La « médaille » du baron de Fouencamps et l'iconographie de la Vierge à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-SecoursLes armoiries attribuées au baron de Fouencamps |
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« Il est tout à fait possible que le blason gravé sur la "médaille" soit celui du baron de Fouencamps. Il faudait blasonner : de [couleur] à la fasce de [couleur] chargée de trois roses de [couleur], accompagnée en chef d'un épi de blé de [couleur] tigé et feuillé de [couleur], et en pointe d'un coeur de [couleur] soutenu d'un croissant de [couleur] (collaboration de Robert Pichette, le 29 mai 2001, par l'entremise de Daniel Cogné). » Attribué au graveur François de Poilly (1623-1693) avec la collaboration de Claude François dit le Frère Luc (1614-1685), « Médaille » du baron de Fouencamps, Notre-Dame de Bon Secours, Vierge-Mère à l'enfant Jésus emmaillotté terrassant le dragon, détail des armes de Pierre CHEVRIER baron de FOUENCAMPS [image inversée et positive comme elle apparaîtrait si elle était imprimée sur papier], mai-juin 1672, plaque de gravure en cuivre, 11 x 9 cm, Montréal, Musée Marguerite-Bourgeoys, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours |
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La mise en perspective de tous les éléments conjoncturels reliés au blason de Pierre Chevrier baron de Fouencamps gravé sur cette « médaille », et étudiés en détail plus bas, nous amènent à proposer l'hypothèse qu'il inventa de toutes pièces son blason en l'absence d'une tradition familiale antérieure (collaboration de soeur Nicole Bussières, le 3 août 2001).
L'étude de la plaque de fondation en plomb de 1675 de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours et des archives qui lui sont reliées a déjà permis d'attribuer les armoiries de cette « médaille » à Pierre Chevrier baron de Fouencamps. Sa fortune personnelle et sa lignée justifient la possession d'armoiries. Mais la vie de ce personnage secret n'en est pas à une énigme près, ce qui a donné beaucoup de fil à retordre aux historiens qui ont tenté d'établir sa biographie.Suite à des recherches orientées sur de multiples pistes, on est amené à penser que son père, Adam Chevrier, et ses frères ne semblent pas avoir eu de blason.
La terre de Fouencamps « n'a jamais porté officiellement le titre de baronnie (Oury 1992a, p. 211). » C'est le 22 juillet 1634 que Pierre aliéne cette seigneurie (Louvencourt 1896, p. 63, référant à Beauvillé 1860-1882), sans renoncer à en porter le titre qui le suivra jusqu'à sa mort (Oury 1991, p. 119).
Pierre Chevrier « renonça en 1668 au titre d'écuyer... mais vraisemblablement, en ce cas, parce qu'il ne pouvait produire les preuves de son droit (Louis 1984.01 qui ne cite pas ses sources) ! » Il n'est donc pas surprenant de ne pas retrouver ce blason dans les registres officiels et les armoriaux...!
Tous les éléments iconographiques de ce blason réfèrent à la religion qui était la prime valeur de sa vie : le coeur réfère à l'amour de dieu et renvoie au coeur enflammé du monogramme à la lettre « C » pour Chevrier ; ce coeur repose sur un croissant qui réfère à celui de l'Immaculée Conception ; l'« épi de blé tigé et feuillé » réfère au pain, donc au sacrement de l'Eucharistie et à la Compagnie du Saint-Sacrement ; le blé réfère aussi à la culture des « champs » dont le toponyme « Fouencamps » est issu ; les trois roses réfèrent aux trois personnes en Dieu, mais aussi aux litanies de la Vierge de Lorette.
Grâce à Dom Guy-Marie Oury et ses collaborateurs, nous en savons un peu plus sur la baronnie de Fouencamps.
« Fancamp ! Que d'heures ai-je passé dans les rayons de la bibliothèque de l'abbaye de Solesmes à essayer d'identifier cette seigneurie. (Abbaye de Solesmes, bibliothèque, rayon N, Nobiliaire ; c'est l'un des fonds importants de France contenant des ouvrages dont l'édition est privée.) [...] En fait, c'est l'orthographe Fancan, Fancamps ou Fancamp qui orientait toutes les recherches vers l'impasse, car il aurait fallu lire Fouencamps. [...] La seigneurie de Fouencamps [à 12 km au sud-est d'Amiens], sise dans le bailliage du Vermandois, prévôté de Montdidier, relevant de la châtellenie de Boves mouvante de celle de Coucy, fut acquise en 1605 par Me Adam Chevrier, conseiller du roi, trésorier général de France en Picardie, par décret contre Bénigne Vetus, prévôt des maréchaux de France et sa femme, Marie Pingré (Oury 1991, p. 115 et note 14). »
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CHRONOLOGIQUE 1201 Fokencans |
ALPHABÉTIQUE Fancamp 1707 |
Si la deuxième syllable du toponyme Fouencamps réfère à « champs », la première ne pourrait-elle pas tout simplement référer au mot « foin », désignant ainsi des « champs de foin » ?
