coopérative. 5- Y a-t-il lieu, pour le RQCCT, de mettre en place des mécanismes d'évaluation visant à vérifier à long terme (5 ans) l'impact de l'expérience CJS sur les coopérants ? 6- Y a-t-il lieu, pour le RQCCT et les comités locaux, de développer une stratégie visant à accroître la participation du milieu scolaire au sein des comités locaux des CJS ? Il ne relève certes pas de notre recherche d'apporter des réponses à ces questions. Toutefois, leur formulation permet d'alimenter les réflexions entourant le potentiel du modèle CJS. La particularité de ce modèle réside dans la souplesse qu'il apporte. Il permet de fournir un cadre intéressant de travail entre un groupe d'adolescents et un groupe de bénévoles composant le comité local. Il permet donc à une communauté de se doter d'un outil complémentaire de formation et d'intégration socio-économique pour ses adolescents. Nous ne sommes plus à l'époque où l'intégration d'une personne à sa communauté allait de soi. Au contraire. Plus que jamais auparavant, cette intégration repose sur des efforts soutenus devant être accomplis localement afin de présenter aux personnes en voie d'intégration des propositions intéressantes pour le faire. Sans des expériences positives de mise en relation d'un adolescent à sa communauté, ce dernier peut difficilement faire reposer son sentiment d'appartenance local sur une base solide. Les questions soulevées par le RQCCT ont l'avantage d'explorer les avenues par lesquelles une CJS est en mesure de participer à cette construction d'un fort sentiment identitaire de l'adolescent à sa communauté. CONCLUSION Bien qu'exploratoire cette recherche mette en lumière la nature multidimensionnelle de l'apprentissage CJS. De plus, elle fait clairement apparaître l'impact éducatif et la complémentarité de l'apprentissage CJS à l'environnement scolaire. Si les évaluations antérieures, dont celle de Favreau et Lévesque (1990), indiquent comment l'expérience CJS favorise une vie de groupe et l'exploration de la solidarité au travail, la présente évaluation porte un regard neuf sur ces organisations. Le volet apprentissage est décortiqué au point où le lien entre la formation coopérative CJS et la formation scolaire apparaît dans toute sa complémentarité. En fait , les évaluations antérieures portaient exclusivement leur regard sur le caractère social et économique d'une CJS. Notre étude nous permet de mette en valeur le caractère formateur de cette expérience de vie de groupe. Vu sous cet angle, la CJS n'apparaît pas seulement comme un lieu où l'adolescent peut gagner un revenu d'appoint pendant l'été ou pendant la période scolaire. Elle apparaît aussi sous l'angle d'un lieu de formation et d'intégration à développer pour répondre aux besoins des adolescents d'une communauté à vivre une expérience gratifiante dans leur milieu d'appartenance. Outre le volet financier, la CJS comporte donc un volet "citoyenneté". Une CJS peut être vue comme un lieu facilitant la production d'une citoyenneté de l'adolescent à la société québécoise, mais aussi à sa culture locale. Ces constats amènent le RQCCT à se poser un certain nombre de questions qui portent autant sur le développement de nouveaux outils de formation que sur les liens à renforcer entre les comités locaux d'une CJS et leur communauté. Le RQCCT identifie, à juste titre, l'importance de se rapprocher du milieu de l'éducation et de la formation professionnelle. Ce sont là des pistes intéressantes puisqu'elles peuvent éventuellement conduire à l'élaboration de nouveaux partenariats entre le RQCCT, les comités locaux et les instances gouvernementales ciblées. BIBLIOGRAPHIE COMMISSION DES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR L'ÉDUCATION. Les états généraux sur l'éducation 1995-1996. Exposé de la situation, ministère de l'Éducation, Québec, 1996. CONSEIL DE LA FAMILLE. Quinze ans et déjà au travail! Le travail des adolescents : une responsabilité parentale et collective, Avis , Québec, 1992 . CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE. Élèves au travail, Avis, Québec, 1992. CONSEIL PERMANENT DE LA JEUNESSE. "Raccrocher" l'école aux besoins des adolescents, Québec, 1992. CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'ÉDUCATION. Le travail rémunéré des adolescents : vigilance et accompagnement éducatif, Avis au ministre de l'Éducation, Sainte-Foy, 1992. CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'ÉDUCATION. Pour des apprentissages pertinents au secondaire, Avis au ministre de l'Éducation, Sainte-Foy, 1994. FAVREAU, Louis. "Les Coopératives jeunesse de services au Québec: des entreprises d'insertion sociale pour les adolescents de milieux populaires", Apprentissage et Socialisation, vol. 16, Nº 1 et 2, hiver et été 1993. FAVREAU, Louis, LÉVESQUE, Benoît, Les coopératives jeunesse de services : évaluation d'une entreprise d'insertion sociale, Chaire de coopération Guy-Bernier de l'UQAM, Montréal, 1990. FONTAN, Jean-Marc, Coopératives jeunesse de services : évaluation de l'expérience pilote de Hull, Regroupement québécois des coopérateurs et coopératrices du travail, Montréal, 1986. MORIN, Jacinthe, Le point sur les Coopératives jeunesse de services, un modèle à poursuivre, Fédération de la Jeunesse Canadienne-Française, Ottawa, 1993. ORION, Harmonisation de l'encadrement des expériences d'éducation coopérative pour les adolescents, Montréal, 1994. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES COOPÉRATEURS ET COOPÉRATRICES DU TRAVAIL, Coopérative jeunesse de services, Guide d'implantation à l'intention des comités locaux, des parrains et des animateurs, Montréal, 1992. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES COOPÉRATEURS ET COOPÉRATRICES DU TRAVAIL. Coopérative jeunesse de services, Rapport d'été 1992, Montréal, 1993. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES COOPÉRATEURS ET COOPÉRATRICES DU TRAVAIL. Bilan de l'expérience coopérative jeunesse de services, Montréal, automne 1994. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES COOPÉRATEURS ET COOPÉRATRICES DU TRAVAIL. Coopérative jeunesse de services, Un document de présentation à l'intention de tous les intervenants-es, Montréal, 1994. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES COOPÉRATEURS ET COOPÉRATRICES DU TRAVAIL. Bilans thématiques des expériences Coopératives jeunesse de services, Montréal, 1995. REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS DES COOPÉRATEURS ET COOPÉRATRICES DU TRAVAIL. Les états généraux sur l'éducation 1995-1996, Propositions présentées à la conférence régionale de Montréal, Montréal, 1996. SECRÉTARIAT À LA JEUNESSE. La jeunesse québécoise, faits et chiffres (15 - 29 ans), Gouvernement du Québec, 1992. ANNEXE 1 : PORTRAIT DES CJS ETUDIEES Il est à noter que les données présentées ici sont celles de 1996. La composition d'un CJS varie d'année en année. Les communautés d'accueil des CJS retenues Les CJS retenues sont celles des quartiers d'Hochelaga-Maisonneuve, de Saint-Michel, de Villeray/Petite-Patrie et de Petite-Bourgogne. Il s'agit de quatre quartiers montréalais présentant des caractéristiques socio-économiques à la fois convergentes au plan de la situation de l'emploi, mais divergentes en ce qui a trait à la composition sociale de la population qui y demeure. Ainsi, les quartiers de Saint-Michel, de Villeray/Petite-Patrie accueillent une proportion importante de personnes de communautés culturelles, alors qu'Hochelaga-Maisonneuve est encore un milieu très homogène québécois francophone de souche. Le quartier Petite-Bourgogne accueille une population anglophone importante alors que les trois autres quartiers sont à dominance francophone. La situation de l'emploi présente des convergences au sens où les quartiers présentent des taux de chômage élevés, de 15 à 20 % de la population active est en situation de chômage, sans compter les personnes prestataires de l'aide sociale. Par contre, force est de constater que nous retrouvons aussi dans ces quartiers une proportion importante de personnes qui travaillent. Nous pouvons donc parler de quartiers polarisés entre des gens au travail et des personnes plus ou moins exclues du marché du travail primaire et fortement dépendantes du marché du travail secondaire et des revenus rattachés à des programmes ou des mesures de sécurité du revenu. La CJS d'Hochelaga-Maisonneuve Elle est formée de 17 adolescents majoritairement blancs, francophones et québécois. Elle offre des services de gardiennage, de peinture, de tonte de gazon, d'aide aux personnes âgées, de déneigement, de promenade et d'entretien d'animaux domestiques, de distribution de dépliants, de ménage et de lavage de vitres. Le profil socio-économique des adolescents fait état d'un taux de monoparentalité élevé, de pauvreté et de problèmes familiaux. Les adolescents démontrent une grande implication, un sens prononcé de leadership, le sens des responsabilités et de beaucoup de disponibilité. La CJS d'Hochelaga-Maisonneuve a été crée en 1990. Le comité local s'est alors donné trois objectifs principaux : améliorer la relation adolescent-adulte dans le quartier ; offrir une expérience de responsabilisation à un groupe d'adolescents ; prévenir le décrochage scolaire en offrant des choix aux adolescents décrocheurs. La coopérative est demeurée estivale jusqu'en 1994, elle a décidé alors d'élargir son mode de fonctionnement sur une base annuelle. La Adolescent Coop Active (Saint-Michel) La CJS est constituée de 19 adolescents francophones, dont 18 garçons et une fille, majoritairement d'origine haïtienne. Elle offre des services d'entretien paysager, de ménage, de peinture, de nettoyage de graffiti, de travaux ménagers et de sensibilisation aux problèmes causés par le graffitisme. La CJS de Saint-Michel a débuté ses activités en 1992. Les objectifs du comité local visent à initier l'adolescent à la vie civique en général et à la gestion coopérative, à lui permettre d'acquérir une expérience collective de travail, à établir des liens significatifs entre le travail et l'école et à décloisonner les différents groupes ethniques du quartier. Après le premier été d'existence, le comité local a décidé de prolonger l'expérience sur un an. La CJS de Saint-Michel est devenue, en 1992, la première CJS à fonctionner sur une base annuelle. C-Jeune (Villeray/Petite-Patrie) La coopérative est située dans un milieu francophone où les adolescents représentent une grande diversité ethnique (Québécois, Asiatiques, Latino-américains, Haïtiens, etc.). Les services offerts sont de l'ordre de l'entretien ménager, de la tonte de pelouses, de travaux d'entretien paysager, de peinture, de lavage de vitres, de construction d'un trottoir (gros contrat), de gardiennage, de location de salles et d'aide à la construction. La CJS de Villeray-Petite-Patrie a initié ses opérations en 1993. Elle est devenue une CJS annuelle après deux étés de fonctionnement. L'objectif central porté par le comité local de Villeray-Petite-Patrie est avant tout éducatif, les objectifs secondaires poursuivis par le comité local visent à favoriser l'échange des expériences entre les adolescents appartenant à des univers culturels différents, à encourager la participation des adolescents comme acteurs potentiels dans leur milieu et au cours des années. A tribe called PEACE (Petite-Bourgogne) Il s'agit d'une CJS principalement anglophone, dont une majorité des adolescents proviennent des îles des Caraïbes. La CJS de Petite Bourgogne a été mise sur pied en 1992. Il s'agit d'une CJS estivale. Parmi les objectifs de la coopérative, deux portent sur la relation entre les adolescents et leur communauté, notamment, sur le développement d'une interaction positive entre les adolescents et la communauté et la responsabilisation des adolescents par rapport à leur communauté. La coopérative a aussi pour but de favoriser l'estime de soi chez les adolescents, d'offrir un travail et des expériences éducatives, et finalement de développer des habiletés concernant la gestion coopérative et l'entrepreneurship. Au début de l'été 17 adolescents ont été acceptés comme coopérants de la CJS, 7 filles et 10 garçons. ANNEXE 2 : GRILLES D'ENTREVUES I- Guide des entrevues pour les adolescents 1. Impact de l'expérience de CJS sur le décrochage en milieu scolaire. Orientation scolaire et professionnelle Est-ce que l'expérience CJS a changé votre façon de voir l'école? Est-ce que vous faites des liens entre votre expérience CJS et l'école? Quelles sont les habiletés apprises (ou capacités développées) à l'école dont vous vous servez à la coopérative? Quelles sont les habiletés apprises (ou capacités développées) à la coopérative dont vous vous servez à l'école? Après votre expérience CJS, êtes-vous allés chercher des connaissances particulières à l'école (i.e. des cours susceptibles de vous aider à améliorer votre participation pendant une deuxième année à la coopérative)? Après votre première année à la coopérative, avez-vous "découvert" des intérêts particuliers pour certains cours à l'école? Ces cours-là étaient-ils liés à l'expérience de la coopérative? Quelles sont les activités de la coopérative que vous aimez le plus ou que vous trouvez les plus intéressantes? Pourquoi? Suite à l'expérience CJS, est-ce que vous connaissez mieux vos intérêts, aptitudes et capacités par rapport au travail ou aux emplois que vous aimeriez faire? Pensez-vous que l'expérience CJS vous a aidé à choisir ou à clarifier votre choix de carrière? 