Juin 1998

Mercredi 3 juin 1998.
Rue Wolfe.

Au coin des rues Wolfe et Ste-Catherine, il y avait auparavant le restaurant Crystal, juste à côté de l'immeuble qui a été voté le plus laid du Village, l'ancien cinéma Électra, aussi connu sous l'appellation cinéma chinois.

L'hiver dernier, alors que j'étais à Québec pour le weekend, le Crystal a brûlé, et depuis ce temps on pouvait y lire les affiches qu'on placarde en moins de deux sur tous les espaces libres et délabrés de la ville. Depuis deux jours, on ne peut plus regarder les affiches: ils ont rasé le Crystal.

Rue Wolfe, juste derrière le Crystal, dont la façade donnait sur Ste-Catherine, il y a une petite galerie et le resto du Village, haut lieu de la cuisine 24 heures. Au-dessus de la galerie, deux appartements, dont les fenêtres donnaient soit sur la rue Wolfe, soit sur le dos du Crystal.

Il y a maintenant quatre fenêtres qui donnent sur la rue Ste-Catherine, mais surtout qui, en fin d'après-midi, doivent être inondées de lumière, elles-même qui, lors de la construction du Crystal il y a plus de 50 ans sans doute, avaient donné sur un mur de brique. Imaginez ce que c'est que de retrouver la vue après tant d'années de cécité.




Mardi 9 juin 1998.
Greatest Hits.

Trois ans, deux jours, et plus de mille regards quotidiens plus tard, le temps est venu pour moi de quitter cette routine à laquelle je me suis pliée, avec beaucoup de plaisir la plupart du temps, je vous l'avoue, depuis le printemps 1995. Ce n'est pas tant par manque de temps ou d'énergie que je le fais, mais plutôt pour des raisons personnelles et parce qu'il est sans doute temps pour moi de changer d'air, électroniquement parlant, bien sûr.

Tout ça n'aura jamais été plus qu'un clin d'oeil, une inspiration de tous les jours aussi inégale que mes réveils. Si parfois j'ai pu vous faire sourire ou alors faire passer devant vos yeux un léger nuage, si quelque matin vous avez pris le temps de vous arrêter pour voir à travers les yeux de quelqu'un d'autre ce que pourtant vous pouvez très bien regarder vous-même, j'ose croire que j'aurai déjà accompli quelque chose.

En cherchant un peu, vous me retrouverez peut-être dans les mots de quelqu'un d'autre. D'autres projets pourraient aussi naître au fil des prochaines semaines ou des prochains mois. Qui peut prédire l'avenir?

J'aimerais remercier tous ceux qui m'ont inspirée au cours des trois dernières années, et plus particulièrement Hugues Van Rymenan, Buu Huynh, Christian Fleury et Jean-Pascal Mouton. Merci bien sûr aussi aux fidèles et peut-être surtout aux infidèles. À la prochaine.




Retour au sommaire des archives