« La terre de Fouencamps qui n'a jamais porté officiellement le titre de baronnie, fut acquise en 1605 par décret contre Bénigne Vetus, prévôt des maréchaux de France, et sa femme, Marie Pingré. [...] En fait, Pierre porta toute sa vie le titre de Fancamp [Fouencamps], mais sans jamais y rien posséder, car son père, dès le 15 mai 1617, avait engagé la seigneurie en faveur de Gailliot Mandat, maître ordinaire de la Chambre des comptes par égard pour Louis de Conigan, marquis de Cangé, qui l'en avait prié. Pierre fut donc pour la commodité des siens sieur de Fancamp [Fouencamps] dès ses jeunes années et le resta toute son existence pour ceux qui le connaissaient, sans avoir mis les pieds dans le domaine dont il portait le nom (Oury 1992a, p. 211). »
C'est le 22 juillet 1634 que Pierre Chevrier aliéne sa seigneurie de Fouencamps à François de Jacquespée Ecuyer (Louvencourt 1896, p. 63, référant à Beauvillé 1860-1882, référence obtenue grâce à la collaboration de Jean-Pierre Boulesteix le 27 mai 2001), sans renoncer à en porter le titre qui le suivra jusqu'à sa mort (Oury 1991, p. 119). Le titre de baron de Fouencamps semblerait donc être un titre d'usage plutôt qu'un véritable titre certifié. C'est probablement pourquoi les recherches dans les armoiries officielles répertoriées ont jusqu'ici été vaines. Nonobstant, Pierre Chevrier a bel et bien porté ce titre toute sa vie.
« Pierre, qui prend le plus souvent le titre de "seigneur de Fouencamps" (Somme) demeura simple prêtre et - peut-être par jansénisme - paraît avoir renoncé à tout bénéfice comme il renonça en 1668 au titre d'écuyer... mais vraisemblablement, en ce cas, parce qu'il ne pouvait produire les preuves de son droit (Louis 1984.01 qui ne cite pas ses sources) ! »
L'étude de la plaque de fondation en plomb de 1675 de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours et des archives qui lui sont reliées a déjà permis d'attribuer les armoiries de cette « médaille » à Pierre Chevrier baron de Fouencamps. Afin d'éliminer d'autres possibilités d'attribution, nous procéderons également par la méthode d'élimination. Quels sont les autres candidats possibles liés à la fondation de la Chapelle Notre-Dame-de Bon-Secours dont les noms sont connus par les archives et qui pouvaient posséder des armoiries ?
Chose certaine, ces armes ne sont pas celles de Jérôme Le Royer de la Dauversière (1597-1659), co-fondateur de Ville-Marie décédé seize ans avant 1675 ! Ce ne sont pas non plus celles de Paul Chomedey de Maisonneuve, premier gouverneur de cette ville retiré à Paris depuis 1665 où il est décédera en 1676. Ce ne sont pas non plus celle du gouverneur de Montréal en 1669-1684, François-Marie Perrot (1644-1691), qui était plus préoccupé par la traite des fourrures que par les dévotions religieuses.
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Ces armoiries ne semblent pas non plus appartenir à aucun des autres personnages qui ont signé les archives paroissiales qui mentionnent cette « médaille » (voir La plaque de fondation de 1675) :
Gabriel Souart (1611-1691) prêtre, sulpicien, premier curé de Montréal et supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, médecin et maître d'école ;
Jean Frémont sulpicien (1624-1694) ;
Pierre Rémy sulpicien (1636-1726) ;
Jean Aubuchon (vers 1634-1685) marchand et marguillier qui ne savait signer ;
Marguerite Bourgeoys ;
Élisabeth de la Bertache est l'une des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame (Bourgeoys 1964, p. 68) ;
Pierre Cabazié (vers 1641-1715) huissier, concierge des prisons, procureur du roi et juge intérimaire, commis greffier et notaire ;
Landeron n'est pas documenté dans les sources consultées ;
Gilles Perot (vers 1625-1680) prêtre, sulpicien, curé de Montréal ;
François Seguenot (1644-1727) sulpicien ;
Mathieu Ranuyer semble être un sulpicien qui travailla à l'évangélisation des Goyogouins vers 1674-1681 avec son confrère Louis-Armand Champion de Cicé ;
Mathurin Langevin dit Lacroix (1632-vers 1718-1725), défricheur et syndic qui savait signer ;
Anne Hiou, une des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame ;
Jean Martinet de Fonblanche (1645-1701) chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Ville-Marie ;
Paul Prud'homme apprenti chirurgien ;
Marguerite Prud'homme, épouse du chirurgien Jean Martinet de Fonblanche ;
Daniel Greysolon Dulhut (vers 1639-1710), écuyer, enseigne, gendarme de la Maison du Roi, coureur de bois, explorateur, fondateur de postes dans l'Ouest, capitaine dans les troupes de la marine. Sa famille faisait partie de la bourgeoisie et il portait le titre d'écuyer. Possédait-il des armoiries ? Massicotte 1915-1918 ne lui en attribue pas. En 1675 il venait tout juste de s'établir à Montréal. Les sources consultées ne font pas état de liens ni avec Marguerite Bourgeoys, ni avec la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Il légua son nom à la ville de Duluth au Minnesota.