2. Rapports adolescents/adultes : le co-apprentissage, le développement de l'autonomie, la confiance en soi, la responsabilisation. Quel était le rôle de l'animatrice ou de l'animateur au début de votre expérience dans la coopérative? Est-ce que ce rôle a changé? Pourquoi? Quelles circonstances vous amènent à demander de l'aide à l'animatrice ou à l'animateur? Dans quelles circonstances préférez-vous agir de façon indépendante? Dans le cadre de l'expérience de CJS, quels sont les avantages et les inconvénients d'être et d'agir dans un groupe? Est-ce que la coopérative vous aide à mieux connaître et comprendre le monde des adultes, le marche du travail, la communauté? Qu'est-ce que vous avez appris de ces milieux depuis que vous êtes à la coopérative? II- Guide d'entrevue pour les animateurs et membres de comités locaux A. Au niveau de l'impact d'une CJS sur l'attitude des adolescents vers l'école : Relation CJS - école 1. Est-ce que la CJS incite les adolescents à continuer leurs études à l'école? Si oui, de quelle façon? 2. Est-ce qu'il existe des liens entre la CJS et l'école? De quelle façon les adolescents établissent ces liens? 3. Quelles sont les capacités ou habiletés que les adolescents développent à la CJS qui leur sont utiles à l'école? Quelles sont les connaissances acquises à l'école que les adolescents utilisent à la CJS? 4. Est-ce que les capacités ou habiletés acquises à la CJS aident le développement des adolescents au niveau professionnel, au niveau personnel, etc.? Relation adolescents - communauté 5. Est-ce que la CJS aide les adolescents à affronter leur marginalisation sociale, économique, ethnique, etc.? 6. Est-ce que la CJS contribue à l'insertion sociale et économique des adolescents? 7. Est-ce que la CJS contribue à développer chez les adolescents la connaissance de leur milieu? Relation adolescents - adultes 8. De quelle façon la CJS aide les adolescents à développer des rapports avec les adultes? Quel type de rapport développent les adolescents avec les adultes? B. Aspects pédagogiques du projet CJS : 9. Quels sont les objectifs qui ont motivé vos organisations à participer au projet CJS? De quelle façon ces objectifs se traduisent en termes d'impact chez les adolescents? 10. De quelle façon le comité local et les animateurs aident les adolescents à développer ou à acquérir des nouvelles habiletés? Comment chaque intervenant définit sa contribution? 11. Comment l'approche pédagogique CJS est appliquée à la pratique dans le cadre d'un projet CJS? (Comment les adolescents participent à leur formation? 12. Quelle est le rôle du comité local et des animateurs dans le processus d'apprentissage des adolescents? 13. Quelles sont les expériences (ou les leçons) que le projet CJS vous a aidé a acquérir (ou à apprendre)? (Au niveau personnel et collectif) 14. Comment l'expérience CJS vous a influencé professionnellement (au niveau de choix d'études, choix des projets, choix d'emplois, etc.)? 15. Quelles sont les apprentissages acquis à la CJS que vous utilisez dans votre travail ou aux études? Quelles sont les connaissances acquises au travail ou aux études que vous utilisez à la CJS? 16. De quelle façon l'approche pédagogique CJS vous aide à intégrer vos apprentissages, expériences et connaissances au projet CJS?
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Ce rapport de recherche présente les résultats d'une comparaison entre quatre types d'organismes offrant des soins de santé: cliniques privées, CLSC, coopératives de santé et organismes à but non lucratif. Les organismes retenus pour les fins de cette comparaison se placent à la première ligne des services de santé. Le document propose une analyse historique, sociale et économique pour situer le contexte actuel dans lequel se développent ces organismes. Tout se passe comme si l'État cherchait à instaurer un nouveau contrat social en matière de soins de santé, et à prendre des initiatives en fonction de ses contraintes budgétaires et de la pression qu'exercent les différents acteurs sociaux. Une grille commune sert à la comparaison de ces organismes. Elle est constituée des dimensions suivantes: contexte d'émergence, dimension organisationnelle (coordination et production des services), dimension institutionnelle (structure du pouvoir et système politique) et perspectives d'avenir. En réalisant cette étude, les auteurs croient que les divers organismes de soins de première ligne ne s'équivalent pas tous lorsque doivent être maintenus les caractères universel, accessible, intégral, transférable et géré publiquement du système de santé. Il ressort que pour les usagers et les producteurs de services, les organismes à but non lucratif et les CLSC offrent les perspectives d'autonomie et d'inclusion les plus intéressantes. Les coopératives de consommation favorisent plutôt les usagers en la matière, alors que les coopératives de travail s'avèrent avantageuses pour les producteurs. En ce sens, la communautarisation (attribution de ressources publiques en faveur d'organismes communautaires et de coopératives) s'avère pour les usagers et les producteurs plus intéressante que la privatisation. |
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Depuis les deux dernières décennies, la volatilité des taux d'intérêt préoccupe grandement les gestionnaires d'institutions de dépôt. Une variation non anticipée dans les taux d'intérêt peut entraîner des pertes considérables au bilan. Plusieurs méthodes de couverture existent afin de diminuer le risque désappariement. Parmi les deux produits les plus utilisés, soit le swap et le contrat à terme, nous tentons de déterminer lequel offre la meilleure couverture de risque de taux d'intérêt. Avec les données provenant de la Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest-du-Québec, nous utilisons le modèle de Vasicek pour simuler l'impact sur le bilan d'une variation des taux d'intérêt. Nous simulons une évolution des taux à la hausse, à la baisse et mixte. Ces simulations nous permettent de comparer l'efficacité relative des swaps et des contrats à terme dans chacun des différents scénarios. |
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L'activité d'octroi de crédit ou de prêt constitue pour les institutions financières bancaires (banques à charte, caisses populaires, associations d'épargne et de crédit,...) la principale source de revenus. Mais il s'agit aussi de l'activité la plus risquée et l'on comprend pourquoi l'évaluation du risque de prêt demeure la préoccupation majeure de ces institutions. Dans notre étude dont l'objectif ultime consiste à évaluer le risque de crédit, nous avons d'abord déterminé les principales dimensions sous-jacentes à la notion du crédit que nous avons nommées les cinq «C» du crédit (exactement comme l'analyste en marketing parlerait de quatre «P» du marketing) c'est-à-dire le caractère, la capacité, le capital, les conditions et le collatéral. Autrement dit, l'évaluation du risque de crédit passe d'abord et avant tout par une bonne maîtrise de toutes ces dimensions qui possèdent chacune des critères qui sous-tendent non seulement les aspects quantitatifs (risque commercial, risque financier) mais aussi les aspects qualitatifs (risque managerial, risque des affaires) du risque de crédit. Après avoir identifié tous les critères pertinents dans l'octroi du crédit, nous avons effectué une analyse discriminante grâce à la banque de données relatives aux travailleurs autonomes d'une institution financière de la place. Cette analyse a permis de déterminer les facteurs clés qui expliquent le mieux le risque de défaut ou la défaillance. Cette technique étant de nature purement statistique donc quantitative, nous lui avons adjoint une méthode qualitative appelée analyse multicritère qui tient compte du jugement et de l'expérience du décideur. |
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Ce document est le premier d'une série de quatre portant sur les mutuelles et les coopératives d'épargne et de crédit en Afrique francophone. Le projet de recherche d'où est né ce premier document a pour but de renseigner sur les différents modèles de coopérative d'épargne et de crédit et de discuter de leur implantation en Afrique. Dans un premier temps, cette communication présente la méthodologie utilisée dans la présente recherche et une synthèse des principales conclusions des trois autres parties de la recherche ici discutée. Dans un deuxième temps, sont présentées les principales conclusions de cette partie de l'étude. Les auteurs discutent alors des tentatives d'implantation des COOPEC (coopératives d'épargne et de crédit) en Afrique, ce qui amène le lecteur à découvrir que le mouvement d'épargne et de crédit africain est très riche et diversifié, en plus d'être jeune et dynamique. Il y oppose ensuite les COOPEC classiques et alternatives, ce qui permet de connaître leurs différences et de comprendre que ces deux types de coopérative ne s'opposent pas sur la base des buts, des structures et de la performance. |
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L'ambition du présent texte est d'essayer d'identifier qui fait quoi et où dans les mouvements africains francophones d'épargne et de crédit, avec référence spécifique aux systèmes à logique coopérative. Les données couvrant l'ensemble du continent étant plutôt rares, il sera fait référence ici à l'Afrique de l'Ouest où les mouvements sont diversifiés et à l'Afrique centrale francophone où un seul mouvement de COOPEC orthodoxe (modèle Raiffeisen) domine le marché national en cohabitation avec les systèmes traditionnels locaux d'épargne et de crédit. La première section procède à une brève description de l'évolution du mouvement coopératif africain d'épargne et de crédit depuis sa naissance. La deuxième section fait une revue des typologies rencontrées dans la littérature spécialisée tandis que la troisième section procède à une comparaison de deux modèles de mutuelles d'épargne et de crédit et situe les interventions |
