OÙ VA LA CULTURE ? PERFORMANCES ACADÉMIQUES


OÙ VA LA CULTURE ?
Événement sur la mobilité culturelle

Du 29 avril au 1er mai 2010
programme | descriptif | lieux de l'événement | soirée de performances


29 avril, 20h00
Cabaret du Saint-Sulpice, 1680, rue Saint-Denis, métro Berri-UQAM

PROGRAMME DE LA SOIRÉE DE PERFORMANCES ACADÉMIQUES
Animée par Jonathan Lamy

1. Franck Ancel, ZEITnot # 2
(performance depuis Paris)

Cercle blanc sur fond blanc est à la fois une note de recherche et une trace abstraite constituées exactement de 2222 mots. C’est un texte en français destiné au départ à 2222 personnes sur toute la planète, parlant différentes langues, grâce au réseau Internet. Cette base de contacts a été constituée depuis plusieurs années, à partir d’échanges professionnels et amicaux. Mes événements mettent en exergue des lignes de convergence entre des univers jusqu’alors parallèles et aux liens méconnus. Cette dimension prétend pourtant pouvoir redonner du sens à une déambulation, à l’image de notre monde désormais informationnel et chaotique.

Franck Ancel est artiste multidisciplinaire et zérographe. Il a notamment réalisé la première création artistique diffusée en direct sur le réseau Internet depuis un avion de ligne en vol, le samedi 17 décembre 2005 entre 18h00 et 19h04 (GMT), lors d’un trajet de Shanghai à Munich. Il explore une vingtaine de connexions entre 1989-2009 / invisible-visible / architecture-environnement / Kiesler-Polieri / néo-avant-garde / espace-temps / technologie-science / langage-forme / réseau-donnée / histoire-mémoire / écran-scène / phare-satellite / communauté-être / corps-mouvement / passé-futur / âme-peau / nature-cosmos.

2. Gabrielle Giasson-Dulude, Figures (poésie-performance)

Figures est un récital de textes pensés à partir du mime corporel. Contrairement à ce que l’on croit, le mime n’est pas un art de l’imitation (Decroux). Dans des contextes urbains, saturés par la technologie, le corps subit la pression des non-lieux (Marc Augé) reliés aux habitudes de la société de consommation. Dans l’espace de la ville, l’expérience inhospitalière des non-lieux semble n’arriver à produire que des visages sans corps. Sans cesse, le poème, comme le mime, essaie de reconquérir un espace menacé. Fondamentalement critiques, le mime et le poème résistent au spectaculaire, lui opposant une politique du corps et de la voix.

Gabrielle Giasson-Dulude a une formation en arts dramatiques. Née à Montréal en 1984, elle a publié des poèmes dans les revues Main Blanche,Brèves et Exit. Elle poursuit maintenant une maîtrise à l’UQAM en création littéraire. Elle a suivi des cours de mime avec Omnibus pendant plusieurs années et a participé au Festival Fringe en 2005 et 2006. On a pu l’entendre à Solovox, à La poésie prend les parcs, au OFF Festival international de littérature, ainsi qu’à une soirée de poésie et performance qu’elle a coorganisée à la Maison de la culture Maisonneuve.

3. Catherine Cormier-Larose et Alexie Morin, Breast Me (présentation-performance)

En s’employant à des recherches académiques tout en étant parent, les éléments tirés des livres doivent trouver place entre les changements de couches. Qu’arrive-t-il quand l’espace créateur devient un espace public, qu’il est toujours envahi ? Accompagnées de textes de Martine Delvaux, Sébastien Dulude et Rosalie Lessard et de projections de différentes œuvres d’art contemporaines à propos de la maternité (Catherine Opie, Monique Moumblow, Janieta Eyre et Guy Ben Ner), nous tenterons de redéfinir la maternité culturelle, en intégrant à cette performance à la fois le fruit de nos recherches plus « académiques » et des extraits de nos propres créations.

Catherine Cormier-Larose possède deux baccalauréats, une maîtrise, et beaucoup de livres. Elle a publié dans différents périodiques, dont Moebius, Esse, Jet d’encre et Ovni, et a participé à deux livres collectifs (Les Chats aux éditions Rodrigol et Le livre noir aux éditions de Ta Mère). Elle est directrice des Productions Arreuh (www.productionsarreuh.blogspot.com) qui s’intéressent aux pratiques poétiques et performatives dans l’espace public. Elle est maman d’une petite fille qui lui permet une autre prise sur sa réalité.

