La
« médaille » du baron de
Fouencamps et l'iconographie de la Vierge à la
Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours
Cette
« médaille » et l'oeuvre
gravée de François de Poilly
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L'iconographie de cette « médaille »
présente plusieurs convergences avec l'oeuvre de Claude
François dit le Frère Luc. L'attribution
circonstancielle à François
de Poilly repose repose d'abord sur les convergences
thématiques et historiques avec la Vierge
Mère et l'enfant
Jésus emmaillotté, via les compositions de
Simon François de Tours.
Cette attribution repose aussi sur la collaboration entre le
frère Luc et François de Poilly pour l'illustration
d'un livre en 1664 (Moret, Vincent, La Prudence
chrétienne contre les finesses du monde, À Paris,
chez Edme Couterot, rue Saint-Jacques, au Bon-Pateur, M.DC.LXIV,
In-4° , 630 p., titre gravé). Notons aussi plusieurs
éléments stylistiques et iconographiques convergents
entre cette « médaille » et d'autres oeuvres de
François de Poilly.
L'évangéliste
saint Jean, sa vision de la Vierge de l'Apocalypse
drapée du soleil rayonnant, le dragon et la souche
branchue...!
Détail en haut à
gauche : une Vierge, les bras croisés
sur la poitrine, enveloppée des rayons du
soleil, précipite le dragon sur terre
où il tombe en chute
libre.
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Détail en haut au
centre : souche avec branche en
repousse.
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François de Poilly
(1623-1693), La Vision de saint Jean
écrivant son évangile à
Pathmos, non daté, 7,3 x 12,8 cm, non
signé, gravé pour un
Évangile (Lothe
1994, p. 62-63,
n° 35).
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La « médaille » du baron de
Fouencamps présente une Vierge de l'Apocalyse,
drapée du soleil, terrassant un dragon. Une toute
petite gravure de François de Poilly, conçue
pour illustrer un Évangile, présente
l'éganvéliste saint Jean rédigeant
cette vision sur son île de Pathmos. Toute comme la
« médaille » cette oeuvre n'est
pas signée. Les rayons du soleil rappellent fortement
ceux de la « médaille », mais en
moins élaborés. La Vierge, sans enfant, ni
croissant, les bras croisés sur sa poitrine, boute le
dragon hors du ciel ; on l'aperçoit tomber en
chute libre dans les montagnes de l'arrière pays.
Comme plusieurs oeuvres de François de Poilly, ce
saint Jean se complète d'une souche sur laquelle se
distingue une repousse similaire à celle de la
souche-quintaine
supportant le blason du baron de Fouencamps sur la
« médaille ».
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La Vierge nimbée
d'étoiles sur un croissant de
lune
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François de Poilly a
représenté une Regina
Angelorum, d'après Maratta, qui
présente des ressemblances avec la Vierge de
cette « médaille »,
debout sur un croissant de lune et nimbée
d'étoiles. Cette oeuvre est connue par une
copie exécutée par son frère
Nicolas.
Nicolas de Poilly (1627-1693),
Regina Angelorum, non daté, gravure,
10,8 x 6 cm (Lothe
1994, p. 280-281,
n° 43).
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La
souche et la branche
support
François de Poilly
(1623-1693), Détail de : Le
volant, non daté, gravure, 12 x 14 cm,
non signé (Lothe
1994, p. 90-91,
n° 95).
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François de Poilly
(1623-1693), Détail de : S.
Francisci Xauery..., non daté, gravure,
12 x 14 cm, signé (Lothe
1994, p. 140-141,
n° 221-222).
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Attribué au graveur
François de Poilly (1623-1693) avec la
collaboration de Claude François dit le
Frère Luc (1614-1685), Détail de
la souche soutenant le blason :
« Médaille » du baron de
Fouencamps, Notre-Dame de Bon Secours,
Vierge-Mère à l'enfant Jésus
emmaillotté terrassant le dragon
[image
inversée et positive comme elle
apparaîtrait si elle était
imprimée sur
papier], mai-juin
1672, plaque de gravure en cuivre, 11 x 9 cm,
Montréal, Musée
Marguerite-Bourgeoys, Chapelle
Notre-Dame-de-Bon-Secours.