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Ce texte a pour objectif de relever les caractéristiques communes et surtout les principaux traits distinctifs de quelques expériences d'implantation de COOPEC en Afrique par des mouvements coopératifs d'épargne et de crédit, il s'agit, plus précisément, des expériences poursuivies par le Mouvement Desjardins (DID), le Crédit mutuel (CICM) et Raiffeisen suisse (USBR). L'expérience des banques populaires du Rwanda est largement citée comme l'exemple d'un cas de succès d'implantation des mouvements coopératifs d'épargne et de crédit en Afrique. « Le réseau des banques populaires du Rwanda représente une référence en Afrique tant du point de vue de ses résultats financiers que de l'impact socio-économique » (Humbert,1993). Le réseau a effectivement connu au cours de ses vingt premières années d'existence, un développement remarquable répondant aux objectifs assignés lors de sa mise en place. Aussi la présente analyse comparative, en utilisant l'approche du coalignement stratégique du réseau (environnement, stratégie, structure), cherchera à relever, lorsqu'il y a lieu, les écarts qui marquent les expériences de Développement international Desjardins (DID) et du Centre international de crédit mutuel (CICM) par rapport au cas des banques populaires du Rwanda. La description du cas des banques populaires du Rwanda sera relativement donc plus profonde et plus détaillée. Les cas choisis pour décrire l'expérience de ces divisions internationales des deux mouvements sont eux-mêmes des cas de référence pour leurs promoteurs, il s'agit du Burkina Faso pour DID et du Congo pour le CICM. |
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Ce document est le dernier d'une série de quatre portant sur les mutuelles et coopératives d'épargne et de crédit en Afrique. L'auteur traite spécifiquement dans ce texte des coopératives d'épargne et de crédit alternatives (COOPEC alternatives). Ces coopératives sont nées à la fin des années 80 et constituent en quelque sorte une alternative aux COOPEC classiques, aussi appelées orthodoxes, dans le sens où elles considèrent beaucoup plus le milieu dans lequel les COOPEC se situent. Afin d'étudier les COOPEC alternatives, deux cas concrets sont disuctés, il s'agit de l'implantation des Caisses villageoises d'épargne et de crédit autogérées (CVECA) et du Crédit solidaire. Ce document présente donc de façon assez détaillée, mais tout de même succincte, le fonctionnement de ces deux COOPEC alternatives. Il discute entre autres de leur émergence et de leur développement, de leurs stratégies ainsi que de leur structure organisationnelle, ce qui permet au simple néophyte de comprendre globalement la problématique et le fonctionnement des COOPEC alternatives en Afrique. |
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Ce projet de recherche résulte d'une démarche de réflexion sur l'intervention sociale en coopération internationale et d'une préoccupation inscrite dans le mandat du Consortium canadien pour le développement social international. Le point d'ancrage vient de problèmes soulevés par un groupe de Salvadoriennes et Salvadoriens établis à Montréal soucieux de l'avenir et du rôle des coopératives dans une des régions les plus pauvres du Salvador, le Bas Lempa, dans le canton de Jiquilisco, département d'Usulutan. Ils nous ont fait part du désarroi des habitants de toute cette région peuplée de nouvelles « colonies » nées des accords de paix entre le gouvernement salvadorien et le Front de libération nationale en 1992. Dans le cadre de cette entente, les démobilisés de la guerre, ex-combattants des forces armées et de la guerilla ont reçu des parcelles de terre dans cette région mais ils doivent développer l'agriculture sur ces terres abandonnées et ravagées par la guerre sans aucune ressource matérielle et avec des ressources humaines peu formées. En outre, les enjeux centraux étant certes le rôle social des coopératives dans le développement de cette région et la survie même de ces institutions vitales pour les paysannnes et les paysans. Les coopératives sont au prise avec une dette énorme, somme toute artificielle, puisque l'on a supposément attribué des terres aux paysannes et aux paysans par la formule coopérative mais on veut leur faire payer. En réalité, ils sont sortis de la guerre plus pauvres qu'avant en raison de la situation que nous expliquerons dans notre analyse de la situation. À partir de ce questionnement, une démarche de recherche-action collée aux préoccupations des communautés salvadoriennes de base d'ici et de celles du Salvador a été entreprise. Depuis le début, le fil conducteur se tisse autour de deux préoccupations centrales, premièrement préciser la nature des besoins de ces communautés, besoins passablement explicites, et, deuxièmement, d'analyser la dynamique de ces communautés dans leurs liens avec les coopératives comme institutions-clés dans l'organisation de la production agricole et dans la mise en place d'infra-structures de soutien à la vie communautaire, notamment la création de services sociaux et de santé. |
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Cette étude est le résultat d'une collaboration entre la Direction des coopératives du ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie et de la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Université du Québec à Montréal dans le but de mieux comprendre d'un point de vue légal et organisationnel les fondements, l'évolution et l'application de la règle d'impartageabilité de la réserve générale. La règle de l'impartageabilité des réserves n'a pas la force de consensus que l'on prête à des règles comme celles sur l'adhésion, la démocratie et le partage des ristournes. Héritée d'un courant de pensée ayant pris racine en France vers 1830 dans la foulée des mouvements de contestation de l'ordre capitaliste naissant, cette règle a connu depuis un intérêt qui a varié selon les époques, les secteurs, les traditions, les pays. À l'échelle internationale, nonobstant maintes tentatives depuis sa fondation en 1895 de l'inclure dans la liste des principes coopératifs, l'Alliance coopérative internationale ne reconnaît formellement cette règle que depuis 1995 dans une formulation incitative plutôt qu'impérative. Cette reconnaissance de l'ACI ne sera probablement pas suffisante pour inverser la très forte tendance observable dans les lois concernant les coopératives à favoriser la capitalisation de sources externes et à alléger les prescriptions légales propres aux coopératives notamment celles ayant une référence explicite à la notion de bien collectif aussi significatif que la réserve impartageable. Cette tendance de fond s'expliquant en bonne partie par la domination d'un puissant contexte concurrentiel, libre-échangiste et antiprotectionniste, touche l'ensemble des pays, y compris les pays latins, telles la France, l'Espagne et l'Italie, traditionnement plus interventionnistes en matière de loi sur les coopératives que les pays d'origine germano-protestante (Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Pays-Bas, etc.,). Les anciens pays du bloc socialiste sont aussi happés par cette vague, ce mouvement étant amplifié par une puissante volonté d'expurger la coopérative de toute connotation collective rappelant le passé. Dans les pays qui maintiennent la règle de l'impartageabilité de la réserve, il existe généralement un soutien significatif de l'État aux coopératives concernées, que ce soit par des subsides (Italie) ou des dégrèvements fiscaux (France) et même dans ces cas, l'application de la règle d'impartageabilité est spécifique à certains secteurs. |
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Le présent document traite particulièrement de la formule des new generation cooperatives, un modèle nouveau de coopératives agricoles nées de la crise agricole, des politiques de désengagement de l'État, de l'appauvrissement des zones rurales et ainsi de la nécessité pour les agriculteurs d'améliorer leurs revenus et le niveau de vie de leurs communautés en misant sur la valeur ajoutée de leurs produits plutôt que sur les produits agricoles bruts eux-mêmes. L'expression new generation cooperatives (NGC) a été traduite ici en français par coopérative de nouvelle génération (CNG) fut attribuée à une cinquantaine de coopératives agricoles qui se sont développées au Dakota du Nord et au Minnesota (États-Unis) depuis les six ou sept dernières années. Elles représentent une des toutes nouvelles formes de coopératives (certainement la plus nouvelle forme de coopérative agricole). Les new generation cooperatives, qui connaissent un développement fulgurant et un engouement phénoménal aux États-Unis, se distinguent des coopératives agricoles traditionnelles par une structure de capitalisation différente basée sur les «droits de livraison» (delivery rights) qui donnent à chaque membre le droit et l'obligation de livrer une unité d'un produit agricole à la coopérative, qui, elle s'engage à en prendre livraison. Elles pratiquent aussi une politique de limitation du nombre de membres et requièrent très souvent des investissements individuels élevés pour chaque membre. Les new generation cooperatives sont fondées sur les principes de base de la coopérative notamment le contrôle démocratique (un membre, un vote), la distribution des trop-perçus (très souvent en argent cash) en fonction de l'utilisation que le membre fait de sa coopérative et l'élection du conseil d'administration par les membres, à même le membership. De plus, l'intérêt payé sur le capital social (représenté par les «parts de livraison» ou delivery shares qui fluctuent sur le marché) est limité ou nul (sur les parts votantes). Les succès des coopératives de nouvelle génération sont basés sur les principaux éléments suivants: un leadership local; les buts, objectifs et hypothèses réalistes; une bonne communication, ouverte et honnête entre les membres; les stratégies réalistes d'entrée sur le marché; l'utilisation des consultants d'expérience, notamment pour développer la structure organisationnelle, les études de faisabilité et le plan d'affaires; un plan d'affaires compréhensible; la disponibilité de la technologie requise; l'embauche des gestionnaires compétents; l'apport suffisant des membres (30 à 50% du capital social requis); et l'engagement des membres envers leur coopérative. Le non-respect de ces éléments augmente les risques d'échec d'un projet de développement d'une coopérative de nouvelle génération. Le succès des coopératives de nouvelle génération est aussi lié à la mise en place d'un réseau de support externe qui permet à la coopérative d'aller chercher des fonds à différents niveaux: dans la communauté, au gouvernement, dans les institutions financières, dans les autres coopératives, etc. Le phénomène des coopératives de nouvelle génération est aussi analysé par rapport à la théorie économique de la coopérative. Cette analyse permet de dégager certaines réflexions. En effet, le modèle des coopératives de nouvelle génération, par leur système de contrat à double sens (qui implique l'émission des parts de livraison monnayables), permettrait de minimiser les comportements opportunistes chez les membres au niveau de la livraison des produits. Mais, le caractère monnayable (prise de valeur ou baisse de valeur) des parts de livraison pourrait tout aussi créer des comportements opportunistes au niveau financier chez les membres, notamment par le jeu de la spéculation. Les contrats favoriseraient aussi un engagement à moyen terme et un haut sentiment d'appartenance des membres des coopératives de nouvelle génération. Par ailleurs, la limitation du nombre de membres dans les coopératives de nouvelle génération leur permet de s'assurer de l'approvisionnement en matières premières et ainsi mieux planifier leurs activités de production et de commercialisation. Pourtant, limiter le nombre de membres comporte aussi le risque de concurrence accrue dans une région où plusieurs agriculteurs décident de ne pas joindre la coopérative. Les coopératives de nouvelle génération combineraient aussi les habiletés spécifiques de la gestion agricole et l'intégration des activités de production, de transformation et de commercialisation qui procure les économies