Qu'est-ce que la praxéologie?

QU'EST-CE QUE LA PRAXÉOLOGIE?

Dans cette section,vous trouverez la définition de la praxéologie. Vous découvrirez qu'elle provient de la pratique réflexive et vous en connaîtrez les théoriciens.

Dès le moment où un chercheur, en essayant de résoudre et comprendre une situation problématique , s'efforce d'observer l'effet de ses propres actions pour le modifier au moment de faire de nouvelles actions, il devient un praticien réflexif. Donald A. Schön a élaboré cette théorie dans son ouvrage Le praticien réflexif: à la recherche du savoir caché dans l'agir professionnel. Il soutient que «nous pouvons penser à faire mais aussi penser à ce que nous faisons tout en exécutant cette tâche» (p.82). De plus, comme un praticien rencontre souvent plusieurs situations qui peuvent être rangées dans la même catégorie, il est amené à se fabriquer un «répertoire d'attentes, d'images et de techniques» (p.88).


UN DIALOGUE

Il s'habitue ainsi à une recherche précise et à la manière d'utiliser les connaissances acquises. Yves St-Arnaud, qui a introduit le travail de Donald A. Schön au Québec dans son livre Connaître par l'action, résume ainsi ce qu'est la réflexion dans l'action : «Le terme réflexion dans l'action est utilisé […] pour décrire le processus mental qui permet à un professionnel de s'adapter à chaque situation où il exerce sa profession. La réflexion dans l'action est une sorte de dialogue continuel entre le praticien et les événements de sa pratique professionnelle. En apprenant à utiliser systématiquement la réflexion dans l'action, le praticien peut augmenter de façon significative l'efficacité de ses interventions. Il peut aussi développer progressivement une sorte de modèle d'intervention sur mesure.» (p.51)

UNE RESTRUCTURATION

La praxéologie fournit des outils pratiques pour déterminer si l'action que l'on a faite est efficace et quelles seront les autres actions à entreprendre. Schön affirme que cette réflexion que l'on utilise en pleine action est en fait une réflexion sur l'action. Ainsi, dans une situation qui semble difficile à contrôler, il suggère que le praticien s'applique à «restructurer le problème et, dans cette tentative nouvelle [que Schön appellera] une expérience de structuration, il tentera d'imposer sa volonté» (Le praticien réflexif, p.91). En effet, pour que cette «restructuration» de la situation se fasse de manière logique, il propose d'adapter la situation à cette même restructuration. Dans cette optique, les chercheurs «progressent par une série d'étapes faites de conséquences imprévues, d'implications, d'appréciations et autres» (p.168). Il leur faut être à l'affût de ce qui se produit, parce que les actions effectuées modifient les évènements et la façon de les aborder.

ÉVALUATION DU DEGRÉ D'EFFICACITÉ

Dans le but d'évaluer le degré d'efficacité d'une expérimentation, Schön propose une série de questions auxquelles le chercheur est invité à répondre (p.171):

Puis-je résoudre le problème que je viens de poser? Quand je l'ai résolu, suis-je satisfait des résultats? Ai-je rendu la situation cohérente? L'ai-je rendue conforme à mes valeurs fondamentales et à mes théories? Ai-je continué à faire évoluer la recherche?

HONNÊTETÉ ET LUCIDITÉ

Comme il s'agit d'un dialogue avec la situation, les deux parties sont interreliées et le chercheur se trouve au beau milieu de la situation qu'il tente de modifier. Il doit donc tenter de soumettre les choses à sa volonté, mais cette méthode ne peut donner des résultats que s'il reste honnête envers lui-même; le regard de l'autre le portera à clarifier ses réponses, mais la seule approbation véritable viendra de lui-même. C'est pourquoi la lucidité joue un rôle essentiel dans ce processus, puisqu'il serait vain dans le cas contraire.

LES MONDES VIRTUELS

Schön prétend que le chercheur doit pouvoir créer et gérer des mondes virtuels, ces derniers servant de lieu d'expérimentation d'où les obstacles naturels sont éliminés. La réflexion en est donc facilitée. Cette habileté à se représenter la pratique est primordiale, selon lui, pour qui veut faire preuve de rigueur et d'imagination : «Nous parlons ici d'une pratique qui, dans la création, le maintien et l'utilisation des mondes virtuels, sait développer cette capacité de réfléchir en cours d'action et sur l'action qui se nomme art»(Le praticien réflexif, p.201). Cette recherche peut être sans limites et ,dans ce cas, c'est au chercheur qu'il revient de décider où elle prendra fin. Schön lui propose alors de terminer une expérimentation en fonction de l' «appréciation des changements qu'il a façonnés» (p.325).

AUTONOMISATION ET CONSCIENTISATION

Yves St-Arnaud et Alexandre Lhotellier, chercheurs québécois, ont peaufiné la théorie de Schön et l'ont nommée praxéologie.Cette théorie vise à transformer la recherche en associant le savoir et l'action. Ils la définissent ainsi : «La praxéologie est une démarche construite (visée, méthode, processus) d'autonomisation et de conscientisation de l'agir (à tous les niveaux d'interaction sociale) dans son histoire, dans ses pratiques quotidiennes, dans ses processus de changement et dans ses conséquences»(Pour une démarche praxéologique, p.95). On peut déduire que cette pratique, en donnant de l'autonomie à ceux qui l'utilisent, procure aussi un certain degré de liberté. D'ailleurs, les deux auteurs soutiennent que l'action, plutôt que d'être simplement l'application d'une connaissance, peut être la source même de cette connaissance. C'est un processus où toutes les étapes ont leur importance. De plus, comme cette approche cherche à réduire les frontières (dualistes ou autres), elle peut servir à l'amélioration de la qualité de vie dans n'importe quel domaine où l'on désire l'appliquer. Le dialogue entre le savoir et l'action peut donc s'étendre à pratiquement toutes les situations.

**Les références se trouvent dans la section À consulter**

 

D'accord, mais comment puis-je appliquer la praxéologie à la création littéraire?

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