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La « médaille »
présente une curieuse souche-quintaine
supportant le blason du baron de Fouencamps. On retrouve
dans l'oeuvre de François de Poilly plusieurs
exemples de ce motif de souche avec une branche d'arbre qui
en sort dans le bas. Son Saint François Xavier
montre même un de ces appendices servant de
support.
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La bordure de billettes
et de perlons
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La bordure ouvragée de la «
médaille » est très
abîmée, particulièrement aux
quatre coins. On y distingue toutefois les motifs
d'un cadre en trompe l'oeil formé de
billettes séparées de deux perlons.
On retrouve un motif pratiquement identique sur une
très petite gravure de Sancta Clara
signée par François de Poilly, mais
composée de trois perlons au lieu de
deux.
Attribué au graveur
François de Poilly (1623-1693) avec la
collaboration de Claude François dit le
Frère Luc (1614-1685), Détail de
la bordure en bas à droite de la
« Médaille » du baron de
Fouencamps, Notre-Dame de Bon Secours,
Vierge-Mère à l'enfant Jésus
emmaillotté terrassant le dragon
[image
inversée et positive comme elle
apparaîtrait si elle était
imprimée sur
papier], mai-juin
1672, plaque de gravure en cuivre, 11 x 9 cm,
Montréal, Musée
Marguerite-Bourgeoys, Chapelle
Notre-Dame-de-Bon-Secours.
François de
Poilly (1623-1693), Santa Clara,
non daté, gravure, 7,5 x 5,3 cm, en
bas à droite « poilly
f. », en bas au centre
« SANCTA CLARA »,
(Lothe
1994, p. 154-155,
n° 264).
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«
Médaille »
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Sancta
Clara
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Cette « médaille » n'a pas
été signée ni par le concepteur du dessin, ni
par le graveur. Cette situation est loin d'être inusitée
dans le catalogue raisonné de l'oeuvre de François de
Poilly. En effet, Lothe répertorie une grande quantité
d'oeuvres non signées qui sont attribuées à
l'atelier de François de Poilly (Lothe
1994, relevé non exhaustif des oeuvres non signées
pour un peu plus de 50% du corpus de 408 numéros :
nos 5, 6-8, 10-18, 34, 35, 37, 44-45, 50, 60, 63,
65-76, 81-82, 89, 94-95, 98, 99, 103, 105, 107, 116, 118-130, 132,
135. 137-139, 142-146, 151-156, 160-165, 168-169, 173, 175, 186, 188,
191, 196-198, 202, 209, 212, 215, 217, 220, etc...).
D'autres graveurs ont illustré des compositions du
Frère Luc d'après le catalogue raisonné de
Morisset 1944.
Les oeuvres de plusieurs d'entre eux sont antérieures à
la date de fabrication de la « médaille »
du baron de Fouencamps en mai-juin 1672 : Jean Morin
(1609-1650), Étienne Picart dit le Romain (1623-1693), Jean
Lenfant (1615-1674), Nicolas Regnesson (1630-1670). D'autres
n'étaient pas encore établis en affaires lors de la
fabrication de cette « médaille » en
mai-juin 1672 : Jean Mariette (1660-1742) était trop
jeune et Nicolas Bazin (1633-1695) ne semble avoir été
actif qu'après 1682 (Grivel
1984). Certains présentent des techniques de gravure et
un style plus éloignés de la
« médaille » du baron de Fouencamps que
celles de François de Poilly : Pierre Landry (vers
1630-1701) et Jean Boulanger (1608-1690) (Gagnon
1976, Martin 1990). Pour
quelques autres nous n'avons pas actuellement en main les outils
nécessaires pour conclure : Gérard Édelinck
(1640-1707), Antoine Masson, Étienne Gantrel (vers 1646-1706).
Des recherches plus élaborées devraient donc être
effectuées au cabinet des estampes de la Bibliothèque
nationale à Paris. Les spécialistes de la gravure
française de cette période devront se pencher plus
avant sur notre hypothèse d'attribution à
François de Poilly, la documenter, l'analyser et la
commenter.