d'échelle. Au niveau de la structure démocratique, les coopératives de nouvelle génération, comme certaines autres coopératives agricoles, font face à un risque potentiel de réticence des gros producteurs investisseurs qui peuvent trouver le partage de pouvoir injuste. Cependant, l'homogénéité du membership de la plupart des membres des CNG minimise ce risque. Les coopératives de nouvelle génération créent aussi un lien d'usage qui est de plus en plus orienté vers l'aspect financier au détriment de l'aspect produit. Ce qui aurait pour effet de remettre en question la définition même de la coopérative, en ce sens que le lien d'usage du membre avec sa coopérative devrait provenir des activités strictes de la coopérative (approvisionnement, transformation, commercialisation) et non de la valeur des parts sociales ou des parts de livraison. En outre, en ce qui a trait au problème de sous-capitalisation des coopératives, il ressort de l'étude que le niveau de capitalisation des coopératives de nouvelle génération est assez élevé au démarrage (30 à 50% du capital social requis); ce qui minimise, pour ces coopératives, les risques conséquents au phénomène du free rider (investir le moins possible et bénéficier d'avantages significatifs) et à l'endettement externe. De plus, la présente analyse permet de voir que les coopératives de nouvelle génération, comme la plupart des coopératives qui se créent un peu partout dans le monde, dépendent beaucoup du support institutionnel (gouvernement, banques, agents externes, etc.,) pour se créer et se développer avec succès. Enfin, cette étude permet de conclure que même si elles ne représentent pas la formule miracle pour la survie à long terme des coopératives agricoles, les new generation cooperatives constituent cependant un modèle intéressant fondé sur une meilleure capitalisation des coopératives agricoles souvent au prise, comme d'ailleurs la plupart des organisations coopératives à leur démarrage, avec des problèmes de sous-capitalisation. Qui plus est, les CNG prouvent, dans une certaine mesure, que les communautés rurales, parfois laissées en marge du développement économique d'un pays, d'une province, ou d'une région sont capables de se prendre en main afin d'amélioration de leurs conditions générales de vie. |
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Après avoir fait la synthèse des théories financières portant sur la structure du capital et son effet sur la valeur de la firme ainsi que de la théorie des options appliquée au bilan, un cadre conceptuel est élaboré. Un modèle économétrique est ensuite développé. Il inclut certaines variables traitées dans la revue de la littérature et vise à expliquer, comprendre et prévoir la valeur marchande de l'équité des caisses populaires de façon à anticiper une faillite éventuelle. D'autres variables sont par ailleurs exclues du modèle en raison de questions méthodologiques. En conclusion, quelques avenues de recherche sont discutées. |
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La coopérative permet à des personnes qui autrement n'en auraient pas eu la capacité d'accéder aux pouvoirs de l'entrepreneur. Cette forme d'entrepreneuriat collectif pose toutefois la question de la participation effective des sociétaires aux activités et au pouvoir au sein de l'organisation. Cette recherche porte sur les processus d'intégration et d'habilitation des membres à la prise en charge de leur coopérative d'habitation locative. Alors que les membres fondateurs ont eu, durant la phase de réalisation du projet, nombre d'expériences favorisant l'appropriation des connaissances, compétences et habiletés de gestion de leur coopérative, le renouvellement des ressources humaines dans ce type d'organisation pose non seulement la question de la formation qui peut leur être fournie de l'extérieur (réseau coopératif, groupes de ressources techniques, autre), mais aussi le renouvellement, de l'intérieur, des pratiques de gestion coopérative. Notamment, le renouvellement d'expériences favorisant l'intégration et l'habilitation (empowerment) des membres en regard de la prise en charge de leur organisation. Le rapport se compose de deux parties. La première partie présente un cadre d'analyse des pratiques de gestion participative dans les coopératives de logement locatif. Ce cadre tient sa particularité de s'inscrire dans une perspective d'habilitation des membres à la prise en charge de leur organisation. La seconde partie présente cinq cas de gestion qui ont été réalisés à partir d'expériences vécues dans des coopératives d'habitation. Le nom des personnes et des coopératives, ainsi que certains faits ont été modifiés afin de respecter la confidentialité des personnes.Une présentation de la méthodologie ainsi qu'une bibliographie complètent le rapport. |
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L'objectif de cette étude est d'analyser le problème de la capitalisation chez les caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest-du-Québec et de proposer un outil d'aide à la décision servant au dirigeant de tableau de bord pour mieux gérer la capitalisation de sa caisse. Les analyses statistiques conduites sur 200 caisses populaires ont permis de constater qu'une caisse en insuffisance de capital a le plus souvent un revenu net d'intérêts relativement faible par rapport à la moyenne, les dépenses de personnel de ces caisses semblent excessives, ce qui pénalise leur rentabilité. En outre, une caisse en insuffisance de capital gère mal l'équation de son financement. Elle émet davantage de parts permanentes et privilégiées, emprunte plus auprès de sa fédération dans le but d'améliorer son capital. Il semble que ces recours n'ont pas donné les fruits escomptés. De surcroît, il a été constaté à partir de l'analyse de la structure des bilans des caisses en insuffisance de capital qu'elles prennent plus de risque que la moyenne des caisses. Dans cet esprit d'analyse, un outil a été proposé pour gérer le capital de la caisse. En agissant sur les déterminants du niveau de capitalisation, le dirigeant d'une caisse parviendra à maîtriser ce problème. Il s'agit ici d'analyser ces déterminants afin de dégager les faiblesses de la caisse au chapitre de sa capitalisation. L'outil a été divisé en trois étapes conçues dans une suite logique permettant au dirigeant d'une caisse de vérifier l'état de son capital au regard des déterminants de gestion examinés, de comprendre par le moyen d'une analyse mieux structurée les faiblesses ayant causé le problème et, dans une dernière étape d'agir au vue des constations trouvées. Une grille d'analyse est proposée pour permettre d'intégrer les étapes de l'outil suggéré. |
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À l'été 1996, la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Université du Québec à Montréal, en collaboration avec l'Union des municipalités régionales de comté et des municipalités locales du Québec (UMRCQ), réalisait un sondage auprès des municipalités du Québec, sur l'état de la disponibilité de services de santé au Québec. Certaines données qui en ressortaient étaient à tout le moins inquiétantes compte tenu que le Québec baignait dans une vague de transformations majeures du système de santé et que rien ne laissait présager qu'à court ou à moyen terme la situation se réglerait pour ces municipalités. En fait, d'après le sondage, il y avait 125 municipalités entre 1 000 et 10 000 habitants sans accès à des services de santé dans un rayon d'au moins huit kilomètres. Par surcroît, une trentaine d'autres municipalités estimaient très probable la possibilité de se retrouver dans une situation similaire. Les résultats du sondage révélaient que les régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de l'Abitibi-Témiscamingue étaient les plus affectées par cette absence de services sur leur territoire, (Girard 1996a). À l'été 1998, compte tenu des résultats du sondage de 1996 et la poursuite des transformations majeures dans le système de santé québécois, la Chaire de coopération, sollicitant de nouveau la collaboration de l'UMRCQ, a décidé de récidiver. Cette fois-ci, le sondage comportait davantage de secteurs. Bien entendu, il importait de constater l'état de la disponibilité des services de santé de type clinique, mais il fallait également constater celui des services de maintien et de soins à domicile ainsi que celui de l'hébergement spécialisé, soit sous forme de court terme pour la convalescence ou de long terme pour des personnes en autonomie réduite. Deux secteurs d'activité qui, par conformité aux besoins émergents, sont devenus prioritaires pour les instances publiques. Le sondage de 1996 n'avait tenu compte que des municipalités entre 1 000 et 10 000 habitants qui ne disposaient d'aucun service de santé dans un rayon de huit (8) kilomètres. En 1998, nous avons considéré tous les répondants car la situation pour les municipalités entre 1 et 1 000 habitants et 1 001 à 5 000 habitants semble préoccupante. De plus, aucun kilométrage n'était mentionné, nous demandions simplement s'ils disposaient de ressources, professionnelles, de maintien à domicile et d'hébergement spécialisé, sur le territoire de leur municipalité. Sur environ 1 000 municipalités sondées, 200 ont répondu. Ce qui donne un taux de réponse d'environ 18 à 20 % alors que le sondage de 1996 avait récolté un taux de réponse d'environ 40 %. Cet écart s'explique notamment par le fait que le sondage de 1996 s'inscrivait comme activité du Chantier de l'économie sociale dans le cadre du Sommet sur l'économie et l'emploi et bénéficiait ainsi d'une visibilité plus importante. À l'instar des résultats de 1996, ceux de 1998 démontrent qu'il y a effectivement des lacunes au niveau de la répartition des ressources de première ligne, de maintien et de soins à domicile et d'hébergement spécialisé à travers le Québec. Certaines régions sont davantage démunies que d'autres. Environ 128 des municipalités qui ont répondu au sondage disent n'avoir accès à aucun service de santé de première ligne sur leur territoire. Les régions les plus touchées en 1998 sont l'Estrie, l'Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec. Au niveau du maintien à domicile, la situation semble être moins problématique car le nombre de municipalités sans services de maintien à domicile chute à 94. Les régions les plus affectées sont la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine et Québec. Enfin, le sondage démontre que 104 municipalités ne disposent pas d'établissement d'hébergement spécialisé sur leur territoire. L'Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec font partie des régions les plus affectées. Prendre part au changement : Le changement, souhaité depuis fort longtemps, a été rendu inévitable par les compressions budgétaires de la fin des années 1980 et le début des années 1990. Le Forum national sur la santé, instauré par le gouvernement fédéral pour faire le point sur la situation des systèmes de santé canadiens, a clairement indiqué qu'il était nécessaire que les particuliers, les familles et les communautés prennent part au changement et en dirigent le cours (Forum 1997). C'est dans cette perspective que se sont inscrites les coopératives ¦uvrant dans le domaine de la santé au Québec, que ce soit au niveau de la prestation de services de santé, du maintien à domicile ou de l'hébergement spécialisé : une participation au changement par et pour les citoyens. Ces initiatives font voir de nouvelles formes de partenariat dans lesquelles des municipalités, particulièrement préoccupées par la qualité de vie des citoyens, s'engagent à supporter activement ces coopératives, de la phase du démarrage à celle du fonctionnement |
