Avant
1671
Lothe
1994 reproduit les signatures de Simon
François de Tours (1606-1671) et
François de Poilly (1623-1696) au bas de
cette gravure. La composition est donc
antérieure au décès de Simon
François en 1671.
Simard
1976 reproduit (fig. 23) une
oeuvre identique attribuée au graveur Jean
Boulanger (Amiens 1607 - Paris
1680) mais dont les signatures
n'apparaissent pas au bas de
l'image (Gravure de Jean Boulanger
d'après Simon François de Tours, BN.
Est. Oeuvre de Jean Boulanger) !
Serait-ce une erreur d'attribution en l'absence de
signature (Simard
1976, p. 53, note 109,
réfère à Weigert,
Inventaire du Fonds français, Graveurs du
XVIIe siècle, Paris, Bibliothèque
nationale, département des estampes 1939-,
t. II, n° 34) ?
Claude Duflos (1665-1727) transformera cette
composition en habillant l'enfant en homme de loi
regardant une croix dans le ciel. Cette planche est
classée dans le porterfeuille Oeuvre de
Simon François (BN Est, DA. 40,
cité par Simard
1976, p. 53 et fig. 24).
François de Poilly
(1623-1696) d'après Simon François
de Tours (1606-1671), Adorate evm omnes
Angeli eivs ps. 96, avant 1671, gravure, 20,6 x
15,5 cm, « Simon François inuent.
/ Cum Pri. Re. / F. Poilly sculp. »
(Lothe 1994,
p. 168-169, n° 291).
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Avant
1671 ?
Cette gravure n'est pas signée !
Elle est attribuée à François
de Poilly dans les Notes manuscrites de
Pierre-Jean Mariette
[1694-1774] sur les
peintres et les graveurs, dix volumes
conservés au Cabinet des estampes à
la Bibliothèque nationale de France à
Paris : « Il y a des oraisons tout
autour ». En 1752, Robert Hecquet, dans
son Catalogue de l'oeuvre de F. de
Poilly..., l'attribue aussi à ce
graveur, mais décrit une épreuve
rognée, sans les prières
(cités par Lothe
1994, p. 104-105,
n° 132).
François de Poilly
(1623-1696), Oblation au
Sainct enfant Jesus, par Monseig. le Cardin. de
Berulle, seconde moitié du XVIIe
siècle, gravure, non signée, 17,9 x
12,8 cm (Lothe
1994, p. 104-105, n° 132).
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Cette image présente une version
inversée en miroir, légèrement
remaniée pour les anges, de la composition
signée par Simon François de Tours (1606-1671)
et François de Poilly (1623-1696) intitulée
Adorate evm omnes Angeli eivs. Pourrait-on alors
dater cette version d'avant 1671 ? Laquelle des deux
précède l'autre ? Notons que l'incision
de celle-ci est beaucoup plus vive que
l'autre !
Cette image présente des textes de plusieurs
auteurs. Celui du cardinal de Bérulle est mis en
exergue par un grand intitulé sous l'image. On peut
donc en déduire qu'il s'agit de l'une des images qui
circulaient dans les cercles oratoriens dont Simard
1976 (p. 55) fait état.
Transcription du texte sur
l'image ci-dessus
Le dessein de ette Image est de nous Exciter a
L'Adoration et a L'Amour Envers le Verbe fait Enfant et de
nous convier d'Estre a son Imitation de vrais Adorateurs de
dieu, humbles, soumis, pauvres d'Affection, Purs,
Charitables Envers le Prochain, et amateurs de la Croix.
O Heureuse Enfance, par laquelle la vie des hommes a
Esté Rétablie ! O cris Enfantins, doux et
agreables, par lesquels nous avons Eschappé les
grincemens de dens, et les l'armes Eternelles ! O
Heureux langes, par lesquels ont esté Essuiées
les souilleures de nos Pechez ! O Esclatta~te
Crèche, ou s'est trouvée non seulement la
pasture des Animaux mais la Nourriture des Anges !
Process. Paris.
Reverons les langes de l'Enfance, desquels a Esté
fait l'Appareil pour guerir les Playes du genre humain.
S. August. Serm. Des Temps.
O Langes qui Enveloppant nostre liberateur avez rompu les
chaisnes de nos pechez ! O langes qui en serrant le
Seigneur tout puissant, avez fortifié la foiblesse du
genre humain ! O langes, qui gardez et conservez les
Ames fidelles, et qui liez et renversez ceux qui manquent de
foy ! O langes venerables, donnez a ceux qui vous
adorent avec amour, la sanctification, la force et
l'Expiation de leurs Pechez.