Sources : Allaire 1908-1934 ; DBC ; Landry 1992.
Regardons maintenant vers ceux qui ont contribué au financement de la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (d'après la liste établie par Simpson 2001, p. 42) afin de déterminer si l'un ou l'autre d'entre eux aurait eu des armoiries qui auraient pu être gravées sur cette « médaille ».
Marguerite Bourgeoys n'avait pas d'armoiries connues.
La Congrégation de Notre-Dame. Bourgeoys 1964 reproduit des armoiries en page titre. Existaient-elles au XVIIe siècle ?
Le baron de Fouencamps est susceptible d'en avoir eu.
Les sulpiciens utilisaient le monogramme AM pour Ave Maria.
Alexandre Le Rageois de Bretonvilliers, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice de Paris, a acquiescé au don de la terre et emplacement de la chapelle. Son blason se lit comme suit : d'azur au phénix d'argent, tenant de sa patte dextre un rameau de laurier d'or; au chef d'argent, chargé de trois feuilles de gueules.
Gabriel Souart n'avait pas d'armoiries connues.
François Dollier de Casson a donné la rétribution des messes à être dites à la chapelle pour les trois années à venir après la construction de la chapelle. Son nom n'est pas consigné dans les archives mentionnant la « médaille ». Les armoiries de sa famille se lisent comme suit : de gueules à trois fasces d'argent à la bande d'azur brochant sur le tout (DBC).
Les armoiries gravées sur cette « médaille » pourraient-elles être celles de sociétés ou confréries ayant participé ou contribué à la fondation de cette chapelle ? La Société de Notre-Dame, qui par ailleurs avait été abolie en 1663, avait bien un sceau très différent du blason sur cette « médaille ».
Sceau officiel armorié de la Société de Notre-Dame de Montréal, utilisé en filigrane de pages de ce site web. Fabriqué vers 1650, il authentifiait les actes officiels des seigneurs-fondateurs.D'azur à une Notre-Dame d'argent, ayant un manteau de pourpre, posée sur un mont d'argent, tenant à la main senestre, un lis de jardin à trois fleurs, portant sur son bras dextre un Enfant-Jésus d'argent, qui tend une couronne d'épines. Entouré d'un liséré d'argent avec l'inscription : Nostre-dame dv Montréal. (Daveluy 1965, coloré par Robert Derome) |
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Plusieurs armoiries des autres membres de la Société de Notre-Dame sont connues et décrites, mais ne correspondent aucunement à celles de cette « médaille ». D'ailleurs la plupart de ces personnes sont décédées en 1675 : Jean-Jacques Olier (1608-1657), le baron de Renty (1611-1649), Mme de Bullion (1593-1664), Jean de Garibal baron de Saint-Sulpice et de Vias (avant 1620-1667), Henri-Louis Haber de Montmor (1600-1679) (Daveluy 1965). Et aucun de ces noms n'est mentionné dans les archives concernant cette « médaille ».
Plusieurs membres de la Société de Notre-Dame faisaient également partie de la fameuse et très puissante Compagnie du Saint-Sacrement.
« La Compagnie du Saint-Sacrement n'a pas à proprement parler d'armoiries, même si René de Voyer d'Argenson nous dit que la compagnie "prit pour ses armes une figure de la sainte Hostie dans un soleil". Il n'y a rien de plus banal et on a de toute façon peu d'exemples d'emploi de ces armoiries, ce qui n'est pas très étonnant vu le caractère secret de la Compagnie (collaboration d'Allain Tallon le 6 juin 2001). »
De toute façon les activités de la Compagnie du Saint-Sacrement se sont éteintes en 1667 (Tallon 1990, p. 22), huit ans avant la cérémonie de pose de la plaque de fondation qui réfère à cette « médaille » armoriée insérée dans la maçonnerie de la chapelle.
Il serait bien illusoire d'allonger cette liste de candidats impossibles quand les éléments gravés sur cette « médaille » nous indiquent la piste à suivre. Écartons pour l'instant l'analyse iconographique des images pour nous limiter aux inscriptions écrites et armoriées.
