| On se fait stoïcien, mais on naît épicurien. — Diderot |
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Note
Ces recommandations ont été formulées à partir d’observations faites dans le cadre d’un programme de soutien du Bureau de l’enseignement et des programmes de l’UQAM. Elles n’ont qu’une valeur indicative, et doivent être interprétées à la lumière de votre situation, des exigences de votre programme d’étude et de celles des organismes subventionnaires auxquels vous voulez soumettre votre candidature.
L’emploi du masculin n’a pour but que d’alléger le texte.
La course aux bourses : comment survivre au « blues du formulaire » ?
La réussite académique dépend, entre autres facteurs, de la quantité de temps consacré à l’étude et la réalisation des travaux. Si vous souhaitez vous consacrer entièrement à vos études pour mieux réussir, l’obtention de bourses apparaît comme le meilleur moyen de réaliser votre objectif, puisqu’il permet de vous libérer des contraintes et responsabilités inhérentes à l’occupation d’un emploi rémunéré en dehors de votre établissement d’enseignement.
L’obtention de ces bourses qui vous permettraient de mieux réussir ne va malheureusement pas sans difficultés, et constitue souvent un point sensible de la vie académique : les résultats ne sont pas toujours proportionnels aux efforts déployés, et un premier refus peut dissuader de toute récidive. Cependant, il est possible d’apprendre à mieux rédiger une demande de bourse et de développer l’art de mettre sa candidature en valeur.
Ce document vise à vous aider dans cette démarche en proposant quelques suggestions qui vous permettront, nous l’espérons, de maximiser vos chances d’obtenir un appui financier dans le cadre de vos études.
Où aller chercher l'information?
La première étape à remplir dans le cadre d’une démarche de demande de bourse est la recherche d’information relative aux concours de bourses.
L’information ne tombe pas du ciel. Il est inutile d’attendre qu’elle vienne par magie jusqu’à vous : vous devez aller à elle. Pour ce faire, varier vos sources d’information s’impose, puisque les concours de bourse ne sont pas toujours publicisés de la même façon. Il y a donc fort à parier que si vous ne vous fiez qu’à une seule source d’information, aussi excellente soit-elle (par exemple, le site du service à la vie étudiante de l’UQAM, ou encore les babillards de votre département), vous ne serez pas informés de toutes les ressources disponibles. Le bouche-à-oreille est souvent la meilleure façon de dénicher les concours peu publicisés : il faut donc vous informer auprès de votre module ou département, des membres du corps professoral, de vos collègues étudiants, des diverses associations étudiantes, etc.
Ensuite, vous devez cerner le type de concours auquel vous êtes admissible, afin d’éviter de rédiger des demandes de financement inutilement.
Vous constaterez rapidement que le seuil d’admissibilité des divers programmes de bourse varie énormément, puisqu’il existe différents types de bourses. La sévérité de la sélection est généralement proportionnelle au montant d’aide offert.
⇒ les bourses d’excellence des grands organismes nationaux
Certains programmes de bourses d’excellence s’adressent aux étudiants qui ont des résultats académiques au-dessus de la moyenne et qui se sont démarqués dans leur cheminement universitaire ou professionnel. Parmi ceux-ci, on peut compter : FQRSC, CRSH, FQRNT, Conseil des arts du Canada, etc.
Puisque les montants d’aide offerts sont élevés, la sélection des candidats est très sévère : les organismes qui offrent ces bourses exigent par conséquent des candidats qu’ils rédigent un dossier de candidature exhaustif. Ce dossier peut comprendre les relevés de notes, une description de votre parcours et de vos projets académiques (projet de recherche, stages,…), une liste de vos expériences de travail en contexte universitaire, des lettres de recommandation de vos professeurs ou de la direction de votre programme, etc.
⇒ les bourses de mobilité
Certains organismes offrent des allocations de voyage pour ceux qui désireraient bénéficier d’une expérience à l’étranger. Parmi ceux-ci on trouve par exemple le Ministère de l’Éducation du Québec, l’OFQJ, l’Association Québec-Wallonie, l’AUF, certains gouvernements étrangers, etc.
⇒ les bourses « internes »
Plusieurs composantes universitaires (départements, Facultés, associations, etc.) offrent des bourses dites « internes ». Le programme FARE de l’UQAM, les bourses de fin d’étude, les bourses départementales, les fonds d’aide à la participation scientifique en font partie.
