accueil
Origines et formation
Engagement politique
Années au Devoir
Commission B.B.
Bibliographie
liens www
courriel

Photo tirée de Robert Comeau et Lucille Beaudry, André Laurendeau: un intellectuel d'ici, Québec, PUQ, 1990, p.265.

                                  

Années au Devoir
Les années au Devoir

Écriture et télévision

 

LES ANNÉES AU DEVOIR


En 1947, André Laurendeau quitta le Bloc populaire et devint rédacteur en chef adjoint au
Devoir (il se vit confier le poste de rédacteur en chef en 1957). Cette nouvelle carrière lui sembla plus susceptible de provoquer des changements dans l'opinion publique que l'activité partisane. Il chercha à former, éduquer les consciences, pour qu'éventuellement soit possible un redressement national(1). De fait, André Laurendeau eut un poids considérable dans l'évolution de la société québécoise de l'époque.


Laurendeau avait un style littéraire très pédagogique. Ce style s'accordait donc merveilleusement bien avec son métier d'éditorialiste, de chroniqueur et de critique. Il rédigeait également des billets ironiques sous le pseudonyme de Candide. Puis, dans la rubrique " Bloc-notes ", il s'efforçait de nuancer, de replacer dans leur contexte les sujets d'actualité.


Au cours de ses années au Devoir, André Laurendeau se préoccupa des revendications ouvrières et des grèves, qui étaient nombreuses à l'époque. Il souhaitait d'ailleurs élargir la problématique du nationalisme à la question ouvrière puisque la négation de ce problème ne pouvait que nuire à l'épanouissement de la nation.


Aussi, l'intellectuel développa une pensée constitutionnelle. Pour lui, l'État fédéral devait être la somme des pouvoirs de l'État central et des États provinciaux. Chaque autorité devait avoir l'autorité suprême dans sa sphère de compétence. Ainsi, Laurendeau revendiquait une décentralisation de la fédération canadienne au nom des droits des Canadiens français. Dans un article publié par Le Devoir en 1962, il s'acharna à analyser les conséquences d'une éventuelle sécession du Québec et proposa la mise sur pied d'une commission royale d'enquête afin de procéder à un renouvellement constitutionnel.

 

1. MONIÈRE, Denis, André Laurendeau et le destin d'un peuple, p.205.

 

ÉCRITURE ET TÉLÉVISION


Pédagogue, Laurendeau recherchait également le dialogue. C'est ainsi qu'il vulgarisa les événements d'actualité internationale à la radio et qu'il anima une série de télévision, " Pays et merveilles ", à Radio-Canada.


Cette émission se gagna rapidement un auditoire nombreux. Chaque semaine, Laurendeau y recevait des voyageurs canadiens qui venaient raconter leur périple à l'étranger à l'aide de diapositives ou de scènes filmées. L'animateur se faisait discret, laissant toute la place à son invité et se contentant de faire des remarques qui poussaient plus loin la réflexion(1). On peut donc observer dans ces activités une volonté réelle de Laurendeau d'éduquer, d'élargir les cadres culturels des Canadiens français.


Au cours des années 1950, Laurendeau s'adonna également à l'écriture d'une pièce de théâtre, de trois téléthéâtre et d'un roman. Toute sa vie, il fut tiraillé entre son intérêt pour les arts et les lettres et son engagement social et politique.

 

1. LAVOIE, Elzéar, " Le plus grand journaliste de sa génération ", André Laurendeau : un intellectuel d'ici, p.1948.

 

 

                                                            page  précédente page suivante

                                                     Haut de la page