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Sur une photographie inversée (voir gravure et impressions sur papier), on peut lire le texte latin sur un phylactère. Ce phylactère prend sa source, en bas à gauche, dans un coeur enflammé transpercé des lettres « C », inscrites deux fois et inversées en miroir, que nous proposons de lire comme un monogramme. Cette lettre serait l'initiale du nom de famille qui nous concerne : « C » pour Chevrier ! On retrouve ce genre de lettrage en monogramme ajouté au coeur enflammé sur d'autres oeuvres exactement contemporaines de celle-ci. Attribué au graveur François de Poilly (1623-1693) avec la collaboration de Claude François dit le Frère Luc (1614-1685), « Médaille » du baron de Fouencamps, Notre-Dame de Bon Secours, Vierge-Mère à l'enfant Jésus emmaillotté terrassant le dragon, détail du coeur enflammé flanqué de deux C [image inversée et positive comme elle apparaîtrait si elle était imprimée sur papier], mai-juin 1672, plaque de gravure en cuivre, 11 x 9 cm, Montréal, Musée Marguerite-Bourgeoys, Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. |
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Le coeur était aussi largement utilisé dans l'iconographie des Confréries de la sainte Famille, ainsi que dans les dévotions à l'enfant Jésus et au Sacré-Coeur de Jésus et de Marie, celles de saint Augustin et des ursulines, toutes présentes en Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle (Martin 1990). Sur le coeur enflammé ci-contre, gravé par Grégoire Huret avant 1670, on retrouve les monogrammes de Jésus, Marie et Joseph. Grégoire Huret (1616-1670), détail du coeur enflammé tiré de Sancti Angeli Custodes cor unum et animam unam Sodalium offerentes, avant 1670, gravure frontispice de : Confrérie de la Sainte-Famille, La solide dévotion à la très-sainte famille de Iesvs, Marie et Ioseph avec vn catechisme qui enseigne à pratiquer leurs vertus, Paris, Florentin Lambert, 1675, 192 p., front.. |
« Le coeur enflammé est encore au milieu du XVIIe siècle un symbole de l'amour profane comme de l'amour sacré. Il n'a pas encore le sens d'une dévotion au Sacré Coeur, qui ne se développe qu'à la fin du XVIIe siècle avec Marguerite Marie Alacoque, à partir des années 1670 et surtout 1680. Il faut être très prudent et ne pas interprêter trop vite ce coeur comme signe d'une telle dévotion. Il signifie simplement l'ardeur de la dévotion à la Vierge et à son Fils. On a tout à fait raison de souligner l'importance de la dévotion à la Sainte Enfance parmi les dévots français du XVIIe siècle (collaboration d'Allain Tallon le 6 juin 2001). »
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Jean Le Blond (vers 1635-1709), détail du coeur enflammée tiré de la « vera effigies » de saint Jean Eudes (1601-1680), 1673, peinture, Paris, Archives des eudistes.La devise personnelle de saint Jean Eudes est inscrite sur le coeur « Cor Jesu et Mariae, fornax amoris » et son âge en haut à gauche « Etatis 72 » avec la date du tableau « 1673 » (Simard 1976, p. 207). |
« Saint Jean Eudes [1601-1680] et les Sacrés Coeurs. Une controverse sur la paternité de la dévotion au Sacré-Coeur a opposé, pendant plus de deux siècles, théologiens eudistes et jésuites. Ceux-ci avaient toujours soutenu, non sans succès, que la dévotion au sens moderne avait pris naissance chez les visitandines de Paray-le-Monial, quand le Christ apparut à Marguerie-Marie Alacoque. Les eudistes, pour leur part, en revendiquaient l'origine et l'on sait que les décrets pontificaux du début du siècle leur donnérent gain de cause. [...] Dans les décrets de béatification (1909) et de canonisation (1925), Rome reconnaissait au fondateur des eudistes les titres d'"auteur et père du culte liturgique des Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie" de même que ceux d'"apôtre et docteur de la dévotion aux Sacrés Coeurs". [...] En 1643, pour des causes encore assez mal éclaircies, Jean Eudes quitte l'Oratoire, retourne en Normandie, son pays natal, et fonde la Congrégation de Jésus et de Marie. [...] Enfin, c'est en 1648 et en 1681 (posthume) qu'il publiera ses oeuvres capitales sur le Sacré-Coeur (La Dévotion au Très Saint Coeur et au Très Sacré Nom de la Bienheureuse Vierge Marie ; Le Coeur admirable de la Très Sacrée Mère de Dieu). C'est donc de 1637 [La Vie et le Royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes] à 1648 que s'élaboreront définitivement la spiritualité et l'iconographie purement eudistes du Sacré-Coeur (Simard 1976, p. 203 et 204). »
Le coeur enflammé gravé sur cette « médaille » est donc la source qui génère le texte du phylactère qui se lit comme suit « O J[ESU]S [IN]IM[I]CA VIRGO BELLVIS DA DEXTRAM MISERO ET TECVM MET[IETUR] PER VNDAS » et qui se traduit par « O JESUS L'AIMABLE VIERGE ENNEMIE DES MONSTRES DONNE À L'INDIGENT SA MAIN DROITE SECOURABLE ET AVEC TOI IL PARCOURRA LES MERS HOULEUSES ».