Alexie Morin termine une maîtrise en études littéraires à l’UQAM. Elle a publié dans différentes revues, dont Biscuit chinois, Moebius, Ectropion, Porte-abîme et Histoire incrédibles. Elle est de l’équipe de Voix d’ici (www.voixdici.ca) et fait partie du collectif Vx, qui s’intéresse à la construction de la voix dans l’écriture et à son rapport au corps, au langage et au monde. Vous pouvez suivre son blogue au www.mecreante.blogspot.com. Elle est maman d’un petit garçon qui transforme son rapport artistique et humain au monde.

4. Sébastien Dulude, Beefeater (poésie-action)

Ma proposition vise à emprunter le pont reliant la notion de spatialisation du texte poétique, qui est l’assise théorique de mes recherches doctorales portant sur la poésie performance québécoise, au terrain de ma pratique de poésie action. Ce pont est le vecteur d’une réflexion/expérimentation quant à la mise en espace public de l’intimité des affects du texte et de l’action. Teintées d’ambiguïté, entre malaise et pulsions, mes performances se veulent engageantes par leur relation manifeste avec un quotidien sous-jacent, mais décontextualisé à l’extrême. Il s’agit de déraciner le domestique pour le convoquer de force dans un espace indifférent.

Sébastien Dulude est détenteur d’une maîtrise en lettres de l’UQTR ayant porté sur l’esthétique de la typographie dans l’édition de poésie. Il poursuit actuellement des études doctorales (UQTR /McGill) sur la performativité et la spatialisation du texte poétique québécois. Résidant à Trois-Rivières, il y a co-fondé le regroupement multidisciplinaire Le Hic ! et a participé à de nombreux événements de poésie et de performance, dont le Festival international de poésie de Namur et le Festival Voix d’Amériques. Il a fait paraître des poèmes dans les revues Estuaire, Art Le Sabord ainsi que le même poème, suivi de sternum crush blues au Tremplin d’actualisation de poésie.

5. Hélène Matte, Dit-section (performance-action)

La performance Dit-section propose de délivrer la matière du livre. L’ouvrage choisi, Autopsie du secret, date du Québec des années 60. Ironiquement, il a été dédicacé à un médecin qui ne l’a jamais lu. Afin de déterrer son auteur – le grand homme et poète ordinaire Ernest Pallacio-Morin – et de s’approprier cet objet de notre culture qui depuis la Révolution tranquille est resté muet, Hélène Matte a choisi de le passer au bistouri de l’art action. Un rituel matérialiste, une morgue poétique, un hommage-dommage à une mémoire collective qui s’oublie. Une première partie de cette performance a été présentée lors de la Nuit de la création 2010 à l’Université Laval.

Poète issue des arts visuels qui dit ou artiste peintre qui écrit, Hélène Matte vit à Québec, où elle collabore aux revues Inter art actuel etBazzart. Par une démarche interdisciplinaire, elle interroge particulièrement le dessin et la poésie en tant qu’actes de présence. Comptant à son actif plusieurs expositions et performances au Canada et en Europe, elle est aussi l’auteure de l’événement-CD Chansons dégoulinantes et poèmes acculés au pied du mur (2003), du spectacle Voyage Voyage (Prix VIDERE-événement 2007) et du livre-DVD Lever du jour sur Kinshasa (Planète Rebelle, 2008). Elle termine une maîtrise en arts visuels à l’Université Laval.

6. Schallum Pierre, Variations pour un mot (poésie sonore)

À la croisée du créole et du français, de l’onomatopée et du bruitage, de la musique concrète et de la déclamation, ce poème sonore révèle le pouls de ceux qui se promènent dans les rues de Port-au-Prince, de Québec et de Paris. Clin d’œil à Pierre Schaeffer, « Variations pour un mot » fait place à une décélération qui nous permet de déceler les différents moments d’un phonème, les micro-structures qui accompagnent une langue et surtout les différentes manières de se l’approprier. Sa propre façon de dire. Dire le sentir. Dire le finir. Exprimer la langueur, la douleur. Mais aussi le silence, le néant. L’évènement. Les bouleversements. Et surtout l’attente.

Chercheur-doctorant en philosophie à l’Université Laval et détenteur d’une maîtrise en art et sciences de l’art de la Sorbonne, Schallum Pierre s’intéresse à la question de la vie dans le réalisme merveilleux et la phénoménologie. Membre du Groupe de recherche multidisciplinaire sur la Caraïbe (GREMCA) et du collectif de rédaction de la revue haïtiano-antillaise publiée chez l’Harmattan, il a participé à de nombreux colloques. Artiste multidisciplinaire, il a pris part à l’organisation de nombreuses expositions et soirées de poésie-performance. Son travail a été montré à Paris, Genève, Québec et Montréal.