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Traditionnellement, l'analyse du risque des bilans des caisses populaires s'effectue par une analyse de l'appariement des échéanciers des actifs et des passifs ou plus récemment, par l'étude de l'écart de durée entre les actifs et les passifs. Mais les normes internationales requièrent maintenant que les risques supportés par les institutions financières soient analysés en terme de la VaR et que le capital de ces institutions soit également calculé en fonction de leur VaR. Les caisses doivent donc se plier à ces nouvelles exigences et se familiariser à cette nouvelle technique d'analyse du risque. Pour mieux les aider à la maîtriser, les auteurs comparent plusieurs méthodes de simulation de la VaR dans cet article. D'abord, ils proposent de calculer la VaR d'une obligation canadienne détenue par un investisseur américain sur une période de 298 semaines. Ce portefeuille est exposé aux risques de change et de taux d'intérêt. Deux approches historiques (selon la volatilité équipondérée et la volatilité exponentielle) et deux approches de simulation Monte Carlo sont employées. Puis, ils comparent les VaR obtenues aux variations réelles du portefeuille et les VaR entre elles selon six critères de performance. Une des deux méthodes de simulation Monte Carlo développée par les auteurs se distingue: elle permet de couvrir suffisamment les pertes réelles du portefeuille sans toutefois immobiliser trop d'argent pour couvrir le risque de capital. |
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Dans la plupart des pays occidentaux, diverses générations d'entreprises d'économie sociale coexistent. L'appellation "nouvelle économie sociale" (NÉS) désigne généralement les associations et les entreprises d'économie sociale qui ont vu le jour principalement au cours des deux dernières décennies alors que l'ancienne économie sociale (AÉS) renvoie aux entreprises et aux associations fondées entre la première moitié du XIXe siècle et le début des années 1960. Si l'on veut s'interroger sur les passerelles entre l'AÉS et la NÉS, il est important de bien voir que l'AÉS est elle-même constituée de différentes générations (Demoustier, 1996; Vienney, 1994; Lévesque, 1993). Les entreprises d'économie sociale émergent généralement par grappes sous la poussée d'une dynamique socio-économique, dans une situation de grande crise économique. Comme les grandes crises ne sont pas identiques, les diverses générations d'économie sociale ont des personnalités clairement définies, d'autant plus que les acteurs et les promoteurs sont différents d'une génération à l'autre. Ainsi, l'ancienne économie sociale comprend au moins trois générations d'entreprises et d'associations. Les années 1840-1850, marquées par les passages des régulations à l'ancienne (ex. les corporations pour le travail artisanal) à la régulation concurrentielle, ont vu naître des sociétés de secours mutuels, des comptoirs alimentaires et des coopératives de production, dans la plupart des pays où le capitalisme était le plus avancé. Ces initiatives étaient portées par des ouvriers soucieux de faire face aux aléas que représentent les accidents, les maladies et la mort. Elles venaient également d'artisans refusant d'entrer dans la cohorte grandissante du prolétariat. La grande crise des années 1873-1895 qui touche plus largement le régime d'accumulation alors à dominante extensive, exigera de lourds investissements dans l'agriculture et les ressources naturelles (Boyer, 1986). Les coopératives agricoles et les coopératives d'épargne et de crédit constituent des réponses originales aux besoins des petits producteurs. L'effondrement des années 1929-1932 résulte en grande partie de la crise de la régulation concurrentielle. La solution ne s'imposera qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale alors que l'intervention de l'État conformément à la vision keynésienne régularise la demande à travers non seulement les politiques économiques mais également les politiques sociales. Entre-temps, les coopératives de consommation s'imposeront dans le domaine de l'alimentation et de l'habitation alors qu'une partie de la classe ouvrière accédera au statut de la classe moyenne. En somme, l'ancienne économie sociale regroupe un ensemble d'entreprises et d'associations passablement hétérogènes, si l'on excepte évidemment leur forte institutionnalisation. À première vue, la nouvelle économie sociale se présente comme un ensemble relativement homogène d'entreprises et d'associations nées pour la plupart dans la foulée des nouveaux mouvements sociaux, à partir des années 1970. À y regarder de plus près, cet ensemble se révèle fortement contrasté. En premier lieu, certaines de ces initiatives répondent à la crise du système de production de masse et au compromis salarial qui le fondait alors que d'autres résultent de la crise de l'État providence ou du providentialisme. Dans le premier cas, les initiatives relèvent souvent du développement local et sont constituées plus souvent d'entreprises que d'associations. Dans le deuxième cas, les expérimentations s'inscrivent dans la logique du développement social et font principalement appel aux organisations à but non lucratif (OBNL). En deuxième lieu, comme les besoins qui existaient au début des années 1970 ne sont plus exactement ceux de la fin des années 1990, il s'ensuit également des réponses contrastées. Ainsi, les coopératives de travail du début des années 1970 répondaient à une demande de travailler autrement alors qu'une grande partie des créations des années 1990 répondent non plus à une crise du travail mais à une crise de l'emploi, d'où la popularité relativement récente des entreprises d'insertion (Defourny, Favreau, Laville, 1998). De même, les services collectifs relevant de l'économie sociale répondaient dans les années 1970 à une volonté d'offrir des services alternatifs à ceux offerts par l'État alors que dans les années 1990 ils répondent souvent à des besoins négligés par l'État dans un contexte de crise des finances publiques. Dans cet article, nous voudrions illustrer cette problématique à partir du cas québécois qui constitue à bien des égards un cas exemplaire comme le sont entre autres les cas basque et italien. Ce faisant, nous voudrions mettre en lumière l'intérêt réciproque de l'ancienne économie sociale et de la nouvelle à établir des partenariats. En 1990, les nouvelles coopératives et les anciennes semblaient répondre à des logiques et à des projets de société bien différents, soit un projet de nationalisme économique pour les anciennes et un projet de socialisme autogestionnaire pour les nouvelles . Moins de dix ans plus tard, les nouvelles coopératives semblent bien être entrées dans le rang de sorte qu'elles sont de plus en plus proches pour ne pas dire semblables aux anciennes. En revanche, plusieurs indices laissent supposer l'apparition d'une nouvelle opposition entre les entreprises coopératives (anciennes et nouvelles) d'une part, et le secteur associatif formé d'OBNL, d'autre part. Ce constat n'invalide pas pour autant la possibilité d'alliances entre le mouvement coopératif et les autres composantes de l'économie sociale, notamment la nouvelle économie sociale. À cette fin, nous présenterons le développement coopératif, dans une première partie, et le développement récent de la nouvelle économie sociale, dans une seconde. En conclusion, nous nous interrogerons sur les passerelles possibles. |
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Les associations d'épargne et de crédit rotatif, communément appelées tontines, s'observent un peu partout en Afrique subsaharienne. En République Démocratique du Congo, et particulièrement à Kinshasa, on parle davantage de likelemba, ce qui revient au même. L'utilité du likelemba est bien réelle chez les femmes qui pratiquent une activité de microcommerce et constitue même l'une des stratégies auxquelles elles ont recours pour gérer leurs activités. L'argent épargné grâce au likelemba sert d'abord au soutien matériel des enfants et de la famille. Plusieurs cependant démarrent leur commerce ou leurs affaires à partir d'un likelemba ou en profitent pour renforcer un fonds de commerce sans cesse grugé par les incertitudes économiques au pays, particulièrement depuis le début des années 1990. Mais ce type d'association apparaît avant tout comme une capacité pour les femmes de pouvoir s'organiser de façon autonome, dans un contexte où l'accès au crédit de la part des institutions bancaires n'est pas à leur portée. C'est cette même volonté de compter d'abord sur soi-même, sur ses propres ressources qui pousse les femmes à y adhérer selon leurs besoins et leurs moyens. Au-delà des faiblesses dont se caractérisent ces associations à prime abord, il est nécessaire de souligner l'aspect créatif que renferme ce type de stratégies sous leurs formes actuelles. L'étendue et la diversité des activités pratiquées par les femmes, de même que les stratégies auxquelles elles ont recours, révèlent que ce type de réponse reste adapté à des contraintes qui évoluent, particulièrement en milieu urbain. Cette adaptabilité est toutefois permise par la souplesse dont se caractérisent ces formules auto-organisées. Ce sont des "manières de faire et d'agir" qui font preuve d'une capacité étonnante à se transformer rapidement et à s'adapter à des circonstances changeantes. |
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Dans les systèmes économiques contemporains, certaines formes d'organisation collectives prospèrent en quelques années. L'explication se trouve dans leurs capacités colossales de s'adapter aux exigences de nouvelles conjonctures économiques, politiques et culturelles. Le changement rapide de ces conjonctures est à l'origine d'une renaissance extraordinaire des ¦uvres coopératives. Une coopérative change au fur et à mesure que son milieu connaît des bouleversements importants. Le changement s'inscrit dans une dynamique économique et sociale favorable au renouvellement des principaux groupes sociaux et des forces économiques. La coopérative fonctionne et se transforme, en transformant les composantes de son milieu. Par milieu, nous entendons cet ensemble territorialisé et ouvert sur l'extérieur qui intègre des savoir-faire, des règles et un capital relationnel. Ne constituant aucunement un système clos, " il est souvent rattaché à un collectif d'acteurs ainsi qu'à des ressources humaines et matérielles " . Il contient des entreprises (privées et collectives), les associations culturelles et socioprofessionnelles, les organismes publics et parapublics, les centres de formations, les centres de développement, etc. Plus dynamique, toute coopérative se présente comme un carrefour où se croisent les multiples tendances déterminant les enjeux de la collectivité à qui elle appartient. Sa dynamique lui permet d'enrichir le savoir-faire collectif et d'en faire profiter toute la communauté. Divers spécialistes expliquent que les contributions des coopératives à la revitalisation des valeurs sociales et culturelles des communautés sont étroitement liées aux capacités de celles-ci à développer un leadership collectif important. En fait, de multiples outils sont à l'origine de cette revitalisation. L'information est l'un des outils indispensables pour qu'une coopérative inscrive sa dynamique dans celle de la collectivité et pour qu'elle contribue efficacement à la mise en valeur des potentiels collectifs. La circulation de l'information fait référence aux réseaux d'acteurs qui y sont impliqués. Sa nature et ses limites dans un territoire donné attirent l'attention des chercheurs provenant de différentes disciplines. Elle est abordée par de nombreux chercheurs issus de disciplines diverses (sociologie, psychologie, histoire, économie, linguistique, politologie, etc.,), qui l'étudient, chacun en fonction de perspectives différentes, qui pour en comprendre les mécanismes et les rouages, qui pour cerner ses retombées et ses effets sur les enjeux socio-économiques actuels. La circulation de l'information suppose l'existence