accueil
Origines et formation
Engagement politique
Années au Devoir
Commission B.B.
Bibliographie
liens www
courriel

Photo tirée de Robert Comeau et Lucille Beaudry, André Laurendeau: un intellectuel d'ici, Québec, PUQ, 1990, p.265.

Commission B.B.

LA COMMISSION SUR LE BILINGUISME ET LE BICULTURALISME


Comme le soutient l'Acte de l'Amérique du Nord Britannique, les institutions fédérales sont consacrées bilingues. Or, de façon sporadique depuis le début du XX e siècle, des nationalistes canadiens-français dénoncèrent ce bilinguisme " de façade et de traduction "(1). Les francophones avaient de la difficulté à se hisser à de hauts niveaux dans la fonction publique fédérale et y étaient sous-représentés.


L'arrivée au pouvoir de Lester B. Pearson marqua une certaine volonté de changement. Voulant préserver l'unité nationale, celui-ci s'engagea à accorder une attention particulière au bilinguisme et met sur pied une commission chargée d'enquêter sur la situation du bilinguisme et du biculturalisme au Canada.


André Laurendeau se vit confier la co-présidence de cette commission , Davidson Dunton ayant été nommé pour le seconder. Comme il ne pouvait assumer à la fois son rôle à la commission et au Devoir, Laurendeau donna sa démission au journal en 1963. Il manifestait une grande confiance à l'amorce d'un dialogue avec le Canada anglais et s'engagea grandement dans ce qui fut le projet inachevé de sa vie.  

  Source: Robert Comeau et Lucille Beaudry, dir., André Laurendeau : un intellectuel d'ici, Québec, PUQ, 1990, p.267.


Le mandat reçu par les commissaires laissait une grande marge de manœuvre à Laurendeau qui n'aurait pu œuvrer dans d'autres sortes de conditions. Pour les gens de la commission, le bilinguisme sous-tendait que toutes les institutions fédérales devaient donner une place égale aux deux langues officielles. Le bilinguisme, soutenaient-ils, signifiait que ces mêmes institutions devaient refléter la présence de deux cultures principales au Canada(2).


Laurendeau et Dunton organisèrent des réunions avec tous les premiers ministres provinciaux afin de connaître leur opinion sur la question. Ensuite vinrent les rencontres régionales qui permirent, encore plus, d'observer l'ignorance des Canadiens anglais devant les problèmes auxquels s'attaquait la commission.


Le rapport préliminaire, déposé en 1965, recommandait que soit haussé le niveau de bilinguisme à l'intérieur des institutions fédérales. Deuxièmement, le rapport préconisait la mise sur pied d'unités de travail bilingues ainsi que la création de districts bilingues. Aussi, il reconnaissait que la source du conflit résidait dans la situation particulière de la province de Québec.


Laurendeau s'investit dans cette commission qui pouvait engendrer la révision de la répartition des pouvoirs au sein de la fédération canadienne. Mais, la démission de Pearson et son remplacement par Pierre Elliott Trudeau firent, globalement, échouer le projet de la commission. Souhaitant nier le nationalisme québécois, Trudeau rejeta le biculturalisme et fit plutôt adopter le principe du multiculturalisme (1971). Trois ans après la mort d'André Laurendeau, Trudeau réussit à s'imposer et à mettre de côté le projet inachevé de ce nationaliste canadien-français sous-estimé par la production historiographique.

 

1 LINTEAU, Paul-André et Al., Histoire du Québec contemporain, p.600.

2 Rapport préliminaire de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, préambule.

 

 

                                                   page  précédente page suivante        

                                           Haut de la page