7. Christine Comeau et Sophie Létourneau, Appel rappel (discussion-performance)

En discutant par Skype, la vidéo projetée, Christine à Halifax et Sophie au Cabaret du Saint-Sulpice, on déplacera la conférence académique pour en faire un appel téléphonique à propos de l’incommunicabilité de l’être à l’ère de la mobilité. On s’attaquera à l’idée de déplacement qui lui est associée : on dira que la mobilité tend à la sédentarité, à la maisonnée. On pleurera aussi la promesse d’immédiateté. L’appel a beau être impérieux, il est sans cesse différé. Rien n’est moins vrai que de penser que l’on peut se joindre en tout temps. L’attente caractérise, en fait, la téléphonie mobile : l’appel en attente et l’attente de l’appel.

Christine Comeau est une artiste multidisciplinaire originaire de Charny, Québec, qui vit et travaille à Halifax. Son travail a été présenté à Québec, Montréal, Halifax, Calgary, Boston et Damas. Ses recherches sur les histoires ancestrales, les migrations, ainsi que sur ses propres racines en Syrie l’ont amenée à collaborer avec les productions urban ink de Vancouver. En 2009, elle a effectué une résidence à la Galerie Struts à Sackville, au Nouveau-Brunswick, où elle s’est intéressée aux liens entre les vêtements et les histoires personnelles. Son scénario Rhonda’s Party sera tourné en mai 2010 grâce au soutien de l’Atlantic Filmmakers’ Cooperative.

Sophie Létourneau est une intello sympa originaire de Lévis, Québec. Docteure en littérature française, elle publie travaux académiques et petits livres. Basée à Montréal, elle habite aussi Paris où elle a terminé en 2009 une thèse sur Roland Barthes. Ses travaux portent sur la mélancolie et les technologies obsolètes. Elle a publié en 2006 chez Québec Amérique un récit de mémoire intitulé Polaroïds. Elle s’intéresse de près aux formes que prennent la relation d’objet et le rapport au temps dans la littérature et la culture contemporaines. Elle effectue présentement un post-doctorat sur la téléphonie aux universités McGill et Paris 8.

8. Denyse Therrien, Tam-tams blues (vidéo-performance)

Je présenterai une vidéo expérimentale, Envoûtement, sur DVD. Il s’agit d’un film que j’ai réalisé pour l’exposition Cold Fusion, présentée à New York à l’automne 2008 au FusionArts Museum. Le film se compose d’une fusion d’images nouvelles tournées en DV et d’images de mes archives filmiques personnelles, d’où se dégage une transe hypnotique et rythmique qui illustre le morcellement et la mise en mouvement de l’identité. Les tam-tams du dimanche sur le Mont-Royal servent de ligne musicale et imagière de base. Pour l’occasion, je composerai un texte en contrepoint que je dirai alors que le son du film sera en sourdine.

Denyse Therrien est chercheuse et praticienne en arts visuels, membre de la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique et du CÉLAT à l’UQAM, dont elle est la coordinatrice. Docteure en sociologie, elle a enseigné le cinéma, travaillé à la télévision, publié dans des revues scientifiques ou non des textes de fiction et des essais. Elle a signé plusieurs documentaires sur les démarches de création d’artistes dans divers domaines, mais aussi des essais vidéographiques tels que Le Quat’Sous : théâtre habité et Envoûtement/Bewitching. Elle travaille présentement à deux vidéos d’art : l’un sur l’esprit de l’art inuit, l’autre sur l’artiste Christine Palmieri.

Jonathan Lamy (animation)

Né à Montréal en 1980, Jonathan Lamy est étudiant au doctorat interdisciplinaire en sémiologie à l’UQAM, où il a complété une maîtrise en études littéraires et où il est chargé de cours. Sa thèse porte sur les détournements des représentations des Premières Nations dans les pratiques performatives et poétiques. Il a publié plusieurs articles, comptes rendus et poèmes dans différentes revues et ouvrages collectifs. Il a organisé, animé et participé à de nombreux événements de poésie et de performance. Il a publié Le vertige dans la bouche, aux Éditions du Noroît, où paraîtra prochainement son deuxième livre de poésie.