Dehors la FEUQ
Le 17 février 2000, l’AGEsshalcUQAM partait en grève et ce jusqu’au 29 février pour dénoncer la forme élitiste du Sommet du Québec et de la Jeunesse et ses pièges. Que faisait la Fédération des étudiant-e-s universitaires du Québec ? Elle participait au Sommet malgré la contestation.
Le 22 février, le soir du Gala d’ouverture du Sommet, plusieurs autobus dont ceux de l’UQAM, partait pour aller contester de plus près ce Sommet et ses participant-e-s. La FEUQ négociait bien au chaud avec le gouvernement alors que la police aspergeait les manifestant-e-s à coups de gaz lacrymogènes.
Finalement, la FEUQ a signé le consensus du gouvernement qui condamne l’éducation au sous-financement et à la soumission aux lois du marché et qui force les jeunes de l’aide social à travailler dans des conditions pitoyables (workfare).
Dans de telles conditions, il apparaît incohérent et inacceptable pour l’AGEsshalc de demeurer membre d’une fédération qui va à l’encontre de nos revendications et nos positions. Comment accepter de soutenir une fédération qui a signé un consensus dégradant alors que nous avons débrayé pendant 2 semaines ?
Évidemment, les raisons pour se désaffilier ne se résument pas seulement aux événements du Sommet.
Ses revendications très minimales sont souvent semblable aux propositions du gouvernement. Elles ne contestent pas la logique néolibérale au contraire elle va dans le même sens. La FEUQ à donner son aval aux exigences de rentabilité universités, d’une collaboration avec les entreprises privées, avec les fusions de département, avec les programmes de travaux forcés pour les assistés sociaux bref, avec la logique du marché mondial.
En plus, elle est porteuse un faux débat dans la sphère médiatique, celui du conflit entre les générations. Ainsi, elle façonne la croyance que la lutte des jeunes est séparée de celle des personnes âgées comme si l’une était plus importante que l’autre.
D’une façon générale ses actions se résument à un travail de lobbying avec le gouvernement, ce qui signifie que ses énergies sont orientées vers le hautes structures du pouvoir plutôt que vers ses membres individuels. Bien sur, la FEUQ organise une grosse manif par deux ou trois ans qui se trouve être en fait sans lendemain et qui lui permet de se prétendre appuyé par la population étudiante.
Mais là où il devient évident que nous n’avons pas notre place au sein de la FEUQ, c'est en comparant les revendications de l’AGEsshal à la FEUQ :
L'AGEsshalc
- Gratuité scolaire
- Contre l’intrusion du privé
- Contre la logique marchande
La FEUQ
- Gel des frais de scolarité
- En faveur du partenariats privés
- En faveur de la rentabilisation
La FEUQ est organisée de façon élitiste. Les exécutant-e-s prennent la majorité des décisions en Conseil d’administration. Les orientations de la FEUQ sont donc décidées par une minorité d’élu-e-s sans consultation des membres puisque rien ne les y oblige. En plus, il est possible de voir sur leur site www.feuq.qc.ca que la FEUQ détient de l’information qu’elle ne veut pas dévoiler à ses membres. (voir mot de passe)
Une majorité des élu-e-s de la FEUQ se retrouvent comme par hasard à des postes importants auprès du gouvernement ou de ses organismes. Pas étonnant que ces gens entretiennent dès le départ une relation de collaboration avec les hauts placés du gouvernement.
La FEUQ se vante de gains importants pour les étudiant-e-s : bourses du millénaire, gel des frais de scolarité, refinancement dans l’éducation. Malheureusement ces prétendus gains sont en fait des bonbons empoisonnés…
En 1996, alors que la FEUQ s’opposait aux mouvements de grève dans les cégeps, elle clamait haut et fort le gain du gel des frais de scolarité, gagné par la forte pression des cégeps en grève et non grâce à la FEUQ, alors qu’en fait elle venait de négocier la fameuse taxe à l’échec collégiale. Bizarre que les frais afférents augmentent depuis…
Au cour des dernières années, c’est 1,9 milliards qui ont été coupé dans l’éducation au nom du Déficit Zéro appuyé par la FEUQ et qui fait qu’aujourd’hui l’éducation, la santé et les services sociaux sont dans un état lamentable.
En tout, 60 000$ est versé par années à la FEUQ par notre association étudiante l’AGEsshalc. Cet argent est pour la plupart dépensé dans la bureaucratie, les affiches en papiers glacés non-recyclable (pour nous convaincre de rester affilié), les frais de représentation (hôtel 100$, souper 20$, dîner 15$, déjeuner 10$).
Il est évident que la FEUQ ne peut se rapprocher des revendications combattives de l’AGEsshalc. Plusieurs associations se retrouvent dans la même situation que nous. Nous ne pouvons ignorer ces associations de plus qu’il est possible de créer des contacts avantageux avec elles. La désaffiliation signifie l’indépendance pour l’AGEsshalc, ce qui nous donnes la chance de s’associer librement avec qui nous jugeons bon de le faire pour des évènements concrets sans que notre voix soit noyées par une bande d’universitaires endimanchés prêts à tout pour se tailler une place en politique.
Le référendum qui se déroule à l’AGEssyhalc du 10 au 12 avril est l’occasion de dire NON à la FEUQ, de retrouver notre liberté, notre indépendance. Il faut en finir avec cette organisation qui ne nous représente pas du tout.
Caroline Lefebvre
Sacha Desautels
Félix Lapan
Oui Feuq
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