de réseaux d'acteurs locaux, régionaux et nationaux, qui se créent, le plus souvent, en fonction d'un nombre de dispositifs d'appui aux différentes stratégies. La pertinence de cette circulation informationnelle au développement des collectivités dépend largement des intérêts mis en jeu au sein de celles-ci. En ce sens, le succès d'un réseau informationnel résulte à la fois : - Des capacités des différents acteurs à promouvoir une coopération et un consensus collectif plus au moins développé; coopération et consensus qui augmentent les capacités concurrentielles de la collectivité ; - De l'expertise et du savoir-faire des acteurs et des agents impliqués dans le réseau en question. Grâce aux soutiens des différentes composantes sociales et économiques de la collectivité, on comprend l'importance des contributions d'un réseau informationnel adéquat à l'enracinement de la coopérative dans son milieu économique, social et culturel. On comprend aussi que ces soutiens s'agissent d'une volonté collective à maintenir la collectivité bien vivante et, plus que tout, d'une action collective et consciente liée à la dynamique des acteurs innovateurs du même milieu. Souvent, ces derniers se présentent comme des porteurs d'un pouvoir obligatoire pour tout changement. " Une instance ou une collectivité ne peut s'affirmer que si elle détient un pouvoir ou une influence qui lui permettrait de se rendre indispensable " . Il faut la détermination des principaux acteurs d'une collectivité pour aboutir à maximiser les effets positifs des réseaux informationnels et à mieux encadrer leurs retombées sur les activités économiques et financières qui y prospèrent. De ce point de vue, la circulation de l'information se présente comme une ¦uvre collective et consciente qui vise à renforcer la place de l'entreprise face aux conjonctures locales, régionales et nationales. Celles-ci sont de plus en plus exigeantes. Sur la base de cette recherche qui porte sur les services financiers et le développement local, nous voulons ici rendre compte des effets des fusions d'institutions financières sur la circulation de l'information économique. Cette recherche veut effleurer quelques aspects qui peuvent affecter les communautés rurales face aux vagues de fusion de leurs institutions financières. On peut supposer que ces fusions ont comme effet la restriction du nombre d'agents par lesquels l'information économique est véhiculée, mais sans que cela affecte la quantité et la valeur de l'information circulée, au contraire. Nous tenterons de démontrer qu'une fusion, comme action donnant naissance à une nouvelle entité, peut favoriser une circulation dense et efficace de l'information ; densité et efficacité que l'on peut mesurer, ou tout au moins évaluer à partir de l'importance de ses retombées sur les activités de la coopérative et sur son enracinement social et économique. |
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Le chômage et la pauvreté qui ont accompagné la crise du fordisme ont particulièrement touché les jeunes et les femmes responsables de familles monoparentales. Cette crise a également entraîné de profondes restructurations économiques qui ont affecté plusieurs anciens quartiers industriels, dont le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Ce dernier montre aujourd'hui des signes de déclin: usines fermées, population appauvrie, cadre bâti dégradé... Les populations exclues du marché du travail, notamment les jeunes et les femmes monoparentales, ont souvent de la difficulté à se loger adéquatement sur le marché du logement. Une alternative s'offre à eux: le logement communautaire géré par une coopérative d'habitation (COOP) ou un organisme sans but lucratif (OSBL). Ce type de logement se trouve en grand nombre dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. La présente étude vise à vérifier, à la demande d'intervenants du quartier, dans quelle mesure il serait opportun d'impliquer les résidants sans occupation stable (SOS) des logements communautaires du quartier Hochelaga-Maisonneuve, en particulier des jeunes et des femmes monoparentales, dans un parcours d'insertion socio-économique qui contribuerait à la revitalisation du quartier. L'enquête qui a été menée à l'été 1998 aborde les rapports de ces résidants au logement, au voisinage et au quartier de même que leur trajectoire sur le plan de la formation et leur itinéraire eu égard au marché du travail. Les résultats font ressortir un degré élevé de satisfaction résidentielle et d'attachement au quartier, un grand intérêt pour des formations et des stages donnant accès à un emploi et le souhait exprimé par plus de la moitié des répondants SOS de demeurer dans le quartier même si leurs revenus augmentaient. Ces faits saillants militent en faveur d'une intervention auprès des occupants du parc de logements communautaires du quartier Hochelaga-Maisonneuve, en particulier auprès des jeunes et des femmes responsables de familles monoparentales, dans une double perspective d'insertion socio-économique et de revitalisation du quartier. |
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Reconnu pour l'importance de ses ressources naturelles, la vitalité de ses institutions démocratiques et la qualité de vie de ses habitants, le Canada est aussi riche d'une tradition de développement coopératif. Dans de nombreux secteurs d'activités, les organisations coopératives ont, depuis plus d'une centaine d'années, contribué au mieux-être de millions de personnes tout en les sensibilisant aux rouages d'une citoyenneté active et dynamique. Les formes, les contextes ont varié mais ces projets ont tous en commun de s'être faits par ce modèle d'organisation économique et sociale qui place la personne et son bien-être au centre de ses préoccupations. Réponse à des besoins non ou mal desservis, la coopérative a aussi été souvent pour les différentes communautés francophones du pays, un moyen de perpétuer la culture et la langue. Au Québec plus particulièrement, la formule coopérative est reconnue comme un acteur de premier plan dans différents secteurs d'activités, dont les services financiers, l'agro-alimentaire, l'industrie forestière et la consommation en milieu scolaire. Cette identification des francophones à la formule coopérative se reflète sur le plan des statistiques. Selon des données récentes, on constate qu'en rapport avec leur population, les francophones ont 2,7 fois plus de coopératives que les anglophones. La présente brochure veut refléter la diversité et l'importance souvent méconnues qu'a occupé et qu'occupe toujours la coopérative comme modèle d'organisation et d'intervention dans la vie économique auprès des francophones au Canada. Entreprise d'hommes et de femmes, la coopérative est aussi traversée d'influences, portée par des mouvements sociaux dont il sera fait écho dans ce document. La décision de réaliser un document soulignant les faits saillants historiques de la coopération au Canada français a nécessité des choix de contenu et d'angles de traitements parfois fort exigeants. Devant l'abondance des sources et des faits, tout ne pouvait être dit à l'intérieur d'une cinquantaine de pages. Le lecteur tiendra compte de ces limites. Quant à ceux qui souhaitent aller plus loin, et espérons qu'ils soient nombreux, nous les invitons à consulter la bibliographie. |
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L'insatisfaction de nombreux citoyens à l'égard des services bancaires et de l'attitude des banques en général s'est clairement exprimée dans le rapport McKay sur l'avenir du secteur des services financiers canadiens paru en septembre 1998. Il mettait notamment à jour l'incapacité pour les petites et micro entreprises d'avoir un accès adéquat au crédit. Le phénomène de mondialisation, amenant avec lui fusions et sur-spécialisation des activités bancaires en vue d'une plus grande rentabilité économique, n'entraînera certainement pas de lui-même une meilleure répartition des crédits au sein de la communauté. Devant un tel constat, des initiatives de financement alternatif ont vu le jour notamment dans plusieurs pays d'Europe. Ce mouvement visant à financer le secteur de l'économie sociale revêt actuellement une ampleur indéniable malgré l'émergence relativement récente de ces instruments financiers dont la plupart ont une dizaine d'années d'existence seulement. Mise sur pied il y a quelques mois à peine en Italie, la Banca Etica amène avec elle une nouvelle manière de concevoir tant l'épargne que le crédit. En n'investissant que dans des projets à caractère éthique et à forte retombée sociale, la Banca Etica permet aux épargnants de faire un geste socialement responsable et surtout, assure un accès au crédit aux entreprises relevant de l'économie sociale grâce à des critères de prêts assouplis et adaptés à cette clientèle. Le choix d'une structure coopérative à sociétariat mixte témoigne de cette orientation éthique et démocratique. Faisant écho au rapport McKay et aux recommandations du Chantier sur l'économie sociale, l'expérience de la Banca Etica pourrait peut-être constituer un modèle intéressant dont pourrait se doter le secteur de l'économie sociale au Québec. |
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Ce texte reprend en l'enrichissant une conférence prononcée le 1er novembre 1998 aux auditeurs du programme de nutrition-santé et ceux du programme d'administration-gestion de l'Université Senghor. Intitulé " Les coopératives oeuvrant dans le domaine de la santé : un potentiel à utiliser en Afrique Un point de vue ", cet exposé vise à partager quelques éléments de réflexion sur les opportunités et les conditions facilitant la présence des coopératives dans le domaine de la santé sur le continent africain. Le point de vue adopté par le conférencier se démarque d'autres approches sur le thème de la santé. Au lieu de partir d'une description et d'une analyse des composantes d'un système de santé et d'évaluer différents modes de prestation de services, il suit une démarche différente, soit celle de présenter le potentiel de développement de la formule coopérative dans ce domaine et par la suite évaluer succinctement, à la lumière des traits dominants des systèmes de santé, les possibilités et surtout, les conditions favorables au rayonnement des coopératives dans le contexte sociosanitaire africain. Reprenant une typologie élaborée en 1997 par les Nations Unies, l'auteur explore ainsi les modèles possibles d'application de la formule coopérative dans le secteur de la santé. Cette section est enrichie par les développements récents qui ont cours dans ce domaine au Québec (Canada). Par la suite, s'inspirant de quelques études de grands organismes internationaux il brosse un bref tableau des principaux enjeux des systèmes de santé nationaux africains. Enfin, à partir de constats sur l'expérience coopérative postcoloniale en Afrique, l'auteur identifie des conditions essentielles à la création et au développement de coopératives dans le domaine de la santé. |