Bien que les sommes offertes puissent être souvent moins élevées que celles des grands organismes subventionnaires, elles constituent, une fois cumulées à d’autres sources de financement, un soutien non négligeable. Les concours qui offrent des montants moins substantiels sont souvent moins courus que les concours des grands organismes : il est d’autant plus judicieux de tenter une participation à ces concours.
⇒ les bourses d’organismes à caractère communautaire
Certains organismes (ex : Rotary Club) visent à récompenser l’implication dans la communauté, à encourager le développement de certaines compétences ou à soutenir certaines causes spécifiques. Par contre, l’information n’est pas toujours diffusée dans les établissements d’enseignement.
⇒ les bourses de grandes entreprises ou de fondations privées
Plusieurs d’entre elles sont affichées sur le site du SVE : Mouvement Desjardins, etc.
Certains mythes tenaces
Être ou ne pas être…le « genre » d’étudiant admissible.
Comme il existe divers profils d’étudiants, il existe divers types de bourses. Si vos résultats ne vous permettent pas d’espérer les bourses les plus substantielles, cela n’implique pas pour autant que tous les concours vous soient fermés. À vous de trouver quels sont les points forts de votre cheminement universitaire afin de déterminer à quel type d’organisme il convient de faire votre demande : vos meilleurs résultats se situent-ils au niveau des notes, ou de la réalisation de projets en dehors des cours? Êtes-vous reconnu pour votre implication auprès des membre de communauté universitaire?
« Les bourses vont aux chouchoux »
Ce mythe est, hélas, aussi contre-productif de répandu. On l’entend souvent de la bouche de ceux qui ne font même pas l’effort d’entreprendre une démarche de demande de bourse…
Si vous croyez que vos chances d’obtenir une bourse sont faibles parce que vous n’êtes pas du type fonceur, rappelez vous que votre demande sera jugée sur la base de vos capacités et vos réalisations, et non sur l’étendue de votre cercle social. Le fait d’être extraverti ou sociable est certes un atout dans le cadre d’un cheminement académique, mais cela ne permet pas de juger de vos résultats et capacités sur le plan intellectuel. L’excellence de vos résultats scolaires, vos aptitudes à l’écriture et à la persuasion de même que la nature de vos expériences sont davantage susceptibles de faire de votre dossier une candidature de choix que vos fréquentations.
Les erreurs à éviter dans le cadre d'une démarche de demande bourse
La procrastination
Plus le montant en jeu est élevé, plus la somme de travail requise pour la rédaction de votre demande sera grande. Dans certains cas, il est normal (et même nécessaire) de consacrer plusieurs jours à la préparation de votre dossier.
Une fois que vous vous serez assuré de ne pas faire de démarches en vain et d’être éligible à un concours de bourse, il est préférable de se mettre travail le plus tôt possible, pour éviter d’avoir à rédiger votre demande en catastrophe : les demandes qui sont rédigées en vitesse sont généralement rejetées…en vitesse.
Le manque de perfectionnisme
Comme dit le dicton, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron », et c’est d’en retravaillant son dossier qu’on devient…boursier. Une demande doit être impeccable.
Lorsque vous remplissez des formulaires ou rédigez des lettres d’intention, soyez attentif : évitez l’information floue ou non pertinente, les répétitions, les formules toutes faites qui ne répondent pas directement aux questions auxquelles on vous demande de répondre…
Est-il besoin de le rappeler, soyez attentifs aux fautes :
- syntaxiques (y compris les erreurs de ponctuation)
- sémantiques (les scientifiques sont formels : l’abus du dictionnaire crée une dépendance….positive!)
- typographiques (uniformité des majuscules, espacements…)
- stylistiques (par exemple, si on vous demande de décrire un projet, évitez la prose exaltée…)
Certaines questions fréquentes
« Comment puis-je savoir si j’ai des chances d’obtenir une bourse »?
Les sites des organismes subventionnaires contiennent surtout de l’information sur l’éligibilité aux concours de bourses, mais en disent très peu sur les chances de réussite. Les personnes les mieux placées pour vous renseigner à ce sujet sont ceux qui vous ont enseigné (donc qui ont une idée de vos capacités et réalisations) ou encore vos collègues qui sont passés par le même processus.
Si vous songez à étudier aux cycles supérieurs, vous aurez à contacter un membre du corps professoral pour qu’il assume la direction de vos recherches. Pourquoi ne pas en profiter pour vous informer quant vos chances d’obtenir une bourse ? En présentant à la personne les informations qui lui permettront de juger de vos chances de succès, celle-ci pourra vous référer aux ressources appropriées. Par exemple, vous pouvez remettre à la personne un dossier qui comprend vos relevés de notes, votre curriculum vitae académique, un échantillon de travail particulièrement réussi ou un plan de travail pour votre projet de recherche, etc.
