OÙ VA LA CULTURE ? DESCRIPTIF DU COLLOQUE


OÙ VA LA CULTURE ?
Événement sur la mobilité culturelle

Du 29 avril au 1er mai 2010
programme | descriptif | lieux de l'événement | soirée de performances


Où va la culture ? Dans le contexte présent de mondialisation, l’augmentation des flux migratoires et le développement des technologies de télécommunication ont contribué à l’intensification des phénomènes de mobilité. Cela a entraîné l’émergence d’une véritable culture du transit. Le vocabulaire sociologique de la mobilité sociale ou le vocabulaire de la mobilité-progrès s’éloigne alors du concept de mobilité perçu comme la forme poétique qui traverse le domaine mythique avec l’énergie de l’envol et le refus de la mort. C’est que, dans le domaine sociologique, la notion de mobilité fait référence à l’idée de stratification sociale ou, avec Pierre Bourdieu, aux parcours réussis dans des « champs » où opère cette stratification sociale.

Lors de l’événement Où va la culture ?, nous allons nous interroger sur cette aptitude à se mouvoir entre des domaines culturels, dans l’espace des signes et, de manière plus générale, des langages que nous manipulons. La mobilité culturelle concerne l’immigrant, l’exilé, la femme d’affaires en constant déplacement aérien, le professionnel contraint de répondre à des exigences de transdisciplinarité, mais aussi le sujet victime de discrédit, en situation de précarité dans l’espace social. Elle prend des formes aussi variées que le théâtre par téléphone cellulaire, le speed dating, le flash mob et le jardinage sauvage.

Selon nous, les modalités contemporaines de la mobilité culturelle peuvent être étudiées à l’aide de la notion de récit : plus que la description d’un univers raconté (et la valorisation concomitante du « contenu » du récit), nous privilégions l’analyse des formes discursives. Le récit, qu’il soit de mots, d’images ou d’espace, n’est pas un territoire plat, sans aspérités. C’est au contraire un espace riche en symboles de toutes sortes. Dans notre perspective, la mobilité culturelle permet de conceptualiser la dynamique discursive des espaces que nous identifions, nommons, lisons et parcourons.

Les récits de la mobilité culturelle façonnent des imaginaires à la fois euphoriques et dysphoriques. Parler de mobilité culturelle, c’est aussi prendre part à une réflexion sur ceux qui n’ont pas d’espaces propres, et qui doivent sans cesse bouger, non par choix ou par dynamique ascensionnelle, mais parce qu’un lieu légitime où ils peuvent être leur manque cruellement. Parler de mobilité culturelle, cela suppose encore d’interroger les lieux migrants qui sont des réceptacles de souffrances. Les sujets précaires, désolidarisés du corps social, opposent parfois une résistance créatrice à une mobilité entravée ou imposée. À l’occasion de l’événement Où va la culture ?, nous voulons interroger toutes les formes de mobilité fragiles qui sont sources d’alternatives et qui se transforment en récit, en création.

Où va la culture ? se veut un happening intellectuel et créatif de première importance, qui privilégie l’alternance entre discussions théoriques et activités pratiques sur les formes et les enjeux de ce phénomène de l’extrême contemporain. Les matinées seront dédiées au travail conceptuel axé sur la ville en mouvement, l’histoire et les récits. Par le biais de projections et de discussions, nous envisagerons le territoire américain comme un lieu de parcours créatifs et touristiques. Les après-midis et les soirées seront consacrés à des activités variées. Ainsi, à des conférences sur l’espace public, l’industrie du jeu vidéo, la cybermuséologie, l’art et les médias s’ajouteront des tables rondes sur la gastronomie de Montréal, la place Émilie-Gamelin et les écrivains mobiles. Les participants pourront par ailleurs assister à une conférence-exposition et à un événement-dégustation de cuisine moléculaire sur invitation.

Dans le cadre de l’événement Où va la culture ? se tiendra le jeudi 29 avril à 20h au Cabaret du Saint-Sulpice une soirée de performances académiques animée par Jonathan Lamy. À l’occasion de cette soirée réunissant recherche et performance, travail intellectuel et art-action se produiront les artistes et chercheurs Franck Ancel, Christine Comeau, Catherine Cormier-Larose, Sébastien Dulude, Gabrielle Giasson-Dulude, Sophie Létourneau, Hélène Matte, Alexie Morin, Schallum Pierre et Denyse Therrien.