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Ce cahier brosse un portrait des coopératives dans le domaine sociosanitaire au Québec. Un bref rappel historique de leur développement précède l'identification de quelques éléments clés d'interprétation. Dans un nombre croissant de pays, en complémentarité aux organismes publics et aux entreprises privées à finalité lucrative, on reconnaît, voire encourage, la présence d'un troisième acteur dans le domaine sociosanitaire. Il s'agit d'entreprises privées à but non lucratif, de type coopératif. Les cas du Japon, de l'Espagne et du Brésil illustrent bien cette tendance. L'apport des coopératives au Japon, concernant la participation des usagers et la promotion continue en matière de prévention est remarquable. Reprenant et adaptant une grille élaborée par les Nations Unies pour classifier ces diverses expériences, les auteurs retiennent six secteurs d'activités dans lesquels il y a présence de coopératives : les services de santé, les services à domicile, les regroupements de professionnels, les services de transport ambulanciers, l'hébergement spécialisé et l'approvisionnement et la distribution. Pour chacun de ces secteurs, l'information se décline sous neuf rubriques soient les données contextuelles, les applications de la formule coopérative, les services offerts, la place des usagers, la structure interne, la présence des professionnels, le financement, la ou les affiliations et les relations avec d'autres établissements. Insistant au cours du document sur l'apport original de ces diverses expériences dans la création de nouveaux espaces de démocratisation tant sur le plan de la consommation des services que sur celui du travail, les auteurs concluent en soulignant l'invitation lancée par le Comité Arpin au Gouvernement du Québec à savoir qu'il faut faciliter la diffusion de ces expériences et simplifier les démarches auprès des intervenants publics pour stimuler l'implantation de ces solutions. |
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Le commerce équitable n'est pas un phénomène nouveau. On peut d'ailleurs remonter aux années 50 pour identifier ses premières origines. Ce qui est nouveau en revanche c'est l'ampleur que ce type de commerce revêt actuellement. Au cours des dernières années, ce commerce alternatif a en effet connu un essor considérable. Bien qu'encore largement marginal, le commerce équitable connaît une croissance importante. Les échanges commerciaux dits équitables augmentent de 5 % par année en moyenne. Entre 1988 et 1994, le taux de croissance annuel a même atteint 50 % en Italie. Au Québec et au Canada pourtant, le commerce équitable demeure encore souvent un concept flou sinon méconnu pour de nombreux consommateurs. Afin de mieux comprendre ce phénomène en émergence, ce document trace un portrait d'ensemble du commerce équitable en Europe et au Canada. Portrait s'attardant à la structure particulière de ce commerce, à son mode de fonctionnement ainsi qu'aux principaux acteurs impliqués. Cette étude dégage également un certain nombre d'enjeux qui sont autant de pistes de réflexion quant à l'avenir de ce commerce. |
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Les secteurs financiers canadien et québécois connaissent des changements majeurs, notamment l'ouverture accrue (quoique toujours partielle) du marché canadien aux banques étrangères, la concurrence des fonds mutuels pour la canalisation de l'épargne, la diversification des activités bancaires. Le Mouvement Desjardins se trouve au c¦ur de cette problématique et, pour y faire face, il a amorcé une vague de transformations importantes (réingénierie, fusions de caisses, fermetures). Comme les caisses Desjardins sont des coopératives qui remplissent des fonctions financières et non financières importantes dans les milieux où elles sont implantées, il apparaît pertinent d'étudier les répercussions de ces transformations sur les dynamiques de développement local. Dans cette visée, nous avons choisi d'analyser le cas de diverses collectivités réagissant différemment face à ces transformations. Nous présentons ici le cas d'une caisse populaire d'une petite collectivité locale, celle de Saint-Camille. Il s'agit d'une municipalité d'environ 450 habitants qui a fait preuve d'un dynamisme exemplaire. La stratégie choisie en est une d'alliance plutôt que de fusion. |
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Les secteurs financiers canadien et québécois connaissent des changements majeurs, notamment l'ouverture accrue (quoique toujours partielle) du marché canadien aux banques étrangères, la concurrence des fonds mutuels pour la canalisation de l'épargne, la diversification des activités bancaires. Le Mouvement Desjardins se trouve au c¦ur de cette problématique et, pour y faire face, il a amorcé une vague de transformations importantes (réingénierie, fusions de caisses, fermetures). Comme les caisses Desjardins sont des coopératives qui remplissent des fonctions financières et non financières importantes dans les milieux où elles sont implantées, il apparaît pertinent d'étudier les répercussions de ces transformations sur les dynamiques de développement local. Dans cette visée, nous avons choisi d'analyser le cas de diverses collectivités réagissant différemment face à ces transformations. Nous présentons ici le cas de diverses collectivités réagissant différemment face à ces transformations. Nous présentons ici le cas de la caisse de Mirabel, une caisse située dans une collectivité en manque de sentiment d'appartenance et qui désire fusionner. Dans ce cas, la fusion est considérée par les acteurs comme une stratégie d'expansion pour la caisse. |
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Apparu, à l'origine dans la province de Brescia, zone septentrionale de l'Italie, à la fin des années 60, le phénomène des coopératives sociale a connu une importante croissance dans les années 70 et surtout 80. La crise de l'État Providence, l'émergence de besoins sociaux et la forte tradition d'action coopérative ont milité en ce sens. On évalue qu'en date de l'année 2000, elles dépassent le nombre de 5 000 regroupant environ 120 000 associés soit 11 000 bénévoles et 115 000 travailleurs dont 15 000 travailleurs défavorisés. Ces coopératives desservent quelque 500 000 usagers et génèrent un chiffre d'affaires de 4 000 milliards de lires (269 millions $CDN) chiffre qui connaît une croissance annuelle d'environ 10 %. En Italie, la constitution reconnaît l'apport des coopératives au bien-être de la population. L'appui de l'État dans le développement de ce réseau n'est pas négligeable. Outre la reconnaissance juridique qui s'est concrétisée par l'adoption d'une loi en 1991, les divers paliers gouvernementaux ont des pratiques d'achat de services ou produits favorables à ces organisations. Ces coopératives se singularisent à plusieurs titres : elles concilient entrepreneurship coopératif et satisfaction de besoins sociaux. Ainsi, en ¦uvrant, selon les termes de la loi, " à l'intérêt général de la communauté pour la promotion humaine et l'intégration sociale " elles adoptent deux grandes configurations : les coopératives de type A se concentrent dans l'offre de services de nature sociale à des clientèles dans le besoin : service d'aide à domicile à des personnes âgées, centre de la petite enfance, etc. Les coopératives de type B se caractérisent plutôt par la composition de sa force de travail. Il s'agit de la cohabitation de travailleurs ordinaires et de travailleurs défavorisés, dont des personnes atteintes d'un handicap physique ou mental mais aussi des toxicomanes, des détenus et autres. Elles pratiquent donc l'insertion professionnelle. Ces travailleurs défavorisés doivent représenter au moins 30 % du personnel. Ces coopératives évoluent dans une multitude de secteurs d'activités de production et de services telles l'agriculture, la menuiserie, l'informatique, la reliure et la typographie, etc. À un autre niveau, les coopératives sociales marquent une forme de renouveau de la définition d'une coopérative par un sociétariat varié. À l'opposé du modèle qui a longtemps dominé, il ne s'agit pas d'un sociétariat singulier, consommateurs ou travailleurs, mais d'un sociétariat pluriel, faisant référence dans la littérature spécialisée au concept de multi-stakeholders et qui au Québec, porte le nom de coopérative de solidarité. Les membres sont des travailleurs, des bénévoles, des personnes qui participent au financement et à une échelle plus réduite, des usagers ou bénéficiaires des services. Les coopératives sociales ont adopté une stratégie de développement de type grassroot, soit la multiplication des coopératives plutôt que leur développement en grosse organisation. Ainsi, en moyenne, elles comptent de 40 à 50 membres et réalisent un chiffre d'affaires de 1GL (675 000 $CDN). Par contre ces coopératives pratiquent l'art de la concertation en se donnant des structures intermédiaires et supérieures. Elles se regroupent en consortiums territoriaux pour la mise en réseau et l'appui au développement des coopératives existantes et de nouvelles initiatives. Ils existent aussi des consortiums nationaux, qui dans ce cas, sont davantage dédiés à des activités de formation, de développement et de représentation. Depuis quelques années, une fédération regroupe les coopératives et les consortia. La réussite de ce réseau est une combinaison de divers facteurs dont cette stratégie de regroupement en consortium et la reconnaissance légale, mais aussi la construction d'une identité spécifique et le lien étroit avec la recherche et le monde universitaire. Le réseau des coopératives sociales italiennes est riche d'enseignement pour le Québec tant en termes de stratégies de développement, de composition du sociétariat, du rôle de l'État, de dynamique syndicale que d'établissement de nouveaux rapports avec des grands acteurs institutionnels. |
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Au c¦ur du gouvernement de l'entreprise, la relation conseil d'administration/direction générale s'avère une articulation délicate entre des fonctions stratégiques et des fonctions opérationnelles. Si en général dans les coopératives, on peut facilement démarquer un et l'autre parce que les administrateurs ne sont pas nécessairement en lien direct avec l'activité de la coopérative, dans une coopérative de travail il en va autrement : les dirigeants sont aussi des salariés de l'entreprise. Il peut être tentant d'utiliser la tribune du conseil d'administration pour traiter des questions d'intendance quotidienne en perdant de vue d'autres responsabilités y inclus celles prescrites par la loi. De plus, si la finalité d'une entreprise à capital action est aisément mesurable et perceptible, la valorisation de l'avoir des actionnaires, celle d'une coopérative est plus diffuse : la satisfaction des besoins des membres ou la maximisation de l'avantage coopératif. Comment bien camper cet objet dans les travaux d'un conseil d'administration d'une coopérative de travail sans pour autant se substituer à la direction? C'est nourri de ses interrogations que la Fédération québécoise des coopératives de travail et le comité sectoriel de main d'¦uvre en économie sociale et action communautaire ont demandé à la Chaire de coopération Guy-Bernier de l'Université du Québec à Montréal de réaliser une revue de littérature sous le thème.Les coopératives de travail : L'interaction conseil d'administration-direction générale: une dynamique à mieux comprendre. La complexité et l'interdépendance du sujet avec d'autres facteurs ont incité les auteurs à un traitement large de la question : approfondir la connaissance des recherches sur les coopératives de travail réalisées au Québec mais aussi à l'étranger et lorsque pertinent, ouvrir sur d'autres perspectives susceptibles d'enrichir l'analyse, par exemple la gouvernance dans les organisations sans but lucratif ou le cadre de relation conseil d'administration/direction générale au sein de coopératives de producteurs. Ce rapport se décline en huit sections. Dans la section sur les dimensions de l'entreprise on fait une importante mise en garde : même dans un contexte ou les travailleurs sont propriétaires de l'organisation, il n'y a pas d'assurance que l'organisation du travail sera avant-gardiste. Le mode de gestion peut-être très traditionnel, basé sur des rapports d'autorité et encourageant la déqualification du travail par l'atomisation des tâches. Mais ce n'est pas inéluctable. Parallèlement au développement de l'entreprise, les paliers décisionnels peuvent se multiplier, la fluidité de l'information entre les divers acteurs laissé à désirer. Des acteurs peuvent se coaliser, le conseil d'administration et la direction générale ou le conseil d'administration et les sociétaires. Dans le premier cas, il y a fort risque d'affirmation d'un contre pouvoir, dans le second, l'isolement de la direction ne peut conduire à terme qu'à son renvoi. La formation des administrateurs facilite l'exercice de leur fonction. Mais cette formation doit être désirée et cohérente à ce que fait l'organisation. Un écart trop grand rend le processus futile. Cette formation doit être aussi accessible au plus grand nombre au risque de voir les élus devenir inamovible pour cause de non-préparation de leurs pairs! La participation n'est jamais une chose acquise, il faut l'encourager, la soutenir. Si l'élan fusionnel du départ facilite la mobilisation des membres, au fil des années, cette participation peu devenir plus laborieuse d'autant que des phénomènes de centralisation du pouvoir peuvent interroger la raison d'être d'une présence au conseil d'administration. Mais outre des exigences très précises de la loi sur les coopératives sur la fonction de dirigeants, le Code civil renforce cette responsabilité. Les écrits sur la gouvernance suggèrent quelques règles qui favorisent un partage clair des champs de compétence conseil d'administraion/direction générale et identifient des pratiques favorables à des relations réfléchis. |