S. German. Serm. De fasciis.
Seigneur Jesus, vos langes ont esté mis pour
servir de But, mais de But contre lequel plusieurs Jusques
auiourdhuy lancent les traits de leurs contradictions.
S. Ber.
Oblation au Sainct Enfant Jesus
par Monseign le Cardin. de Berulle.
Je vous Regarde, Je vous revere, Je vous adore En vostre
Sainte Enfance, O Jesus, mon Sauveur ; Je m'applique a
vous en cet Estat, comme en vn Estat auquel Je m'offre, Je
me vouë, Je me dedie, pour vous rendre vn hommage
particulier, pour en tirer grace, direction, protection,
Influence, et operation Singuliere ; et m'estre co~me
vn Estat fondamental a l'Estat de mon Âme ;
tirant vie, dépendance, Subsistance et fonction de la
conduitte de cette Enfance divine, comme de l'Estat de mon
Estat, et vie de ma vie.
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Avant le 26
septembre 1672
IMAGE À
TROUVER
Claude
Isaac (avant 1644 - 1672),
« Jésus tout serré
dans ses langes, s'offrant, debout, les bras en
croix, entouré de têtes
d'angelots », avant 1672,
gravure.
« Par ailleurs, et ceci nous
ramène tout droit à la
dévotion oratorienne, nous savons que
circulaient dans les mains des confrères
deux images au moins de Jésus au
maillot. L'une, citée par Pariset,
avait été gravée par Isac
et montrait "Jésus tout serré dans
ses langes, s'offrant, debout, les bras en
croix, entouré de têtes d'angelots"
(Pariset 1948,
p. 176, cité par Simard
1976, p. 55). »
Ce graveur semble être Claude Isaac,
fils de Jaspar (né à Anvers,
marié à Paris en 1612 - mort en
1654). Claude est mineur en 1644. Il
s'établit rue Saint-Jacques, au
Séraphin. Actif en 1651, il signe une
convention contre François Mansart avec 27
autres graveurs ou marchands. Le 3 mai 1671, il
épouse Marguerite Fremery, veuve du marchand
d'estampes Jean Guérin. Le 13 juin 1671, il
signe une requête en faveur des graveurs
Pierre Landry et Nicolas Langlois. Il meurt le 26
septembre 1672. Sa veuve donne naissance à
son fils Louis-Claude le 29 avril 1673,
après s'être remariée le 12
février 1673 avec Jean Girard marchand
d'estampes (Grivel
1984, p. 317-318). On doit donc
forcément dater l'image gravée par
Claude Isaac pour les oratoriens avant le 26
septembre 1672.
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1676
« L'autre [gravure qui
circulait chez les oratoriens], que M.
Pariset (Pariset
1948, p. 176, cité par Simard
1976, p. 55) ne semblait pouvoir dater,
gravée à Rome par Jean Langlois et
imprimée par les soins du sieur
Malbourée, fut distribuée aux
confrères en 1676. Les comptes de
l'année 1676 de l'hôpital des
Enfants-Trouvés (J. Gaston, Les
images des confréries parisiennes avant la
Révolution, Paris, Société
d'iconographie parisienne, 1910, p. 17),
accusent une dépense "de la somme de cent
livres payée au sieur Malbourée,
imprimeur en taille-douce, pour les impressions de
la planche de la Confrérie de
l'Enfant-Jésus (Inventaire sommaire
des archives hospitalières
antérieures à 1790, hôpital des
Enfants-Trouvés, n° 420)".
BN Est., Re. 13, f° 89 (Simard
1976, p. 55 et note
118). »
Jean Langlois d'après Jean
Canis, imprimé par Claude Malbouré
(actif 1669-1706), L'enfant Jésus au
maillot protégeant les enfants
trouvés et emmaillotés, adoré
par les anges, 1676, gravure, dans Image de
la Confrérie de la chapelle de
l'hôpital des Enfants-Trouvés du
Parvis Notre-Dame, à Paris. 1676. BN,
Est., RE. 13, f° 89 (Simard
1976, fig. 26).
