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La Societe des Psychosociologues Apparus

 

Symboles, rituels et interventions

 

L'intervention au niveau des symboles:

à partir d'un résumé de l'introduction au Dictionnaire des symboles, de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Paris, Robert Laffont, collection Bouquins, 1982

 

 

Le dynamisme symbolique et ses fonctions

1. La première fonction du symbole est d'ordre exploratoire. Il scrute et tend à exprimer le sens de l'aventure spirituelle des hommes. Le symbole est un terme, un nom, une image qui, même s'ils nous sont familiers dans la vie quotidienne, possèdent néammoins des implications... Le symbole implique quelque chose de vague, d'inconnu ou de caché pour nous...notre esprit est amené à des idées qui se situent au-delà de ce que notre raison peut saisir...un symbole suppose toujours que l'expression choisie désigne ou formule le plus parfaitement possible certains faits relativement inconnus, mais dont l'existence est établie ou paraît nécessaire...(C.G.Jung). Il rend possible la libre circulation à travers tous les niveaux du réel (M. Eliade). La pensée symbolique est, en un sens, la pointe avancée de l'intelligence.

 

2. La seconde fonction est étroitement liée à la première. L'inconnu du symbole n'est pas le vide de l'ignorance, mais plutôt l'indéterminé du pressentiment, de l'intuition. Le symbole remplit ainsi une fonction de substitut. Il se substitue, en guise de réponse, de solution ou de satisfaction, à une L'Imperatricequestion, à un conflit, à un désir, qui demeure en suspens dans l'inconscient. Le symbole exprime le monde perçu et vécu tel que l'éprouve le sujet, non pas selon sa raison critique et au niveau de sa conscience, mais selon son psychisme, affectif et représentatif, principalement au niveau de l'inconscient.

 

3. La substitution implique une troisième fonction: celle de médiateur. Le symbole jette des ponts, il réunit des èlèments séparés, il relie le ciel et la terre, la matière et l'esprit, la nature et la culture, le réel et le rêve, l'inconscient et la conscience. Le symbole est un facteur d'équilibre. Il possède une efficacité pratique sur le plan des valeurs et des sentiments (C.G.Jung)

 

4. Une médiation tend finalement à réunir. Les symboles sont des forces unificatrices. Ils réalisent une synthèse du monde (religieux-cosmique-social-psychique, inférieur-terrestre-céleste, les six directions de l'espace....) Ils relient l'homme avec le monde, les processus d'intégration personnelle du premier s'insérant dans l'évolution globale du second. La pensée symbolique réside dans l'une des formes de ce que Pierre Emmanuel appelle l'osmose continuelle de l'intérieur et de l'extérieur.

 

5. Unificateur, le symbole remplit en conséquence une fonction pédagogique et même thérapeutique. Il fait saisir à l'enfant et à l'homme qu'ils ne sont pas des êtres isolés et perdus dans le vaste ensemble qui les entoure. Sous sa forme scientifiquement inexacte, voire naïve, le symbole exprime une réalité qui répond à de multiples besoins de connaissance, de tendresse et de sécurité. Il exprime quelque chose d'indéfinissable, de profondément senti, comme la présence d'une énergie physique et psychique qui féconde, élève et nourrit.. Résister aux symboles, c'est s'amputer d'une partie de soi-même. Un monde sans symbole serait irrespirable: il provoquerait aussitôt la mort spirituelle de l'homme.

 

6. Le symbole est l'un des facteurs les plus puissants de l'insertion dans la réalité, grâce à sa fonction socialisante. Il met en communication profonde avec le milieu social. Chaque groupe, chaque époque ont leurs symboles; vibrer à ces symboles, c'est participer à ce groupe, à cette époque. Le symbole est plus et moins qu'universel. Il est universel car il est virtuellement accessible à tout être sans passer par le truchement des langues et parce qu'il émane de la psyché humaine. Il est plus que l'universel de la connaissance, il est convergence d'affectivité. Le symbole est l'instrument le plus efficace de la compréhension interpersonnelle, intergroupe, internationale.

 

7. Le symbole vivant suppose une fonction de résonnance. La vitalité du symbole dépend de de l'attitude de la conscience et des données de l'inconscient. Elle présuppose une certaine participation au mystère, une certaine connaturalité avec l'invisible. Le symbole baigne dans un milieu social, même s'il émerge d'une conscience individuelle. Sa puissance évocatrice et libératrice variera avec l'effet de résonnance qui résulte de ce rapport entre le social et l'individuel.

 

8. Il remplit finalement la fonction de transformateur d'énergie psychique. C'est comme s'il puisait dans un générateur de puissance quelque peu confus et anarchique, pour normaliser un courant et le rendre utilisable dans la conduite personnelle de la vie. Non seulement le symbole exprime les profondeurs du moi, auxquelles il donne forme et figure, mais il stimule, par la charge affective de ses images, le développement des processus psychiques.

 

 

Commentaire général

Beaucoup de termes (transformation, médiation, unification, socialisation, pédagogie, communication...) associés au symbole semblent directement se brancher au rôle de l'intervenant psychosocial. Pourquoi le symbole ou la dimension symbolique qui met en présence la psyché et la conscience, sont-ils si peu utilisés comme moyen d'agir dans les processus individuels, groupaux ou organisationnels ?

Si on admet, ou qu'on en fasse simplement l'hypothèse, l'existence d'une dimension psychique chez l'être humain ou dans une organisation (et l'histoire de l'humanité donnerait à cette hypothèse beaucoup de crédibilité), cela nous force à créer ou à trouver des outils d'intervention dans cette dimension. Je dis << trouver >>, car de tels outils existent, par exemple le Tarot Psychologique de Denise Roussel (le livre et les cartes). Pour avoir expérimenté cet outil dans le travail de groupe, je le trouve utile.

notes rapportées par Paul Carle, 1996


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