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La recherche demplois rémunérés dans le milieu culturel semble être lune des tâches les plus ardues et complexe qui attend lhistorien dart. Si des initiatives gouvernementales et des subventions de toutes sortes peuvent être, en théorie, mises à la disposition du processus dembauche de personnel qualifié (ou non) ou plutôt à la création de nouveaux postes au sein de cette sphère on ne peut plus close, la réalité nous renvoie par contre à un tout autre spectacle.
En labsence de contacts privilégiés et tenant compte que la pertinence dune expérience bénévole ne peut, dans limmédiat, subvenir à ses multiples besoins physiques et matériels, il demeure toutefois lalternative de loffre déposée aux quelques centres dembauche. Généralement, je vous laccorde, les offres sont peu nombreuses à la mention «Art et Culture». Lorsque, effectivement, elles se présentent, les chances sont que vous vous buterez alors probablement à un second mur, saffichant des mentions «Programme PAIE» ou «EXTRA». Ces efforts de notre gouvernement viseraient tout dabord à augmenter vos chances de décrocher un emploi rémunéré, entre autre dans le milieu artistique et culturel. La plupart du temps, on les juxtaposera à ces emplois rêvés, ces projets ambitieux et si prometteurs (et favorisant du même coup votre insertion «privilégiée» dans ce cercle fermé), mais certaines restrictions simposent alors delles même. Par exemple, auriez-vous touché des prestations dassurance-emploi dans les derniers mois ou bien seriez-vous déjà bénéficiaire de lassistance sociale? Non? Nous en sommes bien désolés... Si je semble macharner tant sur ces seuls points, cest quà lévidence, lemployeur favorisera, par exemple, la candidature dun chômeur avec plus ou moins dexpérience pour un poste répondant tout à fait à votre profil professionnel, et ce dans le seul but de répondre à des exigences immédiates proposées par certains politiciens. Il y a certes embauche, mais, les qualifications manquantes, le service sen trouvera affecté. Malgré tout, on trouve ainsi le moyen dimposer plus de restrictions concernant les offres demploi, et ce surtout dans le milieu artistique, alors que lon est déjà consterné à chaque année par le taux de chômage en province...
Faut-il craindre lart contemporain? Une simple anecdote allait dernièrement me mettre la puce à loreille en ce qui a trait aux menus emplois que procure la gestion publique de lart. Me présentant à un musée afin de passer une entrevue, de mon acharnement, bien méritée, je me plaisais à écouter les commentaires des visiteurs dune exposition toute récente ainsi que de ceux qui les accueillaient. On a, encore aujourdhui, tendance à aborder un art qui dérange des standards traditionnels (observé la plupart du temps en région) dun doute ou dun silence incertain. Il doit toutefois être convenu que linsertion des tendances les plus actuelles en art contemporain, telles linstallation, loeuvre multimédia ou la performance, ne pourra saccomplir que par une attitude ouverte et souple de la part des regardants ainsi que des nombreux guides et membres du personnel à laccueil. Jai trop souvent fait lexpérience de demander à un gardien dexposition quelques questions à propos dun événement en cours dans ses locaux auxquelles il se devait de hausser les épaules, ignorant souvent les problématiques que traitaient les oeuvres quil côtoyait tous les jours...
Revenant à mon premier propos, laissez-moi illustrer cette faille évidente. Alors que les visiteurs pénétraient dans linstitution muséale, on pouvait déjà entendre un préposé mettre en garde ces derniers; dun air craintif et quelque peu sarcastique (qui sait, peut-être bien malgré lui), il dit: «Attention, vous êtes au courant que cest un musée qui ne présente que des oeuvres contemporaines nest-ce pas?» Les visiteurs se contentèrent aussitôt, hochant de la tête, dinterroger le guide au sujet des productions dartistes tels Anne Ramsden et Doug Buis, mais celui-ci ne pu que répondre: «et bien, ils font tous deux... de lart contemporain»! Cherchez lerreur. Entendons -nous: je ne vis pas uniquement de frustrations. Jappliquais pour un poste à cette institution, poste que je nai malheureusement pas «gagné», et je devais constater quelques jours après mon entrevue que la boucle leur semblait bouclée lorsque je maperçu quon avait engagé une personne du même calibre que celle citée plus haut afin de combler un poste auquel je croyais être destiné... Je suis en droit, suite à cette expérience (parmi tant dautres), de me questionner sur la justesse de lapproche du gouvernement derrière une embauche à lavantage évident des gens répondant aux programmes PAIE et EXTRA en ce qui a trait aux emplois dans le milieu artistique et culturel. Car si les opportunités demplois en cette saison estivale ne semblent pas manquer, aux dires de plusieurs, je me permettrai, lautomne à ma porte, de poser une seule question aux employés qui illustrent mes propos et à ceux qui les auront consultés: «Alors? Quavez-vous retenu de votre été?» 1 BURY, Pol, LArt à Bicyclette et la Révolution à Cheval, Gallimard, 1972, p. 17
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