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« Apparaît pourtant sur
l'épreuve de la BN la mention d'un peintre :
Canis del.. Nous savons que Jean Canis a
été reçu à l'Académie
de Saint-Luc [à Rome] en 1677 et
que Langlois en faisait aussi partie (Simard
1976, p. 55, note 120). »
Claude Malbouré, imprimeur en taille-douce et
marchand d'estampes établi rue Chartière,
paroisse Saint-Hilaire, se marie en 1669. Parmi les
témoins figure Claude Turgy, imprimeur en
taille-douce, son cousin germain. En 1672 il est rue
Saint-Jacques, au-dessus de Saint-Benoît. Le 5 octobre
1695 il est parrain de Marie, fille du graveur Jean
Langlois. À la fin du siècle il est rue des
Sept-Voies, proche le Mont Saint-Hilaire, cour d'Albret. En
1700 il est à la Taille-Douce, rue
Saint-Jacques, entre la place de Cambrai et la rue
Fromentel. Le 17 septembre 1706 il est parrain d'une fille
du peintre Pierre-Jacques Van Merle (Grivel
1984, p. 347).
Transcription du texte sur
l'image ci-dessus
Le dessein de la Confrérie de la Sainte Enfance de
Iésus-Christ nôtre Seigneur établie
à Paris par Bulle de notre très St
Pere le Pape Clément Xe [pape de 1670
à 1676], et par Autorité de Monseigneur
l'Archevêsque de Paris en la Chapelle des Enfans
trouvés rüe neuve nôtre Dame
consacrée à ce mystère, est pour
exciter les fidelles a l'Adoration et amour envers le fils
de Dieu qui a bien voulu s'humilier jusqu'a se faire Enfant
pour nous, à imiter les Vertus qu'il a
prat[i]quées en cet état, et à
porter compassion à ces Enfans abandonnés, et
par ce moyen pouvoir participer aux priè[res]
et Sacrifices qui se font en cette Chapelle. __
Vous avéz, Seigneur tiré vôtres
Louange la plus parfaitte de la Bouche des Enfans, et de
ceux qui sont a la Mamelle. ps. [8] __
Antienne.
En l'honneur de la sainte Enfance de Jesus Christ
nôtre Seigneur. __
Un Enfant nous est né, et un fils nous a
esté donné, il portera sur son espaule les
marque de sa principauté, et il sera appellé
l'Ange du grand conseil. __
Vers. Le Verbe a esté fait Chair __ Resp. Et il a
habite parmy nous __
Prions
Jésus nôtre Seigneur qui ayant esté
conçu du S. Esprit avez voulu naître Enfant
d'une mere vierge, faites nous s'il vous plaist la
grâce qu'en honorant par un culte continuel tous les
mysteres de vôtre Sainte Enfance nous devenions Enfans
selon l'esprit, et vous nous rendiez dignes d'imiter toutes
les vertus que vous avez pratiquées en ce Divin
état, vous qui estant Dieu vivez et rêgnez avec
Dieu le pere en l'unité du Saint esprit par tous les
Siècles des Siècles. Ainsy soit il __
Canis del. / J. Langlois Sculp. Rome
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Après
1682
Simard
1976 (p. 53-55) donnait
cette gravure comme la source des autres. Or la
biographie de Nicolas Bazin nous incite à la
dater après 1682. Deux autres bonnes raisons
militent en faveur de cette date tardive : le
motif iconographique édulcoré et la
technique de gravure d'un type plus commercial
semblent indiquer le déclin de cette
thématique.
Nicolas Bazin est né à Troyes
en 1633. Il est actif à Paris à la
fin du XVIIe siècle. De 1682 à 1686
il est au bas de la rue Saint-Jacques, rue
Saint-Séverin devant l'église aux
Armes du Roy. En 1686 il est installé
rue Galande, à la Croix blanche,
vis-à-vis Saint-Blaise. Il fut aussi rue de
la Bucherie, devant l'École de
Médecine. En 1695 il obtient un
renouvellement de privilège de graver et
débiter des planches religieuses
(Grivel
1984, p. 109, 181 et 278).
Grivel
1984 ne donne aucune
référence à un
« Basset rue S.
Jacques ».
Plusieurs Mariette sont actifs après
1682 : Claude-Augustin (1652-après
1701), Jean (1660-1742), Pierre II
(1634-1716), Pierre-Joseph
(1656-1729).
Un autre état de cette gravure donne
le texte suivant : « Saepe
expugnaverunt me a juventute mea (Simard
1976, p. 53) ».
Nicolas Bazin (1633-1695) et
« Mariette », vendu chez
« Basset rue S. Jacques »,
Jesus Gaudium Angelorum, À Paris chez
[Basset] rue S. Jacques / N. Bazin /
Mariette, gravure, BN, Est., Da. 30 (Simard
1976, p. 53, note 111, et
fig. 25),
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XVIIIe
siècle
Anonyme France, L'enfant
Jésus, XVIIIe siècle, gravure
sur papier rehaussée en couleurs (Source).
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