Notons les trois segments de cette phrase très importante. Le premier décrit l'iconographie de la Vierge terrassant le dragon. Le deuxième parle de la main droite secourable, soit la main droite de la Vierge qui supporte un enfant emmaillotté. Le troisième parle des voyages à travers les mers houleuses. Notons au passage que la patronage de Notre-Dame de Bon Secours est directement relié à la mer et aux marins ! Ce texte réfère donc au rêve du baron de Fouencamps de traverser les mers pour venir s'établir à Ville-Marie. Mais comme il ne l'a pas fait en personne physique, il le fait par l'entremise de sa mandataire Marguerite Bourgeoys et l'oeuvre qu'il a contribué à financer, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, où cette médaille sera enfouie dans la maçonnerie. Cette interprétation se trouve corroborée par l'analyse des éléments situés à la fin du phylactère.
La signification se trouve tout naturellement dans la biographie du baron de Fouencamps et l'histoire de Ville-Marie. Pierre Chevrier a contribué depuis les tous débuts à la fondation de la Société de Notre-Dame qui a veillé à l'établissement et à l'expansion de Ville-Marie. Il avait abandonné « son train » de vie de noble pour se consacrer à Dieu et à ses oeuvres. Il rêvait de venir s'établir en la seigneurie de Ville-Marie qu'il avait largement financé à même sa fortune personnelle. Son âme de colonisateur l'a même poussé à se faire réserver une concession de 500 arpents sur la montagne de Ville-Marie, le 16 avril 1659. Nous interprétons donc cette souche comme un symbole de la Ville-Marie défrichée, donc de l'oeuvre à laquelle le baron de Fouencamps tenait le plus. Cette souche est d'ailleurs localisée à l'emplacement topographique approximatif de la chapelle de Bon-Secours si l'on considère que la montagne gravée à sa gauche est le Mont-Royal ! Et c'est cette souche qui recueille la fin du message porté par le phylactère : le transport de l'âme de Pierre Chevrier, baron de Fouencamps, à travers les mers, depuis son monogramme personnel aux deux « C » inversés perçant un coeur enflammé, jusqu'à la présence physique de ses armoiries sur la souche de l'arbre défriché de Ville-Marie ! Et ce transport se trouve exécuté par sa mandataire, Marguerite Bourgeoys, qui est celle qui traverse les mers, protégée par la Vierge qui terrasse le dragon. Et c'est toujours Marguerite Bourgeoys, par l'entremise de la Vierge, qui vient porter secours aux enfants de Ville-Marie en faisant leur éducation dans son école.
La façon dont ce blason est accroché à cette souche sur cette « médaille » oriente l'interprétation vers une autre piste héraldique liée à une très vieille tradition chevaleresque, celle de la quintaine. L'allusion serait-elle voulue ? Pour terrasser le dragon, il faut certes user de combat et de chevalerie, tout comme la Vierge de l'Apocalypse à laquelle réfère l'iconographie de la Vierge Mère sur cette « médaille ». L'arme de la « chevaleresque » Vierge Marie n'est ni l'épée ni la lance, utilisées par le chevalier archange saint Michel, mais celle de l'amour et de la charité véhiculée par l'enfant Jésus emmaillotté. Les Écrits... de Marguerite Bourgeoys véhiculent d'ailleurs cette idéologie de combat contre les forces du mal par la dévotion à la Vierge et la charité (Bourgeoys 1964).
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Je n'ai pas la représentation de votre branche d'arbre, mais, en héraldique, un poteau auquel est attaché un blason se nomme une « quintaine ». Je n'en ai pas encore rencontré, mais c'est une représentation existante. Ces représentations, peuvent peut-être recevoir quelques aménagements, selon les blasons.
O'Kelly de Galway (Science des blasons, Bergerac, Imprimerie générale du Sud Ouest, 3 rue Saint Esprit, 1901) parle de la quintaine. Il ne donne lui-même pas plus de détail sur l'origine de ses sources. Peut-être même est-ce qu'il rapporte des anecdotes plusieurs fois recopiées avant de lui arriver. Enfin, voici tout ce qu'il dit au sujet de la quintaine.