C’est, du même coup, l’occasion de faire un premier contact pour les lettres de recommandation, ou encore de faire connaître vos besoins en matière de financement. Dans le cas où l’on serait peu optimiste sur vos chances de succès quand aux bourses d’excellence, peut-être sera-t-on porté à vous encourager autrement : votre demande d’aide peut alors prendre la forme d’une offre de service.
« Les professeurs peuvent-ils refuser de m’écrire une lettre de référence? »
« Arrive-t-il que des professeurs écrivent des mauvaises lettres de recommandation ?»…
Écrire des lettres de référence fait partie de la tâche des professeurs, mais il faut départager ce que vous pouvez légitimement demander de ce qui est abusif. Vous pouvez demander des conseils pour améliorer la qualité de votre dossier, mais non exiger que l’on remplisse une lettre à la dernière minute, ou que l’on vous appuie aveuglément.
Si vous redoutez d’aller voir un répondant (professeur, directeur de programme, chargé de cours, etc.) pour demander une lettre d’appréciation, quelques trucs peuvent contribuer à maximiser vos chances d’obtenir une lettre de recommandation qui serve votre cause:
- fournir à votre répondant les informations liées à votre demande (nom de l’organisme, date limite, description du projet soumis s’il y a lieu, …)
- fournir, en cas de besoin, votre curriculum vitae académique et votre relevé de note le plus récent (disponible sur le site de l’UQAM à la rubrique « dossier étudiant »)
- laisser à votre répondant la possibilité de se désister s’il ne se sent pas en mesure d’appuyer votre candidature. Compte tenu qu’obliger votre répondant à vous rédiger une lettre pourrait tourner à votre désavantage, le tact est de mise (une formulation possible : « auriez vous le temps de m’écrire une bonne lettre de référence ? » )
- laisser un délai raisonnable pour la rédaction de la lettre
Les stratégies à privilégier pour augmenter ses chances de succès
Rédiger et tenir à jour votre curriculum vitae académique.
Comme un cv professionnel, ce document contient toutes les informations relatives à votre cheminement académique. Puisqu’il peut vous être demandé à diverses occasions, autant le maintenir à jour. Il doit être clair, précis, et présenter l’information de façon honnête et structurée. Vous devez regrouper des éléments sous des rubriques qui renseigneront sur :
- votre formation universitaire (lieu, durée, nom complet du programme ou de la spécialisation…) et champs d’intérêt
- vos expériences de travail en milieu académique (correction, surveillance d’examen, assistanat de recherche, …)
- les expériences et réalisations pertinentes en dehors du cadre universitaire
- vos éventuelles publications et communications scientifiques (avez vous déjà contribué à votre journal étudiant?)
- votre implication dans la communauté universitaire (associations étudiantes, etc.)
- les prix et distinctions obtenues (bourses, concours de textes, etc.)
- tout autre élément que vous jugerez pertinent (maîtrise d’une langue, réalisation d’un stage à l’étranger,…)
Plusieurs concours de bourses demandent explicitement un cv académique. Raison de plus pour l’avoir toujours sous la main, prêt à être imprimé.
Lorsque vous aurez compilé tous les éléments à votre actif, il vous sera plus facile de cerner les éléments à améliorer en vue d’étoffer votre candidature.
Penser à plus long terme.
Les concours de bourses ont généralement lieu à l’automne, mais les étapes qui mènent à la réussite, elles, seront réparties sur l’ensemble du calendrier scolaire.
Dès que la « saison des demandes de bourses » est passée, il est temps de penser à l’an prochain : s’impliquer, réaliser des activités, varier vos expériences afin de remplir les rubriques de votre cv qui sont plus dégarnies.
Aller chercher de l’aide
Plusieurs personnes autour de vous peuvent vous aider à cheminer dans ce processus. N’hésitez pas à demander conseil autour de vous, profitez des ressources mises à votre disposition.
En conclusion
Il faut se rappeler que l’obtention de bourses d’excellence repose non seulement sur la qualité de votre dossier académique, mais aussi sur la persévérance, le jugement, le sens de l’organisation et le souci du détail.
Ceux qui évalueront votre demande n’ont, pour vous juger, que quelques feuilles de papier entre les mains. À vous de faire en sorte que ces feuilles sachent convaincre et vous mettre en valeur, et rappelez-vous que les mots « refus » et « échec » ne sont pas synonymes.
Document rédigé par Mélissa Thériault





