Le Dr
Éric Lucas est professeur au Département des sciences biologiques de
l'Université du Québec à Montréal et dirige le laboratoire de lutte biologique
depuis 2002. Il a obtenu un baccalauréat (1991) et une maîtrise en biologie
(1994) à l'Université du Québec à Montréal avant d'effectuer un doctorat en
biologie végétale à l'Université Laval (1994-98). Il a ensuite travaillé durant
deux ans en tant que chercheur post-doctoral au Département de protection
végétale de l'Institut de recherche et de technologie agroalimentaire (IRTA) à
Barcelone. Ses travaux de recherche portent principalement sur l'écologie des
arthropodes entomophages et sur leur utilisation dans les programmes de lutte
biologique ou intégrée.
RECHERCHES
Aspect théorique : Interactions entre prédateurs entomophages
Cet axe de recherche fondamental étudie principalement les interactions au sein des communautés animales terrestres, et plus spécifiquement la prédation intraguilde (quand un organisme dévore un compétiteur) et la prédation furtive. La prédation intraguilde est considérée comme une interaction majeure, tant au niveau de l'individu, des populations que des communautés. Elle peut en outre déterminer le succès de programmes de conservation ou de lutte biologique. Le but du programme de recherche est de caractériser les mécanismes qui favorisent ou limitent la prédation intraguilde au sein des guildes d'insectes prédateurs et d'analyser les stratégies défensives développées en réponse au risque de prédation. À plus long terme, l'objectif est d'exploiter ces connaissances pour mettre sur pied des programmes de lutte biologique plus efficaces.
Le second programme porte sur l'étude de la prédation furtive. Un prédateur furtif est un prédateur qui vit au contact de ses proies en les exploitants sans déclencher de réactions de défense significatives. Ce type singulier de prédation peut permettre dans certaines circonstances au prédateur furtif de se protéger contre ses propres prédateurs (intraguildes). Le projet vise à évaluer la compatibilité entre prédateurs furtifs et autres ennemis naturels. Le projet vise également à évaluer dans quelle mesure le prédateur furtif peut exploiter les défenses passives (effet de dilution, effet de rencontre, …) et actives (phéromones d'alarme) de sa proie ou encore des fourmis entretenant ses proies.
Aspect appliqué : Lutte biologique
Ce 2nd axe de recherche vise à la mise en place de programmes de lutte biologique ou lutte intégrée à l’aide d’organismes prédateurs, parasitoïdes et pathogènes. Les systèmes à l’étude sont les cultures fruitières, les cultures maraîchères et les grandes cultures. Plus spécifiquement, les recherches portent sur l’impact de la structure du paysage sur la pression phytosanitaire exercée par les insectes ravageurs. Un autre programme évalue l’efficacité de la lutte biologique conservative ainsi que de la lutte culturale dans différents systèmes. L’impact et le contrôle des espèces invasives sont également à l’étude (coccinelle asiatique).
Aspect fondamental : Biologie des insectes prédateurs
Ce 3ème axe de recherche vise à collecter de l’information de base sur les insectes prédateurs. En particulier il vise à collecter des informations fondamentales sur la biologie et l’écologie d’organismes peu ou pas étudiés susceptibles de présenter un potentiel en tant qu’agent de lutte biologique. Les coccinelles et les diptères chamaemyiides sont les groupes actuellement à l’étude.
MOTS-CLÉS
Interaction écologique, prédation intraguilde, espèce invasive, comportement, mécanisme de défense, entomologie, guilde, lutte biologique, lutte intégrée, lutte culturale, prédation furtive, entomophage, paysage.