Poteau auquel est attaché un écusson que l'on suppose être mobile. C'est une espèce de but ou bouclier posé sur un poteau et tournant sur un pivot de manière que celui qui ne le frappe pas au milieu avec une lance, mais aux extrémités, le fait basculer. Comme punition le maladroit recevait un coup de bâton ou d'épée. Cet exercice parait avoir été inventé pour ceux qui se servaient de la lance dans les joutes et qui étaient obligés d'en frapper leur adversaire entre les quatre membres, c'est à dire en pleine poitrine.
Des chroniques de Bertrand du Guesclin en parlent comme d'un exercice d'entraînement et même d'un jeu d'enfant : « Quintaine y fist dresser, et jouster y fesoit, Et donnoit un beau prix celui qui mieux joustoit. [...] Fist faire quintaines, et joustes d'enfants et manière de tournois. »
Les Grecs eux mêmes connaissaient cet exercice où l'on se servait du « contus » ou de la lance. On écrit que ce jeu était appelé « quintus ».
Il existait un curieux usage, confirmé par de Ragueau [François Ragueau, décédé en 1605, Indice des droits roiaux et seigneuriaux, des plus notables dictions, termes, et phrases de l'estat et de la justice..., Paris, Chez N. Chesneau, 1583] au mot « quintaine » : c'était celui qu'avaient les seigneurs d'obliger leurs vassaux à courir la quintaine sous peine de quelque amende en cas d'abstention (Charles Dufresne sieur Du Cange, Glossaire français..., Niort, Impr. de Favre, 1879, Dissertation sur les joûtes, t. VII).
Le jeu de quintaine semble avoir été une sorte d'entraînement au combat, comme la chasse et autres activités utilisant des armes plus ou moins émoussées. On écrit que ce jeu a été appelé ainsi de « Quintus » son inventeur, mais il est plus probable qu'il fut ainsi nommé parce que les habitants des villes à qui il était familier allaient s'exercer dans les campagnes voisines et dans les banlieues que les coutumes et les écrits appellent « quintes » ou « quintaines ».
Isidore, Papias et Elfric disent que « quintana » est cette partie espacée de la rue où un chariot peut tourner. D'où l'on peut déduire que comme les habitants des villes choisissaient les carrefours comme des lieux spacieux pour tirer à la quintaine le nom de quintaine aura été donné à leur exercice de prédilection.
Je pense qu'on peut déduire de cet exposé de O'Kelly que c'était selon, comme on dit. Il devait y avoir des jeunes qui s'exerçaient là où ils trouvaient un espace favorable, dans les champs, sur une souche d'arbre ou un poteau de clôture, mais que les concours d'adresse réunissant le ban et l'arrière-ban avec récompenses seigneuriales devait se passer sur des places, ou des lieux fréquentés assez spacieux.
La « souche » blasonnée de cette « médaille » oriente également nos réflexions vers une autre interprétation de type généalogique à laquelle réfère naturellement ce mot et concept en identifiant une personne qui est à l'origine d'une famille, d'une suite de descendants, d'une lignée. Les nobles affichent souvent leur arbre généalogique illustré des armoiries évoluant au gré des mariages et successions. Cet arbre généalogique prend racine dans la souche familiale, d'où l'expression « de vieille souche », qui signifie « de vieille famille ». L'expression « faire souche » signifie : être à la source d'une famille, avoir des descendants. On peut déduire une signification symbolique à cette « souche » sur cette « médaille ». En tant que célibataire dévot, puis prêtre, le noble sieur de Fouencamps était conscient qu'il ne pourrait pas avoir de descendance familiale. Il a investi sa fortune, son énergie et sa vie à promouvoir l'implantation et le développement de Ville-Marie et d'autres causes dévotes. Cette souche armoriée constitue donc son arbre généalogique spirituel, sa réalisation la plus chère à laquelle il s'identifie. Discrètes et cachées, les anciennes souches de Ville-Marie continuent à nourrir aujourd'hui sa croissance secrètement. Il en allait ainsi de cette « médaille » lorsqu'elle était enfouie dans la maçonnerie de la chapelle. Maintenant exposée à la lumière, elle fleurit et porte des fruits d'une manière plus visible. Mais aurions-nous rompu le secret dont aimait s'entourer le baron de Fouencamps, les sociétés et confréries de cette époque telles que la Compagnie du Saint-Sacrement (Tallon 1990, p. 65) et la Société de Notre-Dame ? La réponse est certainement non, car on n'aurait certes pas gravé ce blason sur une plaque de gravure servant à imprimer de multiples exemplaires sur papier afin de publier « partout » les « bontés » de la Vierge de Bon Secours tel qu'en avait fait voeu le baron de Fouencamps après sa guérison !