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Durant les années 1990, la réingénierie des organisations apparut comme une des formes privilégiées de transformations des processus et des activités. Ceci devait permettre de hausser la performance et la rentabilité des entreprises, particulièrement celles qui connaissaient des difficultés et qui jugeaient avoir besoin d'un traitement choc ou d'un changement radical. Compte tenu du contexte de déréglementation et des pressions concurrentielles croissantes, le mouvement Desjardins s'est vu confronté à un questionnement majeur sur son positionnement commercial, sur sa performance et sur la pertinence de certaines de ses structures et surtout de son mode de fonctionnement. La décision d'investir sur une période de cinq ans plus d'un demi-milliard de dollars dans la réingénierie des caisses populaires illustre combien la direction de la Confédération des caisses populaires et d'économie du Québec (ci-après appelée la Confédération) jugeait la situation critique. Ce cahier présente les résultats d'une recherche effectuée dans quatre caisses populaires sur les conditions d'implantation de la réingénierie et non sur les retombées financières et commerciales de celle-ci, puisque les caisses étaient en 1998 à compléter le processus et, en conséquence, une évaluation globale de tels résultats apparaissait prématurée à ce moment. L'approche centralisée caractérisant les démarches entourant le projet de réingénierie des processus n'a pas permis aux acteurs locaux de se sentir en plein contrôle des changements à introduire dans leurs façons d'opérer. L'implication des salariés, même du syndicat local dans des cas moins fréquents, se limitait donc au niveau opérationnel. Nous avons constaté qu'au-delà des différences entre les caisses syndiquées et non-syndiquées, le style de leadership des directeurs des caisses était au moins aussi déterminant que d'autres facteurs à l'égard de la satisfaction et de l'adhésion des employés, de certains résultats obtenus et de l'avancement de la réorganisation des activités et du travail. Somme toute, les pratiques observées n'ont pas présenté de différences fondamentales, y compris entre caisses syndiquées et caisses non syndiquées. L'implantation de la réingénierie s'est donc déroulée sans difficultés majeures et sans opposition ou résistance syndicale significative. Nos observations indiquent que la mise en place de la réingénierie se déroulait toutefois mieux avec l'implication des salariés. On peut sans exagération ou présomption suggérer qu'une implication syndicale dans le processus aurait pu constituer une condition favorable additionnelle non seulement à une meilleure implantation des transformations, mais encore à des retombées plus intéressantes pour la rentabilité de la caisses et pour l'avenir de l'emploi et des conditions de travail des employés. |
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Le mouvement coopératif Anckély développement, situé dans les régions centrale et de la Kara au Togo, est une initiative locale qui a pour objectif d'amener un changement de mentalité et l'engagement dans des activités structurantes par l'éveil de la conscience paysanne. La philosophie intrinsèque du mouvement repose sur le changement de mentalité, et ce afin d'amorcer un véritable processus de développement. Dans cette optique, plusieurs domaines de la vie sociale sont ciblés par les interventions du mouvement : l'agriculture, le maraîchage, l'élevage, le petit commerce, la transformation, la santé, l'éducation, l'environnement, ainsi que l'épargne et le crédit. De même, le mouvement repose sur trois acteurs principaux : les sages, les jeunes (hommes et femmes), ainsi que les Organisations Non Gouvernementales . Le respect des valeurs et coutumes régionales fortifie les bases du mouvement, et ce grâce entre autres à l'inclusion des sages en tant qu'organe dans le processus décisionnel collectif. Or, malgré quelques particularités spécifiques au mouvement, ce dernier reste avant tout un mouvement coopératif autant par le respect des principes au sens strict que par sa finalité essentiellement altruiste . |
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Un mouvement non anticipé dans les taux d'intérêt peut affecter significativement la rentabilité ainsi que la valeur marchande de l'équité d'une institution financière, c'est le risque de taux d'intérêt. Pour quantifier ce risque, les institutions financières effectuent traditionnellement une analyse de l'appariement des échéanciers des éléments d'actifs et des passifs ou utilisent plus récemment l'écart de durée entre les actifs et les passifs. Mais, les normes internationales requièrent maintenant que les risques supportés par les institutions financières et le capital de ces institutions soient analysés en terme de VaR1. Une fois ce risque calculé, il faut essayer de le gérer. La gestion du risque de taux d'intérêt est devenue une tache complexe pour les institutions financières. Plusieurs de ces institutions utilisent une large variété d'instruments de couverture comme les contrats à terme et les swaps pour les assister dans leur gestion du risque. Le but de ce mémoire est d'abord de tenter de déterminer quel produit, entre le swap et le contrat à terme, offre une meilleure couverture du risque du taux d'intérêt pour chacun des deux modèles de risque susmentionnés (écart de durée et VaR) pour ensuite être en mesure d'identifier quel modèle de mesure de risque est le plus efficace pour l'institution étudiée. À l'aide des données provenant de la Caisse Populaire Desjardins de Montréal et de l'Ouest du Québec, nous utilisons la simulation Monte Carlo pour calculer la VaR et simuler l'impact d'une variation du taux d'intérêt sur le bilan. À partir des résultats de ces simulations, à l'aide de la statistique U de Theil (Mean Root Square Error), nous serons en mesure de comparer la performance relative de la couverture par les swaps et les contrats à terme pour chaque modèle. Ensuite il devient aisé d'identifier l'efficacité relative des deux modèles. |
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Le présent texte vise principalement à caractériser la publicité institutionnelle télévisée du Mouvement Desjardins entre 1969 et l'an 2000, en regard du slogan, de l'axe de communication, des objectifs et des publics ciblés de chacune des campagnes qui ont été mises de l'avant durant cette période. Il ressort de l'étude de cas que la publicité institutionnelle télévisée de Desjardins vise principalement à accroître la reconnaissance du Mouvement, à mettre en relief sa spécificité coopérative et à mettre en valeur le réseau et la gamme complète des services et produits de Desjardins ainsi que la compétence du personnel des caisses. Quant aux divers slogans retenus, bien que différents sur le plan de leur formulation, ils se rejoignent bien souvent en ce qui a trait à la signification que l'on peut leur attribuer. |
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Claude Vienney est l'auteur de ce qui constitue à ce jour l'une des synthèses les plus complètes pour l'analyse de l'organisation coopérative et de l'économie sociale. Ses ouvrages, notamment Socio-économie des organisations coopératives, paru chez CIEM, et L'économie sociale, publié aux éditions de La Découverte, ont marqué et influencé de nombreuses recherches dans la francophonie, particulièrement au Québec. Son oeuvre qui a accompagné l'évolution des coopératives au Nord durant la seconde moitié du XXe siècle a puissamment contribué à expliquer leurs transformations pendant cette période ainsi que le débouché de ce courant coopératif dans l'économie sociale. Ces constats ont conduit à lui proposer un interview franco-québécois sur son oeuvre, mais aussi sur le parcours qui en explique le pourquoi et le comment. |
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L'objectif principal de cette bibliographie commentée est de fournir une littérature de référence qui permettra une analyse plus fine et pertinenete des grands axes de recherche du programme mené conjointement par la Chaire de coopération Guy-Bernier et la Chaire Éocnomie et Humanisme, soit l'articulation entre le commerce équitable, le développement durable, le rôle des coopératives et les normes du travail. |
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Ce cahier se veut un guide pratique du commerce équitable à l'usage stricement restreint aux personnes et organisations désireuses d'entreprendre des actions concrètes pour aider les populations défavorisées des pays du Sud. Il a pour but de permettre et de simplifier l'importation de produits équitables, ainsi que d'assurer leur commercialisation. Partant du constat amer de l'incapacité du commerce international de résourdre, ou pour le moins d'endiguer la paupérisation d'une par toujours plus croissante de la population de la planète, le mouvement du commerce équitable a déjà maintes fois été analysé dans ses fondements, ses motivations et ses principes. Pourtant ce type de commerce, bien qu'alternatif, et s'il doit répondre aux mêmes exigences que le commerce traditionnel, possède, de part sa structure particulière, un mode de fonctionnement propre et des règles strictes qu'il faut observer. Ce cahier se veut donc un outil pratique de planification et de réalisation de relations commerciales avec les pays du Sud dans le respect des règles, des principes et donc de l'esprit du commerce équitable. Dans une première partie, nous aborderons le sujet par un état des lieux du commerce international comme outil de la mondialisation, de ses principes, son organisation, ses limites et ses effets sur les populations. Nous verrons ainsi combien il est urgent d'opter pour des règles du jeu plus équitables c'est-à-dire d'abord et avant tout, égales pour tous les joueurs. Dans un deuxième temps, nous aborderons les principes du commerce équitable, ses, fondements son organisation et ses organismes, ainsi que ses objectifs. À ce stade nous opérerons une séparation entre commerce équitable de produits certifiés et commerce équitable de produits sans certification. La seconde partie constitue l'approche pratico pratique de ce travail. En effet, nous y abordons la problématique du commerce équitable sous un jour nouveau : comment procède-t-on concrètement à l'importation de produits en suivant les filières et critères équitables. Cette partie s'articule autour d'étapes clefs : achat des marchandises, paiement, risque de change, inspections sanitaires, transport, incoterms, assurances, transport maritime, douanes et entreposage. |
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