À ce jeu, à califourchon entre « je me cache » et « je me mets en valeur », n'y aurait-il pas tout ce que Molière a exposé dans son Tartuffe, en y dénonçant les agissements et pratiques des membres de la Compagnie du Saint-Sacrement, et dont la troisième version définitive et autorisée date de 1669, peu de temps avant la gravure de cette « médaille » en 1672 ?

Les éléments iconographiques choisis et illustrés sur les meubles de ce blason permettent de les relier avec plusieurs éléments de la vie et des dévotions de Pierre Chevrier baron de Fouencamps. Le coeur renvoie au coeur enflammé du monogramme à gauche. Il repose sur un croissant qui réfère à celui de l'Immaculée Conception, mais aussi au croissant retrouvée sur les armoiries des Chevrier. L'« épi de blé tigé et feuillé » réfère bien entendu au pain, donc au sacrement de l'Eucharistie si essentiel pour un dévot devenu prêtre à l'époque de la toute puissante Compagnie du Saint-Sacrement identifiée à l'Euchariste ; mais ce blé réfère aussi à la culture qui croît et donne ses fruits, que ce soit celle des « champs » dont le toponyme « Fouencamps » est issu, ou celle des terres défrichées et colonisées pour la conversion des Sauvages, le but ultime de la Société de Notre-Dame. Quant aux trois roses, elles peuvent référer au bonheur des fleurs, à l'illusion des Vanités si répandues dans les tableaux du même nom au XVIIe siècle, aux trois personnes en Dieu, mais aussi aux litanies de la Vierge de Lorette représentée au XVIIe siècle avec un bosquet de rose, par exemple sur la fameuse Assomption du Frère Luc peinte en 1670-1671 pour les Récollets et aujourd'hui conservé dans la chapelle des Augustines de l'Hôpital général de Québec. « Rose sans épines » est en effet l'un des nombreux titres de gloire attribués à Marie.
de la famille Sauniac de Messillac |
Tous les éléments réunis de la plaque de fondation en plomb de 1675, des archives qui parlent de cette « médaille », l'interprétation des symboles héraldiques qui y sont gravés, le contexte historique et l'analyse iconographique, se complètent les uns les autres pour permettre désormais d'attribuer ces armoiries à Pierre Chevrier baron de Fouencamps.
Nous voulons remercier les nombreuses collaborations qui, des deux côtés de l'Atlantique, ont tissé leur toile pour essayer de trouver, encore sans succès, une corrobaration de l'identification de ces armoiries du baron de Fouencamps dans les ouvrages sur l'héraldique et la noblesse. Comme les titres du baron de Fouencamps semblent ne pas avoir été en règle, il pourrait donc être normal de ne pas en trouver référence dans les nomenclatures officielles ! Nous dressons donc ici, pour mémoire, la liste des collaborations et des références consultées afin que les chercheurs n'aient pas à les compulser de nouveau, ainsi que quelques pistes qui restent encore à explorer.
sur les lettres du baron de Fouencamps |
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(p. 125) CHEVRIER (de) - D'azur, à la bande d'or, chargée de trois croissants montants du champ.
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Le croissant du blason du baron de Fouencamps pourrait provenir de ce blason ? Si c'est le cas on devrait peut-être l'imaginer de couleur azur ?
Armes présumées de Pierre Chevrier baron de Fouencamps (1608-1692). |
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(p. 125) CHEVRIERS (de) - D'argent, à trois chevrons de gueules ; à la bordure engrêlée d'azur. |
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(p. 43) BAUQUEMARE (de) - D'azur, au chevron accompagné de trois têtes de léopard, le tout d'or. |
Renée de Bauquemare (vers 1685-1653), qui épousa Adam Chevrier en 1605, était la mère du baron de Fouencamps (Oury 1991, p. 115). |
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FOUENCAMPS (de) Aucune information |
Il serait intéressant de connaître
l'histoire de cette seigneurie et l'origine du nom
de Fouencamps...! |
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(p. 3) ACQUEVILLE (d') - D'argent, au gonfanon d'azur, frangé d'or. (p. 125) HACQUEVILLE (de) - D'argent, au chevron de sable, chargé de cinq aiglettes d'or, et accompagné de trois têtes de paon d'azur. |
Nom du château familial à Villeneuves-sur-Seine. Anne de Hacqueville était la grand-mère maternelle du baron de Fouencamps. |
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(p. 85) BOVES (de) - Fascé de vair et de gueules de six pièces. (p. 144) COUCY (de) - Fascé de vair et de gueules, de six pièces. |
Avant son acquisition par les CHEVRIER, la seigneurie de Fouencamps [à 12 km au sud-est d'Amiens], sise dans le bailliage du Vermandois, prévôté de Montdidier, relevait de la châtellenie de Boves mouvante de celle de Coucy. |
J'ai recherché CHEVRIER dans différents les nobiliaires et armoriaux présents et voici le maigre résultat de mes recherches :
Dans le Dictionnaire de la Noblesse de Berger-Levrault :
de Chevriers : les armes d'argent à 3 chevrons de gueule + ajoutée une bordure engrêlée d'azur (brisure d'un cadet des comtes de Mâcon). Pierre, 2ème fils de Henri a été religieux de Cluny, sacristain de Tréfort en Bresse et doyen de St Martin des vignes, ordre de Cluny, près de Mâcon.
Dans l'Armorial Dubuisson :
de Chevriers : seigneur de St Maurice du Thil. Enneringue : d'argent à 3 chevrons de gueule à la bordure engrelée d'azur.
Dans l'Armorial général de Rietstap :
Chevrier : Dauphiné, d'azur à la bande d'or ch. de trois croiss. du champ.Chevrier : Lorr. (an. 5 fev. 1712 et 5 août 1719). Coupé : au 1 d'or à l'aigle de sable, arm. Et allumé de gu., au 2 de sa. À une branche d'olivier d'or, mouv. de dextre. (Pour info : armé et allumé de gueules correspond aux ongles et yeux ; la branche d'olivier mouvant de dextre ; c'est à dire qu'elle vient de la gauche comme sortant de la 1ere pièce.)
Dans l'Armorial d'Artois et Picardie de Borel d'Hauterive :
Aucune trace du nom « Chevrier », ni de « Fouencamp », le nom de lieu le plus proche est « Fricamp », il est cité à 4 reprises sans aucun lien avec Chevrier.
Sur le site internet Le Grand Armorial on trouve une autre description des armes des CHEVRIER dont la source n'est pas citée :
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Dans les archives d'une communauté religieuse de Montréal, on trouve une correspondance privée qui nous informe que :
« Pierre Chevrier, baron de Fouencamps, ses frères et son père eurent-ils un blason ? Je n'en sais rien et n'en ai trouvé aucune trace et ils étaient décédés quand fut entrepris L'Armorial par généralités pour les raisons fiscales ci-dessus rappelées. Par contre, il est certain que le Comte A. de Louvencourt, dans son étude sur Les trésoriers de France de la généralité de Picardie (1896) a commis une erreur en attribuant à Adam Chevrier des armes qui n'étaient pas les siennes. » (Montréal, Archives des hospitalières de Saint-Joseph, Lettre de Pierre-Yves Louis à soeur Nicole Bussières, 31 mai 1993, collaboration de Nicole Bussières.)
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Les informations de Louvencourt 1896 méritent quelques commentaires [marqués en rouge dans le texte ci-dessus]. Tout d'abord, Pierre Chevrier hérite de la charge de trésosier à la mort de son père en 1624 et non en 1604. Oury 1992b, à la remorque des recherches non publiées de Robert Le Blant, orthographie « Spifame » au lieu de « Spitanne ». Nous complétons les données bibliographiques afin de retrouver éventuellement les sources consultées par Louvencourt, soit La Chesnaye Des Bois 1863 et Beauvillé 1860-1882. Corrigeons la coquille « Adrien » par « Adam », le père de Pierre qui acheta les seigneuries mentionnées, sises près d'Amiens.
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Ces auteurs reprennent la même description du blason des CHEVRIER. Gourdon de Genouillac 1860 (p. 125) : « CHEVRIER (de) - D'azur, à la bande d'or, chargée de trois croissants montants du champ. » Louvencourt 1896 (p. 63) : « Adam Chevrier, écuyer, seigneur de Fouencamp [...] Armes : d'azur, à la bande d'or, chargée de trois croissants d'azur ». Rietstap 1967 : « Chevrier : Dauphiné, d'azur à la bande d'or ch. de trois croiss. du champ ». Reconstitution proposée par Robert Derome le 27 mai 2001. |
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Plusieurs ouvrages d'héraldiques ont été compulsés, sans succès, au sujet des armes de Pierre Chevrier, baron de Fouencamps : Armorial général.., 1696 ; Gourdon de Genouillac 1860 ; Hozier 1912 ; Hozier 1970 ; La Chesnaye Des Bois 1863 ; Sereville 1977.
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Les armes de Pierre Chevrier, baron de Fouencamps, pourraient-elles avoir été gravées sur sa pierre tombale en la crypte de l'église collégiale de Saint-Honoré située autrefois dans le cloître Saint-Honoré là où se trouvent les actuelles rues des Bons-Enfants et Montesquieu, en plein coeur de Paris à côté du Palais Royal et du Louvre ? Si c'est le cas, il semblerait que seules des fouilles archéologiques permettraient de retrouver cette pierre tombale...!

